A la rencontre de Gérard de Cortanze …

J’ai été embarquée par le personnage de Violette Morris, et par le dernier roman de Gérard de Cortanze « Femme qui court ». J’ai eu envie de lui poser quelques questions auxquelles il a bien voulu répondre. A votre tour de découvrir ses réponses ici…

A propos du roman « Femme qui court »

Pourquoi ce personnage de Violette Morris ? Comment avez-vous eu l’idée d’en parler ?

Ancien sportif de haut niveau – coureur de 800 mètres – j’ai toujours été passionné par les exploits des autres, et notamment par ceux des femmes dont on parle si peu… Même encore aujourd’hui… La question essentielle : comment se dépasser et apprendre à perdre ? Les victoires sont rares et les échecs fréquents. La phrase la plus imbécile a été prononcé par le baron Pierre de Coubertin qui vanta les charmes du nazisme, affirma que les femmes ne devaient pas faire de sport et que pour un sportif « l’essentiel était de participer »… Quelle absurdité, un sportif ne veut pas « participer » mais « vaincre », « gagner ».

Pour écrire ce roman, j’imagine qu’il vous a fallu de longues recherches. Cela représente combien de temps entre l’idée et la réalisation ?

Deux ans de travail. Recherches, archives, journaux d’époque, lectures diverses. Un travail de fourmi absolument passionnant. Surtout qu’il s’agissait dans ce livre d’aller à l’encontre d’une idée reçue, fausse, d’un détournement historique : prouver que Violette Morris, avait certes fait de la collaboration mais n’avait dénoncé personne, torturé personne, espionné personne et n’avait absolument pas été une « tortionnaire de la Gestapo » !

Violette est une femme en avance sur son temps et qui arrive à s’assumer. Elle présente également des failles et des blessures intimes, en particulier il me semble parce qu’elle a toujours recherché l’amour qu’elle n’a jamais trouvé auprès de ses parents. Est-ce la réalité ou est-ce voulu pour rendre plus crédible votre personnage ?

Violette était une jeune fille brisée par une enfance malheureuse. Délaissée par son père, militaire de carrière, qui n’accepta jamais qu’elle fasse du sport à une époque où le pratiquer, pour une femme, relevait de la pure rébellion. Rejetée par sa mère qui n’avait jamais pu se remettre de la mort prématuré d’un fils juste avant la naissance de Violette. Enfin, ni l’un ni l’autre ne pouvait accepter que leur fille soit lesbienne.

Comment  l’avez-vous ressentie,  est-ce un personnage attachant ?

J’ai voulu me mettre dans la peau de cette femme rejetée par tout le monde, mise au ban de la société, exclue, mais tellement attachante, tellement vraie. Ce roman avait pour titre Sommes-nous faits pour attendre toujours le bonheur ? Fils d’italiens, aristocrate piémontais par mon père, classe ouvrière napolitaine du côté de la mère – je sais ce que veux dire exclusion, rejet, mouton noir, intolérance, etc.

Quelle est votre relation avec vos personnages, est-il difficile de les laisser partir quand le roman est terminé, et ressentez-vous toujours pour eux une affection particulière ?

J’ai répondu en partie à cette question. Quand j’écris un livre, plus j’avance vers sa fin, plus je ralentis le rythme d’écriture jusqu’à ce qu’un nouveau livre vienne s’insinuer dans mes pages et prendre la place de ces dernières. Me disant, en somme : c’est mon tour, à moi maintenant. Une poussée contre laquelle je ne peux rien faire, et ne veux rien entreprendre. Qui emporte tout sur son passage. Souvent j’ai le sentiment d’être écrit plutôt que d’écrire.

Il me semble que vous aimez écrire sur des femmes ou des situations d’exception. Cependant vous le faites en les romançant, est-ce une forme voulue pour mieux les faire appréhender par plus grand nombre de lecteurs ?

La forme romanesque est moins contraignante que la biographie pure, laisse des espaces où mon art peut s’exercer. Je peux ainsi m’emparer d’un sujet, le mettre en relation avec mon univers. Je me sens avant tout narrateur, raconteur d’histoires.

Et … si j’ose vous demander, dans votre prochain roman, de quelle femme extraordinaire allez-vous nous parler ?

De Tina Modotti, qui fut ouvrière dans des usines de textile durant son enfance à Udine, en Italie, comédienne, actrice du cinéma muet, avant de devenir une formidable photographe qui hésita toute sa vie entre son art et l’engagement politique. États-Unis, URSS, France, Mexique, Allemagne à l’époque de la montée du nazisme, Espagne durant la guerre qui ensanglanta cette dernière. Une vie extraordinaire, incroyable. Qui mourut seule, dans un taxi, en janvier 1942, à Mexico. Lorsqu’on lui demandait « quelle est votre profession ? », elle répondait, non sans humour : « Les hommes ! »

Concilier le métier d’écrivain et celui d’éditeur ?

