Yonah ou le chant de la mer, Frédéric Couderc

Une famille emportée par le vent de l’Histoire, un roman incontournable sur la paternité et l’amour

A Tel-Aviv, Zeev Stein, célèbre avocat, forme avec son épouse Hélène un couple emblématique. Ils fêtent leurs quarante ans de mariage dans leur somptueuse maison au style Bauhaus typique de la Ville Blanche. Ce soir-là, Yonah, leur fille est présente, ainsi que toute l’équipe du film qui se tourne autour d’Abie Nathan, ce pacifiste décédé en 2008 à 84 ans. Zeev, qui l’a bien connu, est le conseiller d’Eytan Lansky, le cinéaste qui tourne ce biopic avec dans le rôle-titre le sémillant Orlando Dito Beck. Abie Nathan également connu pour avoir ancré le Voice of Peace au large d’Israël, ce bateau sur lequel il avait installé une radio-pirate qui diffusait jusqu’à Beyrouth et Le Caire, et dont le mot d’ordre était From somewhere in the mediteranean, peace, love and good music. Mais connu aussi pour avoir voulu échanger, parler et négocier avec les palestiniens, une intention sacrilège à l’époque en Israël.

Zeev et Hélène ont deux enfants, Yonah et Raphaël. On comprend rapidement que l’un des deux a disparu, ou du moins n’est plus présent dans la famille. Raphaël est un jeune homme révolté, sa soif d’idéal et une brouille avec son père l’ont entrainé vers les religieux intégriste israélites. Il vit à Jérusalem dans le quartier de Mea Shearim. Là, il a adopté leur mode de vie archaïque et radical, priant la thora du matin au soir, parlant Yiddish, adoptant la tenue noire traditionnelle, acceptant la femme qu’on lui a assignée comme épouse, il est déjà père de trois enfants. Raphaël, que Zeev voudrait tant faire revenir à la vie, et dans la famille. Et Yonah la belle, colombe de la paix, la fille chérie, qui travaille au muséum d’histoire naturelle, mais sa mission est délicate en Israël, ce pays où il n’est pas question de faire la moindre découverte qui pourrait remettre en question l’ordre du monde établi par les Textes. La famille se retrouve, mais ils ne seront pas maitres de leur avenir, tributaires de circonstances aussi malheureuses que complexes. Car le tournage ne sera pas aussi idyllique que prévu et l’enchaînement d’impondérables va remettre en cause l’équilibre familial.

L’auteur sait mêler habilement la grande Histoire, ici le conflit israélo-palestinien à travers l’expérience d’Abie Nathan et des différents protagonistes, et sa liberté de l’écrivain. Si les relations familiales sont parfois houleuses, en particulier pour le couple Zeev-Hélène, les relations parents-enfants sont primordiales et émouvantes, tant avec Raphaël que Yonah, qui prend ici toute sa place. En effet, tout au long du roman la relation à la paternité est à la fois magnifique et bouleversante.

J’ai particulièrement aimé, une fois de plus, ce savant dosage entre la réalité historique d’un pays que je découvre en partie à travers les faits évoqués, et la façon de les intégrer dans une intrigue romanesque à souhait. L’Histoire récente d’Israël, mais aussi les spécificités des juifs orthodoxes, aussi intégristes que peuvent l’être tous religieux radicalisés. Et enfin l’amour, toujours présent avec les conflits, les rapprochements, la filiation et le couple, tout est là pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Du même auteur, retrouvez mes chroniques des romans précédents : Le jour se lève et ce n’est pas le tien et Aucune pierre ne brise la nuit. Mais aussi ma chronique d’un roman jeunesse Je n’ai pas trahi. Ainsi que l’entretien qu’il a bien voulu m’accorder lors de la parution du roman Aucune pierre ne brise la nuit.

Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

À Tel-Aviv, une équipe de cinéma hollywoodienne tourne un biopic sur Abie Nathan, militant pacifiste tombé dans l’oubli. Parmi ses hauts faits, le Voice of Peace, une radio-pirate ancrée au large d’Israël dont les millions d’auditeurs se comptaient de Beyrouth jusqu’au Caire. C’est auprès du meilleur ami d’Abie, Zeev Stein, que le réalisateur prend conseil. Ce brillant avocat des droits civils, proche du camp de la paix, forme avec Hélène un couple iconique de la vie telavivienne. Leur fille, Yonah, tente de trouver sa place dans leur ombre. Mais la vie des Stein, lézardée par des blessures intimes, bascule quand la star du film disparaît… à Gaza.
Yonah ou le chant de la mer fait le pari de l’humanité, et révèle à travers l’histoire d’une famille morcelée celle d’un pays où certains gardent encore espoir.

Frédéric Couderc est un écrivain voyageur. À chacun de ses romans, il part vivre dans le pays qui abrite son intrigue pour être au plus près de son sujet. Il est l’auteur d’Un été blanc et noir (Prix du roman populaire 2013), Le jour se lève et ce n’est pas le tien et Aucune pierre ne brise la nuit.

Date de parution : 05/03/2020 / EAN : 9782350875484/ Pages : 320 / Format : 14 x 205 mm / Prix : 20.00 €

Antonia : Journal 1965-1966, Gabriella Zalapì

Entre ombre et lumière, un voyage dans l’intimité d’une femme qui se dévoile et s’émancipe sous nos yeux

Dans les années 60, la femme est d’abord femme au foyer, épouse docile et mère accomplie. Dans ce rôle écrit d’avance, Antonia s’ennuie, Antonia s’étiole, mais elle en parle avec délicatesse et sagesse. Si son mari la cantonne exclusivement à ces rôles, la nurse lui vole sa fonction de mère en lui interdisant une approche trop intime avec son fils Arturo. Et un sentiment diffus se développe, comme si son propre fils lui était étranger, la poussant à s’interroger sur son rôle de mère.

Peu à peu, elle s’évade de ce quotidien. Un jour elle exhume du paquet qu’elle a reçu à la mort de sa grand-mère les lettres et albums photos de sa famille et de son passé. Elle va alors s’y pencher et à partir de là, tenter de se retrouver, de comprendre où elle en est.

Pendant deux ans, de 1965 à 1966, elle confie ses découvertes, mais aussi son mal-être à son journal intime. Elle y relate ses journées et ses trouvailles, ses sentiments et ses rêves. Celle qui sort des années de guerre qu’on connues ses parents n’est pas encore tout à fait la femme contestataire des années 68. C’est dans cet entre-deux qu’elle laisse entrevoir un embryon de révolte face à la morosité et à cette place qui lui est assignée dans une vie toute tracée qui l’assomme au plus haut point.

Entre ombre et lumière, sa vie s’écoule, lente et morose. Comme dans ces vieilles photos qu’elle exhume des albums de famille oubliés, elle s’expose, triste et fascinante, révolté et soumise. Et avec Antonia, le lecteur fait ce voyage dans le temps, dans l’intimité de la famille, dans le quotidien monotone de cette femme qui se dévoile et finalement s’émancipe sous nos yeux.

C’est joliment écrit et fort agréablement illustré de vieilles photos qui donnent vie à ce journal d’une femme émouvante et sincère.

Roman lu dans le cadre des 68 premières fois, session anniversaire 2020

Catalogue éditeur : éditions Zoé

Antonia est mariée sans amour à un bourgeois de Palerme, elle étouffe. À la mort de sa grand-mère, elle reçoit des boîtes de documents, lettres et photographies, traces d’un passé au cosmopolitisme vertigineux. Deux ans durant, elle reconstruit le puzzle familial, d’un côté un grand-père juif qui a dû quitter Vienne, de l’autre une dynastie anglaise en Sicile. Dans son journal, Antonia rend compte de son enquête, mais aussi de son quotidien, ses journées-lignes. En retraçant les liens qui l’unissent à sa famille et en remontant dans ses souvenirs d’enfance, Antonia trouvera la force nécessaire pour réagir.

