Mon inventaire 2018

Une année 2018 particulièrement riche en découverte de beaux romans, de nouveaux auteurs et en rencontre avec les auteurs, les blogueurs, les lecteurs qui partagent cette passion pour la lecture que d’aucuns pourraient trouver dévorante.

Essayer de faire un bilan est d’autant plus difficile, mais dans ma liste à la Prévert cette année je veux retenir …

Ce roman récit qui m’a tellement émue qu’il est hors concours…

Philippe Lançon & Le lambeau

Ces romans qui m’ont fait vibrer et qui, chacun à leur façon, m’ont apporté quelque chose

Franck Balandier & APO

Frédéric Couderc & Aucune pierre ne brise la nuit

Catherine Cusset & Vie de David Hockney

Diane Ducret & La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose

Simonetta Greggio & Elsa, mon amour

Olivier Liron & Einstein, le sexe et moi

Véronique Mougin  & Où passe l’aiguille

Joachim Schnerf  & Cette nuit

Angélique Villeneuve & Maria  

Valentin Spitz  & Juliette de Saint-Tropez

Ces premiers romans bouleversants …

Martin Dumont  & Le chien de Schrödinger

Violaine Huisman  & Fugitive parce que reine

Jean-Baptiste Naudet  & La blessure

Ce premier roman étranger solaire et tellement poétique

Shih-Li Kow  & La Somme de nos folies

Une BD

Halim  & Petite maman

Ces romans policiers ou thrillers qui m’ont sortie de mon quotidien !

Simone Gélin & Sous les pavés la jungle

Jean-Pierre Rumeau & Le vieux Pays

Tim Willocks & La mort selon Turner

Ces romans en format poche, à lire à faire lire…

Laurent Seksik & Romain Gary s’en va-t’en guerre

Benedict Wells & La fin de la solitude

Claudio Fava & Silencios

Et vous ? Qu’avez vous lu, aimé, quels livres avez-vous envie de partager de votre année 2018, quels conseils pour l’année qui vient ?

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, Diane Ducret

Apprendre à s’aimer, quel beau parcours de vie. Lire « La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose ». Un roman vrai, émouvant, à lire pour la beauté du parcours et les mots emplis d’humanité de Diane Ducret.

Domi_C_lire_la_meilleure_facon_de_marcher_est_celle_du_flamant_roseAh, mais voilà un joli roman feelgood, à la couverture sympathique qui va nous faire passer un bon moment de lecture. Ah, mais non, ne vous y fiez pas, car sous des airs légers, ce roman profond et sensible va vous toucher au cœur ! Alors préparez-vous, car le flamant rose vous entraine bien bas, vers l’enfer que va vivre la douce Enaid…

Alors Diane, ou Enaid ? Est-ce un portrait inversé de l’auteur ? Est-ce l’image, le reflet d’une vie difficile dont elle aura su se relever ? Parce que avouons-le, elle a quand même une vie de roman cette Enaid, mais de roman catastrophe, car elle en cumule des événements négatifs dans sa courte vie !

En effet, depuis toujours, Enaid collectionne les malheurs. Cette jeune femme pas banale aurait à priori tout pour réussir, mais non, avec elle rien ne fonctionne. Les hommes qui l’attirent sont tous ce qu’on appelle aujourd’hui des pervers narcissiques, de ces hommes auxquels on s’attache mais qui vous détruisent lentement mais surement, vous faisant croire qu’ils sont indispensables et que sans eux, vous qui êtes tellement nulle, vous seriez encore plus mal… Et bien sûr, elle y croit, Enaid, à ces beaux discours, à ces hommes indispensables à son équilibre, à cette vie qu’ils lui promettent. Et elle tombe, sous les coups, physiques ou moraux, qu’importe, car tous laissent des marques,  indélébiles parfois, et il est si difficile de s’en relever ! Il en faut du courage, de la volonté, de l’amour de soi au plus profond de son désespoir pour arriver à s’en sortir !

Car cette enfant qui grandit sans mère, auprès d’Yvette et André, qu’elle trouve un peu vieux peut-être, qui la surprotège et la freine dans ses élans. Mais elle ne se pose pas trop de question, jusqu’au jour où elle comprend que ce sont ses grands-parents (mais où sont passés les parents !). Alors il y a les années d’adolescence, difficiles, contestataires, puis l’accident de cheval, terrible, handicapant et mal soigné, les rencontres amoureuses, fiascos dévastateurs. Et toujours une jeune femme capable de se relever, d’avancer, de positiver. Pourtant, bon sang avouons-le, ce n’est vraiment pas facile ! Bref, une femme que j’admire énormément pour sa résilience (oui, je sais, c’est bateau la résilience, mais manifestement elle a pris son envol de flamant rose et a réussi à soigner le mal profond qui l’a blessée pendant trente ans, alors …), son côté positif. Aie, que c’est dur de démarrer dans la vie sans savoir si l’on a un jour été aimée par ses parents, avec ce doute lancinant et destructeur, puis de subir les violences conjugales, comme si votre vie ne pouvait être que ça, une succession de malheurs à l’infini ! Mais elle est si forte, si vaillante, si enthousiaste Enaid, que même les obstacles qu’elle franchi sont une course en avant qui lui permet d’accéder au bonheur, d’avancer vers l’avenir.

J’ai aimé, beaucoup ! J’ai été bouleversée et j’ai passé des moments d’émotion intense, des moments difficiles mais également tendres avec Enaid. J’ai eu envie de l’accompagner, de la cajoler, de lui dire les mots qu’on dit à un enfant, à une jeune femme, pour l’aider à grandir. Mais elle n’en a pas besoin, elle va atteindre l’impossible étoile, celle qui brille dans son cœur, elle éclate de vie, d’énergie positive, elle est lumineuse comme ses mots qui vous emportent. Que d’émotions à vivre et à ressentir en tournant ces pages, impossible de tout dire, mais lisez, jusqu’au bout !

