Et boire ma vie jusqu’à l’oubli. Cathy Galliègue

Découvrir Cathy Galliègue avec « Et boire ma vie jusqu’à l’oubli », le deuxième roman à la fois intimiste et bouleversant d’une auteure qui explore les chagrins de l’âme et sa détresse, la perte du bonheur.

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Betty Songe a perdu son mari, c’est une déchirure qui ne peut pas devenir un deuil, car elle refuse l’idée même de sa mort, de sa disparition, et sombre dans un chagrin noyé d’alcool. Pourtant Betty est mère, et son fils est là, qui attend son amour, son attention, qui a besoin d’elle.

Alors pourquoi Betty sombre-t-elle ? Peut-être à cause d’une mère absente ? Il faut dire que pendant ces années d’enfance où chacun a tant besoin de ses parents, la seule réponse de son père à la question lancinante de sa fille « Elle est où, maman » sera « Elle est partie ». Sans doute est-il aussi désespéré qu’elle face à ce vide. Mais cette absence d’explication crée une blessure indélébile, profonde, qui marque l’enfant, puis la femme qu’elle devient. Celle qui cherche toujours cette présence qui lui manque, qui cherche à comprendre cette fêlure qui de discrète se fait prépondérante dans cette vie d’amours brisés, manque d’une mère, mais manque aussi de cet amour qui l’a abandonnée, qui est parti lui aussi…

Peu à peu se dessinent une vie, des relations, des silences et des béances affectives qui bouleversent la vie de Betty, qui la transpercent et l’empêchent de vivre pleinement son deuil, d’accepter l’absence de Simon. Et pourtant, au fil des pages se dessine aussi un amour immense, celui d’un père pour sa fille, celui d’une femme pour son mari disparu, celui d’une mère pour son enfant.

Ce que j’ai aimé dans ce roman de Cathy Galliègue ? L’écriture, la finesse d’analyse de son personnage, les mots pour dire la souffrance, la rédemption face au chagrin destructeur, l’amitié et la force des sentiments qui lient une famille, ou qui l’anéantissent. Mais aussi l’audace de l’auteur, qui ose parler de ce tabou, l’alcoolisme féminin, pas plus sordide pourtant que celui des hommes, mais si difficilement accepté dans nos sociétés.

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Catalogue éditeur : Emmanuelle Collas

Betty s’efforce de vivre mais, à la nuit tombée, elle se cache et boit pour oublier la mort de son mari, Simon, et pour se souvenir de sa mère. Elle s’abrutit et s’effondre. Dans sa quête de la vérité, les images reviennent peu à peu. Des clichés tendres de l’enfance, une mère trop belle pour être vraie, des souliers rouges… et cette question lancinante :  » Elle est où, maman ?  » Cathy Galliègue aborde dans Et boire ma vie jusqu’à l’oubli un sujet tabou, celui de l’alcoolisme féminin, et nous offre un roman sans filtre sur la mémoire et le deuil, un diamant brut plein d’humanité et d’espoir.

à propos de l’auteur : Après une carrière dans l’industrie pharmaceutique en France, elle est partie vivre en Guyane, où elle a animé pendant un saison une émission quotidienne littéraire sur la chaîne Guyane1ère et où elle se consacre désormais à l’écriture. Son premier roman, La nuit, je mens (Albin Michel, 2017), a remporté un succès d’estime, il est sélectionné pour le Prix Senghor 2018. Et boire ma vie jusqu’à l’oubli est son deuxième roman.

Date de parution : 05/10/2018 / ISBN : 978-2-490155-07-1 / EAN : 9782490155071 / Nb. de pages : 250 pages

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La fin de la solitude, Benedict Wells

Lire « La fin de la solitude » de Benedict Wells, c’est aller à la rencontre d’un auteur de talent qui donne immédiatement envie de découvrir tous ses romans !

benedict_wells_rencontre_3Découvrir ce jeune auteur trentenaire et réaliser qu’il a déjà publié cinq romans ! Être bluffée par la qualité et l’intelligence de l’écriture (merci au traducteur bien sûr !) et par la maturité des sentiments, des personnalités de ses personnages, par la finesse et la justesse de sa fiction qui n’a rien mais absolument rien de l’auto fiction pour une fois !

