Crapule. Jean-Luc Deglin

Un chat qui vous fait du charme, dans une BD au format presque carré, une jolie couverture cartonnée rigide et au doux toucher satiné, voilà une Crapule qui s’annonce bien !

Domi_C_Lire_crapuleCette BD nous plonge dans l’univers des chats et de leurs maitres, vous l’auriez deviné ! Lorsque cette jeune citadine célibataire se rend compte que sa mère lui a laissé depuis quelques jours un mot dans sa boite aux lettres, elle découvre en même temps un carton contenant un chat.. Le chat d’une voisine, qu’il faut nourrir et abriter pendant quelques jours. Cohabitation pas forcément facile, Crapule ne mange rien de ce qu’on lui présente, mais adore grignoter tout ce qui est à sa portée, rideaux, cousins, livres, tout y passe. Peu à peu, la coexistence s’installe, l’un s’habitue à l’autre, non sans mal, mais avec douceur, enfin, pas toujours quand même. Fait de petites scénettes qui retracent des instants de vie à deux, maitresse et chat, à s’apprivoiser, se reconnaitre, s’apprécier, se compléter même.
Allez, avouez, vous qui avez, ou avez déjà eu un chat, vous vous y reconnaissez, non ? Eh bien, moi oui ! On rit, on s’amuse, on s’attendrit aussi parfois. Le graphisme est très sobre, avec juste une teinte de bleu gris pour la maitresse, ponctué du noir de Crapule le tout sur un fond blanc, et cependant il suffit pour donner toute sa mesure à cette relation qui s’installe. C’est frais, juste, réaliste aussi parfois, et Crapule vous fera passer un agréable moment.

A offrir à tous ceux qui aiment les chats.. et à tous les autres aussi !


Catalogue éditeur : Dupuis

Crapule est un chat, un vrai. Le genre qui porte bien son nom. Dans son appartement au cœur de la ville, qu’il partage avec sa maîtresse, chaque jour comporte son lot d’aventures et de bêtises : missions d’exploration dans les placards, amour fou avec les rideaux et séances de câlins incongrues… Parfois au grand dam de sa propriétaire qui doit réparer les dégâts. Mais on pardonne toujours à Crapule, tant il est mignon. Lire la suite…

Parution le 03/11/2017 / Age du lectorat : 6+ / Album cartonné – 128 pages en couleurs / Hauteur : 208 mm / Largeur : 167 mm / ISBN: 9782800174006

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Le premier homme. Jacques Ferrandez, d’après l’œuvre d’Albert Camus

Lire « Le premier homme » et se laisser emporter par ce graphisme de Jacques Ferrandez et par les mots de Camus.

DomiCLire_le_premier_homme_gallimardJ’ai un goût immodéré pour les romans graphiques, enfin je crois. Avec Le premier homme, une fois de plus, j’ai été emportée par un graphisme, des couleurs, un récit magique et prenant, que je n’ai pas voulu lâcher avant de l’avoir terminé.

Le premier homme  est basé sur le texte d’Albert Camus dont le manuscrit fut retrouvé dans sa sacoche en janvier 1960, lors de l’accident de voiture qui lui coûta la vie, et qui ne sera publié qu’en 1994. Ce roman graphique nous entraine sur les pas de Jacques Cormery, double fictif de l’auteur, qui de l’Algérie au retour en France va évoquer avec amour la mère, le père disparu à la guerre de 14/18, la grand-mère sévère mais juste, le professeur qui guide l’enfant brillant vers les études supérieures, la reconnaissance de l’écrivain chez Gallimard, et le recherche du père, sa tombe en Bretagne, les amis, la guerre, le pays que l’on aime et que l’on quitte à regret.

Il y a tout cela et plus encore, car les flashback sont là, les rêves aussi, le miracle du dessin qui permet de faire cohabiter l’enfant et l’homme, le souvenir et le présent, le malheur et l’espoir, l’enfance et l’âge mur. Il y a de l’humour, du bonheur, de grands malheurs, des regrets et de la nostalgie, de la passion et du désespoir aussi face la mort, l’incompréhension face à la guerre, mais il y a surtout l’amour d’un fils pour sa mère et pour le pays qu’il a quitté. On sent les personnages à travers les couleurs, les teintes, les paroles, les textes et les différentes écritures dans une même case, c’est magique et nostalgique, intime et réaliste, comme avec ses photos ou carnets en surimpression, posés là, pour prouver la réalité du récit.

Vous aimez Camus ? Vous aimez les romans graphiques ? Vous êtes simplement curieux ? Alors foncez vers celui-ci, car il est superbe, et peut-être tout comme moi aurez-vous envie ensuite de découvrir L’étranger, du même auteur toujours chez Gallimard !


