Summer. Monica Sabolo

Lire Summer et retrouver l’écriture magnétique et poétique de Monica Sabolo.

Où est-elle, la belle, la brillante, la solaire Summer qui a disparu un jour d’été lors d’un piquenique au bord du lac Léman ? Nul ne le sait, personne n’a retrouvé cette sublime Summer âgée alors de dix-neuf ans. Elle était admirée par tous, y compris par son frère. Vingt-cinq ans après, toujours submergé par la culpabilité et la douleur, Benjamin s’interroge encore…

Depuis cette disparition, Benjamin, qui n’avait que 13 ans à l’époque, cherche à comprendre. Mais de façon bien étrange puisqu’il est étonnamment statique, comme si sa propre vie s’était arrêtée ce jour-là… Il ne pose aucune question auprès de ses parents, de la police, ne fait aucune recherche réelle, mais vit des nuits de cauchemar peuplées de visions de Summer au fond du lac Léman, submergé d’angoisses qu’il essaie vainement de résoudre auprès d’un psy… Impossible de se réaliser, de connaître une vie normale, tant qu’il ne saura pas.

Le lecteur tente de le suivre dans ses errances, mais avouons-le on se lasse un peu de ces lenteurs, de cette immobilité affective. Car dans cette famille qui a tout pour connaitre le bonheur absolu, facile – le confort financier, la beauté, le luxe – un grand vide affectif se dévoile au fil des pages. Un manque de communication et des non-dits, des secrets enfouis au plus profond, attisent les angoisses du jeune homme.

Pourtant, une intrigue semble poindre, qui aurait pu en faire un excellent thriller ou roman noir, l’écriture est souvent poétique, les descriptions ont des airs d’opéra dans ces paysages brumeux de bord du lac. Elles donnent à cette histoire un attrait magnétique qui fait que l’on continue, que l’on ne referme pas ce roman avant d’aller jusqu’au bout, pour savoir.

Du même auteur, j’avais lu Crans Montana, avec cette même impression d’être ferrée par l’écriture, mais jamais par l’intrigue qui me laisse avec une sensation de manque…

💙💙💙

Un roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du prix des Lecteurs du Livre de Poche

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer Wassner, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?

Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ?

288 pages / Date de parution :  02/01/2019 / EAN : 9782253074168 / Editeur d’origine : JC Lattès

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Federica Ber. Mark Greene

Découvrir l’écriture de Mark Greene avec son dernier roman « Federica Ber ». Le bonheur d’une rencontre, d’une vie, de souvenirs, trois petits jours et puis s’en vont….

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Alors qu’il parcourt de façon tout à fait aléatoire les pages du journal du matin, un homme est surpris par un article : dans les Dolomites, un couple vient d’être retrouvé mort, au pied d’une muraille rocheuse.
Fait-divers comme il en existe des milliers de par le monde chaque semaine, son attention est pourtant retenue par le nom de la tierce personne qui semble-t-il accompagnait le couple, une certaine Federica Bersaglieri. Ce nom et ce prénom le transportent vingt ans en arrière.

A l’époque où il était étudiant à Paris son quotidien avait la tristesse et la banalité des matins gris de solitude. Il avait rencontré tout à fait par hasard dans un café une jeune femme portant les mêmes nom et prénom. Est-ce elle qui se rappelle ainsi à son bon souvenir ?

Vingt ans auparavant donc, avec une Federica éprise de liberté, ils avaient parcouru les toits déserts de Paris, mangé sur les terrasses condamnées rendues accessibles grâce à la débrouillardise de Federica, refait le monde en buvant des verres de vin sous les étoiles ou dans les bars enfumés, imaginé des lendemains qui chantent, joué des parties endiablées dans les salles de jeux vidéo qui fleurissaient en ce temps-là dans la capitale et ailleurs…

Il se souvient de ces heures gagnées sur la solitude, de ce sentiment de puissance, de bonheur, d’exaltation qui l’avait envahi alors, transformant son morne quotidien en un univers joyeux et irréel. Il se souvient aussi de l’abandon un jour, sans raison…
Il cherche dans les journaux, dans ce fait divers actuel et mystérieux la femme qui l’avait transformé, qui l’avait rendu heureux, quelques heures, quelques jours, à jamais peut-être ? Qui est-elle ? Où est-elle ? Est-elle coupable, partie prenante, a-t-elle fui ? Autant de questions auxquelles il va essayer de répondre, pour la retrouver, pour se retrouver, pour revivre peut-être les instants éphémères de ce bonheur perdu.

