Simone Veil, Les combats d’une effrontée

Une pièce émouvante, un rôle qui sied à merveille à Cristiana Reali, qui incarne avec justesse et réalisme cette grande dame qui a traversé les épreuves et la vie avec autant de courage que de détermination.

Qui ne connaît pas cette date, le 1er juillet 2018. Simone Veil entre au Panthéon. Pas seule non, son mari Antoine l’accompagne.

Une jeune journaliste doit commenter la cérémonie à la radio. Prétexte à faire revivre avec brio celle qui a connu l’horreur des camps de concentration et la gloire des politiques et des élus.

Bien sur nous en avons tous plus ou moins entendu parler,. Nous la connaissons tous un peu, les camps de concentration avec sa mère adorée et sa sœur. Le mariage et les enfants, le travail qu’elle voulait faire et que le mari ne souhaitait pas. Puis la façon dont le président Giscard d’Estaing souhaitant faire voter la loi sur l’avortement lui demande de la porter à l’assemblée, les insultes, la violence subie alors, et cette femme digne et droite qui a su faire front face à une assemblée d’hommes bien peu compatissants ou compréhensifs, quel manque d’humanité dans les mots, les gestes qu’elle devra essuyer alors. Enfin, son combat pour la réconciliation et pour une Europe forte et unie.

Il y a tout ça, mais il y a surtout un rôle porté par Cristiana Reali avec réalisme, force et pudeur, avec une vérité qui émeut et qui convainc, dans un décor minimaliste qui donne toute leur ampleur aux deux actrices.

C’est jusqu’à fin décembre ! Alors vite, courrez au théâtre, vous ne le regretterez pas.

Quoi : Simone Veil « Les combats d’une effrontée » d’après Une vie de Simone Veil
Adaptation Cristiana Reali et Antoine Mory
Mise en scène Pauline Susini

Il y a d’abord cette étrange sensation, en cette chaude matinée d’été. Comme si le temps s’était brutalement figé.
Comme si l’Histoire reprenait ses droits. Simone Veil entre au Panthéon, avec son mari Antoine.
L’histoire de Camille, elle, ne fait que commencer. Appelée à prendre la parole sur Simone Veil dans une émission de radio, elle part à la recherche de ses souvenirs d’étudiante. A moins qu’il s’agisse des souvenirs de toute une génération, qui a grandi avec les combats de cette femme hors du commun.
A mesure que progresse l’émission de radio, une conversation voit le jour entre ces deux femmes, comme un dialogue entre deux générations.

Comment trouve-t-on la force de consacrer sa vie aux combats politiques ? Comment reçoit-on cet héritage?

 : Théâtre Antoine 14 Boulevard de Strasbourg 75010 Paris
Quand : encore jusqu’au 30 décembre

Bélhazar, Jérôme Chantreau

Entrer dans le monde énigmatique de Bélhasar pour enfin se retrouver

Bélhazar est un élève prometteur, un enfant précoce, de ces enfants que la société a tant de mal à comprendre et à accepter. Dix-huit ans, ce n’est certainement pas un âge pour mourir, encore moins lors qu’une interpellation de police qui tourne mal, et qui plus est, tué par sa propre arme. C’est pourtant ce qui est arrivé à Bélhazar en 2013. Alors, bavure, accident, suicide comme on a bien voulu le faire croire, que doit-on en penser.

Une affaire étrange, dont on a peu parlé mais sur laquelle Jérôme Chantreau décide un jour de faire la lumière. Car si la police et la justice ont tôt fait de conclure à un suicide qui arrange bien les autorités et les délivre de toute responsabilité, les parents eux, se posent bien des questions.

Antoine Bélhazar est un garçon différent, brillant. Jamais vêtu d’un tee-shirt, mais toujours d’une chemise et d’un grand manteau, il dénote terriblement dans sa classe ou dans la cour de l’école. Et cette différence, comme son intelligence, en font un souffre douleur, mais aussi un jeune homme hors norme.

Rêveur, collectionneur fou, artiste, passionné, inspiré, unique, il mène rapidement sa vie en dehors des sentiers battus, et surtout de la vie normale d’un enfant ou d’un adolescent. Passionné par la guerre et par les armes à feu, il les collectionne, apprend à tirer au club de tir et compte bien trouver un métier en relation avec cette passion dévorante. Mais Bélhazar est aussi quelqu’un qui vit dans le monde d’Alice au Pays des Merveilles, avec son lapin blanc dans sa forêt magique, à la limite du monde merveilleux et enchanté de ces histoires qu’il aime tant. Un monde dans lequel peu à peu va le suivre l’auteur, passant insensiblement de la recherche de vérité à la magie d’un monde parallèle accessible aux seuls initiés, ceux qui savent comment passer de l’autre côté du miroir.