Catalogue éditeur : Gallimard BD

« En somme, je vais parler de ceux que j’aimais », écrit Albert Camus dans une note pour l’œuvre à laquelle il travaillait au moment de sa mort. Il y avait jeté les bases de ce que serait son récit de l’enfance : une odyssée temporelle et émotionnelle à travers ses souvenirs, un récit qui, sous couvert de fiction, revêt un caractère autobiographique exceptionnel. À la recherche de ses origines, il y évoque avec une singulière tendresse son univers familial, le rôle des femmes, celui de l’école, la découverte du monde extérieur… En filigrane, on découvre les racines de ce qui fera la personnalité de Camus, sa sensibilité, la genèse de sa pensée, les raisons de son engagement.

Après le succès de « L’Étranger », le chef-d’œuvre autobiographique d’Albert Camus en bande dessinée.

Par : Albert Camus, Jacques Ferrandez / Collection : Fétiche / Date de parution : 21 / 09 / 2017 / 184 pages / 24,5 € / 210 x 280 mm / ISBN : 9782075074155

Le Teckel, tome 3 : Votez le Teckel. Grégory Mardon & Hervé Bourhis

Le Teckel , une BD totalement décalée, vivifiante et humoristique à souhait, qui fait aussi terriblement réfléchir sur les campagnes électorales…

DomiCLire_le_teckel_tome_3.jpgLe Teckel, cet homme fade et sans saveur, complétement ringard, va peut-être pouvoir sauver la campagne du président en titre, du président en perte de vitesse. Car quoi de mieux que de lancer un candidat factice, face au candidat de l’opposition vainqueur potentiel et quasi assuré de son succès, pour lui prendre les voix qu’il lui faut pour arriver au second tour, pour l’affaiblir. Utopie ? Ou réalité ? On peut se poser la question…

Lancé dans une campagne électorale factice, le Teckel va faire le tour de France et prendre goût aux relations avec le bon peuple, vivats, encouragements… au moment où il faudrait qu’il quitte le devant de la scène, difficile de le faire partir !

Que cette BD est drôle, et totalement réaliste en fait (surtout depuis les dernières élections, non ? ) dialogues incisifs, graphisme décalé, humour caustique garanti, un vrai régal !


Catalogue éditeur : Casterman

Le Teckel, le candidat pour une France qui a du chien !

Le Teckel se présente aux élections présidentielles.
Pour une France qui a du CHIEN !
Le candidat qui fait vibrer les électeurs et émoustille les électrices !
La campagne électorale en CX break avec de l’action moustachue et du rire très hexagonal.
La vérité sur les pratiques de la politique française et ses communicants.

VOTEZ LE TECKEL !

Une campagne dirigée par Hervé Bourhis, politologue autoproclamé, et brillamment mise en image par le directeur de la communication Grégory Mardon.
Scénario : Hervé Bourhis / Dessin : Grégory Mardon, Hervé Bourhis
Maquettiste : Studio Casterman BD / 17,95 € / Paru le 11/01/2017 / ISBN : 2203101636

 

Pereira Prétend. Pierre-Henri Gomont

Pereira Prétend est adapté du roman d’Antonio Tabucchi. Lors du festival d’Angoulême, j’ai eu le plaisir de discuter avec l’auteur Pierre-Henri Gomont qui a su me donner envie de lire cette BD.

DomiCLire_pereira-pretend.jpgSi au premier abord j’étais un peu déroutée par le graphisme, le personnage et son univers, en fait, très vite je me suis laissée absorber par cet univers étrange où un journaliste veuf et particulièrement solitaire, Pereira Prétend, prétend qu’il lui arrive ci ou ça, rentre chez lui et parle à sa femme, morte depuis longtemps, mais qui lui manque tant. Puis petit à petit, il se pose enfin des questions sur son existence et se demande s’il n’a pas gâché sa vie à force de vouloir fermer les yeux au monde qui l’entoure.

Car nous sommes au Portugal, à Lisbonne dans les années 38. Au moment où l’air qu’on y respire est de plus en plus malsain, c’est celui des troupes de Salazar, et de l’ordre sécuritaire de l’époque. L’Espagne voisine est désormais aux mains de Franco, l’ombre nazie plane sur l’Europe qu’elle va couvrir bientôt.

