Le soldat désaccordé, Gilles Marchand

Un roman d’amour et de guerre

Merci mille fois Gilles Marchand de m’embarquer à chaque fois avec tes personnages singuliers, décalés, et tellement attachants. Merci pour ces oubliés de la grande Histoire qui font la beauté de tes histoires, celles que l’on aime tant découvrir et qui nous enchantent à chaque fois malgré les vies cassées et parfois difficiles que tu leur fait vivre. Le soldat désaccordé en est de nouveau la preuve, et comme à chaque nouveau roman il m’a été impossible de lâcher ce livre, avec une fois terminé un puissant sentiment de frustration d’avoir déjà terminé cette lecture émouvante et réjouissante à la fois.

Le narrateur a fait la guerre, la moche, enfin moche elles le sont toutes forcément. Mais la sienne devait durer le temps d’un été et de fait elle s’est embourbée pendant quatre ans dans les tranchées obscures et pouilleuses du Nord de la France. Retour plus vite que prévu avec une main en moins. Une chance là aussi, quand il regarde ces gueules cassées et tous ces soldats désespérés qui n’ont jamais retrouvé une vie normale, il se trouverait presque chanceux.

Nous sommes dans les années 20, il cherche pour sa mère éplorée un soldat qui a disparu. C’est devenu son activité à plein temps, rechercher les disparus, savoir où et quand ils sont tombés ou si finalement ils ne se seraient pas évaporés. Cela ferait tellement de bien à leurs proches de pouvoir mettre un nom dans la bonne colonne, celle des morts plutôt que celle des disparus, de savoir enfin. Et à la veuve qui pourra ainsi toucher sa pension, ou à la commune qui ajoutera un nom sur son monument aux morts. Mais aussi réhabiliter les fusillés pour l’exemple.

Alors il enquête, qu’est devenu Émile Joplain ?

De rencontre en investigation, le voilà sur la piste de Lucie, jeune alsacienne dont Émile se serait épris. Comment, une alsacienne, l’ennemie, l’allemande, et qui plus est une domestique ! Un amour prohibé et rejeté par sa mère. Il faut dire que Jeanne Joplain a des principes et dans ceux-là n’entre pas le bonheur de son fils. Pourtant dans les tranchées, sous les bombes et les coups de canons, malgré la pluie le froid les poux la faim, Émile écrit chaque jour à sa bien-aimée. Car l’amour est aussi ce qui permet à ces jeunes soldats de tenir le coup.

Il faut remonter l’histoire, mener l’enquête, sous les pluies obus, à Verdun, sur les champs de bataille, dans la boue des tranchées et suivre le fil des combats, des déplacements, des disparitions. Partir dans les hôpitaux à l’arrière, sur le front à Arras, à Vimy, rencontrer la Fille de la Lune, les amérindiens et leur langage codé, soutien des Canadiens venus renforcer les armées déjà bien malmenés par tant d’années de guerre. Mais aussi des morceaux de canassons, des moustaches, des corps sans tête, des bouches sans personne…

Et un jour, qui sait, écouter les paroles d’un accordéoniste aveugle…

Gilles marchand a les mots pour dire l’horreur, l’indicible, les souffrances et le silence de ceux qui sont revenus, les blessures, les ordres irresponsables qu’il faut exécuter au risque d’être fusillé, la folie qui guette ces hommes autant que la mort sous le feu ennemi. Et ces deux provinces, l’Alsace et la Lorraine restées allemandes depuis quarante ans et qu’il faut libérer. À tord ou à raison, étaient-ils français ou allemands, difficile de savoir. Pour dire la folie de la guerre qu’elle qu’elle soit. Il a aussi les mots pour dire l’amour, absolu, immortel, éternel, et rendre à la vie sa beauté.

Catalogue éditeur : Aux Forges de Vulcain

Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

Prix 18.00 € / 208 pages / ISBN : 978-2-373-05648-8 / Date de parution : 19 Août 2022

Les gardiens du phare, Emma Stonex

Retour sur une disparition inquiétante dans un phare de haute mer

En 1972, au phare de Maiden, lors de la rotation des gardiens, les nouveaux arrivants découvrent un phare vide. Pourtant les couverts sont mis pour le repas des trois gardiens, et la porte d’accès au phare est fermée à clé de l’intérieur. Mais il est absolument impossible de quitter le rocher et s’en aller seul, d’autant que le mauvais temps des heures précédent la découverte ne pouvait pas permettre l’approche d’un bateau.

Vingt ans plus tard, le mystère reste entier. Un auteur décide de mener l’enquête et d’interviewer les trois veuves. Si leur envie de soulever la poussière qui recouvre cette triple disparition est différente selon chacune d’elle, veuve éplorée, mère trop débordée ou femme ayant tourné la page, elles finissent par accepter de le rencontrer et de lui confier leurs souvenirs et leurs ressentiments.

