Les après-midi d’hiver, Anna Zerbib

Revivre après le deuil, après l’hiver, après la passion, un premier roman sensible et singulier

Alors qu’elle vient de perdre sa mère, le jeune protagoniste de ce roman part à Montréal. Son amoureux va l’y rejoindre, un, puis deux hivers seront nécessaires pour faire son deuil et revenir à la vie. Elle rencontre incidemment Noah, un bel artiste solitaire, qui devient rapidement son amant. Elle va cultiver ce secret qui lui permet d’enfin vivre, être, aimer.

Peu à peu, elle nous entraîne dans ses pensées. Dans la relation ambiguë et compliquée qu’elle a eu avec cette mère à demi folle qui ne supportait pas de vivre et menaçait chaque hiver d’en finir avec cette vie qui l’épuisait. Avec le père meurtri mais mutique, qui l’attend sans s’expliquer, sans espérer, sans se révolter. Avec Samuel l’amoureux indispensable dont elle se lasse, Samuel silencieux qui attend qu’elle fasse le premier pas, qu’elle dise enfin ce qui ne va plus.

Et peu à peu la relation avec Noah prend toute la place. Le secret, le silence, les rendez-vous, les messages vite effacés, les souvenirs engrangés pour éclaircir les jours trop gris, Noah qui fuit la relation à deux et se veut éternellement célibataire. Car elle le sait, De lui je n’aurai rien de plus que son absence, et il faudra bien que cela lui suffise.

C’est un premier roman assez étonnant. Le lecteur entre dans son cœur, dans sa tête, à petit pas, tout doucement sans faire de bruit, comme si elle ne nous y avait pas invités mais qu’elle entrouvrait malgré tout la porte.

Elle mêle habilement le chagrin et la perte de la mère, l’incompréhension puis l’acceptation de sa différence, le besoin de s’éloigner de la famille, des amis, pour enfin revivre après les épreuves. Mais aussi la fin d’un amour et la découverte d’un autre, le goût du secret, le bonheur de n’être que deux à savoir. Enfin, la présence de l’art, sa beauté, son langage, grâce à Noah. Le tout dans un environnement et des habitudes éloignés de son cadre habituel, le froid intense et mordant de l’hiver québecois, la ville et ses rues désertes qui sont parties prenante de sa lente et malhabile reconstruction.

Et toujours ces carnets qu’elle noircit de ses impressions, sentiments, élans. La littérature et l’écriture comme une bouée de sauvetage, irremplaçable, indispensable. Ces secrets qu’elle y couche, elle aimerait qu’ils se dévoilent d’eux-même aux autres, il y a tout ce qu’elle voudrait dire sans jamais oser l’avouer. La langue est belle, le style poétique, fait d’envies, de silences, de désirs, de crainte, de secrets. Il y a aussi une profonde mélancolie dans ce texte qui exprime les sentiments et les passions, et sous-jacent, l’espoir de s’en sortir, après l’hiver, après le froid.

Un roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : Gallimard

«C’était l’hiver après celui de la mort de ma mère, c’est-à-dire mon deuxième hiver à Montréal. J’ai rencontré Noah et j’ai eu ce secret. Tout s’est produit pour moi hors du temps réglementaire de la perte de sens. Longtemps après les premières phases critiques du deuil, que j’ai bien étudiées sur Internet. Les événements se sont déroulés dans cet ordre, de cela je suis sûre. Pour le secret, je ne suis pas certaine, il était peut-être là avant, un secret sans personne dedans.»

Dans ce roman vibrant d’émotion, Anna Zerbib fait l’autopsie d’une obsession amoureuse où le désir, les fantasmes et les petits arrangements avec le réel sont autant de ruses pour peupler l’absence, en attendant les beaux jours.

Parution : 12-03-2020 / 176 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782072893629 / 16,50 €

Over the rainbow, Constance Joly

Quand l’intime rejoint l’universel, le magnifique hommage d’une fille à son père

Un livre pour dire l’amour d’une fille pour son père, pour dire la liberté et la difficulté d’être soi dans un monde qui ne vous comprend pas et ne vous accepte pas tel que vous êtes, pour dire la force d’un homme qui décide enfin de vivre la vie pour laquelle il est fait, envers et contre tous.

À la fin des années 60, Jacques le père de Constance quitte Nice et sa vie de couple avec Lucie. Il part vivre à Paris la vie pour laquelle il est fait depuis toujours, mais qu’il n’avait sans doute pas réussi à accepter avant. Le vent de liberté qui souffle en mai 68 a-t-il aidé, ou est-ce la rencontre avec Ivan qui lui montre où est sa vraie place ? Toujours est-il qu’il accepte enfin de se reconnaître homosexuel à une époque où c »était encore un crime ou une maladie qu’il fallait combattre.

