Le cimetière des mots doux, Agnès Ledig, Frédéric Pillot

Le cimetière des mots doux, écrit par Agnès Ledig, et illustré par Frédéric Pillot est un album à la fois beau et intelligent, pour dire aux enfants l’absence, le silence, le deuil.

Quand le facteur dépose dans ta boite aux lettres un superbe livre pour enfants. C’est l’histoire d’Annabelle et Simon, deux enfants, deux amis, ils sont amoureux, mais personne le sait… Ils aiment être ensemble, à l’école, en classe, dans les bois, au pied du grand arbre. mais un jour, Simon ne vient pas à l’école…

Ce beau texte d’Agnès Ledig, accompagné des dessins de Frédéric Pillot, dit la vie, la mort. il dit l’amitié entre enfants, et le chagrin de la perte d’un ami, souvent mal mesuré par les adultes. Il parle de ces moments si difficiles pour des parents qui cherchent la bonne attitude face à leurs jeunes enfants, à la suite du décès d’un proche : faut-il dire, ou au contraire ne rien dire ?

La couverture est belle, toute douce. Le graphisme est joli, sobre, aux couleurs doucement automnales, pour exprimer le bonheur d’être ensemble, les passions partagées, puis l’absence, le silence, la mort, pour dire l’après, quand il faut comprendre, pleurer, accepter.

Parce que rien de vaut la vérité, même si elle est difficile à dire, ce livre est là pour donner des pistes aux parents. Une bien jolie lecture, très émouvante, à lire avec les enfants, à partir de 5 ans.

💙💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Albin-Michel Jeunesse

Agnès Ledig, avec la sensibilité et l’empathie qui la caractérisent, raconte par la voix d’une petite fille, Annabelle, le parcours de Simon, son amoureux atteint de leucémie, et les émotions qu’elle ressent. Avec des mots simples et justes, Agnès Ledig aborde un sujet très difficile, la mort d’un enfant malade et l’indicible chagrin de son amie. Lire la suite…

Édition cartonnée 13.50 € / 2 Janvier 2019 /272mm x 227mm / 36 pages / EAN13 : 9782226435316

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Vivre près des tilleuls. L’AJAR

« Vivre près des tilleuls » ou la lecture quasi hypnotique d’un court premier roman qui sonne terriblement vrai.

Si très souvent le lecteur s’interroge – à tort d’ailleurs, car après tout qu’importe – pour savoir qu’elle est la proportion de vécu qu’un auteur met dans ses écrits, voilà la preuve qu’il n’est pas nécessaire d’avoir vécu pour dire et écrire avec talent. Car du talent ils en ont ces 18 auteurs qui produisent un roman à l’unité stylistique et littéraire évidente.

J’ai donc plongé dans les mémoires d’Esther Montandon, cette femme qui a laissé, et caché, des écrits retrouvés par hasard par le dépositaire de ses archives, Vincent König. Vincent qui décide de produire ce roman, ces mots de souffrance, de deuil, ces souvenirs de l’absente, cette petite fille qu’Esther avait tant attendue, elle qui ne sera mère qu’à quarante ans. Cette enfant qu’Esther va perdre prématurément puisque Louise meurt d’un accident domestique à trois ans. Courte vie, qui laisse un vide tel qu’il ne pourra plus jamais être comblé, perte irremplaçable de celle qui sera éternellement cette magnifique enfant de trois ans.

Quel exercice de style, criant de vérité, d’émotion, de tendresse et de souffrance. Voix multiple et cependant unique pour dire les mots, les souvenirs, le cheminement des perdants, ceux qui restent au bord du gouffre de l’absence irremplaçable. Difficile, réaliste, sensible et juste !

Quelques extraits, phrases qui m’ont touchée :

« Ce soir, Louise dort en terre.
Ce sera le cas pour tous les soirs à venir. Toutes les nuits du monde.
Je le consigne ici. Cela ne change rien. Il le faut. »

« Le chagrin est moins un état qu’une action. Les heures d’insomnie, puis le sommeil en plomb fondu sur les paupières, la prostration dans le noir, la faim qui distrait la douleur, les larmes qu’on ne sent plus couler : le chagrin est un engagement de tout l’être, et je m’y suis jetée. On me dit de me reprendre, de faire des choses pour me changer les idées. Personne ne comprend que j’agis déjà, tout le temps. Le chagrin est tout ce que je suis capable de faire. »

 #RL2016


Catalogue éditeur : Flammarion

Vincent König est le dépositaire des archives de l’écrivaine suisse Esther Montandon. En ouvrant par hasard une chemise classée « factures », il découvre des dizaines de pages noircies, qui composent un récit intime. Esther a donc tenu un « journal de deuil », dans lequel elle a pour la première fois évoqué la mort de sa fille Louise et l’aberrante « vie d’après ». Les souvenirs comme les différents visages de la douleur s’y trouvent déclinés avec une incroyable justesse. Ces carnets seront publiés sous le titre Vivre près des tilleuls.

Roman sur l’impossible deuil d’une mère, porté par une écriture d’une rare sensibilité, Vivre près des tilleuls est aussi une déclaration d’amour à la littérature : ce récit d’Esther Montandon est en réalité l’œuvre d’un collectif littéraire suisse, l’AJAR. Ces dix-huit jeunes auteur-e-s savent que la fiction n’est pas le contraire du réel et que si « je est un autre », « je » peut aussi bien être quinze, seize, dix-huit personnes.

L’AJAR – Association de jeunes auteur-e-s romandes et romands – est un collectif créé en janvier 2012. Ses membres partagent un même désir : celui d’explorer les potentialités de la création littéraire en groupe. Les activités de l’AJAR se situent sur la scène, le papier ou l’écran. Vivre près des tilleuls est son premier roman. Son site : http://www.jeunesauteurs.ch

Collection : Littérature française / Parution : 17/08/2016 / Format : 13.5x21x0 cm / Nb pages : 128 / Prix : 13,00 € / AN : 9782081389199