Hannibal Meriadec et les larmes d’Odin

Envie d’une histoire de pirates matinée de fantastique ?

1 L’ordre des cendres

C’est l’heure d’embarquer sur un bateau pirate avec Hannibal Meriadec, capitaine du Mac Lir. Ce dernier convoite les pierres précieuses que l’on nomme aussi les larmes d’Odin. Ce sont des diamants d’une pureté exceptionnelle, mais surtout ce sont des pierres qui selon la légende apportent l’immortalité à celui qui les possède.

Il doit sauver Kyle Macstone, que l’on conduit à la mort et au bourreau… Le peuple aime ce genre de spectacle, alors pourquoi l’en priver.
Sur le marché aux esclaves, Mériadec est tombé sous le charme de Sélina, il l’a âprement disputée à Miguel de la Cuervas, un homme aussi rancunier que sanguinaire, mais ce dernier lui a aussitôt dérobé la belle esclave.
Enfin, la course aux larmes d’Odin s’annonce périlleuse et l’île infestée de dragons n’est pas seulement une légende…

Le chemin d’Hannibal est semé d’embûches. Seul réconfort, cette ombre masquée qui hante le bateau à ses côtés, comme un rappel que l’amour peut tout sauver.

Le trait, les couleurs, les mises en pages des personnages et des différentes scènes donnent un rythme à l’ensemble. Violent, sanguinaire, habité par des forces obscures et magiques, cette série mêle combats oniriques et récit fantastique. A se demander où nous allons partir lors des prochains épisodes.

2 Le manuscrit de Karlsen

En se basant sur les souvenirs d’une jeune femme, qui n’était qu’une enfant terrorisée à l’époque où son père les a cachés sur l’île des Dragons, Hannibal Meriadec compte bien retrouver la cachette des larmes d’Odin. Mais la route, ou plutôt les flots, sont semés d’embûches et de dangers surtout lorsque l’on décide d’affronter l’Ordre des Cendres. Les combats seront une fois de plus violents et sans pitié. Traîtrise, embuscade, piège et sorcellerie, rien ne sera épargné à Hannibal et à ses hommes.

Là aussi, le graphisme, les couleurs, rendent particuliérement bien l’impression de violence, les combats, mais aussi le côté fantastique de la série.

Catalogue éditeur : Delcourt, Collection Soleil Celtic

scénariste Jean-Luc Istin
Illustrateur Stéphane Créty
coloriste Sandrine Cordurié

Hannibal Meriadec et les larmes d’Odin T01 L’Ordre des cendres
Paru le  23.06.2010 / EAN 9782302012233 / Dimensions 23.4 x  32.3 cm / Pages 48 / Prix : 14,50€

Hannibal Meriadec et les larmes d’Odin T02 Le Manuscrit de Karlsen
Paru le  23.06.2010 / EAN 9782302011175 Dimensions 23.3 x  32.3 cm / Pages 48 / Prix : 14,50€

L’aimant, Lucas Harari

L’aimant, un voyage étrange et fantastique dans les thermes de Vals

Lorsqu’il arrive à Vals, en Suisse, Pierre, se plonge dans l’atmosphère étrange des thermes. Cet ancien étudiant en architecture est depuis toujours passionné par le travail du célèbre architecte suisse Peter Zumthor. Devenu aujourd’hui garçon de café, il a souhaité se rendre sur place pour mieux comprendre le travail du génial architecte.

Dans ce village des Grisons posé à flanc de montagne, dans un décor qui surplombe rivière et gorges, l’eau de la source jailli pour alimenter les thermes, au creux d’une roche quartzite très caractéristique. Ce quartz sombre que l’on retrouve ici dans les vignettes représentant les thermes, avec leur aspect aussi minéral que féérique, comme un temple secret dédié à la nature, à la roche, à l’eau. Le tout en impressions de gris, noir, bleu foncé qui donnent un air magique et surréaliste au décor.

Si le cadre est de prime abord inspirant et ressourçant, il devient rapidement fantastique et inquiétant. La lumière naturelle change selon l’heure du jour, et dans cette ambiance surnaturelle tout à fait unique, Pierre va tenter d’en percer le secret, dessinant inlassablement sur ses carnets les murs et le dédale des thermes.

Dans ce cadre magique, où les pierres ont des propriétés mystiques en harmonie avec la montagne si proche, les portes s’ouvrent et se referment, les lumières se réfléchissent dans l’eau et les vapeurs. Le lecteur imagine même les eaux en bouillonnement, celles qui enveloppent de buée les visiteurs des thermes, et cachent le secret de la montagne, à la fois si proche et si mystérieuse.
Alors le charme opère, malgré les couleurs tranchées, sombres, malgré cette ligne claire poussée à l’extrême il me semble. On se laisse porter dans les pas de Pierre, immergés dans cet environnement minéral et hostile, pour tenter de percer le secret des pierres, ce secret que nul ne peut avouer de peur de passer pour un fou.

