En pays conquis. Thomas Bronnec

A Lyon, pendant les Quais du polar, rencontre avec  Thomas Bronnec sur un air de fiction politico réaliste.

DomiCLire_en_pays_conquisJournaliste, Thomas Bronnec travaille aujourd’hui à Ouest France. Ses différentes expériences l’ont amené à écrire sur des sujets assez divers. Le Vietnam avec La fille de Hanh Hoa à la suite d’un séjour dans le pays, Bercy avec Les initiés après avoir coécrit avec laurent Fargues « Bercy, au cœur du pouvoir. Enquête sur le ministère des finances » sur les coulisses du dit ministère… On comprend mieux pourquoi, de façon plutôt logique, il nous entraine  En pays conquis à la suite de ses personnages, dans une fiction politico financière aux accents de vérité.

Le roman se situe en juin 2017, les élections présidentielles ont eu lieu, le président de gauche a été réélu, mais il n’a aucune majorité et l’assemblée a basculé à droite, très à droite. Impossible de ne pas nommer la présidente du Rassemblement National à l’un des ministères régaliens…
Avec ce roman, point de thriller au sens commun du terme. Ici c’est plutôt une ambiance et un suspense qui se place sur plusieurs niveaux. Les personnages et leur passé tout d’abord, le pays et son avenir incertain ensuite. Et chacun interfère dans la vie de l’autre.

Les tensions, les avis contraires, les ambitions vont alors prendre toute la place, et chacun va vouloir se frayer un chemin jusqu’au plus haut niveau. Pendant ce temps, le grand argentier de la campagne d’Hélène Cassard, la nouvelle premier ministre, fait ce qu’il peut pour tenir la barre. Mais le passé vient réveiller les questions enfouies depuis longtemps. Les différents protagonistes vont alors être balancés entre devoir maintenir un cap coûte que coûte, laisser refluer les souvenirs, de ceux qui apportent des remords ou des regrets au risque de compromettre un avenir, ou simplement avancer pour le bien du pays.
DomiCLire_en_pays_conquis_thomas_bronnecAvec ce roman composé de chapitres courts ponctués parfois de minute en minute, d’un personnage à l’autre, du présent au passé, l’auteur arrive à inclure assez bien le lecteur dans le rythme de son récit. Fortement inspiré des évènements de l’actualité, le roman de Thomas Bronnec interroge sur ce qui pourrait advenir. On le lira sans doute maintenant avec un peu moins de scepticisme qu’avant les élections américaines ou le Brexit ! Oserais-je avouer que j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’intrigue. Je peux imaginer qu’à priori les romans de fictions politico-quelque chose ne sont pas faits pour moi, ou alors il me manquait d’avoir lu « les initiés ».

Je dois dire également que suis ravie d’avoir croisé l’auteur au salon Livres Paris, puis d’avoir animé une rencontre avec les lecteurs lors du festival Quais du polar. C’était un grand plaisir de découvrir l’auteur, son parcours de journaliste, ses envies d’écrivain, ses aspirations et le pourquoi de son écriture. Un joli moment de partage.

A lire aussi, la chronique de Nicole du blog MotspourMots


Catalogue éditeur : Série Noire Gallimard

La République est paralysée. L’Élysée est à gauche mais l’Assemblée à droite. Très à droite : impossible pour Hélène Cassard, nommée à Matignon, de gouverner sans le soutien des députés du Rassemblement national, le parti extrémiste. Dans un paysage politique en pleine déliquescence, les convictions sont mises à l’épreuve du pouvoir et les hommes de l’ombre s’agitent autour d’un enjeu de taille : l’appartenance de la France à l’Europe. Lire la suite

240 pages, sous couverture illustrée, 155 x 225 mm / Genre : Romans et récits / Sous-genre : policiers Catégorie > Sous-catégorie : Policiers > Thrillers / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782072709944

 

Je suis top ! Blandine Métayer, Véronique Grisseaux, et Sandrine Revel.

Parce que rien n’est jamais gagné ni gravé dans le marbre, « Je suis Top ! » nous rappelle le combat des femmes pour l’égalité.

