Angélus, François-Henri Soulié

En Occitanie, un fascinant thriller historique au pays du fanatisme religieux

Entre Carcassonne et Narbonne, trois personnages, sur trois sites différents, partent à la recherche d’un mystérieux assassin. En l’an de grâce 1165, les chrétiens se déchirent. Les abbayes rivales se livrent une guerre impitoyable, pendant que la noblesse prend de plus en plus d’importance. Les religieux veulent conforter leur mainmise sur la société coûte que coûte. Dans ce contexte instable, un, puis deux, puis trois anges meurent et leurs cadavres sont mis en scène et exposés de façon particulièrement macabre et barbare.

À l’abbaye de Saint-Hilaire, le tailleur de pierre Jordi de Cabestan travaille avec ses artisans à l’érection d’un sarcophage. Il doit accueillir les reliques de saint-Hilaire qui devraient permettre de redorer le blason de l’abbaye. Mais ce sont bien ses ouvriers qui sont tour à tour victimes de meurtres aussi insoutenables qu’incompréhensibles. Jordi doit trouver le coupable. Mais pourquoi ces morts barbares, et dans quel but, porter atteinte à son atelier, à l’abbaye, aux confréries d‘artisans ?

À Carcassonne, le jeune noble Raimon de Termes prend la route de l’abbaye de La Grassa. Il fait allégeance à l’archevêque Pons d’Arsac et affirme son souhait de protéger l’église. Mais ce dernier va le mander pour retrouver le coupable de ces ignominies.

À Narbonne, Dame Aloïs de Malpas s’est convertie à la vraie foi, celle des Cathares, ces hérétiques qui renient l’opulence des abbés et des archevêques. Les Bons chrétiens tentent de prouver qu’ils sont sur le chemin de la vraie foi. Ils ne demandent ni ne possèdent rien, ils croient à la pauvreté et au partage. Mais ils sont injustement accusés des meurtres. Aloïs doit partir sur les routes pour tenter de les disculper.

Chacun représente une strate du pouvoir en place, tous ont un but identique, trouver le ou les coupables. Ils vont mener leur enquête séparément, mais vont forcément finir par se retrouver. Car au final, la question est bien de comprendre qui peut s’enrichir ou trouver avantage de tels crimes, de ces morts qui effrayent et bouleversent.

Le lecteur chemine à travers l’Occitanie, dans ce Moyen Age berceau d’un fanatisme religieux, avec ses luttes intestines et ses rivalités dans les différents ordres, mais aussi de violence et de luttes de pouvoir  parmi la noblesse et les fraternités d’artisans. Ajoutez à ces guerres de pouvoir dans les régions les guerres internes pour accéder aux fonctions suprêmes et prendre la tête de l’abbaye, le contexte est idéal pour nous embarquer dans cet imbroglio mortel. Un roman fort bien documenté, rythmé, porté par des personnages aussi inquiétants qu’attachants, et un suspense passionnant dans un cadre historique et régional tout à fait réaliste.

Catalogue éditeur : 10/18

An de grâce 1165. En terre d’Occitanie. Deux abbayes, deux jours, deux crimes.

1165. Les corps suppliciés des victimes, qui appartiennent à l’atelier du tailleur de pierre Jordi de Cabestan, ont été déguisés en anges dérisoires. La panique se répand. Certains voient dans ces crimes la main du diable. D’autres soupçonnent les adeptes de cette nouvelle secte que l’on nommera bientôt les « Cathares ». Au grand scandale de l’Église de Rome, ceux-ci prétendent être les Vrais Chrétiens.
L’archevêque de Narbonne missionne un jeune noble, Raimon de Termes, afin de découvrir l’assassin. Les « hérétiques » désignent une des leurs, Aloïs de Malpas, pour les disculper. De son côté, Jordi de Cabestan veut venger ses compagnons. Trois enquêtes labyrinthiques vont les mener vers une vérité qu’aucun d’entre eux n’imaginait.

François-Henri Soulié est un homme de théâtre aux multiples casquettes : écrivain, comédien, marionnettiste, scénographe, metteur en scène et scénariste. Il a reçu le Prix du premier roman du festival de Beaune en 2016 pour Il n’y a pas de passé simple, paru aux Éditions du Masque. Ce livre a inauguré la série des « Aventures de Skander Corsaro ».
François-Henri Soulié est l’auteur chez 10/18 d’une trilogie écrite à quatre mains avec Thierry Bourcy, qui nous fait voyager à travers l’Europe du début du XVIIe siècle : Le Songe de l’astronome, La Conspiration du Globe et Ils ont tué Ravaillac.