Difficile alors de cerner le personnage, de trouver la réponse au pourquoi et comment est-il mort, et d’apporter aide et soulagement aux parents.

Le long cheminement de l’auteur vers un semblant de vérité au côtés de ce jeune homme unique, lunaire, magnifique, est avant tout un chemin vers une meilleure connaissance de lui-même et de ce qui l’entoure, de ce vers quoi il veut aller. Un moyen d’évoluer et de se trouver là où il pensait seulement cerner cet élève singulier, énigmatique et magnétique à l’imagination et à la créativité débordantes.

Un livre étrange qui nous parle d’un disparu auquel on s’attache sans parvenir à le cerner vraiment. Mais est-ce vraiment le but, l’auteur ne cherche-t-il pas plutôt à mieux se connaître à travers cette relation à l’autre, à celui qui a disparu et à ceux qui l’ont aimé.

Catalogue éditeur : Les éditions Phébus

Février 2013 : Bélhazar, un jeune homme sans histoire, décède lors d’un contrôle de police. Accident? Bavure ? Suicide, comme l’avance le rapport officiel ? L’affaire en reste là. Passée sous silence, elle tombe dans l’oubli.

Jusqu’à ce que Jérôme Chantreau décide de mener l’enquête. Professeur de français et de latin, il avait eu pour élève le jeune Bélhazar. L’auteur se plonge dans le passé, interroge les souvenirs.
Mais se heurte à la malédiction qui semble entourer ce drame. Que s’est-il vraiment passé ce soir d’hiver ?

Et par-dessus tout, qui était Bélhazar ? Adolescent hypnotique ? Artiste précoce ? Dandy poète laissant derrière lui un jeu de piste digne d’Alice au pays des merveilles ?

Jérôme Chantreau écrit contre l’oubli, et pour la vérité. Le crime est-il vraiment là où l’on croit ?
Les faits sont réels, mais ils ne disent pas le vrai. Pour comprendre enfin, l’histoire de Bélhazar exige une mise à nu totale : celle de l’auteur. Son engagement inconditionnel emporte le lecteur dans un labyrinthe d’indices et d’émotions.

Parution : 19/08/2021 / Prix : 19,00 € / Format : 20.5 x 14 cm, 320p. / ISBN : 978-2-7529-1237-4

Marlène Dietrich, seule en scène

Son nom commence par une caresse et finit par un coup de cravache ! Jean Cocteau

Pour bien commencer cette année 2021 j’ai envie de vous parler de ce spectacle que j’ai vu en octobre, et qui devrait reprendre à partir du mois de février.

Le spectacle de Cyrielle Clair retrace la vie de Marlène Dietrich, icône du cinéma américain de la fin de la guerre.

Marie Magdalene Dietrich, dite Marlène Dietrich est née en Allemagne en décembre 1901. Révélée dans L’ange Bleu en 1930, elle décide de fuir le pays avec sa fille et son mari dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Marlène l’américaine va partir pendant quatre années sur le front au côté des soldats alliés dans l’armée du général Patton.

Marlène est éternellement amoureuse, fidèle à sa façon a son époux -ils vivent chacun leur vie à partir de la naissance de leur fille unique- mais aussi à ses amour tumultueuses avec les acteurs les plus célèbres et convoités de son temps. Elle tourne de nombreux films en particulier avec Von Sternberg, connaît des périodes où plus personne ne veut d’elle, puis finalement Las Vegas lui tend les bras. Elle revient en France où elle y sera décorée de la légion d’honneur par le général de Gaulle pour son action pendant la guerre. Elle vivra ses dernières années à Paris où elle décède en 1992.

Quelques extraits de films ponctuent la soirée, le temps d’un changement de costume. Dommage, ce sont des scènes tournées par Cyrielle Clair, il me semble que j’aurais préféré les originaux mais cela peut donner envie de les revoir.

De nombreux costumes, son célèbre short, ses tenues masculines ou la robe effet nu, nous rappellent les photos les plus célèbres de l’actrice et chanteuse, un éclairage et une scénographie très intéressants, colorés, vivants, évoquant parfaitement la période nazie, le départ d’Allemagne pour une longue traversée transatlantique, les hommes qui ont compté, les tournages à Hollywood, un Las Vegas à vous donner le tournis, enfin le retour à Paris…

Un spectacle de qualité, décors, mise en scène, éclairages, costumes, ajoutent une puissance d’évocation à une Cyrielle Clair plus Marlène que Marlène.

A noter, Cyrielle Clair reprend dans ce seul en scène le spectacle qu’elle avait proposé en 2016 à l’Espace Cardin à la demande de Pierre Cardin.

Assurément une belle soirée, dans le respect des mesures sanitaires.