Roman sans appel d’une émancipation féminine dans les années 1960, Antonia est rythmé de photographies qui amplifient la puissante capacité d’évocation du texte.

Anglaise, italienne et suisse, Gabriella Zalapi a vécu à Palerme Genève, New York, habite aujourd’hui Paris. Ses longs séjours à Cuba et en Inde ont également été déterminants pour donner corps à l’une de ses préoccupations essentielles : comment une identité se construit ? Artiste plasticienne formée à la Haute école d’art et de design à Genève, Gabriella Zalapì puise son matériau dans sa propre histoire familiale. Elle reprend photographies, archives, souvenirs pour les agencer dans un jeu troublant entre histoire et fiction. Cette réappropriation du passé, qui s’incarnait jusqu’ici dans des dessins et des peintures, Gabriella la transpose cette fois à l’écrit et livre son premier roman, Antonia, sensible et saisissant.

Paru en janvier 2019 / ISBN 978-2-88927-619-6 / 112 pages / 140×210 mm

Disparaître, Mathieu Menegaux

Deux trajectoires que tout éloigne ou que tout rapproche, un suspense digne des meilleurs thrillers, découvrir Disparaître, le dernier roman de Mathieu Menegaux

Quel rapport entre une jeune femme qui se suicide à Paris, et la mort d’un homme impossible à identifier dans le sud de la France ?

A Paris, une jeune femme est retrouvée morte au pied de son immeuble, tombée par accident ? Ou au contraire a-t-elle souhaité mourir d’aussi horrible façon, elle à qui la vie devait sourire, séduisante, brillante, un emploi dans une grande entreprise et la vie devant elle ?

Sur une plage du sud de la France ont repêche le corps d’un homme. Mais rapidement la police constate que plus aucun signe ne permet de l’identifier. Il est entièrement nu, n’a plus d’empreinte digitale exploitable, aucun signe distinctif, c’est une énigme, un inconnu à jamais. Pourtant, c’est sans compter sur la sagacité d’un ancien flic, qui ne peut rester sur l’échec d’une enquête inaboutie.

Tout ici entraine les lecteurs à tourner une page, une encore, pour savoir, deviner. Car si rapidement des connexions s’opèrent, il est assez difficile de comprendre le pourquoi et le comment. On avance comme dans un film, l’intrigue se déroule, les personnages s’éloignent, se rapprochent, le lecteur espère, devine, attend.

Ce que j’ai aimé ? Les questions que pose l’auteur. Qu’est-ce qui peut pousser un homme à Disparaître, non pas seulement dans la mort, mais également à être définitivement effacé de tout registre. Car là réside l’énigme principale, comment et surtout pourquoi souhaiter ne plus exister aux yeux du monde ? Comment y arriver, dans notre société où chacun de nos déplacements, chacune de nos actions est fliquée, suivie, traçable à l’infini. Et comment l’amour absolu, ou l’échec amoureux peut-il pousser à la mort. Et l’on ne manquera d’ailleurs pas de penser aux milliers de personnes qui chaque année disparaissent sans laisser aucune trace, souvent attendues, espérées en vain par leurs familles désemparées.

Enfin, l’auteur propose une analyse intéressante du monde impitoyable du travail, harcèlement moral, horaires extravagants, pression, culpabilité de ceux qui veulent réussir et prouver qu’ils peuvent y arriver, au risque d’exploser en vol, burnout, dépression, dévalorisation, tout est très bien abordé ici.

Malgré des personnages un peu trop froids auxquels il me semble que l’on a du mal à s’attacher, voilà une intrigue qui se tient et un roman que l’on a envie de finir sans attendre. Le roman des nuits blanches, car on veut tourner les pages pour savoir enfin ! Pari réussi par l’auteur dont l’écriture et le rythme nous tiennent en haleine. Je découvre Mathieu Menegaux avec ce roman, j’ai hâte de lire les autres. En particulier Je me suis tue ce roman tant évoqué lors de la parution du roman d’Inès Bayard, Le corps du bas.