Les événements sont alors racontés par différents points de vues, les gardiens, les veuves, qui permettent au lecteur de comprendre à chaque fois une partie de l’histoire et surtout de mieux démêler les relations parfois ambiguës qui se sont développées entre les trois couples. On le sait bien, poser des questions n’apporte pas toujours des solutions réconfortantes.

Peu à peu, le voile se lève et le lecteur apprend les envies et les actions de chacun, et surtout leurs implications dans la vie tranquille mais parfois pesante de cette petite bourgade qui vit malgré tout à l’écart du monde.

Difficile de cacher les faux semblants, les relations ambiguës, les amours illicites ou les ambitions démesurées dans le microcosme composé par les familles des différents gardiens. Les non-dits, les trahisons, les mensonges prennent alors toute leur importance sous la plume de l’écrivain enquêteur. Inspiré d’une histoire vraie et malgré quelques longueurs, voilà une intrigue qui nous tient en haleine jusqu’au bout.

J’ai aimé l’alternance homme femme des voix de Christine Braconnier, Guillaume Orsat qui donne une épaisseur particulière à chaque personnage. Les femmes prennent toute leur importance, leurs secrets, leurs non dits, leurs espoirs sont bien mis en valeur avec sobriété et force, et ce malgré parfois quelques longueurs ou redites dans leurs témoignages. Le duo restitue particulièrement bien une ambiance à la fois mystérieuse, sombre et pesante.

Un des intérêts du roman, outre l’intrigue autour de la disparition mystérieuse des trois gardiens, réside dans la description de la vie parfois difficile de ces hommes qui exercent un métier très solitaire, métier aujourd’hui disparu avec l’automatisation des phare de pleine mer. Et de contraintes de cette vie de communauté non choisie qui se répercutent sur leur entourage.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2022

Catalogue éditeur : Audiolib Stock

Au cœur de l’hiver 1972, à plusieurs milles de la côte de Cornouailles, une barque brave la mer pour rejoindre le phare du Maiden Rock. À son bord, se trouve la relève tant attendue par les gardiens. Pourtant, quand elle accoste enfin, personne ne vient à sa rencontre. Le phare est vide. La porte d’entrée est verrouillée de l’intérieur, les deux horloges sont arrêtées à la même heure et le registre météo décrit une tempête qui n’a pas eu lieu.
Les trois gardiens se sont volatilisés.
Vingt ans plus tard, alors que les flots semblent avoir englouti pour toujours leurs fantômes, les veuves des trois hommes ne peuvent se résoudre à tourner la page. Le vernis se craquelle, le sel de la mer envahit le présent, et les secrets profondément enfouis refont surface.

Traduit par Emmanuelle Aronson

Durée 9h30 / EAN 9791035408145 Prix du format cd 23,45 € / EAN numérique 9791035408503 Prix du format numérique 21,45 € / Date de parution 13/04/2022

Danger en rive, Nathalie Rheims

Harcèlement, traumatisme, perte de mémoire, disparition, dans un roman qui a tout du roman noir

La narratrice est une autrice qui a cessé d’écrire et décidé de disparaître. Elle vit désormais dans la maison qu’elle avait achetée des années auparavant, dans un petit village normand en pays d’Auge. Elle se terre loin du monde auquel elle appartenait pourtant avec un certain bonheur. Son changement de vie fait suite à une hospitalisation qui a failli lui être fatale. Elle vit avec Paul, ce chien fidèle qui l’accompagne partout où elle va, y compris ce matin là lorsqu’elle trouve une Clio bleue bizarrement garée au bord de la route, personne à bord, clé bien visibles.

Une impulsion et elle rentre dans le véhicule, le fouille, y trouve un bracelet qu’elle emporte discrètement chez elle. Puis elle part déclarer cette étrange rencontre à la police locale. Ensuite, elle écoute dans le village ce qu’il peut bien se dire de cet incident. En parle-t-on sur les réseaux sociaux ? Sait-on à qui appartient cette voiture ? A-t-on retrouvé la femme disparue qui semble y être liée ?

A mesure de l’intrigue, on comprend peu à peu que cette femme à quasiment perdu la mémoire à la suite d’un fort traumatisme liée au harcèlement dont elle a été victime cinq ans plus tôt. Et les bribes lui reviennent, la douleur, la souffrance, la seule issue qu’elle trouve dans la fuite. Surtout au moment où le harceleur en question semble être de retour. Son seul salut est dans un désir d’écrire à nouveau, comme une catharsis qui pourrait l’aider à panser ses plaies et à raviver sa mémoire. Car elle le sait depuis toujours, l’imaginaire est bien pire que le réel. Le lecteur quant à lui se demande que viennent faire cette voiture, cette rencontre dans son histoire, dans sa recherche des souvenirs disparus. Et la question se pose de savoir si par des mots posés sur le papier elle pourrait enfin traverser le gouffre qui s’ouvre devant elle avec le retour de son harceleur.