Dans les villes, les jeunes tentent de se révolter, les hommes sont arrêtés sans raison dans les rues, tabassés, enlevés, mais Pereira ne voit rien. Lui, il fait juste son métier, directeur de la page culture du journal  Le Lisboa. Chaque jour, il suit le même rituel, bonjour du matin à la concierge du journal, à la botte de la police et qui divulgue tout ce qu’elle voit, chaque soir il rentre chez lui et parle à sa femme (enfin, à son portrait !)  ou à ses autres « moi » bonne ou mauvaise conscience peut-être, chaque jour enfin, il se goinfre d’omelette ou de citronnade fortement sucrée, à tel point que sa santé est en péril.

Un jour il décide, sans trop savoir ce qui l’y pousse, d’embaucher un stagiaire qu’il a repéré suite à un texte publié dans un journal. Et cette rencontre avec la jeunesse de cette époque à laquelle il s’est soustrait va enfin lui ouvrir les yeux, car dans ce monde feutré où la censure met sous le boisseau tout ce qu’elle veut taire, où chacun espionne l’autre, où il est bon de penser comme le gouvernement, Pereira se pose enfin les bonnes questions. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est justement cet éveil à la conscience d’un homme ordinaire à qui sa vie banale convenait jusque-là. Ici pas de héros, pas d’acte particulièrement dramatique ou éclatant au sens classique, mais malgré tout cette prise de conscience qui peut subvenir en chaque homme.

Il y a assez peu de personnages au final, mais des couleurs étonnantes qui reflètent bien les différentes situations. Des fonds bleu ou vert pour les moments heureux et plus sereins, des tonalités de rouges et de noirs pour l’incertitude, la colère ou la révolte, mais aussi des ciels bleus limpides en opposition au climat ambiant du Portugal de ces années-là. Le graphisme particulièrement travaillé nous emporte vraiment dans les rues de Lisbonne, devant ses bâtisses, il est au contraire plus ébauché pour les personnages, par exemple pour ces petits lutins rouges « consciences » de Pereira, ou ces lâches aux tronches de bandits, etc. C’est assurément un exercice réussi pour au final un roman graphique qui se lit d’une traite et se termine un peu trop vite à mon goût !


Catalogue éditeur : Sarbacane

Pierre-Henry Gomont nous emmène dans le Portugal de Salazar.

Lisbonne, Portugal, en pleine dictature salazariste, fin juillet 1938. Dans une ville enveloppée d’un « suaire de chaleur », un journaliste vieillissant, le doutor Pereira, veuf, obèse, cardiaque et tourmenté, rédige chaque jour depuis plus de trente ans la page culturelle du quotidien très conservateur, le Lisboa. Dans cette vie endormie, déboule un certain Francesco Monteiro Rossi… et, de façon tout à fait inattendue, Pereira l’engage. Mais le jeune pigiste, au lieu d’écrire les sages nécrologies que Pereira lui a commandées, lui remet des éloges aussi sulfureux qu’impubliables de Lorca et autres Maïakovski, ennemis avérés du régime fasciste.  Lire la suite…

Format: 21,5 x 29 cm / Nombre de pages: 160 / Parution: 7 septembre 2016 / ISBN: 9782848659145 / Prix: 24,00 €

La drôle de vie de Bibow Bradley. Nicolaï Pinheiro

Cette adaptation BD très réussie du roman d’Axl Cendres nous entraine dans les années 60 à la suite de Bebow Bradley, de la guerre du Vietnam au mémorable concert de Woodstock.

domiclire_la_drole_de_vie_de_bebow_bradleyDans un bar de l’Illinois, Bebow Bradley se souvient. Et le lecteur de revivre avec lui ses souvenirs en partant de son enfance dans le bar des parents. Aucun de ses parents n’ayant pensé à l’inscrire à l’école, il y arrive en ayant appris la vie, mais pas la moindre lettre de l’alphabet…totalement décalé par rapport aux autres enfants, il va bien sûr se faire renvoyer de l’école. Puis vient le temps de partir à l’armée, pour aller tuer du Vietminh avec les jeunes de son âge qui meurent bien trop nombreux au Vietnam. Là, Bebow pète un câble et risque gros, très gros. Mais son cas  intéresse la CIA car il souffre d’un mal rare : il ne connait pas la peur !

Rapidement recruté, il est envoyé en mission sur tous les fronts, en URSS  mais aussi pour infiltrer les bandes de jeunes Hippies. D’abord parce que la CIA a le soucis de mieux les cerner et les comprendre, puis lorsque leurs doléances se propagent à travers le pays, quand ils contestent un peu trop bruyamment le bienfondé de la guerre au Vietnam et jusqu’au mémorable festival de Woodstock. On va donc suivre Bebow de son enfance au présent, à l’image d’un Forest Gump il est aussi le reflet d’une Amérique qui se cherche.