Vous avez écrit de très nombreux romans, et en même temps vous exercez le métier d’éditeur, est-ce facilement compatible ? Y compris pendant que vous écrivez vos propres romans ?

J’ai écrit plus de 90 livres et ai passé ma vie à faire mille choses en même temps. C’est mon rythme, ma respiration. C’est comme ça. Je ne cherche pas à comprendre. Un jour, ma fille aînée m’a dit, alors qu’elle n’était qu’une enfant, que je me noyais dans le travail pour ne pas voir la réalité. Je suis certain qu’elle a tort. Je pencherai plutôt vers une forme de générosité, d’expansion permanente. J’ai un besoin immense de connaître, de savoir, de partager. Les autres peuvent tellement nous apprendre. Par les « autres » j’entends tout ce qui est différent de moi, tout ce qui m’étonne, me bouleverse, me fait me poser des questions. Et tel est bien le cas de Violette Morris. Publier les livres des autres, parler des livres des autres dans la presse, publier ses propres livres = travail identique : de l’écriture, toujours de l’écriture ; des personnages, toujours des personnages. Toujours des vies, toujours des vies racontées.

Quel lecteur êtes-vous ?

Si vous deviez me conseiller un livre, que vous avez lu récemment, ce serait lequel et pourquoi ?

Je suis ce qu’on appelle un lecteur compulsif. Il y a longtemps, un ophtalmologue de la vieille école m’a dit que je devrais lire un peu moins. « Regardez, m’a-t-il dit, les bergers de mon enfance ne portaient jamais de lunettes ! » Mais ma destinée n’était pas de garder des chèvres ou des moutons… Vous me demandez quel livre je suis en train de lire. Je lis et relis les classiques. J’ai une passion pour Jean Giono. Le hussard sur le toit, Un roi sans divertissement sont des romans dont je ne me lasse jamais de tourner les pages.

Un grand merci Gérard de Cortanze pour ces réponses à mes questions, pour nos échanges autour de votre dernier roman et pour l’accueil dans vos bureaux , une superbe rencontre et encore de beaux livres à découvrir !

Retrouvez ma chronique de Femme qui court ici. On pourra lire aussi mon avis sur la BD Violette Morris.

Violette Morris. À abattre par tous moyens, tome I : Première comparution

Cette BD éditée chez Futuropolis est une magnifique façon de faire revivre Violette Morris, une femme hors du commun découverte grâce au roman de Gérard de Cortanze Femme qui court.

Ici, les auteurs prennent le parti de commencer leur récit par la découverte dans l’Eure, en 1945, de six corps enfouis dans une ancienne mare. Et par l’intervention inopinée de Lucie Blumenthal, ancienne avocate, rayée du barreau parce qu’elle était d’ascendance juive, sans aucun soutien de ses pairs. Elle n’a jamais voulu reprendre ce métier et est devenue détective privé spécialisée dans la recherche de personnes disparues. Ce personnage, fictif bien sûr, va devenir le fil rouge de l’histoire de Violette, puisque Lucie apparait vite comme une de ses coreligionnaires du pensionnat.

Car parmi les corps retrouvés figure celui de Violette Morris. Violette, assassinée pour ce qu’elle était ou pour ce qu’elle a fait ? C’est ce que veut comprendre Lucie, et nous avec elle.

Et l’on découvre une Violette Morris au pensionnat, déjà attirée par les femmes, par le sport, et qui rapidement va se distinguer dans de très nombreuses disciplines, course, natation, javelot, boxe, entre autre, puis la compétition automobile. Elle sera souvent la seule femme à prendre le départ dans bien des disciplines. Un mariage de raison, des envies, des succès, une homosexualité rapidement et ouvertement assumée, la vie de Violette est mise en images de façon étonnante et réaliste.

Violette a mené bien des combats, comme celui de la présence des femmes dans le sport, en particulier leur participation aux olympiades. On se souviendra à l’occasion que le baron de Coubertin était contre la participation des femmes aux jeux Olympiques, et que Violette ne voulait pas tant participer, mais bien gagner, comme tout grand sportif qui se respecte.

Un premier tome qui tient à la fois du polar, avec l’enquête policière qui s’amorce, et de la biographie, et qui est particulièrement intéressant. Les propos son étayés par le dossier historique de Marie-Jo Bonnet que l’on retrouve en fin d’album, avec quelques photos de Violette Morris (1893-1944). En quatre parties, ce qui veut dire que nous sommes déjà impatients de découvrir la suite.