Jules est le plus jeune d’une fratrie de trois enfants, Marty est l’ainé, Liz leur sœur. Ils évoluent dans une famille heureuse et relativement aisée, père français, mère allemande, ils vivent à Berlin. Ce sont des parents droits, optimistes, bon parents qui donnent une belle éducation à leurs enfants… l’avenir des enfants est donc presque tracé, ils ont tout pour être heureux comme on dit.
Mais survient un terrible accident de voiture et la mort brutale des parents. C’est la vente de la maison, les années d’internat et la séparation de la fratrie dans cette école qui n’a rien à voir avec ce qu’avaient espéré les enfants quand la famille heureuse était réunie et imaginait l’avenir.

Jules était un enfant plutôt avenant, intelligent, prometteur. Il va devenir un enfant solitaire et méfiant. Par peur d’affronter cet univers austère et inhospitalier, il va se renfermer, se replier sur lui-même.

Liz, jeune fille encore enfant, proche de sa mère et de ses poupées, est perdue quand elle est lâchée seule dans ce monde austère et dur des adultes. Les garçons, les fêtes, la drogue, elle tentera tout, jusqu’à la fuite…

Marty quant à lui, avec son imperméable et ses cheveux.. au look grunge prendra également un tout autre chemin que celui dont il avait rêvé.

Nous les suivons tous les trois au fil des ans, séparations, études, travail, échecs, succès, fiançailles ou mariages, relation heureuses, retrouvailles, décès, une vie, des vies…

Le roman est porté par une structure intelligente et fine, car de cinq ans en cinq ans, nous allons suivre les protagonistes de cette histoire racontée par Jules. Cet espace-temps va permettre à l’auteur de planter des pistes qui donnent au lecteur les clés pour comprendre les différents  personnages, mais aussi pour combler les vides en fonction de son propre vécu !

Ce que j’ai aimé ?

La question posée implicitement sur que fait-on de sa vie, et que serait-elle si un des points de départ avait été différent. La mort des parents, que l’on soit jeune ou moins jeune, qu’est-ce que ça change, qu’est-ce que ça implique dans nos caractères, culpabilité, remords, absence, chagrin ?
Et pourquoi la solitude et le silence des frères et sœur, le manque de communication, leur façon personnelle d’affronter le deuil n’est pas toujours compris par les autres membres de la fratrie.
Amours et amitiés de l’enfance, jusqu’où nous mènent-elles, est-ce important ou pas dans une vie…
Enfin, comprendre l’importance des clés, des bases données dans la vie par une éducation qui permet à chacun de comprendre, d’affronter son avenir et d’enjamber les obstacles de sa vie avec les armes plantées dès le plus jeune âge en chacun de nous.

La question est : qu’est-ce que ne serait pas différent ? Qu’est-ce qui serait invariable chez toi ? Qu’est-ce qui resterait identique dans n’importe quelle vie, quel que soit son déroulement ? Est-ce qu’il y a des choses en nous qui résistent à tout ?

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Photos de la rencontre avec l’auteur à Paris en septembre.

 


Catalogue éditeur : Le livre de Poche, Slatkine et Cie

Traduit de l’allemand par Juliette Aubert.

« Je suis entré dans le jardin et j’ai fait un signe de tête à mon frère. J’ai pensé : une enfance difficile est comme un ennemi invisible. On ne sait jamais quand il se retournera contre vous. »
Liz, Marty et Jules sont inséparables. Jusqu’au jour où ils perdent leurs parents dans un tragique accident de voiture dans le sud de la France. Placés dans le même pensionnat, ils deviennent vite des étrangers les uns pour les autres, s’enfermant chacun dans une forme de solitude. Jules est le plus solitaire des trois lorsqu’il rencontre Alva, qui devient sa seule amie. Son obsession. Vingt ans plus tard, Jules se réveille d’un coma de quelques jours. À la lisière de l’inconscient, il se souvient.

Benedict Wells a su, sans cruauté ni sensiblerie, décrire la faiblesse humaine, l’échec ou le vieillissement. Nicolas Weill, Le Monde.
Ce roman n’a qu’une ambition : raconter des destins tourmentés par le deuil et l’espérance de la communion amoureuse. Gilles Heuré, Télérama.

