Le Teckel, tome 3 : Votez le Teckel. Grégory Mardon & Hervé Bourhis

Le Teckel , une BD totalement décalée, vivifiante et humoristique à souhait, qui fait aussi terriblement réfléchir sur les campagnes électorales…

DomiCLire_le_teckel_tome_3.jpgLe Teckel, cet homme fade et sans saveur, complétement ringard, va peut-être pouvoir sauver la campagne du président en titre, du président en perte de vitesse. Car quoi de mieux que de lancer un candidat factice, face au candidat de l’opposition vainqueur potentiel et quasi assuré de son succès, pour lui prendre les voix qu’il lui faut pour arriver au second tour, pour l’affaiblir. Utopie ? Ou réalité ? On peut se poser la question…

Lancé dans une campagne électorale factice, le Teckel va faire le tour de France et prendre goût aux relations avec le bon peuple, vivats, encouragements… au moment où il faudrait qu’il quitte le devant de la scène, difficile de le faire partir !

Que cette BD est drôle, et totalement réaliste en fait (surtout depuis les dernières élections, non ? ) dialogues incisifs, graphisme décalé, humour caustique garanti, un vrai régal !


Catalogue éditeur : Casterman

Le Teckel, le candidat pour une France qui a du chien !

Le Teckel se présente aux élections présidentielles.
Pour une France qui a du CHIEN !
Le candidat qui fait vibrer les électeurs et émoustille les électrices !
La campagne électorale en CX break avec de l’action moustachue et du rire très hexagonal.
La vérité sur les pratiques de la politique française et ses communicants.

VOTEZ LE TECKEL !

Une campagne dirigée par Hervé Bourhis, politologue autoproclamé, et brillamment mise en image par le directeur de la communication Grégory Mardon.
Scénario : Hervé Bourhis / Dessin : Grégory Mardon, Hervé Bourhis
Maquettiste : Studio Casterman BD / 17,95 € / Paru le 11/01/2017 / ISBN : 2203101636

 

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La cire moderne. Vincent Cuvellier. Max de Radiguès

Dans le roman graphique de Vincent Cuvellier et Max de Radiguès la fabrique de cierges « La cire moderne »  risque fort de transformer la vie de quelques jeunes en mal de projet de vie !

DomiCLire_la_cire_moderneDe Max de Radiguès, j’ai découvert à Angoulême Weegee, Sérial photographer dont j’ai déjà parlé ici. Là, nous naviguons dans un tout autre univers. Si pour Weegee, l’auteur c’était inspiré d’une histoire vraie, et donc d’un scénario qui n’était plus qu’à adapter, là, tout était à créer. Et les auteurs de prendre le pari compliqué de parler indirectement spiritualité et religion, avec cette fabrique de cierge dont le seul débouché s’avère être dans les différents lieux de culte du pays.

Lorsque Emmanuel hérite de son oncle, il n’est pas au bout de ses surprises. En effet, le défunt ne lui a pas laissé d’argent ni de biens immobiliers, mais tout un stock de cierges, qu’il doit débarrasser dans les plus bref délais. Alors que faire  quand on est jeune, débrouillard et sans le sous ? Eh bien, on peut embarquer Sam, sa copine et Jordan, le frère déjanté de cette dernière et partir à Châteauneuf-le-Viel, récupérer les cierges puis partir sur les routes. Ensuite, de monastères en églises, ils vont tenter de liquider ce stock encombrant en échange de quelque monnaie sonnante et trébuchante.

Et l’on découvre au passage que même les fabriques de cierges se délocalisent en chine, qu’il n’y a donc pas de petit profit, que l’artisanat est dépassé, et  que certains cierges peuvent même avoir une vieille odeur de… pieds !

Mais sur le parcours, de Lisieux à Lourdes, Emmanuel et ses amis vont rencontrer des prêtres, de nouveaux amis, les questions seront nombreuses et Emmanuel ne sortira pas indemne de cette aventure. Ses interrogations sur son avenir, sur le sens que l’on donne à sa vie, sur l’amitié, se bousculent, au point de partir vers d’autres cieux pour tenter de se retrouver. Étonnant point de vue, qui nous emmène plus loin que prévu, dans une recherche de soi, d’un idéal, d’un but. Affaire à suivre alors !


Catalogue éditeur : Casterman

Un jeune couple vivote dans une maison à la campagne lorsque surgit un héritage inattendu : une fabrique de cierges !

Collection Écritures /16,95 € / 160 pages – 17.2 x 24 cm / Noir et blanc / ISBN : 9782203100589 / Paru le 18/01/2017

 

Grande exposition Hergé au Grand Palais

Que l’on aime, ou pas, les aventures de Tintin, on adorera découvrir la belle exposition consacrée à Hergé au Grand palais

affichehergeokCe qu’en dit le grand Palais : On ne présente plus la carrière de Georges Remi, dit Hergé, auteur belge de bande dessinée principalement connu pour Les Aventures de Tintin. Souvent considéré comme « le père de la bande dessinée européenne », il est l’un des premiers auteurs francophones à reprendre le style américain de la bande dessinée à bulles. Perfectionniste et visionnaire, il crée tour à tour Les Exploits de Quick et Flupke (1930) ou Les Aventures de Jo, Zette et Jocko (1935) et fait évoluer ses personnages en lien avec l’actualité contemporaine. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artistes contemporains et a vendu presque 250 millions d’albums, traduits dans une centaine de langues.