J’ai aimé suivre Federica, cette boule d’énergie si singulière qui réveille ce jeune homme triste… Découvrir dans un espace-temps comme ancré dans le présent ces instants d’un bonheur unique et si différent qu’il vous transporte une vie entière, qu’il vous change irrémédiablement, même lorsque ne reste en vous qu’un souvenir fugace d’un moment de vie, de liberté et de légèreté.

Il y a beaucoup de poésie dans cette écriture, dans l’évocation des sentiments, dans la présence vivifiante de Federica et cette façon qu’à l’auteur d’arrêter le temps. Merci Mark Greene pour la rencontre à Manosque, et pour le bonheur de découvrir ce roman !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Grasset

Un matin, dans le journal, un homme lit le récit d’un fait divers survenu en Italie. Un couple a été découvert, mort, au pied d’une muraille rocheuse des Dolomites. Les corps, dit la rumeur, seraient attachés l’un à l’autre. Suicide, assassinat ? Les carabinieri suspectent une randonneuse : Federica Bersaglieri.
Ce nom, il croit le reconnaître. Serait-ce la jeune femme rencontrée vingt ans auparavant, durant une semaine féerique, au cœur d’un été parisien ? Elle l’avait arraché à ses habitudes, lui avait appris la légèreté. Ensemble, ils avaient bu du vin frais, exploré les passages couverts, mimé les passants dans les jardins publics, dormi à la belle étoile, sur les toits de la ville… Puis elle avait disparu, brusquement
Aujourd’hui, à mille kilomètres de distance, il cherche à comprendre.
Deux histoires d’amour envoûtantes, sous les auspices de l’imaginaire et de la liberté, des sommets des Alpes à ceux de Paris.

Parution : 22/08/2018 / Pages : 208 / Format : 140 x 205 mm / Prix : 18.00 € / EAN : 9782246817451

Les Vérités provisoires, Arnaud Dudek

Faut-il tout croire ? Faut-il seulement y croire ? C’est ce que va tenter de trouver Jules, le jeune héros du roman touchant et optimiste d‘Arnaud Dudek « Les Vérités provisoires »

Domi_C_Lire_les_verites_provisoires_arnaud_dudek_pocketCéline a disparu, du jour au lendemain, sans laisser aucune trace ! Comment est-ce possible ? Depuis deux ans sa famille la cherche partout, en vain. Les mois, les années s’installent, et Céline disparait peu à peu des mémoires, son image, sa voix, les souvenirs s’estompent peu à peu. Comment peut-on gérer dans une famille la disparition d’un être cher ? De façon différente pour chacun, mais ce qui est sûr, c’est que la famille explose et que nul ne s’en remet.

Jules, le jeune frère, est bien décidé à la chercher, à comprendre. Il s’installe dans l’appartement de Céline, et cherche les traces du passé, les pistes à remonter, les indices…

Comment lui, le menteur chronique, peut-il imaginer arriver là où personne n’a rien trouvé ? Car Jules n’en est pas à ses premiers mensonges, et ceux-ci n’ont rien d’anodin. Par exemple, annoncer son cancer à ses amis, puis ses opérations, sa rémission, voilà qui peut vous couper du monde qui vous entoure si un jour la vérité éclate. Et surtout, pour être un bon menteur, il est bon d’avoir une mémoire d’éléphant ! Alors finalement peut-être est-il vraiment le mieux placé pour soulever le mystère de la disparition de Céline ? Lui qui saura creuser, fouiller, les moindres détails que vont lui rappeler les objets dans l’appartement de Céline en leur donnant peut-être de multiples significations.