Prix de littérature de l’Union européenne. Prix littéraire des lycéens de l’Euregio.
352 pages / Date de parution : 22/08/2018 / EAN : 9782253074243

La blessure. Jean-Baptiste Naudet

La blessure, de Jean-Baptiste Naudet, c’est le roman de trois vies qui n’en font qu’une, de tant de guerres multiples et cependant uniques, un roman de mort, d’amour, de vie.

Domi_C_lire_la_blessure_jean_baptiste_naudet_l_iconoclasteAnnée 80, la mère de l’auteur, la douce Danielle, sombre dans la folie, un chagrin, une culpabilité, la rongent et la détruisent peu à peu. Son mari, Gilles, n’aura d’autre issue que de la placer en hôpital psychiatrique, pour sauver son fils de cette relation destructrice, intime, douloureuse. Mais pourquoi cette folie précisément à ce moment de sa vie, pour cette femme mariée qui a élevé ses trois enfants ?

En 1960, Robert l’alpiniste est en Grande Kabylie, en Algérie, impliqué dans cette guerre violente, souterraine, fratricide, qui fera tant de morts inutiles. Entre Danielle et Robert, c’est l’amour fou, le vrai, le pur celui des étoiles qui brillent la nuit, celui d’un avenir serein à deux, celui de la douceur et du bonheur. Alors Danielle attend le retour du conscrit qui se bat et s’efforce de rester un Homme sur ces terres de l’AFN (Afrique Française du Nord). Attendre et s’écrire, souvent, des mots d’amour et de vie, d’espoir et de projets, de caresses et de baisers tendres… Mais Robert ne rentrera pas, Robert est mort là-bas, enterré ici, comme tant d’autres jeunes hommes de vingt ans à peine.

Et Jean-Baptiste, qui ne sait pas, ne connait pas, va vivre des années de douleurs, à se chercher, à tenter de comprendre qui il est. Reporter de guerre, il part sur les fronts les plus sanglants, les plus dangereux, pour affronter sa propre mort.  Avant de savoir, avant de comprendre enfin que c’est peut-être la mort d’un autre qu’il a inconsciemment endossée, recherchée, espérée.

A travers les mots de Robert, si puissants dans leur humanité qui montre son besoin et son désir profond de rester un homme droit, humain, mais aussi à travers son expérience de journaliste, l’auteur parle de la guerre dans ce qu’elle a de plus absurde, de plus violent, de plus inhumain, de plus stupide.

Oh, Barbara
Quelle connerie la guerre !

C’est un double parcours que nous présente l’auteur, avec ses mots puissants et justes qui évoquent l’homme qu’il a été et celui qui se reconstruit, et cet amour éternel entre sa mère et Robert.
Ce roman, s’il en est un, est un souffle de vie, d’amour, de mort aussi.
Ce roman est un cri, un cri d’amour ou de révolte, d’un homme qui veut vivre, reprendre sa vraie place et ne plus exister à la place d’un autre, inconnu mais tant aimé, vivant mais pourtant déjà mort depuis longtemps.
C’est comme un appel au secours pour vivre pleinement un futur heureux, attendu, espéré depuis longtemps.

Merci Jean-Baptiste Naudet pour ces mots si vrais, si sincères, si violents parfois, envers l’homme que vous êtes, envers la mort qui vous a hanté si longtemps, envers la vie qui vous attend.

Lors de la présentation par l’auteur, j’avais eu une vive émotion à ressentir le poids des souvenirs, la souffrance mais surtout l’espoir qui étaient portés par l’auteur à travers son livre, immense émotion en expliquant le pourquoi et le comment du travail d’écriture, le cheminement vers ces mots qui libèrent du passé d’un autre si lourd à porter. A lire La blessure, l’émotion est intacte, la douleur, la souffrance, et l’amour si fort qui émanent de ces pages en font une œuvre bien singulière, forte et unique en son genre, réaliste et puissante.

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Catalogue éditeur : L’Iconoclaste

Le fiancé de Danielle est mort en Algérie. Hantée par ses lettres, elle sombre dans la folie. Son fils, reporter de guerre, se débat avec cet héritage. Un roman brutal écrit dans l’urgence.

