Le bal des folles, Victoria Mas

Voulez-vous danser …? Venez découvrir Le bal des folles, un premier roman magistral signé Victoria Mas.

Le roman de Victoria Mas évoque ces femmes internées à la Salpêtrière au XIXe, que l’on appelait les folles, les hystériques ou même les aliénées. Elles sont sous la responsabilité de cette figure devenue mythique de la neurologie et de la psychiatrie, le professeur Jean-Martin Charcot qui expérimente sur elles toutes sortes de nouveautés. Ces pauvres femmes sont parfois effectivement malades, mais le plus souvent elles ont été internées là par un père, un mari, un frère qui ne demande qu’à en être définitivement débarrassé. Car qui veut d’une épouse qui se révolte, d’une fille qui a été violée, d’une sœur qui exprime un souhait d’émancipation ?
Dans les dortoirs de l’hôpital, point de salut, ni lecture, ni activité, tout au plus quelques bavardages, le plus souvent une isolation forcée et désastreuse pour leur équilibre déjà bien fragile, un peu d’éther de temps en temps pour calmer les crises des malades. Et qui se soucie de leur bienêtre ? Le bon docteur Charcot préfère ses séances publiques d’hypnose, où une jeune et jolie malade est endormie pour tenter de lui faire reproduire les crises d’hystérie qui les qualifient si bien, devant un public plus voyeur que soignant et au prétexte de faire avancer l’étude de leur comportement… Chaque année à la mi-carême un bal voulu par Charcot est organisé pour elles dans l’enceinte d’hôpital. Le bal des folles confronte les bourgeois et les personnalités du tout Paris fascinés par ces femmes qu’ils vont côtoyer un instant.

Victoria Mas s’intéresse à quelques-unes d’entre elles, Geneviève, l’infirmière dévouée, effacée et attentive, Thérèse, la folle enfin à l’abris des violences du monde extérieur entre les hauts murs de l’hôpital, et Eugénie, la douce et brillante jeune femme qui vient d’être internée à la demande de son père. Car en cette année 1885, Eugénie s’intéresse aux esprits et aux écrits d’Allan Kardec, se demandant si les défunts parlent aux vivants. C’en est trop pour son père et pour l’honneur de sa famille, la voilà exilée elle aussi auprès de ces malheureuses qui peuplent les dortoirs de l’hôpital.

Le bal des folles est avant tout un éclairage sur le sort des femmes, sur les violences qu’elles ont eu à subir entre ces hauts murs symbole d’enfermements, sur la façon dont de tout temps elles sont écartées de la vie publique par les hommes qui les gouvernent, ici point de couvent mais un hôpital, rien de pire pour perdre tout à fait la raison et ne plus faire d’ombre à des pères de famille bien égoïstes. C’est aussi un excellent roman par son écriture à la fois réaliste et descriptive, qui nous entraine avec ses personnages attachants et bouleversants de vérité et de raison.

Selon Wikipédia : Jean-Martin Charcot (Paris 29 novembre 1825 /Montsauche-les-Settons 16 août 1893) est un neurologue français, professeur d’anatomie pathologique et académicien. Découvreur de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative à laquelle son nom a été donné dans la littérature médicale francophone, il est le fondateur avec Guillaume Duchenne de la neurologie moderne et l’un des grands promoteurs de la médecine clinique, une figure du positivisme.
Ses travaux sur l’hypnose et l’hystérie, à l’origine de l’École de la Salpêtrière, ont inspiré à la fois Pierre Janet dans ses études de psychopathologie et Sigmund Freud, qui a été brièvement son élève et l’un de ses premiers traducteurs en allemand, en ce qui concerne l’invention de la psychanalyse.

Ce roman a déjà reçu de nombreux prix en 2019 : Prix Patrimoines de la Banque Privée BPE, Prix Stanislas, Prix Première Plume, Talent Cultura

Catalogue éditeur : Albin-Michel

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles.  Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles, d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques. Ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Prix 18.90 € / parution : 21 Août 2019 / 140mm x 205mm / 256 pages / EAN13 : 9782226442109

Une jeunesse de Marcel Proust. Evelyne Bloch-Dano

Dans « Une jeunesse de Marcel Proust » Evelyne Bloch-Dano nous invite à revisiter la vie et l’entourage de Marcel Proust, pour comprendre ce qui a fait de cet auteur un écrivain aussi singulier.

