Matador Yankee. Jean-Baptiste Maudet

Un road trip américain sur fond de corrida et de dettes de jeu, une belle qui disparait, il n’en faut pas plus pour avoir envie de suivre Matador Yankee, le héros de Jean-Baptiste Maudet.

Harper le blondinet vit à la frontière entre deux mondes, Mexique d’un côté, États-Unis de l’autre, il n’appartient réellement ni à l’un, ni à l’autre, mais un peu des deux coule dans ses veines. Pas vraiment cowboy, pas vraiment garçon vacher, il est devenu torero par le force des choses, faute de mieux peut-être. C’est un toréro de pacotille qui n’a jamais réellement connu le vrai succès. Il se produit dans les arènes de chaque côté de la frontière. Il s’évade dans sa tête et s’imagine qu’il est le vrai fils de Robert Redford, son idole, surtout dans ce film où il joue avec Paul Newman, Butch Cassidy et Sundance kid. Faute de mieux, pourquoi ne pas s’inventer la famille dont on rêve.

S’il n’est pas vraiment un mauvais bougre, Harper est totalement fauché, il a contracté une forte dette de jeu et doit beaucoup d’argent à Roberta, la tenancière du bordel de Tijuana… Il vient trouver Antonio, l’ami de toujours, le fils de celui qui l’a aidé et soutenu lorsqu’il était enfant, mi bandit mi paumé, qui est devenu le gardien des arènes de Tijuana, pour qu’Antonio éponge sa dette. Il devra se donner en spectacle dans les arènes d’un village paumé de la Sierra Madre, et dire au maire du dit village qu’Antonio veut épouser Magdalena, sa fille. Mais Magdalena a disparu…

Bon, là c’est déjà embrouillé, mais ça va l’être encore plus, car ce village est peuplé d’indiens un peu sauvages, d’un maire et de sa femme tous deux légèrement hystériques, et la dette à Roberta, la disparition de Magdalena, ne sont pas aussi faciles à solutionner que ce que l’on pouvait penser de prime abord…

Impossible d’en dévoiler d’avantage… Lisez et vous serez comme moi pris par l’intrigue, les personnages, l’écriture, de ce roman qui court, respire, s’essouffle, transpire, lutte, sanglote, déteste et aime. C’est une sarabande que l’on n’a pas envie de lâcher, juste envie de savoir où part Harper… dans quel fichu pétrin il va se fourrer…

J’ai aimé l’écriture de ce premier roman, mais surtout les personnages, leur côté excessif, bandits, menteurs, séducteurs, cowboy sur le retour,  femmes en mal d’amour… On s’y attache et on tourne les pages avec l’envie d’aller au bout de leur histoire.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Le Passage

Harper aurait pu avoir une autre vie. Il a grandi à la frontière, entre deux mondes. Il n’est pas tout à fait un torero raté. Il n’est pas complètement cowboy. Il n’a jamais vraiment gagné gros, et il n’est peut-être pas non plus le fils de Robert Redford. Il aurait pu aussi ne pas accepter d’y aller, là-bas, chez les fous, dans les montagnes de la Sierra Madre, combattre des vaches qui ressemblent aux paysans qui les élèvent. Et tout ça, pour une dette de jeu.

Maintenant, il n’a plus le choix. Harper doit retrouver Magdalena, la fille du maire du village, perdue dans les bas-fonds de Tijuana. Et il ira jusqu’au bout. Parfois, se dit-il, mieux vaut se laisser glisser dans l’espace sans aucun contrôle sur le monde alentour…

Alors les arènes brûlent. Les pick-up s’épuisent sur la route. Et l’or californien ressurgit de la boue.

Avec Matador Yankee, sur les traces de son héros John Harper, Jean-Baptiste Maudet entraîne le lecteur dans un road trip aux odeurs enivrantes, aux couleurs saturées, où les fantômes de l’histoire et du cinéma se confondent. Les vertèbres de l’Amérique craquent sans se désarticuler.

Jean-Baptiste Maudet est géographe. Il enseigne à l’université de Pau.  En 2019, il publie Matador Yankee, son premier roman.

ISBN: 978-2-84742-407-2 / Date de publication : Janvier 2019 / Nombre de pages : 192 / Dimensions du livre : 14 x 20,5 cm / Prix public: 18 €

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