304 pages / 17,00 € / EAN : 9782378800246

Jean-Baptiste Naudet : Grand reporter au service international de L’Obs après avoir été journaliste au Monde, Jean-Baptiste Naudet  a couvert une dizaine de conflits, de la Yougoslavie à la Tchétchénie, de l’Irak à l’Afghanistan. Spécialiste de l’Europe de l’Est, des Balkans et du Caucase, il a été correspondant à Bucarest, Zagreb et Moscou.

Il est diplômé en lettres de la Sorbonne, de l’École supérieure de journalisme de Lille et en relations internationales de Sciences Po Paris.  La Blessure  est son premier roman.

Le jour d’avant, Sorj Chalandon

Découvrir l’écriture de Sorj Chalandon avec son roman « le jour d’avant » et se dire qu’il est grand temps de lire tous les autres !

Domi_C_Lire_le_jour_d_avant_sorj_chalandon.jpgQuarante ans après, Michel Flavent est toujours un homme en colère. Son frère est mort tué lors du coup de grisou au fond d’une galerie de la fosse 3, dite Saint-Amé du siège 19 du groupe de Lens-Liévin, il a trouvé la mort avec 42 autres mineurs. Ce 27 décembre 1974, à 6 h 30 du matin, un violent souffle a dévasté la mine, et les hommes qui se trouvaient là ont quasiment tous péri, âgés de vingt-cinq à cinquante-quatre, ils laissent une centaine d’orphelins et de nombreuses familles dévastées. Le jugement définitif a eu lieu  en janvier 1981 a conclu sans ambiguïté aucune, et pour la première fois dans l’histoire de la mine, à la condamnation d’une société exploitante pour faute inexcusable.

Le jour d’avant, les deux frères avaient passé la soirée ensemble, dans l’insouciance et la fraternité. Depuis le drame, le père s’est suicidé, la mère a sombré, et chaque jour Michel Flavent se remémore son malheur. Devenu veuf, celui qui n’a plus rien à perdre décide de se venger pour enfin effacer tous ces tourments ressassés et endurés depuis si longtemps. Il ira frapper au cœur même des responsables de l’accident mortel qui a couté la vie à son frère. Pourtant, il est bien étrange de constater que ce frère n’a jamais été nommé et que personne ne le considère comme l’une des victimes. Mais Michel Flavent est un homme obstiné, qui veut aller au bout, tous les stratagèmes sont bons, louer une maison, se faire passer pour un étranger à la région, entrer en contact avec le principal protagoniste, celui dont il considère qu’il est entièrement fautif, l’approcher, l’amadouer, pour mieux agir…

Ce roman est avant tout prétexte à nous montrer au plus près la vie de ces hommes, de ces familles, dans ces corons du nord exploités par des sociétés minières souvent sans scrupules. L’auteur montre bien la misère, le manque d’éducation, la vie toute tracée au fond du puits, dans les charbonnages qui détruisent la santé de générations d’hommes sans que personne ne s’en inquiète, les veuves et le orphelins à la rue du jour au lendemain, et toute une région qui a vécu longtemps sur des exploitations qui aujourd’hui ne sont plus. Il est porté par une écriture allant crescendo dans l’inquiétude, le désir et la réalisation de la vengeance mais également l’effet de surprise, ce qui en fait assurément un excellent roman.

Ce que j’ai aimé ? Le mensonge instillé peu à peu dans une vie comme un poison mortel, la soif de vengeance qui permet de vivre, de survivre même, jusqu’au moment où elle détruit tout. Mais également la part qui est donnée par l’auteur à toutes ces victimes dont on ne parle jamais, les autres, les perdants, ceux qui restent et doivent vivre avec le manque, le chagrin, la folie, le vide.

J’ai toujours dans ma PAL un roman de Sorj Chalandon qu’il m’avait dédicacé à la foire du livre de Brive… Et, ce n’est pas l’envie qui me manque de le lire, peut-être faut-il juste prendre le temps. Car j’ai aimé son écriture… même si d’aucuns pensent que Le jour d’avant n’est pas emblématique de son écriture, je me suis laissée prendre par cette vie dans les mines du nord de la France.

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Lire aussi la chronique de Virginie du blog Les lectures du mouton et celle de Joëlle du blog Les livres de Joëlle.