A noter, le très beau travail d’illustration de Lucas Harari, sur un papier de qualité et dans un beau format, aux couleurs tranchées dans des tonalités de rouge, bleu et noir, parfois aussi sombres que la pierre. Par contre si j’ai apprécié le graphisme de cette BD pour le moins singulière (et j’avoue je ne l’ai pas lâchée avant la fin) je n’ai pas forcément saisi la portée du message, ou même le message (s’il y en a un) qu’a voulu donner l’auteur… sans doute suis-je passée à côté ? Malgré tout, un très beau graphisme et un sujet intéressant qui m’ont donné envie d’en savoir plus sur ce site, le bâtiment et sur la réalité qui se cachait derrière cette fascination du héros pour l’architecte Peter Zumthor.

Les thermes de Vals, un bâtiment au design contemporain construit entre 1993 et 1996 par l’architecte Peter Zumthor a été le premier de Suisse à avoir été classé monument historique peu de temps après son ouverture.

Catalogue éditeur : Sarbacane

Pierre, jeune étudiant parisien en architecture, entreprend un voyage en Suisse afin de visiter les thermes de Vals.
Ce magnifique bâtiment, conçu par le célèbre architecte suisse Peter Zumthor, au cœur de la montagne, le fascine et l’obsède. Cette mystérieuse attraction va se révéler de plus en plus forte à mesure que Pierre se rapproche du bâtiment…

Peter Zumthor, né à Bâle en 1943, est un architecte suisse, lauréat du prix Pritzker 2009. Les bains thermaux de Vals, construits entre 1993 et 1996, l’ont rendu célèbre et restent aujourd’hui l’une de ses principales réalisations.

Lucas Harari (Scénariste, Dessinateur) est né à Paris en 1990, où il vit toujours. Après un passage éclair en architecture, il entreprend des études aux arts décoratifs de Paris dans la section image imprimée, dont il sort diplômé́ en 2015. Sensibilisé aux techniques traditionnelles de l’imprimé, il commence par publier quelques petits fanzines dans son coin avant de travailler comme auteur de bande dessinée et illustrateur pour l’édition et la presse. L’Aimant est sa première bande dessinée publiée.

Paru le 23 août 2017 / 152 pages / 25 × 31,7 cm / EAN: 9782848659862 / Prix : 28€

Le roman des Goscinny, naissance d’un gaulois, Catel

Anne et René Goscinny réunis par le trait de Catel dans un superbe roman graphique

Parce qu’elle aime le travail et la créativité de Catel, un jour Anne Goscinny lui propose d’écrire sur son père René Goscinny. Mais Catel aime les héroïnes et René est un homme. Pourtant, une bien belle idée va germer, Anne et René Goscinny réunis dans un même roman graphique, pour nous raconter chacun à son tour son histoire.

D’abord la naissance de René, le deuxième fils de Stanislas Goscinny et Anne Beresniak-Goscinny à Paris, puis son enfance à Buenos Aires en Argentine, né de parents juifs arrivés de Pologne, et dont la famille restée en France sera en grande partie déportée dans les camps. De cela, comme pour beaucoup d’hommes et de femmes de sa génération, René Goscinny ne parla jamais.

Depuis toujours attiré par le dessin, et par l’humour, lui l’excellent élève rêve d’un métier dans lequel il pourra se réaliser, être heureux et faire le bonheur des autres. Pas facile malgré tout de vivre du dessin, même s’il a déjà le trait sûr. La mort de son père viendra compliquer son avenir, il va devoir travailler avec sa mère pour que son frère puisse poursuivre ses études. De changements d’orientation en petits boulot, de l’argentine à New-York et Paris, d’un continent à l’autre, nous découvrons cet immense artiste, ses rencontres, ses intuitions, sa coopération avec les plus grands de son temps, car si au départ il s’oriente vers le dessin, très vite c’est dans l’écriture qu’il excelle, et c’est le scénariste qui s’impose, avec Uderzo bien sûr, mais aussi Morris ou Sempé, pour créer d’inoubliables personnages, Astérix, Lucky Luke ou même le petit Nicolas pour ne citer qu’eux.

On retrouve avec plaisir le trait de Catel, sa façon de présenter, les couleurs tranchées adaptées aux époques et personnages, mais aussi de nombreux dessins de Goscinny lui-même, particulièrement intéressants même si parfois pas facilement lisibles, en particulier pour les extraits de journaux. Un excellent moyen de découvrir l’homme qui se cachait sous l’artiste, le fils, puis le père, et la vie et la carrière de ce grand nom de la BD.

De Catel, on ne manquera pas de découvrir également le formidable Joséphine Baker dont je vous avais parlé ICI.

Catalogue éditeur : Grasset

Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet  album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié.

Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l’appui et l’amitié d’Anne Goscinny, à ce Roman des Goscinny – un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa  naissance, dans le Paris des années 20, au cœur d’une famille juive, exilée de Pologne et d’Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fui les pogroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L’enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire,  puis  l’écriture.

Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l’histoire,  entre l’Amérique et l’Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie,  lui le «  paresseux contrarié  », une partie de la famille meurt dans les camps d’extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d’Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi   le Petit Nicolas  avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et Iznogoud.

C’est aux portes du «  célèbre village gaulois  » que s’arrête le premier tome du «  Roman des Goscinny  » : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de «  René  » ; et ceux racontés par sa fille Anne  à son amie – donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.

Format : 162 x 220 mm / Pages : 344 / EAN : 9782246861003 / Prix : 24.00  / Parution : 28 Août 2019