Domi_C_Lire_une_jeunese_de_marcel_proust_blochdano.jpgTout un chacun, ou presque, connait ou a entendu parler du questionnaire de Proust, rendu célèbre dans les années 90 par Bernard Pivot qui terminait ses émissions Bouillon de culture en posant à ses invités quelques questions légèrement remaniées. C’est André Maurois qui évoque le premier ce document et qui suggère à l’éditeur Léonce Peillard de le soumettre à quelques auteurs. Fort de ce nouveau succès, l’éditeur publie « Cent écrivains répondent au questionnaire de Marcel Proust » à la fin des années 60.

Alors direz-vous, pourquoi Proust a-t-il inventé ce questionnaire et dans quel but ? Eh bien tout simplement il ne l’a jamais inventé ! Il est avant tout l’un des multiples répondants au questionnaire qui arrive de Grande Bretagne et qui sert à dévoiler sa personnalité et ses aspirations, questionnaire que posait Antoinette Faure, la dernière des filles du président Félix Faure à son entourage. Cette dernière compile dans son cahier les réponses de ses divers amis et relations.

La première fois qu’il y répond, le jeune Marcel est âgé de 16 ans environ, il se pliera à l’exercice une nouvelle fois quelques années plus tard, sans doute âgé alors de 23 ans. Point de départ pour Evelyne Bloch-Dano à l’écriture de ce livre – car il ne s’agit pas ici un roman, mais bien une étude – autour de la personnalité et étude sociologique de l’époque, de l’entourage, de l’auteur d’à la recherche du temps perdu.
A partir des réponses et des personnalités diverses des répondants, Évelyne Bloch-Dano va faire une étude sociologique de la société de l’époque. La famille Faure, ses relations avec les parents et le jeune Marcel. Partagée entre Paris et le Havre, ces jeunes gens vont connaitre les enfances heureuses de nantis, dans cette bourgeoisie élitiste de la société française de la fin des années 1880.

L’auteur analyse les différentes réponses, prétexte à mieux comprendre cette éducation, si différente selon qu’elle s’adresse aux filles ou aux garçons. L’éducation des filles n’a qu’un but, les préparer au mariage, celle des garçons d’en faire des hommes soutien de famille. Tout cela transparait dans les réponses. Mais émergent également les éléments de la mémoire d’un pays, car la guerre de 70 n’est pas loin. Image d’une société, d’habitudes, de culture entre autre, par les noms cités, artistes, écrivains, personnages mythiques ou réels auxquels on souhaite s’identifier, envie forte pour les filles de devenir des hommes, démontrent ces différences et ces attentes.
Mais également, et peut-être un peu tard, ou du moins par rapport au titre du livre qui m’a fait attendre plus d’informations de ce côté-là, l’auteur étudie la personnalité de Marcel Proust, sa relation à sa mère, à l’école, à l’écriture, aux jeunes garçons qui l’entourent et dont il se sent proche.

S’il est un peu trop long et parfois dense à mon goût, ce livre a cependant l’immense avantage de décortiquer la société française de la fin des années1880. Dense, documenté, éclectique l’auteur nous présente un instantané qui dépeint la société avec une vision large, enfants ou parents, bourgeois ou politiques, parisiens ou provinciaux, dans les écoles ou pendant les loisirs, tout est analysé et détaillé avec une érudition qui comblera les plus exigeants.

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Catalogue éditeur : Stock

Qui n’a jamais entendu parler du questionnaire de Proust ?
Les réponses de l’écrivain ont traversé le temps et fait le tour  du monde. On a oublié qu’elles provenaient d’un album  intitulé Confessions, appartenant à Antoinette Faure, la fille  du futur président de la République.
En participant à ce jeu de société à la mode, Marcel Proust  ne se doutait pas qu’il livrerait des indices sur l’adolescent  qu’il était. Ses réponses ont été commentées. Mais jamais  contextualisées ou comparées. Jamais datées avec exactitude.
De Gilberte aux Champs-Élysées à la petite bande d’Albertine  et des jeunes filles en fleurs, quelles traces ont-elles laissées  dans son œuvre ?
Évelyne Bloch-Dano a mené l’enquête. Elle est parvenue  à identifier les autres amis de l’album d’Antoinette. C’est  alors tout un monde qui a surgi, celui des jeunes filles de la  bourgeoisie de la Belle Époque. Quelques garçons aussi. À travers leurs goûts, leurs rêves, s’est dégagé le portrait d’une  génération. Celle de Marcel Proust.

Parution : 20/09/2017 / 304 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234075696 /  Prix : 19.50 €