Souvenir de la rencontre avec Mathieu Menegaux lors de la sortie de Disparaître.

Catalogue éditeur : Grasset

Une jeune femme met fin à ses jours à Paris, dans le XVIII° arrondissement.
Un homme est retrouvé noyé sur une plage, à Saint-Jean Cap Ferrat, sans que personne ne soit en mesure de l’identifier : le séjour en mer l’a défiguré, et l’extrémité de chacun de ses doigts a été brûlée.
Quel lien unit ces deux affaires ? Qui a pris tant de soin à préserver l’anonymat du noyé, et pour quelles raisons ? Qu’est-ce qui peut pousser un homme ou une femme à vouloir disparaître ?

Avec ce roman impossible à lâcher, Mathieu Menegaux rejoint ceux qui pensent que les histoires d’amour finissent mal, en général.

Mathieu Menegaux est né en 1967. Il est l’auteur Je me suis tue (Grasset, 2015, Points 2017), primé aux Journées du Livre de Sablet, de Un fils parfait (Grasset, 2017, Points 2018), prix Claude Chabrol du roman noir, porté à l’écran en 2019 (France 2) et de Est-ce ainsi que les hommes jugent ? (Grasset, 2018, Points, 2019), prix Yourcenar.

Format : 131 x 205 mm / Pages : 216 / EAN : 9782246822004 / 18.00€

Fêlures, Nora Roberts

Aborder le sujet grave des violences intrafamiliales et en faire un roman plaisant, découvrir le talent de Nora Roberts dans son dernier roman « Fêlures »

Zane et Britt ont de la chance, ils vivent dans une des familles les plus en vue, et certainement enviées, de Lakeview, en Caroline du Sud. Leur père Graham Bigelow est un chirurgien de renom, leur mère Elisa une parfaite épouse du style « soit belle et tais toi ». Mais derrière les apparences se cachent souvent des violences intrafamiliales qui laissent des traces indélébiles. Car Graham est un mari violent, Eliza une femme soumise qui oublie son rôle de mère au profit de sa vie d’épouse comblée. A la suite d’une énième dispute, les enfants vont réagir. Un enchainement de catastrophes va séparer à jamais la famille. Pour le bien des deux enfants, ils vont désormais vivre chez leur tante Emily. Zane devient avocat, Britt psychologue.

Des années plus tard, Zane décide de revenir dans cette ville qu’il avait fuie depuis trop longtemps. Il y fait la rencontre de Darby, une paysagiste de talent. La jeune femme souhaite s’installer à Lakeview, elle vient de quitter sa région suite au chagrin causé par le décès de sa mère. Elle aussi cache ses blessures. Zane et Darby sont inexorablement attirés l’un vers l’autre. Les victimes de violences intrafamiliales se reconnaissent souvent sans toutefois être capables de redonner leur confiance.

Voilà exactement le genre de roman qui file tout seul, bien qu’il aborde des sujets graves, violence du conjoint envers sa femme, soumission, violence envers les enfants, tant physiques que morales, il est pourtant écrit de telle façon que l’on a indiscutablement envie d’en savoir plus, de connaître la fin de l’intrigue. Des personnages plus ou moins attachants, plus ou moins détestables, parfois légèrement caricaturaux, mais qu’il est plaisant de connaitre et de suivre. C’est une lecture qui délasse avec des pages qui tournent seules. L’intrigue se déroule à un rythme soutenu, en trois parties qui situent les personnages à trois époques successives de leurs vies (de la vie de Zane essentiellement) sans jamais nous perdre. Alors, oui, bien sûr, la police est exemplaire, les enquêtes et les procès rapides (même si la justice est bien plus rapide aux USA qu’en France !) les méchants très méchants et les gentils idylliquement gentils, mais après tout nous ne sommes pas là pour envisager le côté plausible des choses.