La relation avec son ex femme, cette amoureuse meurtrie d’avoir été abandonnée, est d’abord compliquée, puis s’apaisera et deviendra plus sereine au fil du temps. Mais toujours le père saura s’occuper de sa fille, les week-ends, les vacances, l’éducation pas toujours facile à mesure que les enfants deviennent des ados. et la fillette, puis l’adolescente, trouve sa place au sein du couple qu’il compose avec Ivan.

Il est solaire ce père, à la fois artiste, amoureux, séducteur, passionné, professeur d’italien, amateur de théâtre et d’opéra, d’art, de belles choses, mort à cinquante quatre ans d’avoir eu le courage d’être enfin lui-même, de vivre, et de ce que certains appelaient alors le cancer des homosexuels.

Car après les années bonheur viendront les années 90, les années sida, terribles faucheuses de vies souvent regardées par les bien-pensants avec un dédain affligeant. Cette maladie sournoise est souvent tue par ceux que la contractent, surtout dans ces années-là. Elle est synonyme de différence, puisqu’elle touche en particulier le milieu des homosexuels. Elle est d’abord mal soignée, car méconnue de la médecine. Et si aujourd’hui on en meurt moins, elle est toujours présente et fait toujours des ravages.

L’auteur écrit pour dire ce père aimant, ce père présent, ses incompréhensions sans doute à certains moments, quand les ados préfèrent les vacances avec les copains à celles avec les parents. Mais aussi peut-être le regret de n’avoir pas vécu ces moments où ils auraient pu se retrouver et qui sont perdus à jamais.

C’est surtout un texte d’amour, d’empathie, de reconnaissance pour la vie donnée. C’est le livre des regrets, de l’absence, des silences que l’on aimerait combler, des mots que l’on voudrait dire, des regards que l’on ne peut plus poser sur l’autre, sur ce père qui forcément manque tant.

C’est beau comme l’amour d’une fille pour son père, d’un père pour sa fille, lumineux comme sait l’être la vie et sombre parfois comme le sont la maladie et la mort. On ressort de cette lecture bouleversé, ému, avec l’envie de les prendre tous les deux dans nos bras et de les remercier de vivre et d’aimer aussi fort, aussi bien, aussi vrai. Merci Constance Joly de nous avoir emmené avec autant de sensibilité, de justesse et de poésie Over the rainbow à la rencontre de Jacques, cet homme que j’ai presque l’impression d’avoir connu.

Un roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : Flammarion

Celle qui raconte cette histoire, c’est sa fille, Constance. Le père, c’est Jacques, jeune professeur d’italien passionné, qui aime l’opéra, la littérature et les antiquaires. Ce qu’il trouve en fuyant Nice en 1968 pour se mêler à l’effervescence parisienne, c’est la force d’être enfin lui-même, de se laisser aller à son désir pour les hommes. Il est parmi les premiers à mourir du sida au début des années 1990, elle est l’une des premières enfants à vivre en partie avec un couple d’hommes.
Over the Rainbow est le roman d’un amour lointain mais toujours fiévreux, l’amour d’une fille grandie qui saisit de quel bois elle est faite : du bois de la liberté, celui d’être soi contre vents et marées.

Constance Joly travaille dans l’édition depuis une vingtaine d’années et vit en région parisienne. Le matin est un tigre, son premier roman (Flammarion, 2019), a été très bien accueilli par la critique et les libraires.

Paru le 06/01/2021 / 192 pages – 136 x 210 mm / ISBN : 9782081518650 / 17,00

Les lettres d’Esther, Cécile Pivot

Petit éloge de la lenteur et du regard porté à l’autre

Esther, libraire à Lille, organise un atelier d’écriture épistolaire. Les lettres, elle connaît bien, car elle en a rédigé des milliers qu’elle a échangé avec son père, un auteur connu qui vivait à quelques rues de chez elle.
Des lettres comme un pont, une porte ouverte entre eux, ces mots couchés sur ce papier qui permet de dire tout ce que l’on ne peut échanger par la parole. Manque de temps, mauvais moment, pas la bonne attitude, qu’importe les raisons, les mots dits ne sont pas les mots écrits, n’ont pas la même pondération, la même portée sur celui qui les émets comme celui qui les reçoit.

Dans cet atelier d’écriture, les participants ont tous les âges, tous les passés et tous un avenir, mais ils sont à un croisement de leur vie. Et cet échange aussi bouleversant que sincère et ouvert, va aider chacun à avancer.

On y trouve Juliette et Nicolas, un couple qui se déchire depuis la naissance de leur fille. Juliette ne se sent absolument pas mère et les angoisses causées par la naissance de sa fille vont peut-être briser son couple. Nicolas essaie de tenir, d’élever sa fille dans l’amour de cette mère en pleine dépression post-partum qui tente de mettre des mots sur le mal qui la ronge. Samuel, un adolescent qui cherche sa place dans sa famille anéantie par le décès de son frère mort d’un cancer, mais aussi Jeanne, une dame âgée veuve qui n’en peut plus de sa solitude. Et enfin Jean, un homme d’affaires hyper actif qui semble avoir perdu le goût des affaires, et cherche sans doute à donner un nouvel élan à son existence.