Retrouvez ma chronique du roman de Gérard de Cortanze Femme qui court, qui m’a fait découvrir Violette Morris, et l’interview de l’auteur A la rencontre de Gérard de Cortanze … 

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Catalogue éditeur :  Gallimard / Albums, Futuropolis

Un récit de Bertrand Galic et Kris. Dessin de Javi Rey, sur un dossier historique de Marie-Jo Bonnet

Violette Morris est l’une des sportives françaises les plus titrées de l’histoire. Une championne toute catégorie : boxe, natation, football, athlétisme, course automobile. Elle devint chanteuse de cabaret et égérie des années 30, amie de Jean Cocteau, de Joséphine Baker, de Brassaï… Le 26 avril 1944, elle meurt dans une embuscade organisée par un groupe de résistants qui mitraillent sa voiture. Était-ce elle qui était visée par les maquisards? Tout porte à le croire. Car sous l’Occupation, elle passe pour «la hyène de la Gestapo», une collabo au service de l’Allemagne nazie.

Voilà pour la légende. Une légende noire. Mais la réalité, quelle est-elle ? L’assassinat de cette «femme à abattre par tous moyens» ne cache-t-il pas autre chose ? Hors norme, sa personnalité est celle d’une femme impossible à enfermer en cases, son histoire est inouïe, son destin forcément tragique !

72 pages / 240 x 300 mm, cartonné / Achevé d’imprimer : 01-09-2018 / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782754821650 / Parution : 11-10-2018

Vie de David Hockney de Catherine Cusset

Vous n’avez pas vu l’exposition David Hockney au centre Pompidou ? Moi non plus, aussi la frustration était grande de ne pas avoir eu la possibilité de mieux le connaître. Mais depuis j’ai lu Vie de David Hockney de Catherine Cusset, et j’ai eu l’impression d’avoir rencontré l’artiste.

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Lorsque j’ai ouvert le roman de Catherine Cusset, j’ai plongé tête la première, et je suis partie passer une nuit dans la vie de David Hockney ! Si, si, car les mots sont tellement vivants, passionnants, l’écriture tellement prenante, que j’ai vraiment eu l’impression de passer quelques heures à ses côtés, un véritable bonheur, impossible de lâcher ce livre.

Né en 1937 en Grande Bretagne, le jeune David connait une enfance heureuse, choyée, dans une famille aisée du Yorkshire. Ses parents comprennent sa passion et lui permettent de faire des études dans une école d’art.  David est prêt à innover, à casser les codes, bousculer les habitudes, autrement dit, il veut créer et faire ce que lui plait ! Bien lui en prend car très tôt, la vente d’une de ses œuvres va lui permettre de quitter l’Angleterre pour les États Unis. Puis de s’installer en Californie. Là, David Hockney va trouver l’inspiration, la lumière et les couleurs qui feront ce style inimitable emblématique de sa personnalité artistique. Là il va également trouver, puis perdre, l’amour, mais aussi une forme de liberté. Car en Californie à cette époque là, contrairement au vieux continent, si vous êtes homosexuel, vous n’avez pas besoin de vous cacher, vous pouvez vivre votre passion au grand jour. Le bonheur en somme… mais il va vivre tout cela à une époque difficile, celle du sida, qui verra disparaitre les amis intimes ou simplement proches, la perte de ses êtres chers sera une épreuve à surmonter pour continuer à vivre. Sa volonté, son sens artistique unique, et son goût de la vie vont l’aider à toujours inventer. Artiste novateur, de ses années de jeunesse à celles d’un déclin inéluctable, il va essayer de nouvelles techniques car c’est un homme qui avance et qui ose.

Alors j’avoue, j’ai passé une nuit avec David, avec cet artiste, cet homme si créatif, qui ose, qui dépasse les convenances, qui m’a passionnée lorsque j’ai découvert ce que l’auteur a fait transparaitre de sa vie, ses sentiments, ses amours, ses interrogations… J’ai vraiment eu l’impression de vivre à ses côtés pendant quelques heures et de parcourir sa vie. Et puis, bien évidemment, j’ai ensuite voulu retrouver toutes ces œuvres dont j’ai découvert la genèse et que j’avais l’impression de déjà bien connaître.