Et l’on comprend aussi pourquoi Nora Roberts a autant de succès, car elle fait passer un excellent moment à ses lecteurs (lectrices ?) que demander de plus parfois ! C’est en cela aussi que ce roman-thriller est réussi.

Catalogue éditeur : Michel-Lafon

Un père chirurgien en vue et son élégante épouse, deux enfants modèles, une maison magnifique à Lakeview en Caroline du Sud : la famille Bigelow est absolument parfaite.
En tout cas, c’est ce que tout le monde croit.
Mais derrière les portes fermées, les enfants, Zane et sa petite sœur Britt, vivent dans la peur, terrorisés par leur père, Graham.
Jusqu’à ce terrible jour où Zane rentre en retard. La dispute qui s’ensuit marque le début d’un enchaînement d’événements qui brise la famille et change la vie des enfants pour toujours. Ils sont confiés à leur tante. Mais le passé ne se laisse pas oublier si facilement…

Des années plus tard, Zane, devenu avocat, revient à Lakeview. Il y retrouve sa tante, sa sœur et ses vieux amis. Il y rencontre également une nouvelle venue, Darby McCrae qui, derrière son optimisme et son énergie, cache ses propres blessures.

Avec plus de 400 millions d’exemplaires de livres vendus dans le monde, Nora Roberts est la plus populaire des romancières américaines. 

Parution : 29/08/19 / Prix : 17.95 € / ISBN : 9782749939292

Toute la vérité, Karen Cleveland

Quand la vie d’une famille américaine ordinaire se transforme en cauchemar. On adore plonger dans ce premier thriller de Karen Cleveland qui nous dit « toute la vérité »… ou presque

Vivian a un mari aimant, quatre beaux enfants et un super métier, que rêver de plus ? Bien sûr, les salaires ne sont pas à la hauteur. Mais son mari Matt est toujours présent pour l’épauler, en particulier lors des soins importants qu’il faut apporter à l’un des jumeaux. Et si son métier la passionne toujours autant, il est aussi une source de revenus et une garantie d’assurance santé non négligeable.

Vivian est analyste à la CIA, spécialisée sur la Russie. Son projet phare va bientôt aboutir et lui permettre de percer à jour l’ordinateur d’un espion russe. Mais elle découvre sur l’ordinateur en question une photo de son mari, certainement l’un des agents étrangers dormants. A partir de là, plus rien n’est sûr dans la vie de Vivian. Le doute s’installe, qui alterne avec l’assurance de connaître parfaitement cet homme qui partage sa vie depuis plus de dix ans. Mais que valent les certitudes face à une telle découverte ? Que faire, et comment réagir à une telle révélation ? Penser d’abord à son pays ou à sa famille ?

Tout l’art de Karen Cleveland est de distiller le doute, les certitudes, les interrogations, avec une apparente véracité qui fait frissonner. De flashback en souvenirs, de certitudes en moments de doute, la tension monte et le lecteur est pris au piège. Car Karen Cleveland est du sérail, huit années comme analyste à la CIA, forcément ça aide à planter un décor juste et réaliste. Alors bien sûr les russes sont un peu trop caricaturaux, ou est-ce tout simplement l’image donnée aux espions, mais qu’importe. Le suspense est garanti pour ce page turner parfaitement maitrisé que l’on dévore avec l’envie de connaitre Toute la vérité et de se laisser balader par l’auteur jusqu’à la fin.

Roman lu dans la cadre de ma participation au Prix des nouvelles voix du polar Pocket

Catalogue éditeur : Pocket et Robert Laffont

Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille : quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.
En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays… ou sa famille.

Diplômée du Trinity College de Dublin et de Harvard, Karen Cleveland a passé huit ans à la CIA en tant qu’analyste. Elle vit dans le nord de la Virginie avec son mari et ses deux enfants.

