50 nuances de Grecs. Jul & Charles Pépin

Quand deux auteurs revisitent allégrement la mythologie grecque, en y apportant une belle touche d’humour et une certaine dose d’exactitude.

Domi_C_Lire_50_nuances_de_grecs.jpgComment apprendre en s’amusant ? Dans 50 nuances de Grecs. Encyclopédie des mythes et des légendes les auteurs Jul & Charles Pépin  s’en donnent à cœur joie.

D’un côté, une page dessinée pour situer un contexte, de l’autre, un texte pour expliquer. En page de garde, une galerie de portraits, des Dieux, demi-Dieux, déesses de cet olympe largement moqué par les auteurs.

Ou comment redonner vie aux mythes anciens ? En leur donnant des airs très actuels, en prenant des exemples à la télé, dans les réseaux sociaux, l’actualité, qu’elle soit heureuse ou dramatique, personnelle ou internationale ; tout y passe et tout est bon pour donner envie et faire passer un message bien plus actuel qu’il n’y parait ; car enfin, si les grands mythes perdurent, n’est-ce pas parce qu’il ont prouvé leur éternelle réalité ?

C’est  à la fois plein de malice et assez sérieux pour qu’on ait envie de lire les textes ; ils sont également assez  conceptualisés pour les relier au présent et à notre modernité parfois de pacotille, mais bien réelle dans l’esprit des jeunes ; alors faire appel à leur cadre de vie pour leur parler d’Histoire, pourquoi pas !

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Catalogue éditeur : Dargaud

« 50 Nuances de Grecs » remet en scène les plus grands mythes de l’Antiquité grecque dans les situations les plus actuelles… Hercule à Acropôle-Emploi, Zeus chez son avocate pour négocier les pensions alimentaires, Icare lançant une compagnie aérienne low-cost ou le dieu Pan mis en examen pour ses liens avec un proxénète surnommé « Dionysos-la-Saumure »… : Retrouvez l’Olympe au grand complet, à travers notre héritage commun.

Avec leur œil malicieux et leur art du détournement, Jul et Pépin revisitent ce patrimoine mythologique, dans une encyclopédie drôle et savante, où défilent tous les travers de notre société !

Dessinateur :  Jul / Scénariste : Charles Pépin

Genre : Humour / Public : Ado-adulte – à partir de 16 ans / Pagination. 88 pages / Format. 225×298 / EAN. 9782205076073

 

Tyler Cross tome 3, Miami. Brüno, Nury, Croix.

Sous le soleil de Floride, qui prend ici des airs bien sombres, découvrir Tyler Cross avec le troisième opus de la série Tyler Cross, Miami.

DOmi_C_Lire_Tyler_crossCe bandit a les moyens pour faire parler les malfrats, il faut avouer qu’ils ont moins d’envergure que lui !

Des dessins tranchés, des visages secs et coupés à la serpe, une ambiance de film noir avec des airs terriblement modernes, une belle impression de lecture. Et ça commence fort avec la jolie dame coulée dans le béton des fondations du futur complexe Eden Blue – quand je vous dis qu’on est dans le plus pur film noir américain.

Tyler Cross vient à Miami récupérer l’argent qu’il avait confié à son avocat véreux Sid Kabikoff. Mais il apprend que Sid est en affaires avec un roi de l’immobilier, Loomis à qui il a confié le magot. Problème, Loomis est dans la M… avec un découvert fabuleux à renflouer vite, très vite. Quoi de mieux que d’acheter à bas prix l’ile de Crab Key, au milieu des Keys, et de la revendre avec bénéfice pour renflouer ses dettes ?  Une belle magouille en perspective et de quoi s’immerger dans un milieu pas vraiment net.

Pas de problème pour Tyler Cross, il va embobiner Shirley Axelrod la secrétaire de Loomis, en lui faisant avaler des couleuvres, et l’embaucher avec Tommy Ray, son petit ami un peu déglingué du ciboulot. Embauchée peut-être, mais pas folle la guêpe, elle ne tient pas trop à finir elle coulée dans le béton et elle apprend vite !

Dessinateur, coloriste, et dialogue sont en symbiose, avec du noir bien noir tant dans les dialogues que sur les planches, avec cette  référence évidente aux grands films noir des années 50/60. La plupart des planches sont en bandes allongées, donnant un certain équilibre à l’intrigue, des personnages en gros plan ou des actions rythment également le tout par des plans plus hauts, plus étroits. On voit défiler l’action, on entend les dialogues et la voix off très présente, de gros plans en scènes en plan larges qui se succèdent pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. C’est efficace, rythmé, maitrisé par les trois auteurs. Ah, n’allez pas chercher le sable fin et les belles couleurs lumineuses de Miami, apparemment elles n’entrent pas dans l’univers de Tyler Cross !