L’autrice aborde ici le traumatisme liée au harcèlement quel qu’il soit. Et la situation des harcelés souvent incompris par ceux qui les entourent ou même par la police ou la justice. Eux qui souvent passent pour faibles et uniquement victimes, sans que l’on prenne en compte la souffrance réellement endurée. Elle aborde également le rôle des réseaux sociaux. Leur influence sur des populations souvent crédules qui gobent la moindre information sans jamais chercher à la vérifier. j’ai apprécié le sujet de la perte de mémoire traité par l’autrice, et les situations ou le désespoir que cela peut aussi entraîner, qui nous fait penser aux amnésies causées par de grands traumatismes, mais aussi aux malades d’Alzheimer et à leur proches.

Enfin, le retournement final apporte une touche roman noir et explique finalement assez bien le comportement de la narratrice. De la magie des installations artistiques appliquées à l’écrit. Étrange roman dont les protagonistes ne m’ont cependant pas vraiment touchée.

De Nathalie Rheims, retrouvez également ma chronique du précédent roman Les reins et les cœurs.

Catalogue éditeur : éditions Léo Sheer

La narratrice de ce roman a décidé, un jour, de couper les ponts avec le monde qui l’entoure, de renoncer à sa carrière d’écrivain, de quitter Paris pour se réfugier dans sa maison, perdue dans la campagne, au milieu du Pays d’Auge.
Cela fait maintenant cinq ans qu’elle vit là, recluse, parfaitement solitaire, en dehors de son chien, Paul, qui l’accompagne partout. Depuis, elle n’a plus écrit une ligne.
À l’origine de ce changement de vie, il y a un traumatisme, si violent qu’elle en a perdu la mémoire. Des bribes de souvenirs vont pourtant refaire surface.
Elle découvre alors qu’elle a été la victime d’un harceleur qui ne lui a laissé aucun répit, au point qu’elle a failli y perdre la vie.
Ce personnage monstrueux a réussi à s’échapper et à la retrouver. Cette fois, elle n’a plus le choix : ce sera lui ou elle.

Parution le 1er septembre 2021 / 192 pages / 17 euros / EAN 9782756113593

Bélhazar, Jérôme Chantreau

Entrer dans le monde énigmatique de Bélhasar pour enfin se retrouver

Bélhazar est un élève prometteur, un enfant précoce, de ces enfants que la société a tant de mal à comprendre et à accepter. Dix-huit ans, ce n’est certainement pas un âge pour mourir, encore moins lors qu’une interpellation de police qui tourne mal, et qui plus est, tué par sa propre arme. C’est pourtant ce qui est arrivé à Bélhazar en 2013. Alors, bavure, accident, suicide comme on a bien voulu le faire croire, que doit-on en penser.

Une affaire étrange, dont on a peu parlé mais sur laquelle Jérôme Chantreau décide un jour de faire la lumière. Car si la police et la justice ont tôt fait de conclure à un suicide qui arrange bien les autorités et les délivre de toute responsabilité, les parents eux, se posent bien des questions.

Antoine Bélhazar est un garçon différent, brillant. Jamais vêtu d’un tee-shirt, mais toujours d’une chemise et d’un grand manteau, il dénote terriblement dans sa classe ou dans la cour de l’école. Et cette différence, comme son intelligence, en font un souffre douleur, mais aussi un jeune homme hors norme.

Rêveur, collectionneur fou, artiste, passionné, inspiré, unique, il mène rapidement sa vie en dehors des sentiers battus, et surtout de la vie normale d’un enfant ou d’un adolescent. Passionné par la guerre et par les armes à feu, il les collectionne, apprend à tirer au club de tir et compte bien trouver un métier en relation avec cette passion dévorante. Mais Bélhazar est aussi quelqu’un qui vit dans le monde d’Alice au Pays des Merveilles, avec son lapin blanc dans sa forêt magique, à la limite du monde merveilleux et enchanté de ces histoires qu’il aime tant. Un monde dans lequel peu à peu va le suivre l’auteur, passant insensiblement de la recherche de vérité à la magie d’un monde parallèle accessible aux seuls initiés, ceux qui savent comment passer de l’autre côté du miroir.

Difficile alors de cerner le personnage, de trouver la réponse au pourquoi et comment est-il mort, et d’apporter aide et soulagement aux parents.