Robert Laffont : Date de parution : 25/01/2018 / EAN : 9782221214947 / Nombre de pages : 384 / prix : 21€
Pocket : Date de parution : 10/01/2019 / EAN : 9782266287869 / Nombre de pages : 408 / prix : 7.90€

Le cœur battant du monde, Sébastien Spitzer

Quand Sébastien Spitzer écrit, il parle de la chair et du cœur des hommes avant de parler d’Histoire, et on aime ça ! Le cœur battant du monde, un roman qui ne vous lâchera pas !

couverture du roman le cœur battant du monde, photo Domi C Lire

Sébastien Spitzer enchante ses lecteurs par son écriture, même si ce sont des épisodes de vies bien sombres qu’il dévoile à chacun de ses romans. Une chose est sûre pourtant, on plonge, on respire un grand coup et on lit jusqu’au bout tant on ne peut se détacher de ces noirceurs terriblement humaines.

Dans le Londres de 1860 où les miséreux viennent chercher fortune, les filles mères sont contraintes d’avorter clandestinement si elles ne veulent pas être mises au ban de la société. Charlotte l’irlandaise aime Evans, mais son amoureux a traversé l’océan pour chercher fortune en Amérique. Lorsque le bon docteur Malte, qui n’a de docteur que le nom, se porte à son secours après une agression, il constate qu’elle attend un enfant. C’est pour lui l’occasion rêvé de sauver à la fois cette mère et un autre enfant dont personne ne veut, un bâtard qu’il faut éliminer, cacher, oublier.

Dans le Londres de 1860 Engels est un riche homme d’affaires qui a hérité d’une usine de coton, le plus beau, le plus fin d’Angleterre. Il mène sa vie comme bon lui semble, avec ses deux femmes. C’est aussi l’ami inconditionnel de Karl Marx, et c’est lui encore qui fait vivre la famille Marx, qui aide, qui finance, qui cache. Karl Marx a épousé la baronne Johanna von Westphalen, fui l’Allemagne. Il est bientôt le père du Capital, et déjà un père de famille « rangé ». Johanna lui a donné de beaux enfants, trois filles, les fils ne survivront pas.  Mais Engels va devoir faire disparaitre le fils naturel de cet ami que l’on surnomme le Maure.

Alors Charlotte va élever Freddy, le fils caché de Karl Marx, dans cette époque, dans cette ville où la vie ne fait aucun cadeau à la classe ouvrière, et encore moins aux femmes qui n’ont que leurs charmes pour survivre.

Le contexte politique et économique est particulièrement sensible. D’abord avec la guerre de sécession qui n’en finit pas de finir. Les différents blocus en Amérique privent l’Angleterre de son approvisionnement en ballots de coton et donc grèvent son industrie. Puis avec la famine en Irlande, et ces hommes, ces ouvriers qui ont besoin de travailler, se révoltent contre les patrons qui les exploitent. Enfin, ces femmes qui pour survivre offrent leur corps, leur jeunesse, au plus offrant, au plus menteur, au plus lâche.

Il y a dans ce roman à la fois la révolte et la soumission, le désespoir et l’attente, la misère des femmes et la compromission des élites. Alors comment accepter un Karl Marx qui se dit humaniste, communiste et près du peuple, quand il vit dans le luxe et le confort. Quelle contradiction entre l’homme et ses écrits, quelle complexité entre sa vie et sa pensée. Et tout au long de ces pages éclate l’amour d’une mère pour ce fils qu’elle a fait sien, l’amour d’un fils pour cette mère qu’il croit sienne. Malgré la fange et la misère, les plus beaux sentiments savent émerger et s’affirmer envers et contre tous.

C’est dense, envolé, rythmé. J’aime ces phrases courtes, sèches, directes, qui donnent un tempo impressionnant et vivant à ce roman. Car loin d’être un récit historique banal, Le cœur battant du monde nous plonge au cœur des sentiments, des vivants et des perdants aussi.

Roman lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois

Catalogue éditeur : Albin-Michel

Dans les années 1860, Londres, le cœur de l’empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues entent la misère, l’insurrection et l’opium. Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine. Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance.
L’enfant illégitime est le fils caché d’un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d’Europe.

