A crier dans les ruines, Alexandra Koszelyk

A crier dans les ruines, le roman d’une innocence perdue qui nous parle de catastrophe nucléaire mais aussi de légendes ; d’exil, mais surtout d’amour par-delà le temps et l’absence.

La catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, tout le monde y pense de façon plus ou moins lointaine, plus ou moins impliquée. Mais que savons-nous de ceux qui l’ont vécue dans leur chair et comment ont-ils survécu ?

Lena et Ivan vivent à Pripiat, cette ville si moderne qui vit grâce à la centrale de Tchernobyl. Ils se connaissent depuis l’enfance, ils ont treize ans à peine lors de l’explosion de la centrale nucléaire. Le père d’Ivan vit proche de la nature, de la forêt et de tout ce qu’elle peut apporter aux hommes qui la respectent. C’est d’ailleurs dans cette forêt que les deux adolescents se retrouvent, sous cet arbre sur lequel ils sont tracé la preuve de leur amour naissant.

Les parents de Lena sont des scientifiques qui travaillent à la centrale. Les premiers informés, les premiers avertis du risque, les premiers à fuir en laissant leur vie derrière eux, dans ce train qui les emmènera jusqu’en Normandie avec Lena et sa grand-mère.

Pour mieux accepter l’exil, faut-il tout oublier ? Si Lena s’inquiète du sort d’Ivan, pour son père, il est forcément mort, comme le sont les souvenirs et la vie laissée là-bas. Et dans sa vie il y a désormais un avant et un après l’apocalypse.  Alors il faut réapprendre à vivre, une langue, des habitudes, un nouveau prénom pour sa mère qui veut s’intégrer à sa nouvelle vie. Bercée par les légendes que lui conte inlassablement sa grand-mère, ce sera pour Lena des études et un nouvel exil, volontaire celui-là, vers Paris. Là, nourrie de littérature, de légendes et d’espoir, elle va enfin vivre un nouvel amour, avec cet Yvan qui est autre et qu’il est si difficile d’aimer vraiment pour une jeune femme qui attend, qui rêve et qui espère elle ne sait plus quoi exactement.

Forgée par les contes et les légendes, par la littérature et sa soif d’apprendre, Lena ressent pourtant chaque jour le manque, l’absence et l’exil. Car l’amour à lui seul est un monde, et le sien est resté dans les ruines de Tchernobyl. Jusqu’au jour où elle décide de retourner à Pripiat, sa ville martyre.

A crier dans les ruines nous parle de déracinement et de souffrance, de silence et d’attente, d’amour et de déception, de vies qui passent. L’écriture est ciselée, délicate, et fourmille de détails, de références à la mythologie mais aussi à l’histoire, celle de l’Urss et de l’Ukraine en particulier, références importantes pour mieux comprendre le contexte et la psychologie des personnages. Les personnages sont attachants dans ce qu’ils ont de plus extrême, de plus profond dans cette fidélité sans faille à leur terre, à leurs racines et à leur amour. Le style dense fourmille de références, peut-être un brin trop par moment, mais qu’importe car quel beau roman pétri d’une élégance rare. Merci aux Forges de Vulcain de nous faire découvrir une auteure à suivre, et une fois de plus, de nous étonner et nous séduire avec cette couverture si étonnante signée Elena Vieillard.

Catalogue éditeur : Aux Forges de Vulcain

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans la centrale nucléaire, bouleverse leur destin. Les deux amoureux sont sépares. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver ce qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.

Prix 19.00 € / 254 pages / Format : 13 x 20 cm / ISBN : 9782373050660

Il était une ville. Thomas B. Reverdy

Que le dernier à quitter Détroit éteigne la lumière…

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© DCL DS2015

On aime "Il était une ville" de Thomas B. Reverdy

Frappée de plein fouet par la crise, Détroit, berceau de l’automobile et partie prenante du rêve américain est aujourd’hui une ville fantôme. Longtemps fleuron de l’industrie automobile mondiale, la ville s’est transformée, la vie économique a déserté le centre-ville, les habitants sont partis et la nature reprend peu à peu ses droits.
Thomas B. Reverdy en a fait le décor de son dernier roman : « Il était une ville », publié chez Flammarion.