Le long cheminement de l’auteur vers un semblant de vérité au côtés de ce jeune homme unique, lunaire, magnifique, est avant tout un chemin vers une meilleure connaissance de lui-même et de ce qui l’entoure, de ce vers quoi il veut aller. Un moyen d’évoluer et de se trouver là où il pensait seulement cerner cet élève singulier, énigmatique et magnétique à l’imagination et à la créativité débordantes.

Un livre étrange qui nous parle d’un disparu auquel on s’attache sans parvenir à le cerner vraiment. Mais est-ce vraiment le but, l’auteur ne cherche-t-il pas plutôt à mieux se connaître à travers cette relation à l’autre, à celui qui a disparu et à ceux qui l’ont aimé.

Catalogue éditeur : Les éditions Phébus

Février 2013 : Bélhazar, un jeune homme sans histoire, décède lors d’un contrôle de police. Accident? Bavure ? Suicide, comme l’avance le rapport officiel ? L’affaire en reste là. Passée sous silence, elle tombe dans l’oubli.

Jusqu’à ce que Jérôme Chantreau décide de mener l’enquête. Professeur de français et de latin, il avait eu pour élève le jeune Bélhazar. L’auteur se plonge dans le passé, interroge les souvenirs.
Mais se heurte à la malédiction qui semble entourer ce drame. Que s’est-il vraiment passé ce soir d’hiver ?

Et par-dessus tout, qui était Bélhazar ? Adolescent hypnotique ? Artiste précoce ? Dandy poète laissant derrière lui un jeu de piste digne d’Alice au pays des merveilles ?

Jérôme Chantreau écrit contre l’oubli, et pour la vérité. Le crime est-il vraiment là où l’on croit ?
Les faits sont réels, mais ils ne disent pas le vrai. Pour comprendre enfin, l’histoire de Bélhazar exige une mise à nu totale : celle de l’auteur. Son engagement inconditionnel emporte le lecteur dans un labyrinthe d’indices et d’émotions.

Parution : 19/08/2021 / Prix : 19,00 € / Format : 20.5 x 14 cm, 320p. / ISBN : 978-2-7529-1237-4

Francesca, Lina Bengtsdotter

Quand une inspectrice boderline résoud un énigmatique cold case

Charlie Lager est une inspectrice tourmentée depuis sa dernière enquête sur la disparition d’une jeune femme, Annabelle. Mais pas seulement par cela, car sa vie semble bien compliquée. Pourtant, lorsque son chef lui demande de prendre quelques jours de congés pour se ressaisir, c’est vers Gullspång qu’elle se tourne. Gullspång, la ville où s’est déroulée l’enquête et où elle a grandit. Elle vient soutenir Susanne, l’amie d’enfance tout juste larguée par son mari. Mais des rêves récurrents lui rappellent une autre disparition qui a eu lieu trente ans plus tôt.

Elle est secondée par Johan, un journaliste qui souhaite écrire un papier sur des cold case ayant pour sujet des disparitions. Ils se lancent à la recherche d’indices. Dans cette ville pauvre où la jeunesse désœuvrée n’a pas grand chose à espérer, si ce n’est partager quelques beuveries ou quelques joints, l’enquête s’avère compliquée. L’auteur alterne l’enquête de Charlie avec le récit de Francesca, des années auparavant, pour nous mener par le bout du nez vers un final très habilement mené. On s’y laisse prendre et la lecture devient rapidement addictive.

Ce que j’ai aimé ?

Découvrir une nouvelle autrice nordique à la plume bien trempée. Caractères, situations et psychologie des personnages sont bien campés. La vie dans cette bourgade tout comme les états d’âme des jeunes mais aussi ceux de la police de Stockholm sont finalement tout à fait universels. Les descriptions et l’environnement constituent un dépaysement assez fort pour avoir envie d’y retourner.

Par contre, je n’avais pas lu le premier roman, Annabelle, mais avec les nombreux retours et allusions à la précédente enquête, il me semble important de l’avoir lu avant pour apprécier encore mieux celui-ci.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Marabout, Le Livre de Poche

Charlie Lager espérait ne plus avoir à revenir à Gullspång, la petite ville où elle a grandi. Mais voici qu’une affaire non résolue refait surface : une trentaine d’années plus tôt, Francesca, seize ans, avait quitté la propriété familiale sans laisser de trace. Quelque chose dans cette histoire préoccupe Charlie, qui ne tarde pas à faire des rêves étranges. Lorsque son amie d’enfance, Susanne, que son mari vient de quitter, lui demande de la soutenir, Charlie la rejoint aussitôt. Elle embarque avec elle ses cauchemars et les questions sans réponse sur la disparition de Francesca. Rapidement, elle est confrontée au silence de ceux qui n’apprécient pas qu’on vienne déterrer les vieux dossiers.