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21.90 € / 21 Août 2019 / 140mm x 205mm / 448 pages / EAN13 : 9782226441621

Reste avec moi, Ayobami Adebayo

Ce roman inoubliable de Ayòbámi Adébáyò nous transporte dans le cœur d’une femme en mal d’enfants. Formidable surprise, « Reste avec moi » ne laisse absolument pas indifférent.

couverture du roman "Reste avec moi" Ayobami Adebayo photo Domi C Lire

Yejide a rencontré Akin à l’université. Pour cet homme, une seule certitude, c’est la femme de sa vie. Leur mariage est une évidence. Tout irait pour le mieux si seulement Yejide pouvait donner un héritier à ce fils ainé, comme le veut la tradition. Car au bout de quatre ans, aucune grossesse n’est venue récompenser le couple. La famille s’en mêle, et voilà Akin pourvu d’une seconde épouse, plus jeune, plus jolie.

Depuis plusieurs années déjà, Yejide a tout tenté pour avoir ce bébé tant attendu, et rien ne lui a été épargné… pourtant ce rêve fou met du temps à se réaliser. Jusqu’au jour où… puis les enfants sont là, mais leur vie ne tient parfois qu’à un fil.

Sur fond de bouleversements politiques dans ce Nigéria des années 80, nous assistons avant tout à la lutte sans merci d’une femme pour sauver son couple, pour rester maitre de sa vie, de son foyer, en résistant de toute son âme à la famille, au poids des traditions, mais aussi à la lâcheté et au mensonge. Ayòbámi Adébáyò décrit avec une grande justesse la complexité des sentiments qui habitent tant Yejide que Akin, son époux. Il y a dans ces pages toute la dualité entre l’amour dans le couple et la fidélité aux règles qui régisse la famille africaine, le respect des ainés et de sa propre liberté, toute la difficulté qu’il peut y avoir à trouver la limite entre la confiance et la duplicité, le silence et la vérité.

Une écriture superbe de véracité, d’émotions et de sentiments forts, une belle lecture qui transporte ses lecteurs dans une autre dimension, et un roman que l’on n’a absolument pas envie de lâcher avant la dernière page. Je vous le conseille vivement !

Catalogue éditeur : éditions Le Duc.s Charleston

Avec pour toile de fond les bouleversements politiques du Nigeria des années 1980, le portrait inoubliable d’une femme qui fait le choix de la liberté… envers et contre tout.

Yejide et Akin vivent une merveilleuse histoire d’amour. De leur coup de foudre à l’université d’Ifé, jusqu’à leur mariage, tout s’est enchaîné. Pourtant, quatre ans plus tard, Yejide n’est toujours pas enceinte. Ils pourraient se contenter de leur amour si Akin, en tant que fils aîné, n’était tenu d’offrir un héritier à ses parents. Yejide consulte tous les spécialistes, médecins et sorciers, avale tous les médicaments et potions étranges… Jusqu’au jour où une jeune femme apparaît sur le pas de sa porte. La seconde épouse d’Akin. Celle qui lui offrira l’enfant tant désiré. Bouleversée, folle de jalousie, Yejide sait que la seule façon de sauver son mariage est d’avoir un enfant. Commence alors une longue et douloureuse quête de maternité qui exigera d’elle des sacrifices inimaginables.

Née à Lagos, Ayòbámi Adébáyò a étudié l’écriture aux côtés de Chimamanda Ngozi Adichie et Margaret Atwood. À tout juste 29 ans, elle est l’auteure d’une œuvre saluée par de nombreux prix littéraires et reconnue comme une écrivaine d’exception. Reste avec moi, son premier roman, a été traduit dans 18 pays et a été sélectionné pour quatre prix littéraires, dont le prestigieux Women’s Prize for Fiction.

Prix 22,50 € / Format 145 x 230 / 320 pages / janvier 2019 / EAN : 9782368123393