De hasards en rencontres, il va se lier d’amitié avec une voisine pour le moins singulière qui aime les tisanes aux goûts infâmes et aux noms tarabiscotés, et peu à peu l’amour s’installe, la vie se bouleverse, de nouvelles vérités se font jour. Aube d’une nouvelle vie pour Jules ? Et que croire, où est la vie ? Où est le mensonge ? Les Vérités provisoires d’Arnaud Dudek, un roman d’été à conseiller pour passer un bon moment, car il est réellement plus léger que tragique !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Pocket éditions, Alma

Deux ans que Céline Carenti a disparu, en descendant chercher du pain. Depuis, pas de nouvelles. Installé dans l’appartement que sa grande sœur occupait, Jules cherche des réponses. Mais les souvenirs ne disent pas tout. Rêveur et solitaire, le jeune homme est surtout un menteur pathologique : il s’invente même… Lire la suite

EAN : 9782266282420 / Nombre de pages : 168 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 16/05/2018 /
Alma éditions / Date de parution : 16 février 2017 / ISBN : 978-2-36279-207-6

Arnaud Dudek déménage souvent (en ce moment, il vit et travaille à Paris). Selon des sources concordantes, ce garçon discret serait né à Nancy, en 1979. Dans ses nouvelles (pour la revue littéraire Les Refusés ou pour Décapage) et dans ses romans (tous publiés chez Alma), il raconte les gens ordinaires avec humour et tendresse. Son premier roman, Rester sage (2012) a fait partie de la sélection finale du Goncourt du premier roman et a été adapté au théâtre par la Compagnie Oculus. Le second, Les Fuyants (2013), a été sélectionné pour le prix des lycéens et apprentis de Bourgogne. Le troisième, Une plage au pôle Nord (2015) est traduit en allemand.
Il est par ailleurs co-organisateur des rencontres littéraires AlternaLivres. Les Vérités provisoires est son quatrième roman.  (Source Pocket)

Ceux qui restent, Busquet & Xoul

Tout en respectant les codes de l’intrigue policière, Ceux qui restent de Busquet & Xoul, reprend les thèmes du récit fantastique et ravira les amateurs du genre.

Domi_C_Lire_ceux_qui_restent_delcourt_bd.jpgAlors qu’il dort paisiblement dans son lit, Ben est réveillé par une étrange créature qui vient lui demander on aide. Car Ben, comme tous les enfants, à des capacités que n’ont pas, ou plus, les adultes, comme de voir d’étranges créatures peut-être ? Alors Ben embarque avec un Wumple pour le royaume d’Auxfanthas. Est-ce un rêve ? Est-ce une réalité ? Il doit bien y avoir une certaine réalité dans ce rêve, puisque au petit matin, Ben n’est plus dans son lit. Les parents, inquiets, avertissent la police. Les recherches commencent, nombreuses, longues, mais aucune trace de Ben, volatilisé dans une maison fermée, sans effraction ni violence apparente.

Quel mystère ! Bien sûr, les soupçons pèsent sur les parents, mais leur chagrin est si réel, leur désespoir si palpable, qu’il est impossible de les mettre en cause. Pendant l’absence de Ben, d’étranges individus viennent toquer à la porte de sa famille, car eux aussi ont connu ce phénomène… mais quel phénomène ? Les parents les rejettent.

Un jour, longtemps après, Ben réapparait. Si ses parents ont trouvé le temps long, pour lui il s’est passé à peine quelques heures. Ses explications semblent tout à fait loufoques, aider à combattre le mal dans un autre monde ? Parents et médecins estiment qu’il s’agit d’un problème psychologique, des inventions  d’enfant…

J’ai aimé le point de vue porté par les auteurs sur Ceux qui restent. Quand il y a une disparition, un rapt dans une famille, tant pour l’entourage familial que pour la société, cela ne correspond pas aux normes et entraine obligatoirement de la suspicion, du chagrin, une forme d’incompréhension et de doute.