Ce que nous dit le théâtre de la Tour Eiffel :

Marlène Dietrich : Une icône ? Un ange ? Un démon ? Un mystère …
Seule en scène, tel un biopic, Cyrielle Clair retrace le destin d’une femme d’exception :

  • Des cabarets berlinois à la gloire de Hollywood
  • De son reniement de l’Allemagne nazie à son engagement auprès des Alliés et de la France qu’elle aimait tant
  • De l’âme sensible, l’amoureuse passionnée, à la femme fatale pour ceux qu’ils ont aimée. 

Quoi : Marlène Dietrich « seule en scène », Cyrielle Clair
 : théâtre de la Tour Eiffel, 4, Square Rapp 75007 PARIS
Quand : vendredi, samedi, dimanche à 19h

Elles venaient d’Orenbourg, Caroline Fabre-Rousseau

Fin du 19e siècle, le destin incroyable de deux femmes qui bravent les interdits

En 1894, deux jeunes femmes partent d’Orenbourg en Russie pour la Suisse puis la France. Parvenues jusqu’à Montpellier elles vont s’inscrire à la faculté de médecine. Elles vivent en Russie à une époque où la vie est déjà très difficile pour de femmes, mais aussi pour les juifs. Pogroms, assignation à résidence, privation de liberté, les empêchent de vivre normalement.

Ces deux femmes sont Raïssa Lesk qui épousera Samuel Kessel, deviendra la mère de Joseph Kessel et la grand-mère de Maurice Druon, et Glafira Ziegelmann qui sera la première femme admissible à l’agrégation de médecine. Il faut dire qu’en Russie, comme d’ailleurs dans de très nombreux pays à l’époque, les femmes ne pouvaient pas s’inscrire en faculté de médecine ni exercer certains métiers que les hommes réservaient aux hommes.

Toutes deux rêvent de faire médecine, c’est cette ambition commune qui les pousse à partir pour la Suisse. Elles s’y plaisent, y rencontrent des compatriotes, mais doivent finalement s’inscrire à Montpellier pour finir leurs études et espérer pouvoir exercer un jour dans leur pays. Là, elles bravent tous les interdits, étudiantes au même titre que les hommes, elles pratiquent même la dissection de cadavres, rien ne les rebute pour apprendre ce métier qui les passionne.

Pourtant, leurs destins prennent des chemins différents lorsque Raissa rencontre Samuel Kessel. Elle se marie rapidement, et abandonne ses études pour le suivre jusqu’en Argentine.

Glafira Ziegelmann rencontre Amans Gaussel, devient médecin puis se spécialise en obstétrique. Son mari, médecin également, et ses professeurs, la poussent à poursuivre ses études et à passer l’agrégation. Mais une femme étudiante, médecin, puis spécialiste, passe encore, mais ces messieurs de l’institut ne peuvent admettre qu’une femme, aussi brillante soit-elle, devienne leur égale ; elle ne pourra pas se présenter à l’oral malgré son éclatant succès à l’écrit. Le difficile chemin des femmes vers une forme d’égalité est particulièrement bien montré ici. Oui, une forme d’égalité, car en plus d’étudier et de travailler, Glafira doit aussi tenir son foyer, élever les enfants, être une femme et une épouse accomplie. 

Voilà deux héroïnes absolument passionnantes qui revivent dans ce roman qui tient de la biographie. Je découvre leurs parcours et j’admire leur volonté, elles qui ont eu le courage de quitter leurs familles, mais aussi un pays où la vie était déjà très difficile pour les juifs, pour poursuivre leur passion.

J’avais déjà apprécié l’écriture de Caroline Fabre-Rousseau en découvrant le roman La belle-sœur de Victor H. dont je vous avais parlé ici.

Catalogue éditeur : éditions Chèvre-feuille étoilée

Montpellier, 1894 : deux jeunes filles russes s’inscrivent à la faculté de médecine. Exactes contemporaines de Marie Curie, elles connaîtront elles aussi un destin exceptionnel. Raïssa Kessel et Glafira Ziegelmann.

Caroline Fabre-Rousseau, romancière a un penchant certain pour les oubliés de l’histoire. Mêlant recherches et fiction, elle exhume des époques et des personnages, réels ou imaginaires, pour mieux les arracher à l’oubli. Sa précédente biographie faisait revivre Julie Duvidal, artiste peintre reconnue en son temps, écrasée par l’ombre de son beau-frère Victor Hugo.
Biographie croisée, « Elles venaient d’Orenbourg » raconte avec sensibilité et érudition deux parcours contrastés et révélateurs de la condition féminine au tournant du 19e siècle.

17,00€ En librairie le 15 février 2020 / ISBN : 9782367951416

Une leçon de ténèbres, Léonor de Recondo

Dans  « Une leçon de ténèbres » Léonor de Recondo nous entraine pour une nuit magique dans le musée de Tolède consacré au peintre Domenikos Theotokopoulos, dit El Greco

Quel rapport  entre un peintre né en 1521 et Léonor de Recondo ?
Quel rapport entre Tolède et Paris ?
Entre la peinture et le violon ?