À travers les exercices donnés par Esther, chacun avance à petit pas sur le chemin du mieux-être. Ce regard posé sur eux-mêmes, ces pensées intimes qu’ils s’avouent puis dévoilent, sont aussi des moyens de progresser vers une introspection thérapeutique et salvatrice.

Petit éloge de la lenteur, de la pensée structurée, du regard porté à l’autre. Il y a beaucoup de sincérité et de douceur, un brin de nostalgie peut-être, et un grand bonheur à se poser, loin de l’immédiateté de notre monde en perpétuel mouvement, où chacun réagit à la seconde sans prendre le temps de vivre réellement avec cet autre que l’on côtoie trop souvent sans même le regarder ni l’écouter.

J’ai beaucoup aimé ce roman empreint d’humanité et de sincérité. J’apprécie également l’écriture de Cécile Pivot que je découvre avec « Les lettres d’Esther ».

On ne manquera pas de lire également les chroniques des blogs Les livres de K79, Doucettement et Encres vagabondes

Catalogue éditeur : Calmann-Levy

« Cet atelier était leur bouée de sauvetage. Il allait les sauver de l’incompréhension d’un deuil qu’ils ne faisaient pas, d’une vie à l’arrêt, d’un amour mis à mal. Quand j’en ai pris conscience, il était trop tard, j’étais déjà plongée dans l’intimité et l’histoire de chacun d’eux. »

En souvenir de son père, Esther, une libraire du nord de la France, ouvre un atelier d’écriture épistolaire. Ses cinq élèves composent un équipage hétéroclite : une vieille dame isolée, un couple confronté à une sévère dépression post-partum, un homme d’affaires en quête de sens et un adolescent perdu.
À travers leurs lettres, des liens se nouent, des cœurs s’ouvrent. L’exercice littéraire se transforme peu à peu en une leçon de vie dont tous les participants sortiront transformés.
Roman initiatique, pétri de tendresse et d’humanité, ces Lettres sont un éloge de la lenteur, une ode au pouvoir des mots.

EAN : 9782702169070 / Prix : 19.50 € / Pages : 320 / 135 x 215 mm / Parution : 19/08/2020 / EAN numérique : 9782702169452 / Prix Numérique : 13.99 €

Une Rose seule, Muriel Barbery

Une renaissance, un deuil, une fille, un père, et tout le charme du japon à travers temples et jardins

Rose part à Kyoto à la suite de l’appel d’un notaire. Sa présence est requise sur place par Haru, son père marchand d’art qui vient de décéder. Rose, quadra, célibataire sans enfants, botaniste, embarque pour un voyage à la rencontre de celui qu’elle n’a jamais connu. Élevée en partie par Paule, sa grand-mère décédée depuis peu, sa mère est également décédée sans jamais lui avoir donné les clés du mystère de sa naissance.

A Kyoto elle est accueillie par Paul, le bras droit de Haru, et par Syoko son intendante.

Temples, restaurants, thé du matin devant l’érable qui pousse au milieu de la maison, silence, regards aimants et amis, interrogateurs et complices, vont ponctuer ce séjour pour le moins dépaysant. La nature qui l’entoure, les camélias, pivoines, lilas, ces fleurs chaque jour renouvelées dans des bouquets si évocateurs, les poèmes, les jardins à la beauté sobre et minérale, sont là pour lui passer un message d’amour, de sérénité, de bonheur à venir.

Le lecteur la voit évoluer, marcher doucement sur les tatamis, se laisser apprivoiser par le bruit du vent dans les feuilles de l’érable, goûter au thé Macha, se rebeller et se révolter aussi, rendue agressive par la colère qui l’habite, les questionnements, les doutes, les absences. Bière et saqué, fleurs et jardins, temples et paysages auront-il raison de sa rébellion ? Paul peut-il lui faire comprendre l’immensité de l’amour de ce père, esthète et poète, disparu sans l’avoir connue ?

Au départ Rose est bien peu attachante, sa rébellion, sa colère, son manque d’empathie en font un personnage à priori peu engageant. Pourtant elle va s’ouvrir peu à peu à la beauté et à l’amour donné par ce père que l’on comprend malgré l’absence. L’écriture sobre et concise, les descriptions des temples et de leurs jardins, la nature et les fleurs, les coutumes, le cérémonie du thé, procurent au lecteur un réel sentiment de sérénité.