Ce roman est magnifique ! Bien sûr, Catherine Cusset nous parle d’un artiste connu, vivant, et que nous ne rencontrerons sans doute jamais de notre vie. Mais je vous l’assure, les lignes dansent les pages se tournent, et vous avez l’impression de voir David Hockney chez lui, ou chez ses amis, de le voir peindre ces toiles si bien décrites que vous n’avez même pas besoin de chercher pour savoir laquelle est dans telle ou telle scène. Vous les voyez, vous voyez l’eau, la piscine, les amants et les amours de l’artiste, les bonheurs et les chagrins, l’ombre et la lumière, la vie et la mort autour de lui. Vous êtes à ses côtés et c’est superbe de vérité. Catherine Cusset a un grand talent de conteuse, un talent pour poser un regard particulier sur  cet artiste et rendre vivants, humains et présents les personnages de Vie de David Hockney. Elle réussi à faire de cette vie un roman,  une belle histoire que l’on n’a pas envie de lâcher, bien au delà d’une banale biographie.

Domi_C_Lire_vie_de_david_hockney_catherine_cusset_1💙💙💙💙💙

Merci Catherine Cusset pour la belle dédicace, digne du maître !
Retrouvez Catherine Cusset sur son blog : Catherine Cusset 
Lire aussi l’avis de Céline du blog Arthémiss


Catalogue éditeur : Gallimard

 «Peut-être n’éprouverait-il plus jamais de passion comme celle qu’il avait sentie pour Peter, peut-être n’y aurait-il plus d’union parfaite, mais il restait la perfection de l’amitié, la beauté des cyprès sur les collines et la joie que donnait le travail. Et s’il oubliait Peter, s’il réussissait à vivre sans lui, ce dernier ne reviendrait-il pas? Personne n’était attiré par la tristesse et la mélancolie. Mais par la gaieté, la force, le bonheur, oui.»

Né en 1937 dans une petite ville du nord de l’Angleterre, David Hockney a dû se battre pour devenir un artiste. Il a vécu entre Londres et Los Angeles, traversé les années sida et secoué le monde de l’art avec une vitalité et une liberté que n’ont entamées ni les chagrins amoureux, ni la maladie, ni les conflits, ni le deuil. Sous la plume incisive de Catherine Cusset, ce livre à mi-chemin du roman et de la biographie dresse un portrait intime, émouvant, habité, du peintre anglais vivant le plus connu.

192 pages, 140 x 205 mm / Parution : 11-01-2018  / Achevé d’imprimer : 01-12-2017 / ISBN : 9782072753329

 

Où passe l’aiguille. Véronique Mougin

« Où passe l’aiguille » de Véronique Mougin,  roman à la fois sombre et empli d’un espoir hors du commun, fait pleurer et sourire, et reste en mémoire pour longtemps.

IMG_4839.JPGA Beregszasz, en Hongrie, Tomi, quatorze ans,  est un jeune garçon bien dans son temps qui aime monter aux arbres et regarder les filles de la maison d’à côté, pas de gentilles copines d’école mais bien de celles qui attendent les messieurs. Il préfére jouer avec ses copains, Hugo ou Matyas,  plutôt qu’apprendre sérieusement le métier de son père. Car son père, Herman Kiss, est tailleur pour homme. Passionné par ce travail, il rêve de transmettre son savoir-faire à son fils.

Perché dans son arbre, Tomi rêve de voyages en Amérique et souhaite un jour porter la salopette bleue des plombiers, car ça correspond à l’image qu’il se fait d’un métier d’homme. Tomi est maladroit, mais ne fait pas d’effort pour apprendre le métier de son père qu’il rejette au plus profond de lui. Et puis la famille, et sa mère, sont-ils réellement ce qu’ils semblent être ? Tomi aimerait se révolter, il prend ses distances avec sa mère, avec son père. Comme tout adolescent en crise. Situation banale et très actuelle à priori. Sauf que Tomi n’est pas né au bon endroit ni à la bonne époque. Car en Hongrie, en 1944, il ne fait pas bon être juif…

Tomi et sa famille partent avec des milliers d’autres dans les wagons plombés vers Auschwitz-Birkenau. Dès leur arrivée au camp, les femmes et les jeunes enfants sont séparés des hommes. Sa mère et son petit frère disparaissent alors de sa vie. Ensuite, ce sera Buchenwald, puis Dora-Mittelbau. A chaque étape de ce calvaire, son père reste son seul recours, son seul ancrage vers la normalité, dans ces camps de concentration où l’horreur, la violence gratuite, la misère, la famine, les maladies et la mort seront leur quotidien.

Là, affecté à l’atelier de couture, il trouvera une forme de salut dans le geste qui sauve, celui qui recoud les plaies ouvertes du tissu témoin de tant d’horreur, celui des tenues des prisonniers. Là, lui le malhabile arrivera à sauver sa jeune vie en participant avec son père à ce travail de réparation.