Tout simplement une rencontre magique…
Comme le dernier livre de Léonor de Recondo
Comme passer une nuit seule dans un musée
Comme le bonheur de découvrir  Tolède au mois de juin sous une chaleur caniculaire, entrer dans la maison musée du peintre El Greco, rencontrer puis oublier les gardiens du musée, le lit de camps sur lequel on va peut-être dormir, et aller à la rencontre du maitre et contempler ses œuvres seule, sans la foule des touristes, sans les amoureux du peintre et tous ceux qui viennent pour le découvrir sans le connaitre
Comme le bonheur d’avoir toute une nuit pour aller à sa rencontre.

Dans  Une leçon de ténèbres Léonor de Recondo nous fait passer une nuit magique dans le musée de Tolède où se trouvent les œuvres de Domenikos Theotokopoulos, dit El Greco.

Celle qui connait bien ses œuvres si singulières dans leurs formes, leurs thèmes, leurs couleurs, et cette façon qu’à l’artiste de restituer sur la toiles des personnages presque irréels mais qui procurent tant de bonheur à ceux qui les découvrent, part à la rencontre du maitre qu’elle admire. Des années après la visite faite avec ses parents, elle revient seule dans ce musée et son but est d’entrer en communion avec El Greco, que les deux artistes se retrouvent là, par-delà le temps, par-delà les siècles. Le peintre que les visiteurs ont pu admirer lors de l’exposition proposée cet hiver par Le Grand Palais devient le partenaire d’une nuit de passion amoureuse, la passion de l’art et de la beauté, de l’absolu vers lequel tendent tous les artistes à travers les âges.

Alternent tout au long du roman les souvenirs personnels de l’auteur et la vie du peintre, non pas comme une biographie, mais bien comme une rencontre. De ces rencontres que l’on fait à travers le  temps avec ceux que l’on aime, ceux à qui ont voue une admiration inconditionnelle.

Merci Léonor de Recondo de nous enchanter avec ces mots, ces images, cette poésie et cette si belle humanité que l’on ressent au fil de pages, de roman en roman.
Une belle idée cette collection « une nuit au musée » dirigée par Alina Gurdiel

Retrouvez également l’article sur l’exposition El Greco au Grand Palais

Du même auteur, lire également Manisfesto et Amours

Catalogue éditeur : Stock

Leçon de Ténèbres : « Genre musical français du XVIIe qui accompagne les offices des ténèbres pour voix et basse continue. Se jouait donc la nuit à l’Église, les jeudi, vendredi et samedi saints. »

Le Musée Greco à Tolède n’est certes pas une Église, et Léonor de Recondo, quoique violoniste, n’y va pas pour jouer, dans cette nuit affolante de chaleur, de désir rentré, de beauté fulgurante, mais pour rencontrer, enfin, le peintre qu’elle admire, Dominikos Theotokopoulos, dit le Greco, l’un des artistes les plus originaux du XVIe siècle, le fondateur de l’école Espagnole.
Oui, Léonor doit le rencontrer et passer une nuit entière avec lui, dans ce musée surchauffée et ombreux, qui fut sa maison. Le Greco doit quitter sa Candie, natale, en Crète et traverser Venise, Rome et Madrid, où il fut de ces peintres-errants, au service de l’Église et des puissants du temps. Mais Le Greco est mort en 1614 à Tolède. Viendra-t-il au rendez-vous ?

Prix : 18 € / 200 pages ; 18,5 x 12,2 cm / ISBN 978-2-234-08883-2 / Parution 08/01/2020

Un été à L’Islette, Géraldine Jeffroy

Un été dans la vie de Camille Claudel et de Rodin, un premier roman sensible et poétique de Géraldine Jeffroy

Par une lettre qu’elle adresse à Millou, Eugénie lui raconte son histoire. Vingt ans auparavant, pendant l’été 1892, elle est envoyée par ses parents, chapeliers à Paris, au château de L’Islette, près d’Azay-le-Rideau. Là, dans ce bel édifice renaissance, Madame Courcelle, la châtelaine, passe l’été avec Marguerite, sa petite-fille en convalescence, et reçoit deux artistes parisiens qui ont loué deux pièces du château pour plusieurs semaines.

Eugénie, préceptrice de Marguerite, fait alors la rencontre de Camille Claudel. L’artiste amoureuse et passionnée tant par la sculpture que par Rodin, vient travailler là pour l’été. Rodin n’y fera que quelques courts séjour, tout à l’étude de son Balzac, œuvre singulière s’il en est, disputes, retrouvailles, leurs amours s’avèrent particulièrement tumultueuses.