Les chapitres sont ponctués de courts extraits de textes ou de haïkus en particulier ceux du poète japonais Issa Kobayashi (Kobayashi Issa 1763-1828 ou Issa « (tasse de) thé »).

Pour qui aime le Japon, on ne manquera pas de lire le beau roman d’Amanda Sthers Lettre d’amour sans le dire. Mais aussi les romans de Aki Shimasaki également publiés chez Actes Sud.

Catalogue éditeur : Actes Sud

Rose arrive au Japon pour la première fois. Son père, qu’elle n’a jamais connu, est mort en laissant une lettre à son intention, et l’idée lui semble assez improbable pour qu’elle entreprenne, à l’appel d’un notaire, un si lointain voyage.
Accueillie à Kyōto, elle est conduite dans la demeure de celui qui fut, lui dit-on, un marchand d’art contemporain. Et dans cette proximité soudaine avec un passé confisqué, la jeune femme ressent tout d’abord amertume et colère. Mais Kyōto l’apprivoise et, chaque jour, guidée par Paul, l’assistant de son père, elle est invitée à découvrir une étrange cartographie, un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres qui vont l’amener aux confins d’elle-même.

Ce livre est celui de la métamorphose d’une femme placée au cœur du paysage des origines, dans un voyage qui l’emporte jusqu’à cet endroit unique où se produisent parfois les véritables histoires d’amour.

Muriel Barbery est née en 1969. Une rose seule est son cinquième roman, après Une gourmandise (2000), L’Élégance du hérisson (2006), La Vie des elfes (2015) et Un étrange pays (2019) parus aux éditions Gallimard.

août, 2020 / 11.50 x 21.70 cm / 158 pages / ISBN : 978-2-330-13922-3 / Prix indicatif : 17.50€

Rosa Dolorosa, Caroline Dorka-Fenech

L’amour d’une mère, aveuglant et inconditionnel

Ils se promènent dans le vieux Nice. Rosa et Lino, la mère et le fils, sont inséparables depuis toujours. Surtout depuis qu’elle a chassé le père. Elle veille comme une louve sur sa merveille. Même si parfois Lino se perd dans l’alcool des nuits entières et a quelques accès de violence.

Ensemble, ils ont un rêve. Quitter le restaurant Le petit soleil et rénover un hôtel dans le quartier. Les plans sont faits, ne manquent que les financements. Avec l’aide de Marc, son ami de cœur, et grâce à son dynamisme et sa fougue Rosa séduit les investisseurs potentiels. Le rêve est enfin à leur portée. Lino le plongeur amoureux de la mer sait déjà qu’il installera dans le hall de leur hôtel trois-étoiles un immense aquarium rempli de méduses.

Mais c’est sans compter sur un événement dramatique, une mort inexplicable et l’arrestation au petit matin de Lino, le fils chéri.

Cette mère passionnée le sait, son fils est innocent ; alors elle doit tout faire pour le faire sortir de prison. La bataille ne fait que commencer pour cette mère inquiète et malade, mais surtout combative et pugnace. Rien ne peut l’arrêter. Pas même les doutes, les questionnements de son entourage, les affirmations des enquêteurs.

L’auteur déroule ici un scénario aussi plausible que tragique. C’est un étonnant questionnement sur le vrai rôle d’une mère, sur la connaissance que les parents ont de leurs enfants, sur le silence et l’éducation, la confiance et le partage, l’amour maternel incandescent et aveuglant. L’obstination d’une mère, ses sentiments les plus profonds, son assurance et son jusque-boutisme sont maîtrisés, pesés et réalistes jusque dans leur folle concrétisation.

L’amour absolu, la confiance, le désespoir dont elle fait preuve prennent le lecteur dans leurs filets pour l’amener vers un dénouement aussi dramatique qu’inéluctable. Un roman bouleversant que l’on ne lâche pas avant d’avoir tourné la dernière page.

Catalogue éditeur : éditions de La Martinière

Un premier roman magnétique, sombre et lumineux, dont l’héroïne rappelle la Gloria de John Cassavetes et la Mamma Roma de Pasolini. Nourri d’images organiques, charnelles, poétiques, ce livre retrace le parcours d’une mater dolorosa prise dans une quête obsédante et dévorante pour prouver l’innocence de son fils.

« Elles étaient au nombre de douze. Douze méduses qui plongèrent parmi les bulles éclairées au néon dans l’aquarium. Leurs tentacules flottant comme des fourreaux de fantômes. »

Dans les rues serpentines du Vieux-Nice, Rosa déambule au bras de son fils, Lino. Ensemble ils rêvent de posséder un hôtel dans lequel un immense aquarium accueillerait des méduses. À peine dix-neuf ans d’écart, ils forment un duo inséparable. Jusqu’au jour où Lino est arrêté et emprisonné pour le meurtre d’un enfant.
Pour Rosa, l’innocence de son fils est incontestable. Dans un ballet d’images charnelles, poétiques, la mater dolorosa se lance dans une quête sublime et dévorante. Mais jusqu’où l’amour maternel peut-il conduire ?