Arrive ensuite Bergen-Belsen en Allemagne et la libération du camp par les américains, et ces hommes enfin libres mais dont la vie ne tient qu’à un fil. Puis le difficile retour des survivants à Beregszasz, leur ville qui entre temps a changé de pays, parmi ceux qui ne pourront jamais les comprendre, ceux qui se sont tus, ceux qui n’ont rien fait et ne veulent pas voir. Et l’attitude de chacun de ces rescapés, si différente, se taire ou parler ? Se taire pour survivre, car se souvenir de trop d’horreur peut vous anéantir, ou parler parce qu’il ne faut jamais oublier ? Mais Tomas Kiss va fuir encore, vers Paris qui sera son refuge, la ville où il va renaitre et enfin vivre.

Jusqu’au jour où l’auteur décide de poser sur le papier les méandres de cette vie, parce qu’il faut dire, parce qu’il faut se souvenir, parce qu’il ne faut jamais oublier que même le pire peut à nouveau arriver. Ou est-ce pour nous faire comprendre que même du pire peut surgir le meilleur, et que le courage, l’envie de vivre, de connaitre le bonheur ne sont pas des évidences ? C’est d’ailleurs ce que nous dit Tomas :
Les gens normaux éprouvent rarement la simple joie de vivre. … Moi je sens le camp, je l’entends, j’entre malgré moi dans le boyau noir du souvenir, mais quand j’en sors, le bonheur d’être en vie se jette sur moi, il m’emplit, il m’étouffe.
En vérité cousine, je n’en revient pas d’avoir vécu et de vivre encore.

L’auteur rythme le récit de la vie de Tomi en faisant parler des personnes différentes, qui exposent leur vision de ce qu’il se passe et donnent une belle ampleur au texte, rendant une certaine humanité à ces différents protagonistes qui l’ont croisé à un moment ou un autre sa vie. Véronique Mougin trouve les mots justes pour exprimer aussi bien la légèreté que l’horreur, avec une finesse d’analyse des situations, des tempéraments, des caractères, qui fait vivre le lecteur au plus près de la monstruosité des camps.

J’avais déjà aimé l’écriture de Pour vous servir, son précédent roman, tout en trouvant parfois que le fond de l’intrigue était plus léger. Là c’est tout en profondeur et en émotion que l’auteur nous entraine, dans un roman qui a une puissance, une humanité, un souffle et une énorme dose d’espoir et de lumière qui emporte son lecteur. Où passe l’aiguille est un roman magnifique, car même pour dire l’indicible il est possible d’écrire un roman superbe.

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Catalogue éditeur : Flammarion

Et voici Tomas, dit Tomi, gaucher contrariant, tête de mule, impertinent comme dix, débrouillard comme vingt, saisi en 1944 par la déportation dans l’insouciance débridée de son âge – 14 ans. Ce Tom Sawyer juif et hongrois se retrouve dans le trou noir concentrationnaire avec toute sa famille.

Affecté à l’atelier de réparation des uniformes rayés alors qu’il ne sait pas enfiler une aiguille, Tomas y découvre le pire de l’homme et son meilleur : les doigts habiles des tailleurs, leurs mains invaincues, refermant les plaies des tissus, résistant à l’anéantissement. À leurs côtés, l’adolescent apprendra le métier.

Des confins de l’Europe centrale au sommet de la mode française, de la baraque 5 aux défilés de haute couture, Où passe l’aiguille retrace le voyage de Tomi, sa vie miraculeuse, déviée par l’histoire, sauvée par la beauté, une existence exceptionnelle inspirée d’une histoire vraie.

Paru le 31/01/2018 / 458 pages / 150 x 221 mm Broché / EAN : 9782081395558 / ISBN : 9782081395558

 

Un loup pour l’homme. Brigitte Giraud

« Un loup pour l’homme », c’est Sidi-Bel-Abbès  en 1960, ou  l’Algérie et la guerre vues par l’écriture subtile, rythmée et sensible de Brigitte Giraud.

Domi_C_Lire_brigitte_giraud_un_loup_pour_l_hommeUn loup pour l’homme est un roman à plusieurs personnages, Antoine, Lila, Oscar, et en ces années 60, années troubles s’il en est, les évènements entre la France et l’Algérie. Cette guerre d’Algérie, pour ne pas la nommer, dans laquelle Antoine doit s’engager contre son grès pour aller maintenir l’ordre établi. Lui qui avait été réformé du fait de sa constitution plutôt fragile est appelé juste au moment où sa jeune femme Lila est enceinte de leur premier enfant.