Camille à la beauté sauvage et la créativité dévastatrice, s’enferme dans une salle où elle travaille sans relâche ses plâtres, affûte son inspiration, pour terminer La valse (avec voiles), une de ses œuvres maitresses. C’est aussi là qu’elle rencontre Marguerite, qui lui inspire une œuvre charmante, La petite châtelaine (ou la petite de L’Islette). Elle entretient tout au long de l’été une relation épistolaire avec Claude Debussy, qui est lui aussi en pleine phase de créatrice, avec son Prélude à l’après-midi d’un faune.

Éblouie par sa rencontre avec Camille, Eugénie l’accompagne tout au long de cet  été. Elle découvre sa fragilité, son énergie, sa violence dans l’action et sa façon de maltraiter son propre corps, pour ne laisser exploser que sa créativité, que l’art qui semble vouloir sortir tout seul de ses mains. Ce sera un été unique, de création, de douceur, de violence. Un été qui change à jamais la vie d’Eugénie…

Mais que ce roman est agréable à lire. Entre vérité historique et imaginaire de l’écrivain, l’auteur nous transporte dans la vie de ces deux monstres sacrés. Je m’y suis laissé embarquer avec un vrai bonheur sans pouvoir le lâcher, mais il est très court, à peine 110 pages. Je n’ai pas eu envie de quitter Camille, cette artiste qui m’émeut tant, engloutie par sa créativité et par les affres de sa passion pour Rodin.

Roman lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois

Catalogue éditeur : Arléa, 1er Mille

Château de l’Islette, juillet 1892. Camille Claudel y installe son atelier estival. Comme Rodin tarde à la rejoindre, elle confie son désarroi à Claude Debussy et travaille sans relâche. À mesure que La Valse prend forme, traduisant la tension extrême au sein du couple, la petite châtelaine et sa préceptrice, Eugénie, entrent dans la danse.
Géraldine Jeffroy tisse avec subtilité vérité artistique et imagination romanesque. Des destinées se croisent et des passions s’exacerbent. Cet été-là verra naître des chefs-d’œuvre : La Valse et La Petite Châtelaine de Camille Claudel, le Balzac de Rodin et L’Après-midi d’un faune de Claude Debussy.

Géraldine Jeffroy est née à Chinon, en Touraine. Elle est professeur de lettres en région parisienne. Elle est également l’auteur de Soutine et l’Écolier bleu, Fondencre, 2019.

septembre 2019 / 144 pages – 17 € / ISBN : 9782363082015

Barbara, roman ; Julie Bonnie

De la petite fille à la longue dame brune, Julie Bonnie nous entraine dans le sillage de Monique Serf, celle qui deviendra Barbara.

photo couverture du roman Barbara, roman, éditions pocket

Barbara n’a pas toujours été cette femme à la silhouette longiligne et à la voix si caractéristique dont chacun d’entre nous a au moins une ou deux chansons en tête. De il pleut sur Nantes à l’aigle noir, deux titres et des paroles qui, si on n’en connaissait pas la genèse, prennent ici toute leur force, celle qui enfant jouait du piano sur une feuille de papier vite pliée et cachée, a poursuivi toute sa vie une obsession, la musique. Elle se rêve pianiste (rêve anéanti par une mauvaise opération à la main qui l’a handicapée à un doigt), puis se tourne vers le chant, quand elle comprend enfin qu’elle a un timbre de voix particulier.

Il y a d’abord la famille, une mère au foyer qui met au monde des enfants les uns après les autres, en silence et en soumission. Un père perpétuellement absent et fauché. Puis ce père qui vient la retrouver le soir dans son lit de petite fille, cet aigle noir effrayant qui la tient en lui déclarant son amour inconditionnel et secret. Une grand-mère qu’elle adore et qui lui dit de jouer du piano sur cette feuille de papier qui la sauve en lui permettant de matérialiser ainsi ce rêve fou. L’école, où une Monique qui ne rêve que de musique s’envole au loin sans rien retenir. Puis les fuites des enfants cachés et séparés de la famille, car juif pendant la guerre c’est si dangereux. Enfin les hommes, un mari en particulier qui lorsqu’elle fuit vers la Belgique s’occupe d’elle et lui trouve les lieux où se produire, amorçant ainsi la carrière de l’artiste en devenir.

Ce roman d’une vie est beau et mélancolique, imagé et sonore, car derrière les mots, c’est la violence du père, les amours désespérées, ce sont les notes du piano, les tonalités de la voix magique et mélancolique de Barbara que l’on entend. Plus qu’une simple lecture, Julie Bonnie fait vivre – et parfois s’exprimer – cette enfant qui devient femme, cette artiste qui saura si bien écrire et chanter les amours enfuies, les regrets, les chagrins et la solitude.