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais en collaboration avec Le Musée Hergé.

Tout au long de cette exposition, le visiteur se promène dans la vie d’Hergé, à la découverte de sa rencontre avec l’art contemporain, car artiste lui-même, on découvre d’ailleurs quelques tableaux réalisés par Hergé, il était également amateur d’art.

Il débute au journal Le Vingtième Siècle où il fait des reportages sur des sujets très variés, art précolombien, Van Gogh, Goya, etc. Initié à l’art moderne dès les années 60, il va également collectionner les œuvres de ses contemporains.

Si Hergé a toujours aimé raconter des histoires, il aime aussi agrémenter ses histoires de dessins. Mais surtout il passe rapidement maitre dans l’art du découpage, de la mise en scène, du décor, pour créer une atmosphère, des personnages, une intrigue, alliant littérature et art cinématographique pour créer une œuvre originale.

Il publie ses premières planches dans le journal Le Petit Vingtième, mais le journal ferme lors de l’occupation allemande. Dès 1941, il va reprendre ses publications des premiers Tintin pour un supplément hebdomadaire jeunesse. Il connaitra d’ailleurs quelques soucis à la libération, plusieurs fois arrêté, il n’obtiendra son « certificat de civisme » qu’en 1947.

C’est à cette période qu’il connait ses plus grands succès, car jamais les tirages chez Casterman n’ont été aussi élevés. Il adopte enfin la couleur avec l’album L’étoile mystérieuse, et fait entrer le Capitaine Haddock dans le panthéon de ses personnages avec Le crabe aux pinces d’or.

Tout au long des différentes salles, on peut admirer la finesse des traits, le détail, les personnages, présentés par des planches successives et qui montrent bien les étapes de la réalisation d’un album. On est très proche d’ailleurs des dessins préparatoires des plus grands artistes peintres !

De salle en salle, on découvre d’autres aspects de la carrière d’Hergé, comme ces dessins pour des « réclames », ce précurseur de la publicité, de belles affiches, des logos, superbes de finesse et de simplicité, colorés et expressifs.

Une salle est consacrée à la rencontre d’Hergé avec sans doute le seul personnage réel des aventures de Tintin, Tchang, qu’il rencontre à Bruxelles en 1934. C’est le choc des cultures, et la rencontre aussi avec l’humain, qui transforme et donne une dimension supplémentaire à ses albums. On découvre avec plaisir quelques objets personnels, une multitude de dessins aussi, un mur de couvertures des revues Le Petit Vingtième, etc.

Une belle expo qui nous fait voyager sur les traces d’un artiste qui fait rêver les enfants de 7 à 77 ans…S’il faut retenir une leçon ? Pour y arriver, dessiner, dessiner, dessiner encore… et avoir du talent !

Grand Palais, Galeries nationales, du 28 septembre au 15 janvier 2017.

Femmes en résistance. Casterman

Numéro 1 : Amy Johnson. La célèbre aviatrice participe à l’effort de guerre.

        Femmes en résistance - Tome 1 - Amy Johnson
    Claire assiste à l’enterrement de sa tante Eve, elle hérite de sa maison et d’une mystérieuse boite qui contient papiers et coupures de journaux datant de la dernière guerre.
Claire veut comprendre et ses recherches seront le fil conducteur de la série, prétexte à nous montrer la vie de femmes remarquables parfois oubliées des manuels d’histoire. Dans le premier tome, je découvre l’anglaise Amy Johnson, une des premières femmes aviatrice, ses exploits sportifs, son mariage raté et son expérience pendant la guerre. En fil rouge, l’intervention d’une mystérieuse Anna Sheaerer, journaliste Suisse qui permet de faire un lien entre les quatre femmes.
Le graphisme est superbe, certains personnages tiennent plus du portrait que du graphisme d’une BD, l’histoire est intéressante car présentée comme une intrigue romanesque, elle donne envie d’en savoir plus. A la fin, quatre pages, juste ce qu’il faut, pour raconter avec des photos, la vie de l’héroïne présentée dans la BD. Voilà une série qui allie intelligence du scénario, plaisir de lecture et beauté du graphisme. On a l’impression de finir la lecture un peu moins ignorant, une vrai réussite.

Numéro 2 : Sophie Scholl. Une étudiante soupçonnée d’activités subversives.