Née en 1975, Caroline Dorka-Fenech, diplômée de lettres modernes et de l’Atelier scénario de la FEMIS, a travaillé comme lectrice de scénarios, script doctor et enseignante. Rosa dolorosa, son premier roman, est le fruit d’un travail de dix ans.

27 août 2020 / 130 x 205 mm / 288 pages / ISBN : 9782732494258

La cuillère, Dany Héricourt

à la recherche du père, une quête initiatique loufoque et sensible

La famille de Seren gère l’hôtel des Craves au Pays de Galles. Ses grands-parents, sa mère, ses demi-frères et Peter son père, chacun y a son utilité et ses fonctions. Tout semble aller au mieux jusqu’au décès soudain du père dont la dernière phrase restera à jamais « Je file indubitablement vers l’âge où l’on dort en chaussettes ».

Dans la chambre où repose le défunt, le moment de sidération passé, Seren est obnubilée par une cuillère d’argent posée sur sa table de nuit. D’où vient cet objet brillant, ciselé, inconnu ?

Seren se rêve artiste, qu’à cela ne tienne, elle dessine sans fin ladite cuillère, puis décide de découvrir sa provenance. La question devient rapidement obsessionnelle, Seren n’a qu’un issue, tenter d’en trouver l’origine pour déchiffrer cette énigme qui la perturbe. Il semble bien qu’elle doive pour cela traverser la manche, car l’argenterie, les gravures, les dessins sont caractéristiques d’une époque et typiques des possessions de la bourgeoisie française.

Seren embarque le temps d’un été dans la Volvo de son père. Les fesses posées sur les sièges usés de sa vieille voiture, elle part jusque dans le Morvan, puis en Bourgogne, à sa rencontre… Une fuite pour se retrouver, pour accepter la perte d’un père, le chagrin de l’absence ?

Car c’est bien son père qu’elle va tenter de comprendre et sans doute de mieux connaître, à travers cette quête aussi loufoque qu’indispensable. De château en château, de rencontre en déception, d’espoir en surprise, la joie mais aussi le deuil sont peut-être au bout du chemin.

Forte d’une double culture, d’un humour et d’une plume aussi divertissante qu’émouvante, Dany Héricourt nous fait aimer cette jeune femme partie à la recherche du père. Un roman bien plus profond qu’il n’y paraît de prime abord, une lecture réjouissante, originale et émouvante.

Dany Héricourt, les Correspondances de Manosque

Catalogue éditeur : Liana Levi

L’objet brillant est sagement posé sur la table de nuit. Seren devrait prêter attention à son père, étendu sous le drap: sa mort vient de les surprendre tous, elle et ses frères, sa mère et ses grands-parents, mais c’est la cuillère en argent ciselée qui la retient: elle ne l’a jamais vue dans la vaisselle de l’hôtel que gère sa famille au Pays de Galles. À l’aube de ses dix-huit ans, la jeune fille pourrait sombrer, mais les circonstances aiguisent sa curiosité. L’énigme que recèle l’objet, avec son inscription incisée, la transporte. Elle se met à dessiner passionnément (la cuillère) et à observer toute chose de son regard décalé. Un premier indice sur sa provenance la décide à traverser la Manche, à débarquer en France et, au volant de la Volvo paternelle, à rouler. La cuillère pour boussole.
Beaucoup d’égarement, une bonne dose d’autodérision et un soupçon de folie l’aideront, dans son road-trip loufoque, à se confronter à ce peuple étrange qui confond Gallois et Gaulois, avant de découvrir en Bourgogne un château chargé d’histoire(s).

Date de parution : 27 août 2020 / 240 pages / ISBN : 9791034903146 Prix : 19,00 € / Version numérique prix : 14,99 € ISBN ePub : 9791034903153

Carnaval, Hector Mathis

Un roman de l’urgence, sombre et caustique sur l’adolescence et le temps qui passe

Avec Carnaval, Hector Mathis nous plonge immédiatement dans la suite de K.O, ce premier roman qui l’avait révélé en 2018. Le personnage principal, Sitam, verlan ou palindrome quasi parfait du nom de l’auteur, continue ses pérégrinations et porte en lui un sentiment d’urgence qui transparait dans chacun de ses mots.

Il avait fui ses amis et surtout Capucine à la suite de la déroutante découverte de la maladie grave qui le frappait, la sclérose en plaque. Sur le même rythme, soutenu, haché, vif, direct, au style parlé dynamique et exalté, il parcourt à nouveau la route et tente de retrouver cette Capu qui lui manque tant. Mais encore faudrait-il la localiser, et qu’elle veuille encore de lui.