Date de parution : 05/03/2020 / EAN : 9782264074485 / Nombre de pages : 522 / Prix : 15.90 €

GrassKings, Matt Kindt et Tyler Jenkins

GrassKings, une BD de la sélection Polar Sncf et Fauve d’Angoulême 2020, éditée par Futuropolis

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De 1450 à aujourd’hui, aux États-Unis. GrassKings, une ville hors du monde, avec ses propres règles, ses lois et sa communauté soudée et autonome. On dit même que Grasskings hébergerait un tueur…

Nul ne peut pénétrer dans GrassKings, les tireurs veillent, et si les intrus en ressortent vivant c’est qu’on l’a bien voulu. Mais ceux de Cargill, la ville à côté, sont bien trop curieux. Quand Lo vient fouiner par-là, c’est bien pour qu’il puisse rapporter l’avertissement au shérif Humbert qu’on le laisse repartir.

La ville est gouvernée par Robert, qui reste pourtant affalé dans son fauteuil à bascule en buvant ses bières tout au long de la journée. C’est Ashur, son frère, qui veille pour maintenir le royaume en l’état. Car robert est perdu dans ses pensées sombres, des années auparavant, sa fille Rose a disparu pendant qu’il la gardait. sa disparition est restée inexpliquée, faisant voler en éclats la vie de Robert. Depuis, ses pensées et son esprit errent sur les berges où elle a été vue pour la dernière fois.
Mais la femme du shérif de Cargill vient se réfugier à Grasskings, elle sort de l’eau telle une Rose ressuscitée. Troublé, hésitant, Robert décide de l’héberger. Pourtant il le sait, les complications ne font que commencer…Car le shérif ne l’entend certainement pas de cette oreille.

L’intrigue se déroule et nous perd dans ses méandres malsains et lourds de suspicion. Le récit actuel alterne avec des flashbacks, des scènes de violence essentiellement, des temps anciens, depuis l’occupation des terres par les indiens et leur spoliation par les migrants jusqu’à aujourd’hui. Comme si la terre elle-même restituait aux hommes tout le mal qu’il lui ont fait.

Cet étonnant graphisme prend des airs d’inachevé, tantôt fait de coups de traits fins et précis, tantôt de grandes touches de couleurs imprécises, et embarque ses lecteurs dans une intrigue pour le moins complexe.

Un récit de Matt Kindt, dessin et couleur de Tyler Jenkins, est publié en trois tomes de 6 épisodes chacun, qui reprennent la version de la bande dessinée américaine. Il m’en reste donc encore deux à découvrir.

Cette BD fait partie de la sélection 2020 du Prix SNCF du Polar, retrouvez tous les titres en compétition ici.

Catalogue éditeur : Futuropolis

Un bien étrange royaume dominé par trois frères, Bruce, le shérif au passé tumultueux, Ashur, le plus jeune et surtout Robert.
Robert est devenu alcoolique à la suite de la disparition de sa fille des années auparavant. Depuis sa femme l’a quitté, et il est devenu asocial.
Ce petit village cache de lourds secrets. Les morts violentes sont omniprésentes depuis la nuit des temps. L’arrivée de la femme en fuite du shérif du comté voisin, Humbert Jr, ravive les tensions. Robert voit en elle sa fille devenue adulte. Mais pour beaucoup, elle a été victime d’un tueur en série, peut-être un membre de la communauté. C’est ce que voudrait démontrer Humbert Jr.

185 x 290 mm / 176 pages / Prix de vente : 22 € / ISBN : 9782754825092

La serpe. Philippe Jaenada

Vous aimez les enquêtes ? Vous aimez être surpris, amusé, emporté, bousculé dans vos certitudes, alors ce roman est pour vous. Lisez « La serpe » de Philippe Jeanada.

DomiCLire_la_serpe_philippe_jaenadaLa Serpe, j’ai envie d’y mettre une majuscule alors qu’en général je suis plutôt fâchée avec, tant ce roman m’a impressionnée, fait rire aux éclats, bouleversée, amusée. Merci monsieur Jaenada, Philippe (ou Phlipppe  on ne sait plus) oui, parce qu’il nous fait aussi flipper parfois, le Phlipppe, c’est sûr.