Avec ses codes de thriller ou d’intrigue policière très lookée années 40, voilà une BD du scénariste Josep Busquet aidé par les couleurs, les traits et les ombres du dessin de Xöul, qui nous transporte dans un monde magique tout en nous laissant ancrés dans le quotidien. On découvre des parents anxieux, suspectés, malheureux, témoins de deux mondes, celui qui part, et ceux qui restent. Et pour une fois, le lecteur n’embarque pas dans le monde fantastique mais reste bien dans celui des parents, nous vivons cette étrange aventure avec eux, et nous devenons les témoins attentifs de leur traumatisme, de la douleur de ceux qui ont perdu un être cher, qui doivent vivre un deuil quel qu’il soit.

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Catalogue éditeur : Delcourt

Un soir, le jeune Ben part sauver un royaume magique d’un terrible danger, de la même manière que Wendy et ses frères suivirent Peter Pan. Mais ce qui ressemble à un rêve d’enfant se transforme en cauchemar pour ses parents.

Ben a disparu. Ses parents préviennent la police mais personne ne peut imaginer la réalité : leur enfant affronte mille dangers dans son royaume imaginaire. Mais un jour, il revient. Parents, police et psys pensent que Ben nie la réalité de ce qu’il a vécu. Avant de disparaître à nouveau. Seule une association regroupant des parents qui vivent les mêmes turpitudes pourra sans doute leur venir en aide…

Scénariste : BUSQUET Josep / Coloriste : XÖUL Alex / Illustrateur : XÖUL Alex

Série : DES GENS ORDINAIRES / Collection : HORS COLLECTION / Date de parution : 21/03/2018 / ISBN : 978-2-7560-5262-5 /

Dans l’eau je suis chez moi, Aliona Gloukhova

Dans son roman autobiographique « Dans l’eau je suis chez moi » Aliona Gloukhova suit toutes les pistes qui mènent jusqu’aux eaux noires qui ont englouti son père. A la recherche de sa propre vie et pour enfin comprendre qui elle est ?

Mon père a disparu et a laissé une porte ouverte derrière lui. On était obligé de l’attendre, on ne savait pas s’il était parti définitivement ou s’il pensait revenir. 

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Aliona  n’a que onze ans lorsqu’elle apprend que son père a disparu lors d’un naufrage en mer. Parti au loin, à Istanbul, pour enfin voguer sur cette mer qui l’a tant attiré toute sa vie, lui pour qui les voyages étaient quasiment impossibles, à Minsk et dans la Biélorussie des années 90…. Et comment peut-on faire son deuil quand il ne reste que le vide et à jamais une dose d’incertitude ?

Dans ce roman, car c’est un roman malgré tout, la petite fille devenue femme part à la recherche de ce père, des instants volés à sa mémoire, des souvenirs de ceux qui en ont encore, du pourquoi ne se souvient-on pas que ce sont les derniers instants passés avec ceux qu’on aime, et pourquoi n’est-on pas capable de les vivre pleinement. Car la disparition est toujours soudaine, bouleversante, déchirante, et laisse cet amer goût de manque, d’absence, de vide.

Aliona  cherche son père. Son père et sa dipsomanie – une maladie – qui lui fait chercher l’oubli dans l’alcool, encore et toujours, jusqu’à la déchéance, pour affronter un avenir sans doute pas si enthousiasmant que ça. Son père et la famille qui le soutien mais qui parfois est excédée, sa femme, ses enfants, Slavka, le fils d’un premier mariage, un divorce comme une tare dans la Biélorussie communiste, son exclusion justement du parti communiste qui ne veut plus de lui. L’alcool comme un remède à la peur, de sortir, de vivre une autre vie que celle dont on rêve, pour oublier l’enfant mort, pour oublier les frustrations peut-être.

C’est un étonnant roman que propose Aliona Gloukhova à ses lecteurs. Un véritable travail d’introspection familiale dans lequel elle va puiser pour trouver les traces de son passé, et tracer un avenir où il faudra se reconstruire sans, sans le père, la mémoire, sans une certaine forme d’enfance, pour avancer bien droit vers demain.