Catalogue éditeur : éditions Pocket et Grasset

Joue, piano, joue.
C’est un piano de papier, dessiné au crayon par sa grand-mère adorée. Dès que son soleil devient trop noir, la petite Monique y compose des cantates secrètes, des airs rien que pour elle, du bout des doigts. Quand la guerre jette sa famille dans la clandestinité… Quand un… Lire la suite

Pocket : EAN : 9782266286800 / Nombre de pages : 176 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 23/05/2019 / Prix : 6.40 €

Grasset : Parution : 13/09/2017 / Pages : 198 / Format : 133 x 205 mm / Prix : 17.50 € / EAN : 9782246860761

Le Rituel des dunes, Jean-Marie Blas de Roblès

Jean-Marie Blas de Roblès est un artiste des mots, des sensations, des sentiments. Son écriture sublime transporte ses lecteurs vers des ailleurs magiques. Laissons-nous séduire par son roman, Le Rituel des dunes.

Alors qu’il se trouve à Macao, Roetgen se souvient de son séjour au Brésil, puis à Tientsin, au nord de la Chine. Là, au milieu d’un grand nombre d’expatriés, il partageait l’appartement de Warren, enseignant comme lui à l’institut de langues. Warren, cet américain homosexuel qui tape le manuscrit du roman que Reotgen écrit à quatre mains, un chapitre sur deux, lui fait rencontrer Beverly, une américaine de vingt ans son ainée. Il s’attache à cette femme fantasque qui adore les biographies, et lui dévoile des pans entiers de sa vie absolument extravagante. Ils deviennent amants, et chaque soir, Beverly lui demande de lui raconter une histoire.

Ce roman à l’écriture fascinante si caractéristique de ce que nous propose Jean-Marie Blas de Roblès, nous entraine dans de multiples histoires qui se croisent et perdent ou embarquent le lecteur.

Il y a les souvenirs rêvés, fantasmées, inventés, racontés par Roetgen, tel un Shéhérazade des temps modernes.
Puis les passages de son roman, ce polar étrange dont le lecteur ne découvre qu’un chapitre sur deux, l’auteur laisse alors toute la place à notre imagination pour recoller ou réécrire les morceaux manquants de cette intrigue rocambolesque. Un certain Hugo est à la recherche des souvenirs de son père, qui vivait en Chine au temps des concessions.
Enfin, les souvenirs de Roetgen, ses rencontres, sa vie à Tientsin, ses interrogations, ses souvenirs. Roetgen qui se demande encore s’il a réellement su aimer Berverly.

Ce roman est aussi prétexte à nous conter l’art, la vie, la richesse de la tradition chinoise, avec minutie, précision et raffinement. C’est précis, ciselé, extravagant, un véritable plaisir de lecture dans lequel il faut se laisser emporter et se perdre avec bonheur.

A noter, trente ans après sa première parution, l’auteur nous propose ici un texte entièrement remanié, même si la plupart des personnages sont identiques.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix des lecteurs BFM l’Express

Catalogue éditeur : Zulma

Dans un petit milieu d’expatriés, joyeusement délétère et décalé, Beverly, l’Américaine, fait figure de brillante excentrique. Elle n’a aucune limite, mène sa vie comme au casino, et ne vit que par passion. Elle est exubérante, impulsive : irrésistible.
Quand Roetgen débarque sans transition du Brésil à Tientsin, mégapole glaciale du nord de la Chine, il est séduit par cette femme inouïe, de vingt ans son aînée. Comme une Shéhérazade en ombre chinoise, Beverly, qui a vécu (ou fantasmé) mille vies rocambolesques, des plus sordides aux plus éclatantes, réclame à son jeune amant des histoires à la hauteur de sa propre biographie : les affres d’un empereur chinois au double visage, une nuit hallucinée au cœur de la Cité interdite, un vrai faux polar mâtiné de sexe et de mafia chinoise. Mais entre fiction et réalité, la mécanique s’enraye, Beverly s’enflamme, dévoilant sa face obscure…

Le Rituel des dunes est un roman extraordinairement brillant, réjouissant et profond – et qui porte haut les grands bonheurs du romanesque.

Né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès, Jean-Marie Blas de Roblès est notamment l’auteur de Là où les tigres sont chez eux (Prix Médicis 2008), qui l’a révélé au grand public, et du très remarqué L’Île du Point Némo (2014). Après Dans l’épaisseur de la chair, le somptueux hommage d’un fils à son père, Jean-Marie Blas de Roblès nous revient avec Le Rituel des dunes. Écrit avant Là où les tigres sont chez eux, et entièrement remanié, Le Rituel des dunes nous offre de magnifiques retrouvailles avec des lieux, des personnages, une atmosphère magnétique, et ce ton si particulier, fougueux, incroyablement stimulant.

