Les Vérités provisoires, Arnaud Dudek

Faut-il tout croire ? Faut-il seulement y croire ? C’est ce que va tenter de trouver Jules, le jeune héros du roman touchant et optimiste d‘Arnaud Dudek « Les Vérités provisoires »

Domi_C_Lire_les_verites_provisoires_arnaud_dudek_pocketCéline a disparu, du jour au lendemain, sans laisser aucune trace ! Comment est-ce possible ? Depuis deux ans sa famille la cherche partout, en vain. Les mois, les années s’installent, et Céline disparait peu à peu des mémoires, son image, sa voix, les souvenirs s’estompent peu à peu. Comment peut-on gérer dans une famille la disparition d’un être cher ? De façon différente pour chacun, mais ce qui est sûr, c’est que la famille explose et que nul ne s’en remet.

Jules, le jeune frère, est bien décidé à la chercher, à comprendre. Il s’installe dans l’appartement de Céline, et cherche les traces du passé, les pistes à remonter, les indices…

Comment lui, le menteur chronique, peut-il imaginer arriver là où personne n’a rien trouvé ? Car Jules n’en est pas à ses premiers mensonges, et ceux-ci n’ont rien d’anodin. Par exemple, annoncer son cancer à ses amis, puis ses opérations, sa rémission, voilà qui peut vous couper du monde qui vous entoure si un jour la vérité éclate. Et surtout, pour être un bon menteur, il est bon d’avoir une mémoire d’éléphant ! Alors finalement peut-être est-il vraiment le mieux placé pour soulever le mystère de la disparition de Céline ? Lui qui saura creuser, fouiller, les moindres détails que vont lui rappeler les objets dans l’appartement de Céline en leur donnant peut-être de multiples significations.

De hasards en rencontres, il va se lier d’amitié avec une voisine pour le moins singulière qui aime les tisanes aux goûts infâmes et aux noms tarabiscotés, et peu à peu l’amour s’installe, la vie se bouleverse, de nouvelles vérités se font jour. Aube d’une nouvelle vie pour Jules ? Et que croire, où est la vie ? Où est le mensonge ? Les Vérités provisoires d’Arnaud Dudek, un roman d’été à conseiller pour passer un bon moment, car il est réellement plus léger que tragique !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Pocket éditions, Alma

Deux ans que Céline Carenti a disparu, en descendant chercher du pain. Depuis, pas de nouvelles. Installé dans l’appartement que sa grande sœur occupait, Jules cherche des réponses. Mais les souvenirs ne disent pas tout. Rêveur et solitaire, le jeune homme est surtout un menteur pathologique : il s’invente même… Lire la suite

EAN : 9782266282420 / Nombre de pages : 168 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 16/05/2018 /
Alma éditions / Date de parution : 16 février 2017 / ISBN : 978-2-36279-207-6

Arnaud Dudek déménage souvent (en ce moment, il vit et travaille à Paris). Selon des sources concordantes, ce garçon discret serait né à Nancy, en 1979. Dans ses nouvelles (pour la revue littéraire Les Refusés ou pour Décapage) et dans ses romans (tous publiés chez Alma), il raconte les gens ordinaires avec humour et tendresse. Son premier roman, Rester sage (2012) a fait partie de la sélection finale du Goncourt du premier roman et a été adapté au théâtre par la Compagnie Oculus. Le second, Les Fuyants (2013), a été sélectionné pour le prix des lycéens et apprentis de Bourgogne. Le troisième, Une plage au pôle Nord (2015) est traduit en allemand.
Il est par ailleurs co-organisateur des rencontres littéraires AlternaLivres. Les Vérités provisoires est son quatrième roman.  (Source Pocket)

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Ceux qui restent, Busquet & Xoul

Tout en respectant les codes de l’intrigue policière, Ceux qui restent de Busquet & Xoul, reprend les thèmes du récit fantastique et ravira les amateurs du genre.

Domi_C_Lire_ceux_qui_restent_delcourt_bd.jpgAlors qu’il dort paisiblement dans son lit, Ben est réveillé par une étrange créature qui vient lui demander on aide. Car Ben, comme tous les enfants, à des capacités que n’ont pas, ou plus, les adultes, comme de voir d’étranges créatures peut-être ? Alors Ben embarque avec un Wumple pour le royaume d’Auxfanthas. Est-ce un rêve ? Est-ce une réalité ? Il doit bien y avoir une certaine réalité dans ce rêve, puisque au petit matin, Ben n’est plus dans son lit. Les parents, inquiets, avertissent la police. Les recherches commencent, nombreuses, longues, mais aucune trace de Ben, volatilisé dans une maison fermée, sans effraction ni violence apparente.