«A quoi pense-t-il mon père, quand il monte sur le Tango ? Est-ce qu’il sent ce petit bruit, un grincement qu’on entend quand notre vie change d’un coup, a pris une décision précipitée, est-ce qu’il comprend qu’il va partir beaucoup plus loin qu’il ne l’avait prévu, est-ce qu’il sent que la mer qu’il avait portée en lui tout sa vie et qui l’étouffait, est-ce qu’il sent qu’à cet instant cette mer commence à se libérer ? 

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Catalogue éditeur : Verticales

«Je ne sais pas si Istanbul garde toujours les traces de ce qui s’est passé, je ne sais pas si je peux apprendre d’autres choses sur mon père. Ou peut-être le sais-je, mais je fais comme si je pouvais encore faire durer son histoire, je me mets à sa place et je suis toutes les pistes, même les fausses.»
Le 7 novembre 1995, alors qu’elle a onze ans, Aliona apprend que son père a disparu lors du naufrage d’un voilier au large de la Turquie. Contre-enquête initiatique menée à partir des lambeaux de souvenirs de la petite fille devenue adulte, ce roman ausculte l’impalpable attente, tout en inventant un destin à cet homme absent.

128 pages, 140 x 205 mm  / parution : 11 janvier 2018 / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782072761096/  Prix : 13,00 €

La désertion. Emmanuelle Lambert

« La désertion » d’Emmanuelle Lambert est un roman sur l’absence, sur la disparition inexpliquée d’un proche, et certainement sur la place que l’on accepte ou pas d’occuper dans la société.

Domi_C_Lire_la_disparition.jpgDisparue, volatilisée ! Du jour au lendemain, Eva Silber n’est plus revenue au bureau, ni sur le banc où elle avait l’habitude de se poser les mardis et jeudis, ni dans les bras de son amant, nulle part, comme ça ! Mais, est-ce possible de disparaître ainsi ?

Dans ce roman construit en quatre parties, qui portent chacune le prénom de celui qui évoque la disparue, tout à tour  Franck, Marie-Claude, Paul, puis Eva racontent, expliquent, tentent de comprendre.
Car avouons-le, cela nous parait carrément impossible de s’évanouir dans la nature du jour au lendemain. Et pourtant… Eva exerce un travail étonnant, chaque jour elle doit rentrer des statistiques dans des tableaux impersonnels. Des statistiques ? Oui, mais pas n’importe lesquelles, car ce sont des morts qu’elle inventorie jour après jour, croix après croix, cas après cas, des morts sans nom et sans famille. Jusqu’au jour où la mort d’un tout jeune enfant perturbe l’ordre établi. Car Eva décide de lui donner un prénom qui n’existera qu’entre elle et lui pour faire vivre à ses côtés la mémoire de l’enfant mort. Jusqu’au jour où Eva n’accepte plus…

Alors chacun raconte la disparue, du patron à l’attitude malsaine à la collègue faussement  compatissante, puis à l’inconnu futur amant transi, chacun tente de comprendre pourquoi et surtout comment ils auraient pu, ou dû, voir ? Que s’est-il passé ? Et surtout pourquoi le silence, car alors, que penser de la relation tissée avec celle qui a fait désertion.

Un roman surprenant, incisif et désespéré, où les personnages se dévoilent peu à peu dans ce qu’ils ont de plus intime, cette part d’humanité ou de violence, de silence et de secrets, de solitude et d’incompréhension.

💙💙

Dans le même esprit, la disparition d’un proche, lire  aussi le roman d’Emmanuelle Grangé Son absence (68 premiers romans).


Catalogue éditeur : Stock

« Le premier jour d’absence il était descendu à l’heure du déjeuner pour l’attendre dans le parc, caché derrière l’arbre d’où il observait la sortie de ses subordonnés. Il avait ensuite vérifié les registres de la badgeuse. Aucune trace d’elle. » Un jour, Eva Silber disparaît volontairement. Pourquoi a-telle abandonné son métier, ses amis, son compagnon, sans aucune explication ? Tandis que, tour à tour, ses proches se souviennent, le fait divers glisse vers un récit inquiétant, un roman-enquête imprévisible à la recherche de la disparue.