Après Annabelle, Lina Bengtsdotter nous plonge dans une nouvelle enquête sans répit de l’inspectrice Charlie Lager.

Traduit du suédois par Anna Gibson.

Prix 8,40€ / 480 pages / Date de parution : 07/04/2021 / EAN : 9782253079330

Vivre avec nos morts, Delphine Horvilleur

Un livre lumineux et indispensable pour trouver le chemin vers notre propre finalité

La mort, comme une fin inéluctable, mais la mort parfois comme une angoisse, un abandon, une fuite, une absence ou peut-être même un soulagement. Delphine Horvilleur la connaît mieux que quiconque tant elle a accompagné de perdants vers la dernière demeure de leurs proches.

Rabbin laïc comme on a pu la présenter lorsqu’elle préparait les obsèques d’Elsa Cayat, elle accepte à la fois le sens et l’image que ces deux mots accolés renvoient à ceux qui les entendent. Par des mots à la fois simples et chargés de sens, par une intelligence et une compréhension de l’autre qui transpirent à chaque ligne, elle nous montre un chemin vers ce qui nous angoisse le plus, le décès de nos proches et notre propre finalité.

Parler d’eux pour nous parler de nous en quelque sorte, pour nous aider à faire un premier pas vers le deuil.

Le recours aux textes, leurs explications ou au contraire les déchirement qu’il y a eu à travers l’histoire pour les interpréter sont là pour ponctuer tous ces témoignages et alléger le chagrin de l’absence inéluctable et définitive. Sarah, Elsa et Marc, Ilan Halimi ou Itzak Rabin, Simone et Marceline, et tous les anonymes qui se présentent à nous le temps de quelques mots, à travers les souvenirs de ceux qui les ont côtoyés, disent à la fois cette absence et l’amour des vivants pour leurs disparus.

L’écriture est brillante mais jamais ostentatoire, émouvante mais jamais larmoyante. Un livre important, à lire, relire et partager.

Catalogue éditeur : Grasset

« Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis… »

Être rabbin, c’est vivre avec la mort : celle des autres, celle des vôtres. Mais c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent : « Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l’histoire pour la première fois des clefs inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits. »

A travers onze chapitres, Delphine Horvilleur superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés : le récit, la réflexion et la confession. Le récit d’une vie interrompue (célèbre ou anonyme), la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli. Nous vivons tous avec des fantômes : « Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des histoires qu’on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que nous parlons.» Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants et les morts. « Le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte pour s’assurer qu’elle reste ouverte » et de permettre à chacun de faire la paix avec ses fantômes…

Parution : 3 Mars 2021/ Format : 133 x 205 MM / Pages : 234 / EAN : 9782246826941 prix 19,50€ / EAN numérique: 9782246826958 prix 13, 99€

Deuils, Eduardo Halfon

Le récit émouvant et parfois drôle d’une quête intime autour d’un secret de famille

Au Guatemala, le petit Salomón est mort noyé dans le lac d’Amatitlán à l’âge de cinq ans.  Enfin, c’est ce que raconte la légende familiale, mais est-ce exact ?

Salomón était le frère ainé du père d’Eduardo…. Il porte un prénom transmis de génération en génération et présent dans les familles des deux grands-pères, l’un juif arrivant de Pologne, l’autre du Liban. Mais depuis sa mort mystérieuse, il n’y a plus personne pour perpétuer ce prénom. Alors le narrateur cherche dans ses souvenirs à quel moment et en quels termes on a lui parlé de cet oncle disparu trop tôt. Et surtout à faire affleurer à sa conscience tous les non-dits, tous les secrets, les mystères qui entourent ce décès.

Les souvenirs défilent, ceux de l’enfance, ceux plus flous des conversations entre adultes écoutées  en cachette, ces mots devinés, extrapolés, impliquant des situations biaisées, des histoires que se racontent les enfants quand on ne leur dit pas simplement la vérité.

Mais la recherche de Salomón n’est-elle pas avant tout prétexte à revisiter tous les lieux où ont vécu les différents membres de cette famille rescapée de l’holocauste, et à tenter de comprendre pourquoi un silence aussi pesant entoure cette mort accidentelle.

De la Pologne au Guatemala puis de Miami à New York, un récit comme une quête intime. Courir après les mots enfouis dans les souvenirs de l’enfant, à la recherche de l’oncle ou de sa propre vie. Écrire pour mieux se connaitre. Chercher dans les racines pour comprendre d’où l’on vient. Refaire le voyage depuis l’enfer des camps jusqu’aux États-Unis. Communier avec cette famille d’exilés. Une écriture concise toute en sobriété rend le récit dynamique et vivant, émouvant et parfois drôle,  malgré les douleurs ainsi révélées. Le lecteur voyage dans les souvenirs et au fil des escales peut enfin comprendre les sentiments du narrateur.

