Le mot d’Abel, Véronique Petit

Le mot d’Abel, c’est le mot qui détermine votre avenir, intime et personnel, il conditionne toute une vie.

Dans le monde d’Abel (un monde qui ressemble à aujourd’hui mais qui n’est pas aujourd’hui !) les adolescents reçoivent vers l’âge de 12 ans un mot qui leur est propre, intime, secret, il détermine en quelque sorte leur avenir, noir ou lumineux, en fonction du mot, en fonction aussi de ce qu’ils sauront en faire.

Abel est issu d’une fratrie de trois enfants, ses parents sont mort dans un accident, leur avion a explosé en vol. Depuis, les trois enfants sont élevés par leur tante. Abel n’a pas encore reçu son mot, alors il compte chaque jour, chaque semaine qui l’éloigne de l’âge moyen auquel les autres le reçoivent, faisant de lui un adolescent à part…

Un jour, dans la cour de l’école, il se passe un évènement terrible, totalement humiliant pour la jeune Clara… Quelqu’un a écrit son mot sur le mur de l’école. Mais un mot doit rester secret à jamais ! Et en plus, on ne peut pas dire que ce soit un mot dont on peut être fier, un de ces mots qui va vous porter toute une vie à faire des choses extraordinaires, à être quelqu’un de bien, non, au contraire, c’est un de ces mots qu’il vaut mieux taire, surtout quand on est aussi jolie et convoitée que Clara…

Vous l’aurez compris, à travers ce mot peut se dessiner un caractère, un avenir, l’avoir ou pas vous fait vous poser des questions métaphysiques, de ces questions que se posent tous les ados bien sûr, mais l’auteur a pris ce prétexte pour les aborder de façon détournée et intelligente.
Malgré une fin peut-être un peu abrupte, car il me semble qu’on attend quelques pages de plus, ou une suite, Le mot d’Abel est un roman qui devrait plaire aux ados à qui il est destiné.

Un matin, tu te réveilles et le mot est devenu une évidence. Il résonne dans ta tête, dans ton cœur. Il a pris possession de la moindre cellule de ton corps. Il fait désormais partie de toi, il est gravé en toi. Pour toujours.

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Catalogue éditeur : Rageot

Dans le monde d’Abel, rien n’est plus important que le mot révélé à chacun vers l’âge de 12 ans. Un mot personnel et intime qui conditionne souvent la vie entière. En retard de plusieurs mois, Abel vit dans l’angoisse d’hériter d’un mot dérisoire ou ridicule, ou pire, d’un mot noir… Un matin, il découvre le mot de Clara, la fille dont il est secrètement amoureux, tagué en lettres rouges sur le mur du collège ! Qui a pu commettre un tel crime ?

Ce roman a reçu le prix Gulli 2018

Véronique Petit est née en 1967 dans la Drôme et a grandi en Bourgogne. Son enfance a été baignée par les livres. Grâce à eux, elle a vécu très tôt mille vies différentes, et c’est en souvenir des sensations magiques des livres de son enfance qu’elle a commencé à écrire des romans pour enfants et adolescents.
Elle aime tout particulièrement les histoires dans lesquelles le fantastique vient pointer le bout de son nez dans une réalité trop bien rangée. Assistante sociale le jour, elle écrit surtout le soir, en mangeant du chocolat. Elle vit à Chalon-sur-Saône.

Parution : 28 février 2018 / 192 pages / Prix : 12.90 € / ISBN : 9782700256277

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Le plus courageux des peureux. Guylaine Kasza

Lire « Le plus courageux des peureux » de Guylaine Kasza, mettre ses peurs dans un mouchoir au fond de sa poche et … rêver ! Pour les 8/10 ans.

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Inspirée d’un conte afghan que l’on raconte là-bas dans les maisons ou à l’ombre d’un grand arbre, l’histoire d’un homme qui a peur de tout a retenu l’attention de l’auteur. Elle a décidé de l’écrire à son tour, pour la faire lire au plus grand nombre.

A lire à partir de 8 ans, pour vaincre ses peurs… Ces peurs qui habitent chacun de nous ou de nos enfants, irraisonnées, incomprises parfois, moquées souvent, qui peuvent paralyser et handicaper aussi bien les enfants que les adultes.