Le chemin pour la retrouver n’a rien d’un fleuve tranquille, d’autant qu’entre temps il apprend le décès d’un de ses inséparables amis d’enfance. C’est alors le retour obligé vers la banlieue grise de l’enfance. Il part avec un de ses amis pour assister aux obsèques. Les souvenirs affluent alors, en vrac, vivants, bruyants, mouvementés, colorés, gais et tristes, qu’importe. Ils sont là pour rappeler ces années où les amis ont été présents, l’avenir était ouvert, la vie s’annonçait belle malgré les bêtises, les incartades, la soif de découvertes, les quatre-cent coups faits par les adolescents d’hier. Aujourd’hui, l’avenir est sombre, la situation triste, et Capu n’apparait toujours pas. Fort de cette quête, il avance sur le difficile chemin de l’acceptation de cette maladie lourdement invalidante et sournoise.

Un roman à l’écriture aussi étonnante que le premier, sombre et caustique, parfois triste, souvent mordant et joyeux. Qui se lit quasi sans respirer, dans l’urgence absolue. Réaliste et pessimiste aussi, mais pourtant au bout du chemin apparait peut-être une lumière.

Roman lu dans le cadre du jury du Prix littéraire de la Vocation 2020

Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

Lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable, Sitam quitte tous ceux qui partageaient son existence. Quelques mois plus tard, conscient de son erreur, il cherche à retrouver sa compagne. Mais après de multiples tentatives infructueuses, il se résigne à mener une vie solitaire. Alors qu’il semble abandonner tout espoir, un coup de fil de son vieil ami Benji l’oblige à quitter Paris pour revenir dans sa banlieue natale : la grisâtre. Un des leurs est mort. Il faut l’enterrer.

Ce voyage en banlieue replonge Sitam dans le passé et son enfance. Ils étaient un groupe de copains qui ont grandi entre la déconne, les problèmes d’argent et une soif immodérée d’aventure. Sitam retrouve ses anciens compères, s’aperçoit de l’attraction qu’exerce sur eux la banlieue et de la dureté de l’existence qui s’est imposée à eux.

Parution : 20/08/2020 / Format : 13×19 cm, 224 p., 16,00 € / ISBN 978-2-283-03225-1

Les choix secrets, Hervé Bel

Un portrait d’une femme qui interroge sur les choix d’une vie

A une époque où les filles écoutaient leurs parents pour le choix d’un époux Marie a décidé seule qu’elle convolerait en justes noces avec André. Ce bel homme qu’elle observait de loin lui semblait porteur de promesses. Marie, fille du commandant Cavignaux, expatrié en Indochine puis revenu au pays auréolé d’une gloire locale. Marie consciente de sa valeur, bien supérieure à celle des autres filles du village. A quatre-vingt ans passés, André son mari depuis soixante ans est toujours à ses côtés, fade, insignifiant, effacé, malade.

Une tuile du toit est tombée dans la nuit, il faut appeler le petit cousin Roger à la rescousse. Mais il va entrer dans la grande maison de famille, froide, à l’abandon, comme tout dans la vie de Marie, comme elle-même. Ce matin-là André souffre, il a passé une nuit horrible mais elle ne veut pas de médecin chez elle. Certaine qu’il veut lui faire honte, qu’il fait forcément semblant, Marie se mure dans son mépris pour cet époux malade, sa rancœur d’une vie qu’il ne lui a pas offerte, sa jalousie du bonheur des autres. Elle s’obstine à ne rien voir, n’accepte pas la vérité.

Et avec le jour s’égrènent les souvenirs de 80 ans de vie. La jeunesse au village, le choix d’épouser André envers et contre tous, l’Indochine et le séduisant Hervé Perrot, qui lui fait la cour, un soupirant à sa mesure, promesse d’une vie meilleure. Elle hésite longtemps mais finalement ce sera le retour au pays, seule, pour épouser celui qu’elle s’est choisi. Marie est séduisante. C’est une belle femme qui aime s’habiller, sortir, recevoir pour le thé. Son instituteur de mari s’avérera sans ambition, puisqu’il n’aura même pas celle de devenir directeur d’école. Il lui aura tout fait subir cet homme qui n’a aucune envergure. Ils auront deux fils, l’un brillant qui disparait si jeune, l’autre qu’elle peine à aimer. Puis ce sont les années de solitude, le chagrin de la perte et du deuil, d’un père, d’un fils. La vie est dure, en tout cas elle se complaît à le penser. Marie est exigeante, austère, méchante, égoïste, et pourtant elle a vécu tant d’années aux côtés d’André.