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Aux Quais du polar à Lyon, impressions sur l’exposition Tyler Cross, vue avant de lire la BD.

Au premier étage de la Bourse, une expo de planches de Tyler Cross nous plonge dans un univers graphique glauque à souhait. Miami sert de décor à une histoire sombre et ensanglantée.
Le dessin, très stylisé est résolument moderniste, sobre, épuré. Les plans se scindent comme dans un scénario de film entre plongée et contre-plongée. L’auteur privilégie le dessin, le style et l’harmonie stylistique des planches.

Chaque planche est présentée pour rendre un effet graphique d’ensemble. Nous sommes presque dans un tableau d’atelier d’artiste où le peintre reproduit les œuvres exposées au mur. Les dialogues ne semblent pas être du même tonneau, mais l’ensemble est une véritable réussite !

 


Catalogue éditeur : Dargaud

Nous avions quitté un Tyler Cross fatigué mais libre après son évasion du centre pénitentiaire d’Angola. Nous le retrouvons fringuant et en chemisette à fleurs sous le soleil de Floride. Entraîné malgré lui par son avocat véreux, Tyler s’immerge dans le monde poisseux de la promotion immobilière. Et se concentre sur un objectif alléchant : un braquage de 700 000 dollars. Dans cette nouvelle affaire criminelle, Tyler Cross rencontre une alliée surprenante en la personne de Shirley Axelrod, apparemment normale, mais qui apprend vite. Très vite.

Dessinateur : Brüno Scénariste : Fabien Nury Coloriste : Laurence Croix

Genre Polar / Thriller / Public Ado-adulte – à partir de 12 ans / 96 pages / Format : 240×320 / EAN : 9782205077032

 

Glenn Gould, une vie à contretemps. Sandrine Revel

Dans la BD « Glenn Gould, une vie à contretemps » éditée chez Dargaud, Sandrine Revel dévoile avec talent les sombres tourments de ce génie de la musique, à la fois pianiste, compositeur, écrivain, homme de radio et réalisateur canadien.

https://i0.wp.com/bdi.dlpdomain.com/album/9782205070903/couv/M320x500/glenn-gould-tome-1-glenn-gould-une-vie-a-contretemps.jpgSi je connais son nom et ai déjà écouté quelques-unes de ses interprétations, j’avoue que je ne m’étais jamais souciée de sa biographie. Glen Gould nait en 1932 au Canada et meurt le 4 octobre 1982 à Toronto. Quand commence la BD de Sandrine Revel, Glenn Gould vient d’avoir un AVC qui lui sera fatal. Depuis son lit d’hôpital, les souvenirs reviennent, les siens bien sûr, mais également les souvenirs de tous ceux qui l’entourent. Famille, professeur, parents, journalistes, tous ceux qui ont à un moment croisé la route de cet interprète exceptionnel et unique, tant par son talent que dans son comportement. Ses manies d’artiste, sa chaise qui grince mais qui lui correspond, son piano, sa façon de se tenir, de s’habiller, sa passion pour les animaux, sa singularité artistique innée, son éternelle solitude, sont décrits au fil des pages avec beaucoup de finesse malgré parfois la rudesse de certains traits.
En changement de couleur, sombres et froides ou d’avantage en teintes rouges et noires, de graphismes en contours carrés ou arrondis, multitude de variations de mains sur le piano, à l’infini, comme les interprétations de Glenn Gould, l’auteur nous transporte d’une époque à l’autre, de l’enfance aux premiers concerts, des leçons de piano aux tournées magistrales, des tensions et des peurs irraisonnées de l’enfance aux crises hypocondriaques de sa vie d’adulte, c’est un artiste complexe qui se dévoile. C’est étrange, coloré mais parfois sombre, couleurs d’hiver ou de souffrance, étonnante profusion de vignettes, comme des successions de gros plans, en particulier sur les mains de l’artiste, pour une plongée prenante dans cette vie d’un artiste accompli, insolite et prodigieuse en même temps. Un très beau roman graphique.

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Catalogue éditeur

La biographie dessinée d’un génie de la musique.
Glenn Gould, star planétaire de la musique classique, génie absolu et solitaire. Cette biographie retrace la vie du célèbre pianiste canadien pour tenter de comprendre sa personnalité cachée et en percer le mystère… Pourquoi a-t-il arrêté si brutalement sa carrière de concertiste ? Pourquoi est-il devenu une des premières figures de l’ère médiatique à vouloir disparaître ? Sandrine Revel met tout son talent au service de cette peinture magnifique d’un génie au mal-être tangible.