Citation :

Mon père m’expliqua qu’en hébreu il existe un mot pour qualifier une femme qui a perdu son enfant. Peut-être parce que cette douleur est si grande et si spécifique qu’elle a besoin d’avoir son propre mot. Sh’Khol, c’est comme ça qu’on dit en hébreu, me confia-t-il.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue éditeur : La Table Ronde et Le livre de Poche

Il s’appelait Salomón. Il est mort à l’âge de cinq ans, noyé dans le lac d’Amatitlán. C’est ce qu’on me racontait, enfant, au Guatemala.

Le narrateur éponyme d’Eduardo Halfon voyage au Guatemala à la recherche de secrets qui le hantent. Il tente de démêler le vrai du faux parmi les histoires contradictoires et interdites de la famille de son père. Et plus particulièrement l’histoire de son oncle Salomón qui s’était noyé, enfant, dans le lac Amatitlán. De quoi Salomón est-il vraiment mort ? Plus il avance, plus le narrateur comprend que la vérité réside dans son propre passé enfoui, dans la brutalité du Guatemala des années 1970 et son exil en Floride.

Un roman profond et émouvant, qui appuie la réputation de son auteur, un de ces écrivains qui savent dire beaucoup en peu de mots.

Prix : 6,70€ / 128 pages / Date de parution : 15/01/2020 / EAN : 9782253237730

L’étrange histoire du collectionneur de papillons, Rhidian Brook

A la recherche des papillons perdus, un roman sur la quête et la relation au père

Alors qu’il vient de perdre son père au pays de Galles, le jeune Llew Jones décide de partir quelques temps aux États-Unis pour écrire et visiter le pays. Il se pose dans un premier temps chez une tante qui lui prête sa maison dans les Catskills. Il s’est proposé de ranger la bibliothèque aux mille livres. Pourtant, le paysage et la quiétude des lieux  le poussent d’avantage à la fumette et à la rêverie solitaire. Alors qu’il est en train de lire au bord de l’eau, il rencontre un très étrange bonhomme à la palabre facile accompagné d’une énigmatique jeune femme fort séduisante. Joseph Bosco est volubile et convainquant, les mots sortent de sa bouche en rafale, Llew est immédiatement conquis. Surtout lorsque ce dernier lui propose de l’accompagner.

Débute alors pour lui une étrange collaboration avec Joe, éleveur et collectionneur de papillons. Ce dernier parcourt le pays pour vendre les collections de son père, un célèbre entomologiste qui a abandonné sa famille pour assouvir sa passion. Llew est rebaptisé Rip Van Jones par Joe le bonimenteur, un nom plus accrocheur pour servir leur commerce. Rip fait ensuite la connaissance de la famille au grand complet, de leur manoir étrange, et de leurs différentes collections de papillons, rares, sous verre ou dans les serres d’élevage.

Rip, Joe et sa sœur Mary embarquent pour un road trip à travers l’Amérique, de ville en ville afin de vendre leurs beaux papillons aux fleuristes et autres collectionneurs d’espèces rares. Mais le voyage s’avère plus complexe que prévu et le commerce de papillons pas aussi honnête qu’il en a l’air. Jusqu’au moment où Joe disparait.

Le roman alterne entre le présent, Rip est en prison, et les souvenirs qu’il va coucher sur le papier. Par l’écriture, il tente de dénouer l’intrigue qu’il vient de vivre et de comprendre toute la complexité de cette famille qu’il a côtoyée. Wolff le père, fervent défenseur des espèces en voie de disparition évanoui dans la nature avec son filet à papillons ; Édith la mère, amère et défigurée dans un incendie qui a failli lui coûter la vie ; Mary, Isabelle et Joe, cette fratrie disparate aux aspirations si diverses ; puis Rip qui ne sait plus trop où il en est. Enfin, Joe, le personnage fantasque par excellence, le hâbleur qui invente les mots qu’il ne trouve pas pour raconter ses histoires, qui décrit un passé et des souvenirs qui changent à chaque version et qu’il est donc quasi impossible de cerner et de comprendre. Joe qui fascine Rip.

Étonnant parcours de ces deux jeunes hommes et de leur relation au père. L’un disparu au début de l’histoire, l’autre dont on devine qu’il ne l’est peut-être pas définitivement. Et toujours la difficulté de communiquer, de dire vraiment ce que l’on pense. Joe et ses discours pour cacher ce qu’il est vraiment, Rip et sa difficulté à écrire. Un roman qui parle davantage de sentiments et de recherche de soi  que d’enquête de police, même si disparition il y a. Une lecture plaisante qui fait voyager, et découvrir quelques espèces rares de papillons, on ne les regarde plus comme avant  après ça.