Alors bien sûr il y a l’intrigue, la base, le sujet proprement dit. Ou du moins la révélation par un copain de maternelle – enfin oui, vous savez bien, quand on va chercher nos loulous devant l’école et qu’on bavarde avec les papas de leurs copains qui deviennent des amis et tout et tout- donc le sujet c’est Henri Girard, le grand père, et c’est Emmanuel qui le confie à l’auteur, en lui disant qu’il devrait se pencher sur le cas de ce grand-père totalement atypique, qui a connu l’occupation, puis bourlingué en Amérique du sud, en est revenu avec un roman « Le salaire de la peur » écrit sous le nom de George Arnaud – dont nous avons tous vu au moins une fois le film avec un inoubliable Montant secondé par Lino Ventura. Enfin, moi c’est du camion dont je me souviens, et de la pétoche de le voir exploser tout au long du film – a eu de nombreux mariages et vécu des vies multiples et trépidantes, au service des autres en particulier.

Donc George Arnaud est un bourlingueur, aventurier, homme au grand cœur pourfendeur des causes impossibles, mais était dans sa jeunesse un homme pas facile, capricieux, violent, méprisant. Il a fait les 400 coups, dépensé sans compter l’argent de papa, soutiré tout ce qu’il pouvait à sa tante, abusé sans vergogne de la bonté de toute la famille, marié par erreur, juste pour prouver à papa qu’il pouvait s’opposer à ses volontés ou ses conseils. Bref, un petit morveux impossible et très peu recommandable. Et cerise sur le gâteau, ce jeune homme est accusé en 1941 d’avoir sauvagement assassiné à coups de serpe son père, sa tante, la bonne, de façon violente, un véritable massacre, dont il est bien étrangement le seul rescapé, dans ce château du Périgord fermé de l’intérieur. Enquête, bâclée sans doute, puisque le coupable est tellement évident… Procès, et coup de Trafalgar, acquittement, changement complet de vie pour Henri Girard, celui qui aura donc vécu des vies multiples sans que jamais la lumière ne soit faite sur l’affaire qui a changé sa vie.

Pas la peine d’en dire plus, à vous de lire, parce qu’il n’y a qu’en le lisant que vous saurez vous aussi. Car Philippe Jeanada est bel et bien parti enquêter sur Henri Girard, ce grand père intriguant. On l’imagine tout à fait avec ses accessoires à la Sherlock Holmes, un peu plus moderne sans doute (quoi que, la Mériva, elle a un voyant qui passe au rouge quand même ! ). Pendant de longs jours, des mois sans doute, il mène une enquête minutieuse, remonte les pistes, explore les méandres de plusieurs vies et les archives de la France sous l’occupation, s’embarque dans les sentiers comme dans les impasses, ne laisse aucun indice de côté, aucun interrogatoire, chaque mot est pesé, analysé, comparé. Du coup on souhaiterait presque que l’auteur reprenne le service des cold case de notre police tant son enquête est dense et exhaustive. Analyse précise qui explore la vie, les sentiments de ce jeune homme mal dans son époque, certainement incompris, et que l’auteur nous montre sous toutes ses facettes, celles qu’on lui a prêté, et ce qu’il était sans doute au plus profond. C’est presque à je t’aime moi non plus qu’il nous fait jouer avec son personnage tant il est complexe.

On est loin du thriller classique, et ce roman est un véritable régal. j’avoue, je n’ai pas encore osé lire La petite femelle, impressionnée par la taille de ce pavé qui est toujours sur ma PAL, mais ne devrait plus y rester trop longtemps. Du coup, je découvre avec La serpe le style et l’écriture de l’auteur, et j’adore tout simplement. La narration, l’enquête, l’humour détonnant et décapant, le côté je me prend pas au sérieux, et pourtant vous voyez bien, forcément, à quel point je le suis. Car l’auteur vous embarque dans sa vie (ou dans sa représentation romanesque, mais là qu’importe si c’est véridique ou pas) et pas seulement dans son roman, dans son vécu, chaque jour, on part avec lui au restau, dans la voiture, en famille, on voit le foulard de soie d’Anne-Catherine, la tendresse d’un père pour son fils Ernest, un couple au restaurant, l’hôtesse de l’hôtel, tout y est, c’est dense, précis, et en même temps, on rigole, non, on éclate de rire parfois (si, vous verrez, quand le copain pupuce se réveille, la nuit ! extraordinaire, non  ?), puis on attend, on craint aussi, on espère, on cherche à comprendre, mais où va-t-il, enfin, voyons, il va nous perdre dans son tunnel ! Et il y arrive, il nous trouble, on se laisse emporter par sa faconde, son style, son enquête, ses mots, un régal que je ne peux que vous conseiller. Et surtout ne faites pas comme moi, même si parfois on voudrait qu’il y ait un peu moins de pages, ne vous laissez pas impressionner par sa taille, allez-y, foncez, car le plaisir de le lire est totalement proportionnel au nombre de pages !