« Tu dois te conduire comme si de ton acte, et de ton acte seul, dépendait le destin de ton peuple »

        Femmes en résistance - Tome 2 - Sophie Scholl
    Où l’on retrouve Claire, toujours à la recherche d’indices, et le fil conducteur de la série, celle qui se révèle être une espionne allemande, Anna Sheaerer. De retour en Allemagne après ses exploits du tome un, on lui confie la tâche d’espionner Sophie Scholl et son frère, qui font partie d’un groupe de jeunes étudiants opposants au IIIe Reich. Intelligence des auteurs là aussi, qui passent d’une héroïne anglaise à une allemande, et qui montrent que la résistance peut s’opérer partout, que le courage n’a pas de frontière, et que la barbarie peut être combattue partout et par tous, y compris avec de simples feuilles de papier, au risque d’y laisser sa vie.
Comme dans le volume précédent, à la fin les pages qui montrent la vie de Sophie Scholl et de ses compagnons de résistance et d’infortune. Une belle leçon au monde que donnent ces « courageux et magnifiques jeunes gens » comme les avait qualifiés Thomas Mann, exilé aux états Unis et qui leur rend hommage dès juin 43. Là encore, un très beau graphisme, des couleurs qui situent bien l’intrigue dans le passé, et des personnages particulièrement bien dessinées, une fois de plus j’ai vraiment beaucoup aimé.

Numéro 3 : Berty Albrecht. Une dangereuse terroriste arrêtée par la Gestapo.

« La vie ne vaut pas cher, mourir n’est pas grave. Le tout c’est de vivre conformément à l’honneur et à l’idéal qu’on se fait »

        Femmes en résistance - Tome 3 - Berty Albrecht
    Troisième tome de « Femmes en résistance » que j’apprécie toujours autant. Claire continue à mener son enquête, à partir des documents trouvés dans la boite que lui a légué sa tante. Et Anna Sheaerer, l’espionne allemande, continue son travail de lutte contre ces femmes admirables qui ont marqué l’histoire par leur courage et leur détermination.
Ici, la française Berty Albrecht, résistante de la première heure elle quitte Paris pour la région de Lyon et fonde aux côtés d’henry Frenay le mouvement combat, et lutte activement, jusqu’à sa dernière arrestation et son suicide à la prison de Fresnes.

Toujours cette intelligence du récit, l’alternance souvenirs, présent, Histoire, le réel se mêlant à l’intrigue romancée sans perturber le lecteur. Une réussite que je vous conseille.


Catalogue éditeur

Casterman
Quatre fortes personnalités à la volonté inébranlable… quatre destins exemplaires.

Tome 1 – Amy Johnson.
Scénario : Emmanuelle Polack, Régis Hautière, Francis Laboutique Dessin : Pierre Wachs

Tome 2 – Sophie Scholl.
Scénario : Emmanuelle Polack, Régis Hautière, Francis Laboutique Dessin : Marc Veber

Tome 3 – Berty Albrech.
Scénario : Régis Hautière, Emmanuelle Polack, Francis Laboutique Dessin : Ullcer

Watertown. Jean-Claude Götting

Avec Watertown, édité chez Casterman, Jean-Claude Götting nous entraine sur la côte Est, dans l’univers noir des films policiers des années 50

        Watertown     A Watertown, Maggie travaille dans la boulangerie de monsieur Clarke. Philip Whitting, modeste employé chez Barney & Putnam, vient chaque matin lui acheter son muffin. Jusqu’au jour où, lorsqu’il lui dit à demain, elle répond « Non…demain je ne serais plus là ».

Et le lendemain, Monsieur Clarke meurt, écrasé par une lourde étagère de son magasin. Mystère, que s’est-il passé ? Faut-il réellement se fier aux apparences ? Que faut-il penser des mots de Maggie ? peut-elle être coupable d’un meurtre parfait ?

Deux ans plus tard, alors qu’il est en visite dans un village éloigné, Philip rencontre Maggie dans un magasin d’antiquités. Comme elle déclare ne pas le connaître, il décide de mener son enquête. Doit-il en parler ? A un journaliste ? Au shérif ? Qui va le croire, il soupçonne Maggie, mais de quoi au juste ? De meurtre ? Il n’a aucune preuve.

Portée par un graphisme qui rappelle les film des années40/50, dans l’ambiance des villes américaines avec leurs grandes maisons de bois, les voitures reconnaissables entre mille, la vie de bureau, et quelques personnages inquiétants, nous voilà face à une intrigue policière rondement menée. Tout y est, ou presque, pour passer un excellent moment en compagnie de Philip, soupçonneux agent d’assurance et apprenti enquêteur.


Catalogue éditeur

La dernière fois que je vis Maggie Laeger, c’était un lundi matin.
Je passais comme à mon habitude dans la pâtisserie de Monsieur Clarke pour y acheter un muffin que je mangerais sur le chemin du bureau.
Lorsqu’en payant, je lançai « À demain Maggie », elle répondit : « Non… Demain je ne serai plus là. »

Scénario : Jean-Claude Götting / Dessin : Jean-Claude Götting

96 pages – 21.5 x 28.9 cm / ISBN : 9782203096608 / EAN : 9782203096608