Antoine refuse de porter une arme, ce sera donc au service des autres qu’il agira puisque le voilà affecté comme infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. Là avec beaucoup d’empathie, il va combattre les blessures des corps et celles des âmes, auprès de soldats anéantis par des combats qui font des dégâts irrémédiables sur ces jeunes hommes qui n’auront plus jamais la même vie, après « ça ».

Pendant quelque temps, les hommes oublient la situation et profitent de la mer, du climat, des paysages idylliques, des sorties. Si le paysage est enchanteur, le soleil et les couleurs intenses et magnifiques, la vie et le quotidien d’Antoine se chargent vite de lui démontrer que tout n’est pas si lumineux de ce côté-ci de la méditerranée. Dans les casernements, la solidarité lie ces hommes arrivés là pour l’attrait d’un pays exotique, ou l’envie de gagner du galon, ou encore de se réaliser, quel que soit le milieu d’où ils viennent. Les confrontations peuvent être compliquées entre ces jeunes qui ne se seraient sans doute jamais rencontrés s’ils étaient restés chez eux. Mais au final c’est surtout l’horreur des blessures, des combats qui les rassemblent là-bas. Tout comme il y a un monde entre les nouvelles que l’on distille à la famille restée en métropole et la réalité du terrain. Et la censure n’est certainement pas la seule responsable de ces différences, car comment dire ce qui ne peut être entendu ?

Lila, sa jeune femme, n’en peut plus d’être séparée d’Antoine, sans plus attendre elle débarque en Algérie. Il en faut du courage ou de l’inconscience pour arriver, enceinte, et vouloir faire naitre son enfant dans cette période trouble. Mais l’amour, la solitude, donnent parfois des ailes. A partir de là son jeune mari sera le seul à ne pas dormir dans ces chambrées où se créent les fraternités des bataillons, sa désertion du groupe lui vaudra d’ailleurs quelques jalousies. Lila va faire sa place dans ce pays dont elle ignore tout avec beaucoup de courage et de ténacité.

Enfin, Oscar, blessé mutique auquel s’attache Antoine. Jeune paysan, il s’est retrouvé engagé comme les autres dans une guerre sans merci. Il est amputé d’une jambe et ne pourra plus jamais prendre sa place au domaine agricole de ses parents ni auprès de celle qui pourtant l’attend. De façon assez incompréhensible, Il s’enferre dans le silence, refusant de répondre, de parler, de vivre tout simplement. Être devenu un demi-homme n’est plus être un homme à part entière et il ne l’accepte pas. Antoine s’émeut pour ce convalescent si différent, si secret. Non par pitié mais par humanité, il va essayer de lui redonner gout à la vie, d’en faire un homme debout malgré son handicap.

L’auteur nous parle, de façon très intime et pourtant sans en parler vraiment, de la guerre dans ce qu’elle a de plus profond, les hommes, l’humanité, le désespoir, la souffrance et le désir, la vie, la mort. Difficile parcours que l’on suit avec beaucoup d’émotion. Brigitte Giraud est elle-même née à Sidi Bel Abbés, et il y a beaucoup d’elle ou plutôt de ses parents dans ce roman. Il y a surtout une belle écriture ciselée et poétique, à l’image de ces paysages d’Algérie qu’elle dépeint si bien, et qui dit les sentiments, la vie, la mort, les regrets et les remords, de façon aussi subtile, sans amertume, tout en émotion. Elle nous émeut par ce récit à hauteur d’homme, car la guerre, abstraite, est surtout une affaire d’humains, de relations, de foi en l’autre et de désenchantement.

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A Manosque, le plaisir de la rencontre, écouter Brigitte Giraud parler de son roman…

 


Catalogue éditeur : Flammarion

Printemps 1960.
Antoine est appelé pour l’Algérie au moment où Lila, sa toute jeune femme, est enceinte. Il demande à ne pas tenir une arme et se retrouve infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. Ce conflit, c’est à travers les récits que lui confient jour après jour les « soldats en… Lire la suite

Paru le 23/08/2017 / 250 pages / 140 x 210 cm Broché / EAN : 9782081389168 / ISBN : 9782081389168

Gabriële. Claire et Anne Berest

Deux sœurs, Claire et Anne Berest, pour une arrière-grand-mère, Gabriële, personnalité au foisonnement inventif et artistique unique, féministe avant l’heure, muse iconoclaste et dépendante de celui à qui elle voue un amour par-delà le temps, Francis Picabia.