On plonge avec plaisir dans cette vision moins superficielle qu’il n’y parait de l’Amérique des années 60/70 , de la guerre froide avec l’URSS, de la vague hippy  et de ses revendications et contestations non-violentes pour l’arrêt de la guerre au Vietnam. On se souvient d’ailleurs de la comédie musicale « Hair » qui affirmait ces mêmes revendications … Le récit est superbement adapté, porté par le graphisme et les couleurs très seventies, on s’y immerge totalement… c’est un très agréable moment de lecture.


Catalogue éditeur : Sarbacane

Bibow Bradley : l’homme qui ne connaissait pas la peur !

USA, début des 60’s. Né dans un trou paumé de l’Illinois, le jeune Bibow Bradley est destiné à finir, comme son père et son grand-père avant lui, derrière le comptoir du Bradley’s and son, le bar des tocards ! Mais la guerre du Vietnam éclate, et à 18 ans, le voilà parachuté au cœur de la jungle !
Sauf que Bibow a une particularité, un don qui s’avérera très utile aux yeux de la CIA : il n’a jamais peur. Les balles peuvent bien siffler à ses oreilles, lui, il s’en moque !! Mais de mission en mission, entre activistes communistes à Moscou et rassemblements hippies à Woodstock, Bibow découvrira une chose qu’on ne lui a jamais enseignée : le facteur humain.

Format: 21,5 x 29 cm / Nombre de pages: 112 /Parution: 7 septembre 2016 / ISBN: 9782848659152 / Prix: 19,50 €

 

Jacques Prévert n’est pas un poète. Cailleaux /Bourhis

Ah bon ? Jacques Prévert n’est pas un poète ? Mais non, bien sûr, puisqu’il n’est pas que ça ! Un grand bonheur de découvrir sa vie dans cette superbe BD.

domiclire_jacques_prevert_nest_pas_un_poeteAprès avoir été bercée pendant mon adolescence par les vers au rythme inhabituel de Jacques Prévert, en particulier par le recueil « Paroles » je ne pouvais qu’être attirée par cette superbe BD qui évoque le poète 40 ans après sa disparition. !
Lui a qui son père disait : « T’es pas poli mais écris-le mon petit, tu le dis si bien… » est né avec le siècle, le 4 février 1900. Jacques Prévert démontre très jeune des aptitudes à l’écriture. Fort de son esprit de contradiction, affirmant un esprit contestataire avec l’éducation, religieuse en particulier, ou avec le monde du travail, Jacques gardera toute sa vie une aversion pour le travail !

Dès les années 30 il participe au groupe Octobre, une troupe de théâtre ouvrier pour qui il écrit des dizaines de saynètes et sketches. Avec eux il ira jusqu’à Moscou, certains membres de la troupe en reviendrons d’ailleurs vaccinés contre le communisme.  Il traverse deux guerres, connait l’occupation, il cache et fait travailler ses amis juifs aussi longtemps qu’il le peut, puis les perd pour certains en déportation, il écrit des dizaines de scénarios de films à succès, à commencer par « Les enfants du paradis » ou « Les visiteurs du soir »,  il travaille souvent avec son frère Pierre.
Jacques Prévert a côtoyé tous ceux qui ont marqué le siècle avec lui, toute cette jeunesse intellectuelle et artistique qui sévissait du côté de Montparnasse. Et l’on retrouve les acteurs comme Jean Gabin, Marcel Duhamel, Pierre Brasseur, Michèle Morgan, Arletty, le monde du cinéma, avec Marcel Carné ou Jean Renoir, les peintres et les artistes, de Picasso à Brassaï, les chanteurs avec Mouloudji, Montant ou  Gainsbourg, les poètes, avec louis Aragon ou André Breton et les surréalistes, avec qui il invente les « cadavres exquis » et qu’il quitte dès les années 30, et tant d’autres… C’est un homme aux compétences multiples, poète génial qui réinvente la poésie, scénariste novateur qui bouscule les certitudes et assume pleinement sa vie d’artiste.

Grâce à ces deux talentueux auteurs et dessinateurs, j’ai passé un excellent moment à découvrir ou me remémorer la vie de Prévert. Les auteurs ont su retranscrire par le graphisme, les couleurs, le rythme ainsi que par les écrits toute la gouaille, le génie, le verbe et le foisonnement tout en décalage du poète. Un repère intéressant tout à la fin, on retrouve la biographie, la bibliographie, et la filmographie de cet auteur particulièrement prolixe. Cette édition qui rassemble apparemment trois volumes est juste superbe !