Catalogue éditeur :  Grasset

«  Venge-nous de la mine  », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

Parution : 16/08/2017 / Pages : 336 / Format : 145 x 205 mm / Prix : 20.90 € / EAN : 9782246813804

Seuls les enfants savent aimer, Cali

Seuls les enfants savent aimer, le premier roman de Cali est un retour vers l’enfance, vers un souvenir prégnant qui a marqué sa vie à jamais, le décès de sa mère.

Domi_C_lire_seuls-les-enfants-savent_aimer_caliAlors qu’il a 6 ans, le jeune Bruno voit sa vie basculer avec la mort de sa mère, une jeune femme de trente-trois ans. Bien sûr, il y avait des semaines qu’elle luttait contre la maladie, qu’elle était partie à l’hôpital, mais elle était revenue à la maison.
« Tu es revenue. Pour partir à jamais. »

Une plaie ouverte qui ne se refermera pas. Il n’a pas été autorisé à accompagner à son enterrement celle qu’il aime par-dessus tout, qui compte tant pour lui, trop jeune, trop fragile. C’est dans une pièce obscure de la maison qu’il va deviner, inventer, la mise en terre, les adieux, pourtant passage quasi obligé pour la plupart des vivants pour arriver à faire son deuil de celui qui part. Un amour filial dont personne dans la famille n’a su prendre la mesure.

Des années après, celui qui s’appelle pour nous tous Cali, va enfin écrire, avec les mots du petit garçon de cette époque, la perte, le chagrin, les évènements qui ont bouleversé son horizon, pendant les mois qui vont suivre le deuil.

Un père qui meurt peu à peu de l’absence et sera plus souvent au café qu’à la maison, une grande sœur qui tente tant bien que mal de pallier au manque en faisant les tâches ménagères de cette mère disparue, la famille qui ne trouve rien de mieux que de détruire toute trace de celle qui est décédée, en brulant tout, scène marquante du roman j’avoue. Puis il y a l’école, Carole, celle qui focalise tous les sentiments de Bruno, son amour sans retour, Alec, le meilleur ami, celui des secrets, des bêtises, des câlins aussi, enfin le départ en colonie, comme une punition suprême, un éloignement de plus du lieu où repose sa mère.

Des souvenirs forts pour l’enfant qui sont tantôt écrits avec le langage du petit garçon, tantôt avec celui du poète, mais qui du coup tiennent également le lecteur à distance de la douleur. Mais sans doute est-ce voulu, pour tenir l’adulte qu’il est devenu également à distance de cette douleur si prégnante et destructrice ? Alors comment dire, il m’a manqué un petit quelque chose pour être emballée, même si j’ai été touchée par ce premier roman d’un homme qui sait jouer avec les mots, y compris pour exprimer le chagrin et la perte, l’incompréhension et la manque.

Mes poings fous tambourinent à la porte de l’église.
Celle de la mort, des enterrements.
« Il est où, Dieu ? »
…. Je dois lui parler seul à seul. Et comprendre
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Lire également les chroniques de Nath Le boudoir de Nath, de HCh Dahlem Ma collection de livres,  et de Joëlle Les livres de Joëlle


Catalogue éditeur : le Cherche Midi

Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le cœur d’un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman.
Jusqu’à quand vas-tu mourir ?

Date de parution : 18/01/2018 / EAN : 9782749156385 / Nombre de page : 188

La boîte à musique Tome 1 Bienvenue à Pandorient, Carbone & Gijé

Une boite à musique, quel bel objet pour fêter un anniversaire ! Et si cette boite vous ouvre les portes d’un autre monde… Bienvenue à Pandorient est une BD pour les plus jeunes qui plaira à tous.

Domi_C_Lire_la_boite_a_musique_dupuis.jpgNola ne veut pas fêter son anniversaire, c’est trop triste maintenant que Annah, sa maman, n’est plus. Pourtant, son papa lui fait un beau cadeau, un gâteau, des bougies, et cette jolie boule qui est en fait une boite à musique, cette surprise « trop belle » qui appartenait à Annah depuis son plus jeune âge.