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Cette histoire débute donc avec deux sœurs, une grand-mère côté maternel rescapée des camps de la mort où ont péri tous les autres membres de sa famille, et peut-être en contrepoint de l’horreur un grand-père et une famille dont on ne parle pas, une arrière-grand-mère, Gabriële Buffet, née en 1881,  morte à 104 ans en 1985 et un nom, Picabia, qui est celui d’un artiste au talent certainement méconnu, voilà qui promet une aventure littéraire particulièrement intéressante.

Comme beaucoup d’amateurs d’art, j’ai entendu parler de Francis Picabia, mais j’ignore presque tout de sa vie, en dehors des origines espagnoles et de la concurrence acharnée avec Picasso, son compatriote. Avec le roman à quatre mains des sœurs Berest, je découvre un homme étonnant. Né en France mais issu d’une famille aisée arrivant d’Espagne via Cuba, Picabia s’est révélé à travers l’impressionnisme et les toiles qu’il vendait, cher et bien, lui permettaient de vivre fort à son aise pour un artiste de la première moitié du XXe. Peintre et poète, artiste fantasque, amoureux et mari volage, ami festif, Picabia est aussi un malade totalement maniaco-dépressif. Sa rencontre avec Gabriële va sonner le glas de la facilité, et l’entrainer vers de nouvelles formes picturales, à la recherche d’une symphonie de couleurs et de formes encore jamais expérimentées.

Le crédo de Gabriële, c’est la composition musicale. Et à force de volonté et de persévérance, cette femme réussi à se faire accepter dans des écoles jusqu’alors réservées aux hommes. Puis elle part  à Berlin pour y perfectionner cet art qu’elle souhaite mettre en pratique. Si Gabriële n’avait pas rencontré Picabia, aurions-nous eu d’autres formes de musique avant-gardiste avant l’heure ?

Si cette rencontre a lieu, c’est grâce à son propre frère jean, artiste peintre lui aussi. Elle va bouleverser sa vie. Une nuit de folie, non pas amoureuse, mais créatrice, montre à Gabriële que Francis est sur la même longueur d’ondes qu’elle, et démontre à Francis Picabia que sans Gabriële, cette femme moderne et à l’esprit brillant,  point de salut, car sa muse, son inspiratrice, sa fée, c’est elle. Il doit l’épouser, la garder, la faire sienne pour trouver son chemin, pour exalter sa créativité, son art, pour qu’enfin ses pensées et ses recherches aboutissent. De leur union vont naitre quatre enfants, mais ils seront souvent déposés comme des fardeaux chez la mère de Gabriële ou dans des pensions en Suisse, car aucun des deux parents n’a la fibre parentale, leurs vies, leurs passions, s’exercent ailleurs et leur amour réciproque et exclusif n’englobe pas leurs enfants.

Leurs vies sont faites de rencontres, de créativité, d’insouciance, de voyages, impromptus, Martigues ou Saint Tropez, car Francis collectionne les voitures comme les maitresses et adore partir à l’improviste (enfin, autant que cela se peut à cette époque !), étonnants parfois, Séville ou New York pour l’exposition monumentale consacrée aux peintres contemporains, la plus grande exposition d’art moderne du monde, en 1912. Ce sont aussi des amitiés à trois, avec Marcel Duchamp, créatif, foisonnant d’inventivité mais timide, amoureux autant qu’ami, ou encore Guillaume Apollinaire, l’ami de toujours, relations à trois avec les maitresses de Francis, Germaine en particulier, acceptées et aidées par Gabriële… Folle époque créatrice, où l’on aime sentir vivre ces artistes, de Debussy à Stravinski, d’Isadora Duncan à Elsa Schiaparelli, sans parler de Picasso, Man Ray, André Breton et tous les autres rencontrés au fil de ce roman.

On peut aussi se poser des questions sur la vie de cette femme que l’on dit féministe avant l’heure. Car alors comment comprendre son incroyable acceptation de tout ce que cet homme fantasque, égoïste, très égocentrique lui aura fait subir ? Et qu’elle aura accepté et voulu avec autant de détermination qu’elle en avait mis jeune fille à essayer de devenir musicienne. Qu’est-ce qui fait qu’on accepte cet oubli de soi pour devenir et rester la muse indispensable d’un artiste mal dans sa peau,  mais au talent indiscutable. Éblouissant certainement ! … pour qu’elle s’y perde à ce point.

Enfin, belle écriture à quatre mains, une seule plume pour des mots qui touchent et qui vous emportent, que l’on soit séduit ou énervé par Gabriële ou Francis, qu’importe, l’histoire est étonnante, le talent des écrivains certain, merci pour cette lecture et cette découverte. J’ai bien aimé les digressions au temps présent, échange de paroles entre deux sœurs qui écrivent et s’interrogent, avancent ensemble pour dérouler à l’envers le fil de leur histoire commune.