Cette femme singulière, égoïste, perpétuellement insatisfaite, embourbée dans sa crasse et ses ressentiments est terriblement dérangeante dans sa façon d’être. Jusqu’au bout, elle reste avec ce mari qu’elle a choisi, pourtant elle sait que ses choix n’ont pas forcément été les bons, que sa vie n’est pas celle dont elle a rêvé. Il est aussi difficile de s’y attacher que de la laisser et de refermer cet étrange roman. Car l’auteur interroge sur nos choix de vie, sur ces années qui passent, inéluctablement, cette jeunesse qui s’enfuit et que l’on ne pourra jamais retrouver.

Roman lu dans le cadre des 68 premières fois, session anniversaire 2020

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Il n’y a plus que la cuisine et le mari, le ciel gris derrière la mousseline des rideaux et ce présent dont il faut bien se contenter. Le temps n’a fait que traverser son corps. Il est passé, la laissant inchangée dans sa façon d’appréhender les choses et les gens. H. B.

Marie est une vieille femme qui ne veut pas être dérangée. Elle souhaite que chaque chose soit à sa place, que chaque jour s’écoule comme la veille, sans imprévu, sans douleur, afin qu’elle puisse contempler tout ce que la vie lui a permis d’accumuler : les objets, les photos, les souvenirs. Aujourd’hui cette vie sans histoires lui convient. Avant, elle brûlait de vivre, elle cherchait la passion et les drames, la souffrance – la sienne et celle des autres. Elle s’est mariée, a eu deux enfants, a hérité de la maison de ses parents, mais a-t-elle vécu ? Un roman ambitieux qui offre un portrait de femme intime et dérangeant.

Prix : 7,10€ / 336 pages / Parution : 03/12/2014 / EAN : 9782253174912 / Éditeur d’origine : JC Lattès

Le temps découvre la liberté, Mathieu Terence

Retrouver la vie à travers la beauté et l’art, émouvant essai sur Le Bernin, artiste majeur du XVIIe siècle

Cet essai de Mathieu Terence est un étonnant mélange de genre, à la fois carnet de route, pensées personnelles, retour à la vie, puis ode à la beauté de ce magnifique artiste qu’était Le Bernin et dont on admire de très nombreuses œuvres à Rome.

Mathieu Terence choisi en particulier « Le temps découvre la liberté » réalisée par l’artiste en 1646 et qui donne son titre à ce livre. A la suite d’un deuil, l’auteur se penche sur cette œuvre précise du Bernin à un moment où il est enclin à penser que le temps et la vérité sont consubstantiels… Il lui faut du temps, mais la vérité finit toujours par l’emporter. Ce sera aussi pour lui un retour à la vie, après la perte de l’être aimé. L’art sauveur des âmes en peine, l’art source de sérénité, l’art conquérant, l’art réparateur.

A la fois poète et rêveur, historien et écrivain, passionné et philosophe, l’auteur nous entraîne dans ses pensées et nous fait découvrir de façon tout à fait originale et très personnelle la vie et les œuvres du Bernin. Ce grand maître de l’art baroque était à la fois sculpteur, architecte (qui ne connaît pas la place de Saint Pierre de Rome en particulier) et peintre. Son œuvre a traversé les siècles, et Mathieu Terence nous la rappelle ici à travers ces courts chapitres qui ponctuent son voyage dans le temps et l’espace.

Du même auteur, retrouvez également ma chronique du roman Le talisman

Catalogue éditeur : Grasset

En 1646, Le Bernin dessine une esquisse intitulée Le Temps découvre la Vérité. Trois siècles plus tard, Mathieu Terence part à la rencontre de cette œuvre et de son auteur, grand maître de l’art baroque, sculpteur, architecte et peintre italien, dont l’œuvre énergique traverse les siècles pour nous parler d’aujourd’hui. Ni biographie, ni essai d’art, ce récit composé de courts chapitres retrace, au galop, les soixante-dix ans d’activité du Cavalier pour nous donner à voir et à comprendre la fougue et l’esprit d’un artiste qui célèbre le divin en offrant à toutes et à tous des œuvres ivres de force et de volupté. Manifeste contre un monde uniforme, hymne à l’exubérance et au courage, carnet de voyage dans le temps, réflexion sur la vérité à l’heure où le règne du Faux ne cesse de s’étendre, ce livre est, aussi, le témoignage d’un retour à la vie après la mort de l’aimée. Profondément singulier, il est tout entier taillé comme une sculpture baroque.

Mathieu Terence auteur d’essais, de romans, et de poésies nous livre ici un texte libérateur, et contagieux qui contribue à affirmer encore son éclectisme.

Parution : 5 Février 2020 / 130 x 205 mm / Pages : 144 / EAN : 9782246823230  Prix : 16.00€ / EAN numérique : 9782246823247 Prix numérique : 10.99€

Il est juste que les forts soient frappés, Thibault Bérard

Quand la réalité dépasse la fiction et qu’une expérience douloureuse devient un sublime témoignage de vie et d’amour, un roman à découvrir absolument

Ce livre est un véritable concentré d’émotion. Triste, étonnant, vivant, il parle de maladie et de passion, de mort et de naissance, d’accouchement et de scanner, de vacances et de chambre d’hôpital.