14 x 21 cm / 288 pages / ISBN 978-2-84304-843-2 / 20 € / Paru le 03/01/19

La petite danseuse de quatorze ans. Camille Laurens

Quand le destin de l’artiste croise celui de « La petite danseuse de quatorze ans », immortalisée pour l’éternité. Camille Laurens a mené l’enquête dans l’univers impitoyable de l’art et de la danse.

Domi_C_Lire_la_petite_danseuse_de_quatorze_ans.jpegDifficile d’appeler La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens un roman, c’est plutôt un essai, ou un récit historico socio… je ne sais quoi. Mais je l’ai trouvé particulièrement intéressant, surtout après avoir découvert l’exposition « Degas, Danse, Dessins » au musée d’Orsay.

A l’Opéra de Paris, au 19e siècle, les petits rats n’étaient pas toujours des petites filles qui rêvaient de devenir danseuses. Et si aujourd’hui on se soucie de la vie et de l’enfance des petites filles, celles-ci ont pu être pendant de très longs siècles la proie de quelques messieurs amateurs de chair aussi fraiche que jeune.

La petite danseuse modèle de Degas, mais surtout petit rat de l’Opéra, est Marie van Goethem. Née en 1865 dans une famille belge très pauvre, Marie et sa grande sœur Antoinette deviennent danseuses pour assurer le quotidien de leur mère. Il n’était pas rare à cette époque que ces messieurs entretiennent une danseuse, où viennent payer pour le plaisir de les regarder à satiété, et plus si … sans doute. La mère maquerelle et le proxénétisme ne sont pas loin, mais ici hélas, c’est bien la mère des fillettes qui tient le rôle maudit. Les jeunes filles plaisent aux messieurs ou pas, dansent quelques années, puis finissent au bordel, ou éventuellement richement entretenues pour les plus belles, les plus chanceuses.
L’auteur retrouve celle qui servi de modèle à cette sculpture révolutionnaire que Degas va présenter au salon impressionniste de 1881. Marie sera renvoyée de l’Opéra en 1882, certainement à cause de ses nombreuses absences, celles dues aux heures de pause pour l’artiste qui immortalisera le modèle ?

La petite danseuse de quatorze ans  est donc une sculpture de cire, petite fille au visage chafouin, tendu vers le haut, bras croisés à l’arrière du dos, comme en signe de rébellion, tout sauf soumise, tout sauf heureuse sans doute. Si la sculpture choque, c’est parce qu’elle n’est pas particulièrement jolie, mais également qu’elle n’est pas de plâtre ou de bronze, au contraire quasiment de chair et de sang, car cuir, tutu léger et vaporeux, cire, complètent ce très inhabituel tableau. Il va choquer. Degas en fera plusieurs exemplaires, le Musée d’Orsay expose un moulage en bronze dans ses collections permanentes.

Domi_C_Lire_Degas_danse_dessins_1La question que pose Camille Laurens, et que l’on se pose certainement en regardant cette petite danseuse est le pourquoi de ce visage aussi ingrat ? Un moyen pour l’artiste de dénoncer la condition de cette enfant, de secouer les consciences ? Ou est-ce au contraire un moyen de se rendre complice des pensées de l’époque, quant au faciès attendu d’une prostitué ou d’une pauvresse, d’une presque mendiante, qui ne pouvait être que non conforme aux standards en matière de beauté pour une jeune fille dite de « bonne famille » ? Soif de choquer ou simple habitude ? Le mystère reste entier.
Cependant, la petite danseuse de quatorze ans possède une grâce indolente et rebelle qui ne peut que conquérir celui qui la découvre. Reflet d’une époque ou sortie de l’imagination de l’artiste, portrait de Marie ou création du maitre, qu’importe, elle nous intrigue et nous enchante, comme le font les œuvres de Degas, peintre, dessinateur, sculpteur sur le tard, puisque lorsqu’il devient aveugle, la dimension de la sculpture palliera en partie sa cécité. Le livre de Camille Laurens est en cela particulièrement intéressant qu’il dévoile tout cela et appelle notre conscience, éveille notre curiosité, avec juste ce qu’il faut d’interrogations et de réponses, et ce qu’il faut également de mystère irrésolu.

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L’exposition du musée d’Orsay :

 


Catalogue éditeur : Stock

« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien  connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette  à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son  âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà  un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les  années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris, et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un  rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a  été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur  en a eu assez de ses absences à répétition. C’est qu’elle avait  un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous  gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa  famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou  des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »

Collection : La Bleue / Parution : 30/08/2017 / 176 pages / Format : 140 x 216 mm / EAN : 9782234069282 / Prix : 17.50 €

Histoire du lion Personne. Stéphane Audeguy

Stéphane Audeguy  nous conte l’Histoire extra-ordinaire d’un lion nommé Personne, qui traverse une époque révolutionnaire et dont nul ne se souvenait… jusqu’à aujourd’hui.