Tu as été ma mère et j’ai été ta fille…

Domi_C_Li_re_la_meilleure_facon_de_marcher_est_celle_du_flamant_rose_diane_ducret.jpgJ’avais déjà beaucoup aimé le roman de Diane Ducret Les indésirables. Là elle nous entraine dans un tout autre registre et c’est tout aussi formidable.

💙💙💙💙💙

Lire aussi l’interview de Diane Ducret par Karine Papillaud sur lecteurs.com :
« On a fait de la résilience quelque chose de normatif » Diane Ducret


Catalogue éditeur : Flammarion

La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir.
Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’emmêler les pinceaux…Lire la suite

Littérature française / Paru le 28/02/2018 /  273 pages  / 150 x 223 mm / EAN : 9782081421691 ISBN : 9782081421691

Les indésirables. Diane Ducret

 « Les indésirables » de Diane Ducret, un roman qui nous plonge dans notre histoire récente et nous émeut profondément.

DomiCLire-les-indésirablesUn camp de détention à Gurs dans les Pyrénées, des femmes à Paris mais aussi partout en France, et des années terribles retenues prisonnières pour le simple fait d’être une femme émigrée ayant fui un pays en guerre et surtout n’ayant pas encore eu d’enfants. Vous y croyez ? Non bien sûr ! Et pourtant, si les espagnols qui fuyaient l’Espagne de Franco étaient détenus dans de sordides conditions au camp de Gurs dans ces Pyrénées qui n’étaient encore que des Basses-Pyrénées, les femmes qui y sont arrivées ont eu elles aussi des conditions de vies quasi inhumaines.

Paris, 12 mai 1940, les femmes célibataires ou mariées, mais sans enfants, allemandes ou d’origine allemande sont convoquées sans appel au Vel’D’hiv pour le 15 mai. Là, munies d’un simple petit bagage, elles vont attendre plusieurs jours dans ce vélodrome devenu un cloaque insalubre. Enfin, des camions, puis des trains les emmènent vers un voyage quasi sans retour aux confins de ce pays qu’elle ont rejoint pour y trouver la liberté, loin de l’Allemagne qu’elle ont fui car elles s’opposent au fascisme ou parce qu’elles sont juives.

Pendant ces jours d’attente, deux femmes vont se lier d’amitié. Eva l’aryenne, pianiste ayant fui Berlin et rejeté l’engagement de sa famille envers Hitler et Lise la juive qui a fui avec sa mère pour éviter le pire. Elles sont devenues les indésirables, celles dont le pays ne veut plus et qu’il parque au loin, à l’abri des regards, surtout au moment peu glorieux de l’armistice avec Hitler.

A leur arrivée au camp, elles sont une source d’étonnement et de ravissement pour les espagnols retenus là depuis longtemps déjà. Et même si hommes et femmes ne peuvent pas se rejoindre, les possibilités existent et l’amour, l’amitié, la solidarité, sont les éléments indispensables pour résister aux souffrances, au froid, aux maladies qui guettent ces femmes affaiblies.

L’auteur nous raconte la vie de ces hommes et ces femmes, leur courage, leurs espoirs, leur volonté face à cette adversité contre laquelle si peu semble réalisable. Et à Gurs, les indésirables ont réussi l’impossible, faire de l’art un rayon de soleil, un espoir supplémentaire. Elles vont demander et obtenir un piano et donner des spectacles dans un cabaret improvisé. Tout cela avec l’aide du commandant Davergne et de l’infirmière Elsbeth Kasser (tous deux ayant réellement existé) car dans chaque homme ou femme il faut continuer à avoir espoir. C’est un roman magnifique et émouvant. Diane Ducret mêle adroitement la petite histoire, celle de la vie de ces hommes et de ces femmes, pour faire revivre un pan méconnu et sombre de notre Histoire.

Il y a une grand humanité en même temps qu’une certaine tristesse à voir comment les événements pourraient si facilement se renouveler. Histoire, quand tu nous heurte, quand tu te répètes, quand même savoir ne permet pas toujours d’éviter de recommencer….

Je connais ce camp de Gurs pour de multiples raisons, la première étant que je viens de Pyrénées-Atlantiques et que certains de mes amis espagnols ont eu leurs parents et grands-parents retenus là pendant des années lorsqu’ils ont fui l’Espagne de Franco, ils m’en ont souvent parlé. Il y a tout juste six ans je souhaitais aller le visiter, puisqu’il existe encore. Une vilaine grippe m’ayant clouée au lit, mes proches m’en ont parlé à leur retour, très émus de ce qu’ils avaient vu.

On se souviendra aussi qu’il existe le même type de camp du côté de Perpignan, Isabelle Alonzo en a parlé dans ce roman qui parle si bien de son père Je mourrai une autre fois. Enfin, les artistes allemands réfugiés également sur la côte d’Azur ont connu le même voyage, de la côté au camp des Milles à Aix-en-Provence, puis à Gurs, Michèle Kahn en parle dans son roman  Un soir à Sanary .


Catalogue éditeur : Flammarion

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Eva et Lisa, deux amies jugées indésirables, sont internées par l’état français dans un camp au beau milieu des Pyrénées. Recréant un cabaret, elles chantent et dansent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish et en français

Parution : 01/03/2017 / Format : 14.6x22x2.1 cm / Nb pages : 320 / Prix : 19,90 € / EAN :  9782081407343