Le roman des Goscinny, naissance d’un gaulois, Catel

Anne et René Goscinny réunis par le trait de Catel dans un superbe roman graphique

Parce qu’elle aime le travail et la créativité de Catel, un jour Anne Goscinny lui propose d’écrire sur son père René Goscinny. Mais Catel aime les héroïnes et René est un homme. Pourtant, une bien belle idée va germer, Anne et René Goscinny réunis dans un même roman graphique, pour nous raconter chacun à son tour son histoire.

D’abord la naissance de René, le deuxième fils de Stanislas Goscinny et Anne Beresniak-Goscinny à Paris, puis son enfance à Buenos Aires en Argentine, né de parents juifs arrivés de Pologne, et dont la famille restée en France sera en grande partie déportée dans les camps. De cela, comme pour beaucoup d’hommes et de femmes de sa génération, René Goscinny ne parla jamais.

Depuis toujours attiré par le dessin, et par l’humour, lui l’excellent élève rêve d’un métier dans lequel il pourra se réaliser, être heureux et faire le bonheur des autres. Pas facile malgré tout de vivre du dessin, même s’il a déjà le trait sûr. La mort de son père viendra compliquer son avenir, il va devoir travailler avec sa mère pour que son frère puisse poursuivre ses études. De changements d’orientation en petits boulot, de l’argentine à New-York et Paris, d’un continent à l’autre, nous découvrons cet immense artiste, ses rencontres, ses intuitions, sa coopération avec les plus grands de son temps, car si au départ il s’oriente vers le dessin, très vite c’est dans l’écriture qu’il excelle, et c’est le scénariste qui s’impose, avec Uderzo bien sûr, mais aussi Morris ou Sempé, pour créer d’inoubliables personnages, Astérix, Lucky Luke ou même le petit Nicolas pour ne citer qu’eux.

On retrouve avec plaisir le trait de Catel, sa façon de présenter, les couleurs tranchées adaptées aux époques et personnages, mais aussi de nombreux dessins de Goscinny lui-même, particulièrement intéressants même si parfois pas facilement lisibles, en particulier pour les extraits de journaux. Un excellent moyen de découvrir l’homme qui se cachait sous l’artiste, le fils, puis le père, et la vie et la carrière de ce grand nom de la BD.

De Catel, on ne manquera pas de découvrir également le formidable Joséphine Baker dont je vous avais parlé ICI.

Catalogue éditeur : Grasset

Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet  album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié.

Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l’appui et l’amitié d’Anne Goscinny, à ce Roman des Goscinny – un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa  naissance, dans le Paris des années 20, au cœur d’une famille juive, exilée de Pologne et d’Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fui les pogroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L’enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire,  puis  l’écriture.

Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l’histoire,  entre l’Amérique et l’Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie,  lui le «  paresseux contrarié  », une partie de la famille meurt dans les camps d’extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d’Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi   le Petit Nicolas  avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et Iznogoud.

C’est aux portes du «  célèbre village gaulois  » que s’arrête le premier tome du «  Roman des Goscinny  » : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de «  René  » ; et ceux racontés par sa fille Anne  à son amie – donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.

Format : 162 x 220 mm / Pages : 344 / EAN : 9782246861003 / Prix : 24.00  / Parution : 28 Août 2019

The long and winding road. Ruben Pellejero. Christopher

The long and winding road nous embarque avec Ulysse et les potes de son défunt père à bord d’un mythique combi Volkswagen, dans un tour de France épique, jusqu’à l’Ile de Wight, pour une aventure à la recherche de son passé, de soi, de sa vie.

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A bord de son combi, Ulysse découvre des copains de son père absolument déjantés, et de fait un père totalement impénétrable et secret, ayant rêvé, aimé, souffert, espéré, regretté, mais au final vécu une vie de jeune homme et d’adulte qui lui est inconnue.

Et si finalement la quête de son père devenait la rencontre avec lui-même. Épaulé par les copains, tous plus décalés les uns que les autres, il remonte le temps et ira de découverte en découverte.
C’est charmant, parfois poétique et tout à fait passionnant, le lecteur ému remonte l’histoire sur des airs de rock. On embarque avec bonheur dans ce road trip qui a tout de la quête initiatique, porté par cette bande son totalement seventies qui accompagne le road trip de la folle équipe et qui ravira tous ceux qui l’auront écoutée tout au long de la lecture.
Le trait, légèrement naïf mais d’une grande fraicheur, nous entraine dans l’intimité de la famille et au cœur de l’amitié. Le changement de couleur nous transporte du présent au passé, de la jeunesse à l’âge d’homme, pour un confort de lecture qui permet de profiter pleinement de l’intrigue.
On referme cette BD avec comme une envie de faire un retour sur soi, de mieux se connaitre et de courir voir ses proches, quelques regrets aussi avouons-le de ne pas avoir cherché à mieux les comprendre ou à leur parler quand ils étaient encore là. De beaux personnages, un graphisme absolument magnifique, on est totalement fan de « The long and winding road ».

J’ai eu le grand plaisir de rencontrer les deux auteurs, Ruben Pellejero et Christopher, lors du lancement de cette BD, et de les entendre parler de ce travail qu’ils ont fait en commun, Comment Pellejero arrivait par exemple à dessiner les mots et les idées de Christopher pour qu’il sonnent plus juste, plus fort et plus intime à la fois. Une entente entre les deux artistes qui se sentait au-delà du simple travail en commun, un vrai plaisir. La BD fait 180 pages, un travail lourd et difficile qui ne se renouvellera pas tout de suite c’est évident, on le regretterait presque ! Mais on se souvient que Pellejero a repris la suite des Corto Maltese, voilà donc un projet qui occupe bien son temps forcément. Merci messieurs, pour le bonheur de la rencontre et pour celui que j’ai eu à la lecture de la BD.


Catalogue éditeur : Editions Kennes

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage » disait le poète. C’est pourtant sans joie que notre Ulysse entreprend le voyage posthume que lui propose son père. En guise de dernière volonté, celui-ci l’invite à répandre ses cendres sur l’île de Wight, en Angleterre, en suivant le même périple que lui lorsqu’il s’était rendu au mythique concert de 1970. Une odyssée rock qui avait changé le cours de sa vie. Et qui pourrait bien changer la sienne…
Sur une bande-son d’époque, au volant d’un combi Volkswagen hors d’âge et flanqué des trois compagnons de jeunesse de son père, tous plus barges les uns que les autres, Ulysse empruntera donc la route longue et sinueuse qu’ils avaient suivie quelques années plus tôt. Au-delà de la ligne blanche, Ulysse découvrira que son père n’était pas ce petit bourgeois étriqué pour qui il n’avait jamais eu grande estime. Et à travers lui, il comprendra mieux d’où il vient et qui il est vraiment. Un voyage intérieur d’une rare intensité !
Date de parution : 05/10/2016 / EAN : 9782875803160