Un grand merci également aux #MRL2017 sans qui je n’aurais pas eu le plaisir de découvrir ce roman. A conseiller à tous les amateurs d’art, mais aussi de biographies romancées et de personnages, de femmes en particulier, hors du commun.

Roman lu aussi dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019


Catalogue éditeur : Stock

Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient «  la femme au cerveau érotique  » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Étival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début d’un XXe  siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société.
Anne et Claire Berest sont les arrière-petites-filles de Gabriële Buffet-Picabia.

Collection : La Bleue / Parution : 23/08/2017 / 450 pages / Format : 140 x 215 mm / EAN : 9782234080324 / Prix : 21.50 €

Un certain M. Piekielny. François-Henri Désérable

Si vous aussi, vous avez aimé « Évariste » et le talent singulier de François-Henri Désérable, alors découvrez vite son dernier roman « Un certain M. Piekielny ».

DomiCLire_un_certain_m_peikielny.jpgL’auteur est jeune, il a un style bien à lui qui nous entraine dans ses biographies romancées à sa façon. Car sous des airs de romans, il s’agit bien avec « Un  certain M. Piekielny » d’une biographie de cet auteur au grand talent qu’était Romain Gary.

En mai 2014, l’auteur est bloqué en Lituanie, il  a quelques heures à tuer dans les rues de Vilnius. Il passe incidemment devant une maison dans laquelle a vécu Roman Kacew, de 1917 à 1923, bien avant qu’il ne devienne Roman Gary. Une plaque commémorative  lui rappelle cet épisode, il se remémore alors cette phrase gravée dans sa mémoire et titrée du chapitre VII de La Promesse de l’aube, le roman édité par Gallimard en 1960, phrase que Romain Gary attribue à son voisin, cette triste souris grise : Promets-moi de leur dire : au n°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny…

Mais nous passons tous, chaque jour, devant des maisons et surtout des plaques commémoratives, des informations qui nous traversent, nous intéressent, mais de là à en faire un roman ? François-Henri Désérable est un fan absolu de ce roman qu’il a lu et relu un grand nombre de fois, la promesse de l’aube, et de son auteur, et à partir de cet instant, il n’aura de cesse de retrouver des traces de cet homme, le voisin, la souris triste.

Prétexte donc à nous parler d’avantage du romancier que de M. Piekielny, l’auteur nous entraine à la suite de Romain Gary. Il va le suivre, le chercher, tenter de le découvrir, lui qui apparemment le connait si bien. Avec un style bien particulier, qui tient presque du dialogue avec le lecteur, et dans lequel l’auteur se met également en scène, il nous dévoile quelques parts d’ombre de celui qui a réussi ce que sa mère avait toujours rêvé pour lui, devenir un grand écrivain, diplomate, aviateur, auteur à succès qui par deux fois a reçu le prix Goncourt. Il va le suivre de Vilnius à Nice, pendant la guerre et lors de ses succès, vivre intensément  avec ses personnages, et regretter amèrement comme tant d’autres la mort de l’écrivain qui a préféré tirer sa révérence un jour de 1980.

Intéressante approche de l’auteur, qui évoque la possibilité pour Romain Gary d’avoir utilisé sa souris triste pour donner corps à tous ces juifs qui ont vécu la barbarie nazie au cœur du ghetto de Vilnius. M. Piekielny est alors un symbole de vie, immortel à sa façon, puisque Romain Gary en parle dans le monde entier, partout et à tous les grands qu’il va rencontrer en particulier lorsqu’il sera ambassadeur.

Bien que parfois elle me déroute, j’aime cette écriture étonnante, très singulière. L’auteur nous fait découvrir des biographies et des personnages historiques sous des airs de romans et d’échange, en y mettant beaucoup de son propre personnage, vécu ou romancé, et là, qu’importe !

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A conseiller si vous n’êtes pas un fervent lecteur de biographie ou de roman historique, mais que vous avez envie d’apprendre et d’apprécier une écriture différente, pleine d’humour et malgré tout de sérieux.

Retrouvez également mon avis sur Evariste

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Catalogue éditeur : Gallimard

« »Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »

Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à « une souris triste », Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : « Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme », raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.

Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny.»

Collection Blanche, Gallimard  / Parution : 17-08-2017 / 272 pages, 11 ill., 140 x 205 mm  Achevé Genre : Romans et récits Catégorie > Sous-catégorie : Littérature française > Romans et récits / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782072741418