Parution : 17/01/2018 / 160 pages / Format : 136 x 215 mm / EAN : 9782234084957 / Prix : 15.00 €

 

Son absence. Emmanuelle Grangé

Avec « Son absence » Emmanuelle Grangé tire doucement le fil de la mémoire familiale, pour retrouver les manques et combler les vides. Un roman découvert dans la sélection de septembre 2017 par les 68 premiers romans.

Domi_C_Lire_son_absence.jpgAndré Munch est un père et un époux fort peu sympathique. Méchant avec ses enfants, avec sa femme, il reporte tout son amour à ses bonzaïs qui envahissent peu à peu toutes les surfaces planes de l’appartement familial.
Un jour, le fils, François Munch, disparait. Son père, ses frères et sœurs, tous ont reçu un courrier identique leur disant qu’il partait loin, qu’il ne reviendrait pas et qu’il ne fallait pas le rechercher… Il y a maintenant 20 ans, et toute la famille se retrouve au tribunal pour constater l’absence, incompréhensible mais définitive.

Alors chacun se souvient de François, des derniers moments passés avec ce frère qui n’a rien dévoilé, et s’interroge. Forcément, fort de ces souvenirs si intimes avec l’absent, chacun aura ses propres questionnements et sa version de ce départ, de cette vie sans eux. Qu’auraient-ils dû comprendre, qu’auraient-ils dû sentir, à côté de quels signes sont-ils passés sans même s’en rendre compte ? Car l’absence est là, elle pèse sur leurs vies, et pour chacun différemment. L’absence et le manque, celui de tous ces moments à vivre avec, ou le manque de ces moments, de cet amour, qu’on n’a pas su échanger, montrer, savourer ?

Et tous, inlassablement, se posent cette question lancinante : pourquoi, pourquoi est-il parti ? Pourtant, depuis, tous à leur façon ont vécu ces années sans l’absent, continué à respirer l’air qu’ils avaient respiré ensemble, à aimer le ciel et la mer qu’ils avaient aimé ensemble. Et si c’était ça aussi la résilience, continuer à vivre ?

Un roman sur l’absence, sur le silence, sur l’incompréhension que peut provoquer dans une famille le départ inexpliqué d’un proche. Et quand le disparu s’est évanoui dans la nature, comment faire son deuil, accepter, comprendre pour avancer. Un premier roman intéressant, qui interroge peut-être parfois en surface, mais qui a le mérite de poser des questions sur les apparences, les familles qui semblent unies mais où la parole n’est pas toujours libérée, ou l’entente n’est peut-être que de façade.

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Catalogue éditeur : Arléa

Comme c’est puissant et inflexible, une famille ! C’est tranquille comme un corps, comme un organe qui bouge à peine, qui respire rêveusement jusqu’au moment des périls, mais c’est plein de secrets, de ripostes latentes, d’une fureur et d’une rapidité biologiques, comme une anémone de mer au fond d’un pli de granit…
Cette phrase de Paul Nizan tirée de son roman La conspiration pourrait servir d’exergue à ce beau premier roman d’Emmanuelle Grangé.

En 1995, un jeune homme, François Munch, disparaît sans motif apparent. Il envoie une carte postale laconique à sa famille, il y annonce son départ définitif. Ses parents, ses frères et sœurs pensent alors à une fugue, une folie passagère. François ne réapparaîtra pas.
Sans plus de nouvelles du fugitif, la famille se rend au tribunal vingt ans après, délai légal, pour y signer la « déclaration d’absence » en vue de protéger ses intérêts et son patrimoine. Lire la suite…

Collection : 1er Mille / août 2017 / 152 pages / 17 € / Dimensions : 13 x 19 cm / ISBN : 9782363081421