DomiCLire_je_suis_top.jpgParler de l’inégalité homme/ femme, des études, de l’évolution de carrière, de la difficulté d’atteindre le sommet, bloquée sous le plafond de verre des entreprises, du partage des tâches ménagères, des nounou à gérer, des enfants malades, de l’éducation des enfants, du divorce, est toujours un sujet d’actualité. D’ailleurs, Blandine Métayer joue son one woman show au théâtre depuis 2010, et le joue encore en cette fin d’année 2016, c’est dire si le message est loin d’être passé y compris dans notre société.

On peut parfois trouver le trait un peu caricatural dans cette retranscription en roman graphique,  car tout doit être exprimé en peu de pages. Mais tout se tient, grâce au condensé de l’histoire par la scénariste Véronique Grisseaux et à la plume et au graphisme de Sandrine Revel. A la fois porte-parole et ambassadrices de ces femmes qui doivent encore chaque jour lutter bec et ongles pour trouver leur place, et surtout la maintenir contre vents et marées, contre les collègues hommes qui souhaitent tant les voir partir, ceux qui pensent que ce n’est pas le moment de tomber enceinte (mais ce sont souvent les mêmes qui sont tellement fiers lorsqu’ils deviennent pères ! ).

Contre ceux qui refusent leurs droits aux femmes, ou tentent de les rabaisser, la vigilance doit être permanente, car tous les droits qui ont été acquis depuis les années 80 ne sont pas gravés dans le marbre d’une constitution, les stéréotypes sont importants et les mentalités sont encore trop souvent rétrogrades.


Catalogue éditeur : Delcourt

Je suis top ! Liberté, égalité, parité.
Scénariste : METAYER Blandine, GRISSEAUX Veronique
Dessinateur et Coloriste : REVEL Sandrine
Collection : ENCRAGES / Date de parution : 10/02/2016 / ISBN : 978-2-7560-6920-3 / 15.95 € Prix public

 

Le voyage dans le passé. Stefan Sweig.

Stefan Sweig, le maitre incontesté de la nouvelle, un art dans lequel il excelle

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Depuis que j’ai découvert les nouvelles de Stefan Sweig, je ne peux pas résister et j’achète dès que j’en trouve une, y compris pour celle-ci trouvée dans un vide grenier, rencontre propice à un échange sympathique avec une charmante vendeuse. Bon là c’est sûr le livre est un peu épais comparé au texte qui s’y trouve, à peine 90 pages dans un joli format.

Nous assistons aux amours contrariées par la vie, l’éloignement et la guerre, entre une femme mariée et un jeune homme -ce dernier doit choisir entre vivre un amour secret près de celle qu’il aime ou partir pour réaliser ses ambitions et réussir  sa carrière- puis neuf ans plus tard, à leurs retrouvailles. Mais que deviennent des sentiments exacerbés par l’absence et l’éloignement, quand chacun a poursuivi son chemin, quand le silence et la distance sont synonymes d’oubli et de souvenirs.

Quelle réussite, comme toujours l’auteur sait dépeindre à merveille les sentiments humains, amour, amitié, ambition, envie de réussir sa vie, tout est abordé en peu de lignes et peu de mots, dans un style concis et précis.

Stefan Sweig a l’art de faire passer tous ces sentiments confus et complexes, toutes ces impressions, ces mots que l’on dit et que l’on regrette aussitôt, les regrets et les désirs, les envies et les hésitations, tout y est. On suit les personnages et on vit avec eux la complexité des sentiments, faire revivre le passé ou ne pas y revenir, garder le souvenir ou tout recommencer, rien n’est simple et tout est suggéré dans ces quelques lignes.

Catalogue éditeur  Éditions Grasset

C’est l’histoire d’un amour contrarié par les circonstances de la vie : un jeune homme pauvre tombe amoureux de la femme de son riche employeur, qui est également son bienfaiteur. Elle l’aime aussi. Il est envoyé pour plusieurs années en Amérique Latine pour une mission de confiance ; elle lui promet de se donner à lui quand il reviendra. Mais ce retour ne cessera d’être différé : la guerre de 1914-18 éclate, empêchant toute traversée de l’Atlantique pour les ressortissants des pays ennemis de l’Angleterre ; le jeune homme finit par se marier et fonder une famille. Les retrouvailles n’ont finalement lieu que neuf ans plus tard et elles ont un goût amer. Le lecteur est pris par cette histoire d’amour impossible, émouvante, qui rappelle par bien des aspects la fin de L’éducation sentimentale. Une belle réflexion sur l’usure des sentiments et l’impossibilité de faire revivre le passé.