Catalogue éditeur : Fleuve

Traducteur : Hélène Amalric

1980, États-Unis.
Llew Jones, jeune Gallois d’une vingtaine d’années, souhaite voir les États-Unis et écrire le roman de sa vie.
Installé depuis peu dans la demeure de sa tante dans les montagnes Catskills, il passe son temps à flâner, fumer de l’herbe et lire.
Un beau matin, alors qu’il est plongé dans sa lecture au bord d’une rivière, un homme étrange l’aborde. Joe Bosco, vendeur de papillons aussi charismatique qu’exaspérant, lui propose de l’accompagner à travers le pays pour développer son commerce de spécimens rares.
Commence alors un voyage extraordinaire qui finit pourtant par échapper à leur contrôle, le jour où Joe disparaît. Llew se retrouve en prison et il n’a plus qu’une seule chance pour s’en sortir : convaincre tout le monde que sa version des faits est la bonne.

Rhidian Brook est l’auteur multi-récompensé de plusieurs romans dont notamment le best-seller La Maison de l’autre, traduit dans de nombreux pays et porté sur les écrans en 2019 sous le titre Cœurs ennemis.

Date de parution : 22/08/2019 / EAN : 9782265118355 / Pages : 528 / Format : 140 x 21.90 € / Prix : 21.90 € / Numérique : EAN : 9782823864205 / EPUB3 Prix : 15.99 €

Les nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason

Patrouiller la nuit dans les rues de Reykjavik, à la rencontre d’Erlendur, ou l’art du thriller par Indridason

Il y a les romans d’Indridason, avec son héros récurent Erlendur, et il y a un jour celui qui aurait pu être le tout premier de la série. Ce roman, qui nous présente les débuts de celui qui de viendra un flic bourru, taciturne et pugnace, intuitif et mutique. Il n’est pas forcément très doué en interrogatoires mais il réussit si bien à délier le fil de enquêtes auxquelles il s’attaque avec toujours la même envie de réussir.

En 1974, alors que le pays s’apprête à célébrer les 1 100 ans de la colonisation de cette île qui deviendra l’Islande, Erlendur rentre dans la police de Rekjavik. Il est affecté aux patrouilles de nuit qui contrôlent la faune interlope qui hante les bas-fonds de la ville. Accident, échauffourées entre clochards, suicides, et intervention suite à des violences faites aux femmes, la vie la nuit est un monde à part. Alors qu’il est appelé suite à la noyade d’un clochard, Erlendur reconnait cet homme qu’il avait croisé à plusieurs reprises. L’enquête tourne court, qui irait se soucier d’un marginal, parasite rejeté par la société. Mais Erlendur est un intuitif et cette mort l’intrigue. Il va rencontrer la famille d’Hannibal le clochard, et chercher à comprendre, même si cela n’entre pas dans ses attributions. Il faut dire que cette disparition et celle d’une femme disparue à peu près en même temps qu’Hannibal, ravive chez lui le souvenir de son frère disparu.

Tout au long du récit, on retrouve l’étrange caractère de ce flic un personnage atypique, son passé, la disparition de son frère, sa difficile relation avec celle qui deviendra la mère de sa fille (enfin on l’imagine), et ce caractère solitaire et taiseux. Ce roman est aussi prétexte à nous faire découvrir les nuits sombres de la capitale islandaise avec l’analyse d’une société qui n’est pas des plus réjouissantes. Marginaux qui dans le froid les doivent trouver coûte que coûte un abri pour rester en vie et se réchauffent à l’alcool à 70°, prostitution, violences conjugales, aussi réelles là qu’ailleurs, et pas forcément là où on les attend le plus car elles touchent toutes les strates de la société. Enfin, et là c’est plus léger, la passion du collègue d’Erlendur pour ce qui devrait révolutionner la cuisine traditionnelle, l’apparition des premiers fast-foods et des pizzas sur cette ile proche du pole.

Si j’ai parfois trouvé quelques longueurs, l’écoute de ce roman en version audio a cependant été vraiment très agréable. L’avantage c’est aussi que pour la première fois j’ai entendu ces noms imprononçables dont je me rends compte qu’à aucun moment dans mes nombreuses autres lectures de cet auteur je ne les avais prononcés, même pas en silence ! Là tout d’un coup, les noms des collègues, des suspects, des rues ou des villes, tout y est et prend vie autrement grâce à la voix de Jean-Marc Delhausse.