Nola est ravie, cette boite à musique c’est un peu de sa maman auprès d’elle, aussi le sommeil va mettre longtemps à arriver, l’envie de contempler et d’écouter son cadeau est bien plus fort. Et quelle n’est pas sa surprise lorsque elle voit une petite fille lui faire signe depuis le fond de la boule ! Elle l’appelle au secours. Le moyen d’aider ? Nola ne le sait pas mais il existe une entrée magique dans cette boite à musique, entrée qui vous permet d’arriver dans cet univers parallèle qu’est le monde de Pandorient.

A Pandorient, Nola fait la connaissance d’Andréa, puis de sa maman malade et de son frère. Dans ce monde-là, elle va rencontrer des êtres étranges, les percecoeurs, un herboriste bien singulier aux bras pluriels, un vieil Octopus, un Guérimaux qui porte si bien son nom, une brigade qui fait respecter l’ordre. Et surtout, Loris, un affreux trafiquant qui fabrique … Mais chut, ne révélons pas tout !

Voilà un bien étrange voyage au pays de Pandorient pour notre petite Nola, prémisse sans doute à de nombreuses autres découvertes, si d’aventure elle décidait d’y revenir un jour !

Si les dessins semblent un peu brouillons et les traits et les couleurs un peu trop fondues au premier abord, au final les couleurs, les traits, les personnages et leurs décors foisonnent de détails. C’est finalement assez bariolé, avec une belle harmonie de camaïeux et de teintes, au milieu de décors sans âge, un soupçon moyenâgeux, un soupçon fantasy, un peu irréel. L’histoire est intéressante qui présente bien les caractères et les personnalités des principaux protagonistes. Solidarité, fidélité, amitié, courage ne sont pas de vains mots dans l’univers de Nola, comme un joli rayon de soleil dans sa vie par ailleurs bien triste. Si ce tome peut se lire indépendamment des autres tomes d’une série annoncée, malgré tout, on attend déjà la suite !

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Catalogue éditeur : Dupuis

Pour son huitième anniversaire, Nola, petite fille espiègle, reçoit de la part de son père Martin la boîte à musique de sa mère, Annah, récemment décédée. Cette boîte est un symbole pour la petite fille, mais très vite, la fillette croit voir des signes de vie à l’intérieur. Oui, elle ne rêve pas : quelqu’un lui fait signe et lui demande de l’aide. Dès lors, en suivant les instructions d’Andréa, la fille de la boîte à musique, Nola rapetisse, entre dans la boîte et découvre le monde de Pandorient, un monde incroyable… Le temps presse cependant, car Mathilda, la mère d’Andréa et de son frère Igor, est gravement malade… Que lui arrive-t-il ? Aurait-elle été empoisonnée ? L’eau serait-elle contaminée ? Rapidement, les soupçons se confirment. En urgence, les enfants vont s’occuper de Mathilda puis remonter la piste du pollueur sans vergogne… avant que Nola ne regagne sa vie dans son monde, aux côtés de son père. À moins que tout cela ne fût qu’un rêve… ou pas !

Parution le 26/01/2018 / Genre : Fantastique/ésotérique / Aventure / Collection : Dupuis « Tous Publics » / Age du lectorat : 6+ / Etat de la série : En cours / Album cartonné – 56 pages en couleurs / Hauteur : 300 mm / Largeur : 218 mm / ISBN : 782800173191 / PVP : 12.00EUR

La maison à droite de celle de ma grand-mère, Michaël Uras

Le roman de Michaël Uras « La maison à droite de celle de ma grand-mère » est chaleureux comme l’amitié, frais, tendre et parfois triste comme la famille, un bonheur à savourer.

Domi_C_Lire_la_maison_a_droite_de_celle_de_ma_grandmere_michale_uras.jpgC’est en Sardaigne que se situe La maison à droite de celle de ma grand-mère, et Giacomo y revient car sa grand-mère va mourir, il va l’accompagner dans ses derniers instants, car en Sardaigne comme ailleurs, une grand-mère, et la famille, c’est sacré.

Depuis son départ, lui le « français » – comprenez le traitre, celui qui est parti vivre en France !- est chaleureusement accueilli par tous chaque fois qu’il revient au pays, même par ceux qui pensent que ses retours sont un peu trop rapides, comme en coup de vent. Parce qu’il sait que revenir est indispensable, mais que partir l’est tout autant.