Et si ce roman ne reçoit aucun prix littéraire, alors là je n’y comprends rien, mais je suis certaine qu’il emportera la faveur de ses lecteurs. Et moi en fermant la dernière page, j’avoue, je n’étais pas loin d’aller me verser un petit whisky en allant relire tout le club des cinq.

💙💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Julliard

Un matin d’octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours : dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n’est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l’unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l’arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d’un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l’enquête abandonnée. Alors que l’opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s’exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du Salaire de la peur, écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.

Jamais le mystère du triple assassinat du château d’Escoire ne sera élucidé, laissant planer autour d’Henri Girard, jusqu’à la fin de sa vie (qui fut complexe, bouillonnante, exemplaire à bien des égards), un halo noir et sulfureux. Jamais, jusqu’à ce qu’un écrivain têtu et minutieux s’en mêle…

Un fait divers aussi diabolique, un personnage aussi ambigu qu’Henri Girard ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Enfilant le costume de l’inspecteur amateur (complètement loufoque, mais plus sagace qu’il n’y paraît), il s’est plongé dans les archives, a reconstitué l’enquête et déniché les indices les plus ténus pour nous livrer ce récit haletant dont l’issue pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans.

Parution : 17 Août 2017 / Format : 140 x 225 mm / Nombre de pages : 648 / Prix : 23,00 € / ISBN : 2-260-02939-6

Mangez-le si vous voulez, Jean Teulé

Découvrir Mangez-le si vous voulez, de Jean Teulé, un roman au sujet sérieux traité avec humour et de façon totalement décalée

Dans «mangez-le si vous voulez, l’auteur relate de sa plume inégalable un épisode de l’histoire que l’on souhaiterait ne jamais avoir existé. J’avoue que sa lecture est une bien étrange expérience. Ce roman a été mis en scène en 2014 mais je n’avais pas pu aller au théâtre voir son adaptation très contemporaine.

Nous sommes en août 1870 dans le village de Hautefaye, en Périgord. La France est en guerre contre la Prusse, les enfants du pays meurent au combat pendant que les jeunes privilégiés restent au pays. Alain de Monéys n’est pas de ceux-là, il part dans quelques jours se battre contre les prussiens. C’est jour de marché au village voisin et Alain veut régler quelques affaires avant son départ.

En cette journée d’été, la chaleur est écrasante, on sent confusément que tout peut arriver. Une phrase mal comprise, sortie du contexte, fait d’Alain le bouc émissaire d’une meute de villageois soudain déshumanisés. La violence, l’horreur, les coups vont s’enchaîner jusqu’à la torture, jusqu’à la mort du jeune de Monèys. Malgré tous leurs efforts, les amis du jeune homme, conscients du drame qui se déroule, sont impuissants à stopper son calvaire.

L’auteur déroule étape par étape ce moment où tout le village bascule dans l’horreur absolue, capable du pire, comme entrainé dans un élan par la foule, quand plus aucun raisonnement individuel n’est concevable. En quelques heures tout un village se déchaine, se change en bourreau, la haine se cristallise, les hommes perdent leur humanité et se transforment en bêtes sanguinaires. Ils sont unis en une meute qui ne sait plus ni penser ni comprendre, qui n’entend plus la raison, et qui s’enfonce au plus profond de la folie meurtrière. Puis vient le silence, chacun retrouve ses esprits, l’indicible apparait alors dans toute son horreur. Sur cet aspect-là, ce livre m’a d’ailleurs fait penser à celui de Philippe Claudel, le rapport de Brodeck.

Le procès punira quelques coupables, enfin, pas tous, « sinon il faudrait arrêter… six cent personnes. C’est un crime…pas ordinaire ». Le village portera longtemps les stigmates de cet épisode bien peu glorieux de son histoire. Même si l’issue en est connue, c’est un très court roman qui vous installe dans un état très inconfortable, à la limite de l’écœurement et du malaise, mais qu’on ne peut pas lâcher.

Catalogue éditeur : Pocket

Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.
Il arrive à destination à quatorze heures.
Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé.
Pourquoi une telle horreur est-elle possible ? Comment une foule paisible peut-elle être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare ?
Ce calvaire raconté étape par étape constitue l’une des anecdotes les plus honteuses de l’histoire du XIXe siècle en France

Parution : 2 Septembre 2010 / Nombre de pages 128 p / EAN : 9782266198462 / Éditions Julliard