Catalogue éditeur : Dupuis

Des côtes méditerranéennes aux terrasses de Montparnasse, Jacques Prévert incarne l’avant-garde bouillonnante des années vingt. Proche de Duhamel, Aragon ou Tanguy et Carné, celui qui fut poète malgré lui se place à la convergence des arts visuels et littéraires. Son humour permanent et ses humeurs spontanées le firent connaître du Tout-Paris. Après leur évocation de la vie de Boris Vian, Bourhis et Cailleaux renouent avec cette époque mythique qu’ils dépeignent avec une vitalité formidable.
Le biopic dessiné d’un artiste bouillonnant, dépeint avec une vitalité incroyable, pour commémorer les 40 ans de sa disparition.
Dessin : Cailleaux / Scénario : Bourhis
Collection : Aire Libre / Roman graphique Historique Biographie / Documentaire / 32,00€

 

Grande exposition Hergé au Grand Palais

Que l’on aime, ou pas, les aventures de Tintin, on adorera découvrir la belle exposition consacrée à Hergé au Grand palais

affichehergeokCe qu’en dit le grand Palais : On ne présente plus la carrière de Georges Remi, dit Hergé, auteur belge de bande dessinée principalement connu pour Les Aventures de Tintin. Souvent considéré comme « le père de la bande dessinée européenne », il est l’un des premiers auteurs francophones à reprendre le style américain de la bande dessinée à bulles. Perfectionniste et visionnaire, il crée tour à tour Les Exploits de Quick et Flupke (1930) ou Les Aventures de Jo, Zette et Jocko (1935) et fait évoluer ses personnages en lien avec l’actualité contemporaine. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artistes contemporains et a vendu presque 250 millions d’albums, traduits dans une centaine de langues.

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais en collaboration avec Le Musée Hergé.

Tout au long de cette exposition, le visiteur se promène dans la vie d’Hergé, à la découverte de sa rencontre avec l’art contemporain, car artiste lui-même, on découvre d’ailleurs quelques tableaux réalisés par Hergé, il était également amateur d’art.

Il débute au journal Le Vingtième Siècle où il fait des reportages sur des sujets très variés, art précolombien, Van Gogh, Goya, etc. Initié à l’art moderne dès les années 60, il va également collectionner les œuvres de ses contemporains.

Si Hergé a toujours aimé raconter des histoires, il aime aussi agrémenter ses histoires de dessins. Mais surtout il passe rapidement maitre dans l’art du découpage, de la mise en scène, du décor, pour créer une atmosphère, des personnages, une intrigue, alliant littérature et art cinématographique pour créer une œuvre originale.

Il publie ses premières planches dans le journal Le Petit Vingtième, mais le journal ferme lors de l’occupation allemande. Dès 1941, il va reprendre ses publications des premiers Tintin pour un supplément hebdomadaire jeunesse. Il connaitra d’ailleurs quelques soucis à la libération, plusieurs fois arrêté, il n’obtiendra son « certificat de civisme » qu’en 1947.

C’est à cette période qu’il connait ses plus grands succès, car jamais les tirages chez Casterman n’ont été aussi élevés. Il adopte enfin la couleur avec l’album L’étoile mystérieuse, et fait entrer le Capitaine Haddock dans le panthéon de ses personnages avec Le crabe aux pinces d’or.

Tout au long des différentes salles, on peut admirer la finesse des traits, le détail, les personnages, présentés par des planches successives et qui montrent bien les étapes de la réalisation d’un album. On est très proche d’ailleurs des dessins préparatoires des plus grands artistes peintres !

De salle en salle, on découvre d’autres aspects de la carrière d’Hergé, comme ces dessins pour des « réclames », ce précurseur de la publicité, de belles affiches, des logos, superbes de finesse et de simplicité, colorés et expressifs.

Une salle est consacrée à la rencontre d’Hergé avec sans doute le seul personnage réel des aventures de Tintin, Tchang, qu’il rencontre à Bruxelles en 1934. C’est le choc des cultures, et la rencontre aussi avec l’humain, qui transforme et donne une dimension supplémentaire à ses albums. On découvre avec plaisir quelques objets personnels, une multitude de dessins aussi, un mur de couvertures des revues Le Petit Vingtième, etc.

Une belle expo qui nous fait voyager sur les traces d’un artiste qui fait rêver les enfants de 7 à 77 ans…S’il faut retenir une leçon ? Pour y arriver, dessiner, dessiner, dessiner encore… et avoir du talent !

Grand Palais, Galeries nationales, du 28 septembre au 15 janvier 2017.