Dessinateur / Scénariste / Coloriste : Sandrine Revel
Pagination : 136 pages / Format : 210×280 / EAN : 9782205070903

Cruelle. Florence Dupré La Tour

Cruelle, de Florence Dupré Latour, c’est elle, Florence, enfant, et elle l’est vraiment ! Mais n’est-ce pas également le monde autour d’elle qui fait preuve parfois de cruauté ? Voilà une BD singulière et qui pose question.

De Paris à Buenos Aires, de la Champagne-Ardenne à Lyon, les années d’enfance de l’auteure sont portées par un réalisme en teinte sombre, comme ses dessins.
Les animaux se succèdent, cochon d’inde, poulet, oie, cochon, chien, et la cruauté des enfants est sans limite. Mais en contre point, celle des parents, des fermiers, des adultes, ne l’est pas moins. Du petit cochon qu’on adule à celui qu’on abat, du lapin tout doux à celui qu’on dépèce et qu’on mange, de l’oie en poussin à celle sur la table du dîner, du petit chien tout mignon qu’on adopte et qu’on caresse, au vieux chien qui pue un peu, que plus personne ne veut sortir le soir, et qu’on fait piquer, la frontière entre la cruauté enfantine gratuite et celle des adultes et de la vie est bien mince.

Assez déstabilisée dans un premier temps par le thème abordé, et par ces dessins essentiellement en dégradés de noirs, blancs, gris, j’avoue que la réflexion est bien plus profonde que ce que l’on peut penser de prime abord. L’histoire est ponctuée de questionnements sur la place de la femme, l’égalité, les traditions, la famille, le respect de l’autre, et bien d’autres choses à découvrir entre les lignes et les dessins.


Catalogue éditeur

Dessinateur, Scénariste, Coloriste : Dupré la Tour Florence
Avec Cruelle, Florence Dupré Latour commence une réflexion singulière sur l’identité.
Florence Dupré Latour raconte comment, de son enfance jusqu’à la fin de son adolescence, elle a torturé, mutilé, tué les petits animaux de compagnie qui lui passaient entre les mains. Version trash des Malheurs de Sophie, ce récit est stupéfiant, singulier et plein d’humour. L’auteure est cruelle mais nous renvoie à une vérité universelle : un bambin qui joue, c’est aussi un redoutable prédateur, un Attila ivre de conquêtes et de pouvoir, un savant fou prêt à toutes les expériences…Un album singulier et atypique.
logoPagination. 204 pages / Format. 170×240
EAN. 9782205073348

Les vieux fourneaux 3 celui qui part. Lupano. Cauuet

Dans « celui qui part », le tome 3 des vieux fourneaux, on retrouve avec plaisir les vieux râleurs aux répliques toujours tellement truculentes, et on en redemande.

Un tome 3 très attendu, où nous retrouvons Antoine et sa mauvaise humeur, Mimile et son traitement, et Pierrot qui utilise l’argent d’Ann Bony pour lutter avec son groupe « ni yeux, ni maitre » de façon héroïque et particulièrement originale pour la sauvegarde des abeilles. Où nous rencontrons aussi Errol, un ancien rugbyman éclopé et dépenaillé, la vengeance douce-amère de Berthe, une voisine abandonnée par tous, des combats écologiques menés avec des moyens d’arrière-garde mais qui sont pourtant tellement d’actualité. Et Sophie, prête à mettre les points sur le I et à taper sur la tête de ses sublimes anciens.

Bref, ce tome-là est un vrai régal, c’est enlevé, drôle et touchant, sincère et contestataire, j’ai vraiment aimé et retrouvé le plaisir du premier. J’ai déjà hâte de lire la suite.

Catalogue éditeur : Dargaud

Après deux albums en 2014, voici le troisième tome, très attendu, des Vieux Fourneaux ! Lupano et Cauuet se penchent cette fois sur le cas de Mimile, qui a passé sa vie à bourlinguer dans le Pacifique, entre bourre-pifs, rugby et amitiés au long court. Pirate un jour, pirate toujours ! En parallèle : Pierrot et son collectif « Ni Yeux Ni Maître » jouent les abeilles tueuses, et Sophie apprend qu’à la campagne, on ne prend pas ses oeufs de poule chez les vieilles chouettes. Bref, les « vieux fourneaux » sont de retour, pétant la forme ! Pagination : 64 pages / Format : 225×298 / EAN : 9782505063520