C’est le roman de Sarah, l’amoureuse de Théo, la maman de Simon et Camille, Sarah, morte à 42 ans d’un cancer. Elle nous parle de lui, d’elle, d’eux, de ses petits aussi, elle nous parle depuis cet au-delà que l’on n’imagine pas, ces limbes dans lesquelles errent ces morts que l’on a tant aimé et que par la force de nos pensées, on ne peut pas laisser partir vers cet ailleurs inconnu et mystérieusement angoissant.

Lorsque Sarah et Théo se rencontrent, la relation semble improbable entre ce jeune homme et cette punkette contestataire plus âgée que lui. Pourtant, très vite, entre le Moineau et le Lutin, c’est l’amour fou, léger, romantique, puissant. Les petits bonheurs de chaque jour, l’avenir qui leur sourit. Mais c’est compter sans la fatalité, sans cette maladie qui vient leur couper les ailes, ce cancer violent et dévastateur qui s’invite pendant la seconde grossesse de Sarah. Ce sera aussi la lutte, l’énergie du désespoir pour gagner des jours, des mois, des heures, face à ce crabe qui ne lâche rien. Car de couple heureux, lutin et Moineau deviennent un couple extra-ordinaire dans tout ce que cela représente, devenir des super-héros pour se battes, gagner contre la maladie, se soutenir l’un l’autre, lutter ensemble dans cette épreuve qui les soude mais qui peut aussi les détruire tant c’est difficile.

Ah, me direz-vous alors, ce roman est triste, démoralisant, etc. Mais non, en fait, malgré la mort inéluctable, malgré la lutte contre la maladie, la tristesse, le chagrin, voilà un livre particulièrement lumineux. Il a tout pour lui ce premier roman, l’amour, la gaité, la joie même, le couple, les enfants, l’espoir, le chagrin, la tristesse, la fin inéluctable. Et à chaque page éclate la vie, celle des enfants, celle d’avant et celle d’après, qu’il faudra vivre car on continue, car le soleil se lève encore et que chaque jour apporte son lot de satisfactions même au milieu de tant de souffrance. Et bien sûr, on ne peut qu’être bouleversés par cet émouvant message que l’auteur adresse ici à ses enfants, lui qui a vécu de l’intérieur tout ce que nous raconte sa Sarah.

Bien sûr il y a aussi ces moments douloureux à l’extrême, surtout oserais-je dire lorsque l’on a soi-même accompagné quelqu’un aux frontières de la mort, lors de ce passage parfois si délicat. Ici les scènes terriblement humaines et réalistes portent une souffrance et une vérité parfois difficile à lire, mais les mots de l’auteur et la voix de Sarah qui évoque son propre départ, subliment en quelque sorte ce moment-là. Et si Thibault Bérard avait raison, s’il fallait laisser partir ceux que l’on a tant aimés, pour qu’ils puissent enfin atteindre la sérénité dans cet au-delà inconcevable.

Lisez, osez, et sachez qu’on ne sort pas indemne de cette lecture. On voit la vie autrement, les instants à savourer, les enfants à aimer, les plaisirs et même les contrariétés à apprécier à leur juste valeur, légère, profonde, amicale ou désespérée. Mais si j’en retiens une chose, c’est bien qu’il faut prendre la réelle mesure de ces mots que l’on entend souvent : vivons chaque jour comme si c’était le dernier…parce que le bonheur, c’est ici et maintenant.

Un roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : Editions de l’observatoire

Lorsque Sarah rencontre Théo, c’est un choc amoureux. Elle, l’écorchée vive, la punkette qui ne s’autorisait ni le romantisme ni la légèreté, se plaisant à prédire que la Faucheuse la rappellerait avant ses 40 ans, va se laisser convaincre de son droit au bonheur par ce fou de Capra et de Fellini.

Dans le tintamarre joyeux de leur jeunesse, de leurs amis et de leurs passions naît Simon. Puis, Sarah tombe enceinte d’une petite fille. Mais très vite, comme si leur bonheur avait provoqué la colère de l’univers, à l’euphorie de cette grossesse se substituent la peur et l’incertitude tandis que les médecins détectent à Sarah un cancer qui progresse à une vitesse alarmante. Chaque minute compte pour la sauver
Le couple se lance alors à corps perdu dans un long combat, refusant de sombrer dans le désespoir.
Un récit d’une légèreté et d’une grâce bouleversantes, entre rire et larmes, dont on ressort empreint de gratitude devant la puissance redoutable du bonheur.

Nombre de pages : 304 / ISBN : 979-10-329-0881-5 / Format 14 x 20 cm / Parution : 08/01/2020