Catalogue éditeur : Audiolib pour la version audio, Métailié

La première affaire d’Erlendur.
Erlendur le solitaire vient d’entrer dans la police, et les rues de Reykjavik dans lesquelles il patrouille de nuit sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques… Des gamins trouvent en jouant dans un fossé le cadavre d’un clochard qu’il croisait régulièrement dans ses rondes. On conclut à l’accident et l’affaire est classée. Pourtant le destin de cet homme hante Erlendur et l’entraîne toujours plus loin dans les bas-fonds étranges et sombres de la ville. On découvre ici ce qui va faire l’essence de ce personnage taciturne : son intuition, son obstination à connaître la vérité, sa discrétion tenace pour résister aux pressions contre vents et marées, tout ce qui va séduire le commissaire Marion Briem.

Un livre audio lu par Jean-Marc Delhausse  Traduit par Eric Boury

Date de parution : 13 Mai 2015 / Durée : 8h17 / Prix public conseillé : 22.50 € / Livre audio 1CD MP3 / EAN Physique : 9782356419491

L’impasse, Olivier Descosse

Plonger dans ce thriller pour découvrir un auteur de roman policier à suivre, Olivier Descosse nous mène dans L’impasse et le lecteur aime ça

Mais qui est Marc Caron, cet auteur de romans noirs dont la vie bascule dans une intrigue aussi embrouillée que celles qu’il s’applique à dénouer dans ses bestsellers ?

Marc Caron est un auteur à succès, ses livres se vendent bien, il les travaille longtemps pour rendre ses intrigues crédibles, plonge dans la noirceur à chaque opus et ce réalisme plait. Son dernier roman est un franc succès, il pose la délicate question du jusqu’où peut-on aller par amour, pour sauver son fils par exemple. Pourtant, sa vie n’est plus un long fleuve tranquille, séances de psy, alcool et antidépresseurs à haute dose, son épouse Lucile -une femme merveilleuse issue d’une grande famille d’industriels- ne veut plus partager sa vie, et il délaisse tellement son fils Arthur, y compris les matins où il doit le garder, que ce dernier n’est plus vraiment enclin à partager ses journées avec ce père par trop indifférent.

Le jour où Lucile lui annonce qu’elle souhaite le quitter, sa vie bascule. Le lendemain à son réveil, Marc ne sait plus ce qu’il a fait pendant plusieurs heures, et son fils a disparu. Marc souffre de crise de somnambulisme mais ne veut rien révéler de son état dépressif, encore moins à son épouse.

Une course contre la montre commence alors. Cet homme que tout accuse de l’enlèvement de son fils doit arriver non seulement à prouver qu’il n’y est pour rien, mais également le retrouver car le temps presse. Le chemin est long et semé d’embuches. Interrogatoires, arrestation, rappeurs fous et gangs imprévisibles de la cité, intrigue flico-politico-financière ou vengeance d’un ennemi  aussi insoupçonné qu’organisé, Marc devra éprouver, prouver, démontrer.

Et l’angoisse et l’intrigue de s’étoffer peu à peu, après quelques pages où le lecteur ne sait pas trop où il va. Puis il embarque vers ces frontières de plus en plus sombres que Marc tente de suivre. Sa femme l’a quitté, son fils a disparu, vient la sidération suite à l’interrogatoire qu’il doit subir, face aux preuves qui s’amoncellent, l’avocat véreux, l’expérience traumatisante de la prison, et la confiance ou la crainte envers ses codétenus…

Je n’en dis pas plus, car il faut vraiment lire pour cheminer dans la tête de Marc, le voir slalomer entre les pièges qui se mettent en travers de son parcours et tenter de sortir de L’impasse. Tout au long de ces 630 pages, Olivier Descosse va nous tenir en haleine, fausses pistes, contre temps et espoir, explosion de violence et tendresse retrouvée, cauchemars et rêves fous, tout y passe et il nous mène par le bout du nez de façon tout à fait machiavélique.

J’ai passé un excellent moment de lecture, embarquée dans cette histoire où les pièges et les contradictions pimentent le parcours de l’écrivain maudit. Un auteur que je découvre et dont j’avoue n’avoir jamais entendu parler avant L’impasse.

Catalogue éditeur : Michel Lafon

Il a écrit le pire, à présent il le vit.

Marc Caron a tout pour être heureux. Une femme merveilleuse, Lucile ; un adorable fils de onze ans, Arthur ; et en tant qu’auteur de thrillers, un succès planétaire.

Alors pourquoi ces crises d’angoisse terrifiantes, ces cauchemars sanglants et ces épisodes de somnambulisme qui le laissent sans souvenirs au réveil ?
Seule certitude, depuis six mois il ne maîtrise plus rien.
Même si elle l’aime toujours, Lucile est à bout. Un soir, elle lui annonce qu’elle va le quitter et emmener leur fils.
Le lendemain, Arthur disparaît. Lire la suite…

Parution : 17/10/19 / Prix : 20.95 € / ISBN : 9782749940953