Après une mission ratée en Chine, Eugène, un  J3C,  jeune cadre à carrière courte, débarque à Détroit pour mettre en place le nouveau projet automobile de son Entreprise. Dans cette ville que John Ford rêvait éternellement prospère et qui fut l’un des joyaux de l’industrie automobile mondiale,  Eugène va devoir se réinventer et créer le cadre qui permettra de faire émerger son projet. Le centre-ville et les zones industrielles de Détroit sont désertés, en friches. C’est pourtant là qu’il va s’installer, avec son équipe, dans un immeuble abandonné par la majorité de ses occupants.
Dans ce décor de fin du monde, le seul point de lumière pour Eugène, c’est le beau sourire rouge de Candice, la serveuse du Drive-in. Eugène va y prendre ses quartiers, y passer ses soirées. Puis il y a Charlie, abandonné par sa mère, élevé par sa grand-mère, dans ce quartier pillé par les voleurs, déserté par ses habitants. Et Bill, le copain de Charlie, pour qui Charlie ferait toutes les bêtises, qu’il suivrait au bout du monde.  Et il va le suivre, ensemble ils vont dans « la Zone », là où se réfugient ces enfants que la croissance a laissés au bord du chemin, dans la « prairie des indiens », frères d’armes imaginaires dans cette Amérique des laissés pour compte. Enfin il y a l’inspecteur Brown, qui enquête sur les affaires non résolues. Car les vastes surfaces abandonnées de la ville en ruines sont propices aux mauvais coups et des enfants disparaissent mystérieusement.

L’habileté de Thomas B. Reverdy, c’est de nous emmener avec beaucoup de poésie dans le décor surréaliste d’une ville en perdition, fait de neige et d’hiver, de maisons en ruines et d’incendies dans la nuit, de gravats et de rouille, là où se délite le rêve de prospérité américain. Il nous montre la ville par le prisme de ses désespérés, des plus faibles, sans pour autant être misérabiliste et en restant porteur d’espoir. C’est un roman superbe, ponctué de phrases inoubliables et tellement réelles.
Ses personnages savent bien qu’ils survivent à la Catastrophe, parce que oui, « c’est Détroit, mon pote, Un putain de terrain de jeu ! » mais ils ont également compris que « l’avenir, même quand il n’y en a plus, il faut bien qu’il arrive ».
Alors j’ai envie de vous dire : courrez, avant que Detroit ne renaisse, découvrez sa solitude et son abandon, à travers les mots et les maux des personnages si réalistes et attachants de Thomas B. Reverdy.

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Flammarion

Ici, les maisons ne valent plus rien et les gens s’en vont, en les abandonnant purement et simplement ; la ville est en lambeaux. Nous sommes à Détroit en 2008 et une blague circule : que le dernier qui parte éteigne la lumière. On dirait que c’est arrivé. C’est dans cette ville menacée de faillite qu’Eugène, un jeune ingénieur français, débarque pour superviser un projet automobile. C’est dans un de ces quartiers désertés que grandit Charlie, Charlie qui vient, à l’instar de centaines d’enfants, de disparaître. Mais pour aller où, bon Dieu, se demande l’inspecteur Brown chargé de l’enquête. C’est là, aussi, qu’Eugène rencontrera Candice, la serveuse au sourire brillant et rouge. Et que Gloria, la grand-mère de Charlie, déploiera tout ce qui lui reste d’amour pour le retrouver. Thomas B. Reverdy nous emmène dans une ville mythique des États-Unis devenue fantôme et met en scène des vies d’aujourd’hui, dans un monde que la crise a voué à l’abandon. Avec une poésie et une sensibilité rares, il nous raconte ce qu’est l’amour au temps des catastrophes.

Flammarion Parution: 19/08/2015  / Format: 13.5×20.9×1.7 cm / Prix: 19,00 € / EAN: 9782081348219