Abdul est de ceux-là, car tout le terrorise, la nuit, les bruits, l’inconnu… Sa femme est lasse de ce mari qui lui fait parfois honte lorsqu’elle entend les ragots colportés par tout le village. Avec une ancienne du village, elle décide de lui jouer un tour, pour l’aider à vaincre ses peurs. Cela ne va pas se passer comme prévu, mais chut, je n’en dis pas plus…

L’histoire alterne avec quelques illustrations qui mettent en images les scènes du conte, c’est vivant, rythmé, agréable à lire, et interroge sur les peurs, leur réalité, et nos réactions dans certaines situations.

A votre tour, découvrez et faites découvrir à vos enfants cette série de contes parus dans la collection Kilim des éditions Syros.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Syros

Une histoire pour prendre son courage à deux mains et dépasser ses peurs. 

Abdul est si peureux que le plus léger battement d’ailes d’un papillon le fait sursauter. Même les voyageurs qui viennent de loin ont entendu parler d’Abdul-le-peureux. Alors sa femme décide de tenter le tout pour le tout pour le guérir de sa frousse légendaire. Le pauvre Abdul est poussé hors de chez lui en pleine nuit… mais cette nuit-là, le redoutable géant Barzangui est de sortie !

Texte : Guylaine Kasza / Illustrations : Krzysztof Sukiennik.
8 ans – 10 ans / Date de publication : 05/09/2018 / ISBN : 9782748525809 / Prix : 6,40 €

La loi du Phajaan. Jean-François Chabas

Un vieil homme se souvient… Kiet est né en 1953 en Thaïlande, dans une famille où les hommes sont mahouts de génération en génération et où s’applique la loi du Phajaan …

Domi_C_Lire_la_loi_du_phajaanUn mahout, c’est celui qui capture et dresse un éléphant. Enlevé à sa mère alors qu’il est encore très jeune, l’éléphant doit être dressé, brisé, par celui qui l’accompagnera toute sa vie. Et ce dressage, cet exercice difficile et cruel qui consiste à broyer la volonté de l’éléphant, en particulier en utilisant le bullhook (un croc en métal qui sert à le blesser pour le faire souffrir) c’est le Phajaan.

Il faut plusieurs jours de souffrances, de coups, de blessures, pour faire plier la volonté de ces animaux majestueux, forts et puissants. Mais une fois que le rite est accompli, l’éléphant se souvient et respecte celui qui l’aura dompté, il craindra et respectera son maitre, et avec son mahout ils ne se quitteront plus de toute une vie.

Kiet, accompagné de son père, le terrible Lamon, part le jour de ses dix ans pour capturer et dresser son éléphant. Mais Kiet n’est pas de ceux qui veulent la souffrance de l’animal, au contraire. Et même s’il se soumet au rite de la capture et du dressage, jamais il n’acceptera de faire plier Sura, son éléphant. Aussi lorsqu’un accident survient, et que la seule issue pour Sura devrait être la mort, Kiet décide de fuir avec lui. Cinquante ans après, cet ardent défenseur de la cause animale n’a rien oublié.

Ce beau texte de Jean-François Chabas est aussi un véritable réquisitoire en faveur de la cause animale. Kiet, ou l’auteur, fait passer une  multitude de sentiments, montrant également l’évolution du pays, le mal fait par l’exploitation d’animaux enlevé à leur état sauvage, pour les faire rentrer dans des règles qui ne sont pas les leurs, au risque de voir changer leur comportement, et ce uniquement pour le plaisir de quelques touristes, sans tenir compte de leur souffrance, ou chassées sans merci pour leurs défenses d’ivoire par les braconniers, malgré toutes les réglementations internationales en faveur de leur protection. Une belle leçon d’humanité à destination des adolescents.

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Citations :

  • Tout ce qui est sauvage est fort et redoutable, car dans la nature seuls les plus puissants, les plus agressifs survivent.
  • En 1900 il y avait trois mille éléphants sauvages dans notre pays., et cent mille captifs.
    Aujourd’hui, il en reste deux mille toujours libres, et quatre mille sont nos prisonniers.