Domi_C_Lire_histoire_du_lion_personneSénégal, 1786. Dans son village, Yacinne est protégé par le père Jean, le vieux missionnaire qui a su détecter chez ce jeune homme de belles capacités intellectuelles et qui lui donne toute l’éducation qu’il est possible de recevoir au village. Voyant que l’enfant peut aller plus loin, il décide de l’envoyer à St Louis, pour parfaire cette éducation. En chemin, Yacinne trouve un lionceau, et lorsqu’il est certain de pouvoir s’en occuper sans danger, l‘adopte et lui donne pour nom Kena, ce qui en langage de sa propre tribu signifie « personne ».

Voilà comment va naitre « l’Histoire du lion Personne ».

Arrivé à Saint-Louis-du-Sénégal, le jeune Yacine se place immédiatement sous la protection de Jean-Gabriel Pelletan de Camplong, le directeur de la Compagnie Royale du Sénégal. Ce dernier, arrivé là d’avantage par punition que par promotion, va prendre goût à la vie au Sénégal, et adopter Kena, le lion Personne. Pourtant, Jean Gabriel est un homme droit, dont les pensées vont à l’encontre de la morale de l’époque et de l’intérêt du commerce, bataillant contre l’esclavagisme, refusant de prendre pour maitresse ces belles mulâtres qui se donneraient pourtant facilement à lui pour obtenir promotion et porte ouverte dans le grand monde, et ses goûts plus prononcés pour les hommes que pour le jeunes femmes qui le convoitent ne vont pas lui rendre la vie facile. Personne devient très vite le compagnon de solitude de Pelletan. A la mort de Yacinne, Personne va adopter un nouvel ami, un jeune chiot bâtard appelé Hercule, ils deviendront inséparables.

Face au risque encouru par Personne dans sa maison du Sénégal, et grâce à ses contacts épistolaires avec Georges-Louis Leclerc Buffon, Pelletan décide de le faire partir pour la Ménagerie Royale de la cour de Louis XVI à Versailles. Hélas, nous sommes en mai 1788, en pleine période révolutionnaire. La mission sera compliquée et le chemin qui les mène de Saint-Louis du Sénégal au Havre de Grâce en Normandie, puis jusqu’à Versailles, enfin jusqu’à la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris, sera un véritable parcours du combattant semé d’embuches. Les animaux sauvages et nobles ont une image un peu trop majestueuse pour cette époque de révolte, et celle du roi des animaux est bien trop associée à l’image du roi, cela ne plait vraiment pas au peuple. Ii est intéressant de comprendre alors la vision des classes de la société à travers les différents animaux, l’image qu’ils transmettent, et de fait, le principe de création du premier jardin zoologique.

Personne aura une courte vie, à peine dix ans, protégé par ses différents maitres, et surtout par le chien Hercule qui l’accompagne dans son périple.

J’ai vraiment apprécié découvrir cette aventure, l’écriture est étonnante et parfois ampoulée car ancrée dans son siècle, mais foisonnante d’images et de sentiments, d’idées et de interrogations. Qui ne s’est pas posé des questions face à la pléthore d’animaux empaillés de la Grande Galerie de l’évolution au Muséum d’Histoire Naturelle, animaux datant souvent de cette époque ?

Et surtout, j’ai apprécié cette façon de personnifier le lion, Personne, de lui créer des souvenirs, des émotions, pendant cette période historiquement riche d’événements importants : la colonisation de l’Afrique et l’esclavagisme, la révolution française et la fin de la royauté. Cela donne une autre vision de tous ces événements, de cette grande période de bouleversement politiques, économiques et sociétaux majeurs dans notre histoire. Un peu à la façon d’Éric Vuillard qui observe l’Histoire à travers les personnages la plupart du temps insignifiants ou oubliés, Stéphane Audeguy fait parler les petits, les faibles, pour donner sa version de ces dix ans de vie.

💙💙💙💙

PMR Seul

Ce roman fait partie de la sélection 2018 pour le

Prix du Meilleur Roman de Points #PMR2018


Catalogue éditeur : Seuil, éditions Points, sélection du Prix du meilleur Roman 2018

Il est absolument impossible de raconter l’histoire d’un lion, parce qu’il y a une indignité à parler à la place de quiconque, surtout s’il s’agit d’un animal.
Il est absolument impossible de raconter l’histoire du lion Personne, qui vécut entre 1786 et 1796 d’abord au Sénégal, puis en France. Cependant, rien ne nous empêche d’essayer.

6,5€ // 168 pages / Paru le 17/08/2017 / EAN : 9782757868829