Pourtant, là, il quitte tout, le roman inédit qu’il doit traduire en urgence, son quotidien à Marseille, les exigences et les attentes de son boss, pour accourir au chevet de la figure tutélaire de cette étrange famille. Car dans la famille de Giacomo, chaque personne compte. Il y a cette mère qui a encore ses crises et part « chez maman » quand elle se fâche avec son mari (facile, c’est à côté !) un mari plus que taiseux, qui est peintre en bâtiment, sans doute parce qu’il n’a jamais cru qu’il pourrait être plus artiste que peintre, lui qui barbouille comme tous les autres les murs des maisons du village avec de grandes fresques qui racontent la vie, qui colorent la vie, qui étonnent les touristes autant que les habitants par leur luminosité et les sujets variés abordés. Il y a aussi Manuella, l’épicière, qui a accompagné l’enfance des gamins du village lors des déplacements de l’équipe de foot, cette troupe de garçons absolument pas doués, Giacomo en tête, qui perdaient chaque match mais revenaient sourire aux lèvres de leur sortie du dimanche. Fabrizio, le copain d’école, de foot, d’enfance, resté sur le bas-côté, affaibli par cette maladie qui le vieillit avant l’heure et qui éloigne les possibles dulcinées qui auraient pu ensoleiller son quotidien. Enfin, le capitaine, revenu vainqueur et auréolé de gloire de la guerre, mais vite oublié tant par l’état que par les hommes, car le poids de médailles, s’il brille et fait le vainqueur, rappelle aussi sans doute de bien mauvais souvenirs à ceux qui sont revenus, ou jamais partis.

Alors Giacomo chaque jour va à l’hôpital, et raconte sa vie à Nonna, sa grand-mère. Il nous entraine dans son enfance, ses souvenirs, son présent pas aussi limpide ni heureux qu’il veut bien l’avouer. Le lecteur découvre des iliens particulièrement attachants et pittoresques. Quel plaisir de voir autrement cette ile à travers les habitudes, les douceurs, car entre deux bouchées de formagelle fait maison – ou pas ! – les langues se délient, les amitiés se retrouvent, les espoirs se fondent. L’avenir comme le passé trouvent leur place dans les vies ordinaires mais tellement touchantes des différents personnages. Ici, il faut dire que principal ou secondaire, tous ont leur place.

Une grande humanité se dégage de ces lignes, une belle dose d’amour et d’espoir aussi. La vie n’est pas toujours un beau cadeau entouré d’un joli ruban, les relations entre les humains ne sont pas toujours évidentes au quotidien, mais le seul fait d’en parler les rend vivantes, présentes, émouvantes. Et surtout, ce roman nous permet d’envisager la Sardaigne autrement. Je ne sais pas vous, mais moi ça m’a donné envie de découvrir les Domo de Jana, les criques ensoleillées et les fresques colorées sur les murs !

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Lire également la chronique enthousiaste de Nath du blog Eirenamg


Catalogue éditeur : Préludes

« Giacomo, ne tarde pas. Les médecins sont formels, la fin est proche. »
C’est ainsi que notre héros, un jeune traducteur espiègle et rêveur, retourne sur l’île de son enfance, où sa grand-mère est au plus mal. Et alors qu’il doit rendre un travail sans tarder, soudain, c’est toute la Sardaigne qui le retient : Maria, sa mère, qui n’a jamais vraiment compris pourquoi son fils adoré l’avait quitté, Mario le père taiseux, l’envahissant oncle Gavino, Manuella l’épicière du village, dont Giacomo était secrètement amoureux quand il était enfant, la jolie dottoresse Alessandra, qui s’occupe de la nonna à l’hôpital, Fabrizio, l’ami d’enfance au corps cabossé et au grand cœur, et, surtout, le mystérieux Capitaine, figure tutélaire et énigmatique…
D’une crique perdue aux ruelles pittoresques que bordent les maisons de couleur, entre une bouchée de dolci et les pastilles miraculeuses du docteur Ignazio, pas de doute, la maison de Giacomo est une île. Mais pourra-t-il en repartir ?

Parution : 28/02/2018 / Format : 130 x 200 mm / Nombre de pages : 320 / EAN : 9782253107903  / Livre 15.90 €