Catalogue éditeur : Didier Jeunesse

Dans la famille de Kiet, on est dresseur d’éléphants de père en fils. Le jour de ses dix ans, Kiet part avec son père et des chasseurs pour capturer son premier éléphanteau. Pendant plusieurs jours, l’enfant participe au « Phajaan », une méthode de dressage traditionnelle particulièrement cruelle qui marquera à jamais le jeune garçon…

Didier Jeunesse soutient EVI (Eco Volontaire International), une association dont le but est d’intervenir pour la protection des animaux sauvages et de l’environnement dans le monde, ainsi que de consolider un lien respectueux entre les humains et la nature.
Plus d’informations :  http://eco-volontaire-international.com/evi-mag-illustre-tourisme-edition-n2/

Format : 14.8 x 21.8 cm / Nb de pages :128 pages / Parution : 6 septembre 2017 / EAN 13 : 9782278085699

Montana 1948. Nicolas Pitz. Larry Wattson.

Dans « Montana 1948 »,  la BD de Nicolas Pitz adaptée du roman de Larry Wattson, David Hayden se souvient de l’été de ses douze ans.

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Dans ce village qui vit pour la plus grande partie de sa population de l’élevage ou de la culture, aux confins des USA , à quelques kilomètres à peine de la frontière canadienne, les villageois cohabitent relativement en paix avec les tribus indiennes parquées dans les réserves. Certains font même travailler des indiennes chez eux.

Wes, le père de David est aussi le shérif de Mercer County. Elu à la suite de son propre père qui avait obtenu de nombreux mandants successifs, sa famille est connue de tous. Alors quand Marie, la jeune femme sioux qui garde David, tombe malade, son père veut faire venir Franck, son frère médecin et vétéran respecté de la grande guerre.
Mais les jeunes indiennes ne veulent pas voir ce médecin et cela commence d’ailleurs à se savoir en ville. Sont-elles victimes de leur croyance qui veut, comme le dit si bien Franck, que la venue auprès d’elles de l’homme médecine blanc soit annonciatrice de grand malheur, ou cachent-elles un secret qui pourrait les mettre en danger dans cette ville si typiquement américaine et blanche. Pourtant, la femme de Wes  commence à avoir quelques soupçons sur le comportement de Franck auprès des jeunes indiennes de la tribu, les langues se délient, et Wes doit mener l’enquête.

Dans le Montana des années 40, il est compliqué d’accuser un blanc, surtout quand il est soutenu par une famille puissante et déterminée. Et que vaut la vie et la parole d’une jeune indienne, après tout ? Enfin, comment est-il possible de respecter les obligation de son métier et de rester loyal envers sa famille ? Cruel dilemme que celui que devra régler le si peu charismatique shérif du comté. Comment être totalement convaincu par l’issue du drame qui se déroule devant nous, en tout cas par rapport à l’époque décrite, tant il semble difficile alors d’aller à l’encontre de la toute-puissance des blancs bien installés dans leurs comtés.

La BD est portée par un graphisme intéressant. Il  évoque les grandes plaines, avec des couleurs qui rendent bien les tons ocres des montagnes et le rougeoiement de la nature en cet été finissant. Le réalisme des scènes dans les jardins un verre de bière à la main, ou de quelques parties de chasse dans une nature encore sauvage, avec ces animaux aux portes des maisons, et enfin quelques voitures années 40 viennent compléter le décor et la rendre très agréable à lire.

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Catalogue éditeur : Sarbacane

« De l’été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n’a pu chasser ni même estomper. » Ainsi s’ouvre le récit du jeune David Hayden. Cet été 1948, une jeune femme sioux porte de lourdes accusations à l’encontre de l’oncle du garçon, charismatique héros de la Seconde Guerre mondiale et médecin respecté. Déchiré, le père de David, shérif de cette petite ville du Montana, doit alors affronter son frère ainé. David assistera, impuissant, au conflit entre les deux frères et découvrira la difficulté d’avoir à choisir entre la loyauté à sa famille et la justice.
Montana 1948 raconte la perte des illusions de l’enfance et la découverte du monde adulte.

Format : 21,5 x 29 cm / Nbre de pages : 128 pages / Parution : 1 mars 2017 / ISBN : 97828486594701 / Prix : 19,50 €