Quel mystère ! Bien sûr, les soupçons pèsent sur les parents, mais leur chagrin est si réel, leur désespoir si palpable, qu’il est impossible de les mettre en cause. Pendant l’absence de Ben, d’étranges individus viennent toquer à la porte de sa famille, car eux aussi ont connu ce phénomène… mais quel phénomène ? Les parents les rejettent.

Un jour, longtemps après, Ben réapparait. Si ses parents ont trouvé le temps long, pour lui il s’est passé à peine quelques heures. Ses explications semblent tout à fait loufoques, aider à combattre le mal dans un autre monde ? Parents et médecins estiment qu’il s’agit d’un problème psychologique, des inventions  d’enfant…

J’ai aimé le point de vue porté par les auteurs sur Ceux qui restent. Quand il y a une disparition, un rapt dans une famille, tant pour l’entourage familial que pour la société, cela ne correspond pas aux normes et entraine obligatoirement de la suspicion, du chagrin, une forme d’incompréhension et de doute.

Avec ses codes de thriller ou d’intrigue policière très lookée années 40, voilà une BD du scénariste Josep Busquet aidé par les couleurs, les traits et les ombres du dessin de Xöul, qui nous transporte dans un monde magique tout en nous laissant ancrés dans le quotidien. On découvre des parents anxieux, suspectés, malheureux, témoins de deux mondes, celui qui part, et ceux qui restent. Et pour une fois, le lecteur n’embarque pas dans le monde fantastique mais reste bien dans celui des parents, nous vivons cette étrange aventure avec eux, et nous devenons les témoins attentifs de leur traumatisme, de la douleur de ceux qui ont perdu un être cher, qui doivent vivre un deuil quel qu’il soit.

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Catalogue éditeur : Delcourt

Un soir, le jeune Ben part sauver un royaume magique d’un terrible danger, de la même manière que Wendy et ses frères suivirent Peter Pan. Mais ce qui ressemble à un rêve d’enfant se transforme en cauchemar pour ses parents.

Ben a disparu. Ses parents préviennent la police mais personne ne peut imaginer la réalité : leur enfant affronte mille dangers dans son royaume imaginaire. Mais un jour, il revient. Parents, police et psys pensent que Ben nie la réalité de ce qu’il a vécu. Avant de disparaître à nouveau. Seule une association regroupant des parents qui vivent les mêmes turpitudes pourra sans doute leur venir en aide…

Scénariste : BUSQUET Josep / Coloriste : XÖUL Alex / Illustrateur : XÖUL Alex

Série : DES GENS ORDINAIRES / Collection : HORS COLLECTION / Date de parution : 21/03/2018 / ISBN : 978-2-7560-5262-5 /

Dans l’eau je suis chez moi, Aliona Gloukhova

Dans son roman autobiographique « Dans l’eau je suis chez moi » Aliona Gloukhova suit toutes les pistes qui mènent jusqu’aux eaux noires qui ont englouti son père. A la recherche de sa propre vie et pour enfin comprendre qui elle est ?

Mon père a disparu et a laissé une porte ouverte derrière lui. On était obligé de l’attendre, on ne savait pas s’il était parti définitivement ou s’il pensait revenir. 

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Aliona  n’a que onze ans lorsqu’elle apprend que son père a disparu lors d’un naufrage en mer. Parti au loin, à Istanbul, pour enfin voguer sur cette mer qui l’a tant attiré toute sa vie, lui pour qui les voyages étaient quasiment impossibles, à Minsk et dans la Biélorussie des années 90…. Et comment peut-on faire son deuil quand il ne reste que le vide et à jamais une dose d’incertitude ?

Dans ce roman, car c’est un roman malgré tout, la petite fille devenue femme part à la recherche de ce père, des instants volés à sa mémoire, des souvenirs de ceux qui en ont encore, du pourquoi ne se souvient-on pas que ce sont les derniers instants passés avec ceux qu’on aime, et pourquoi n’est-on pas capable de les vivre pleinement. Car la disparition est toujours soudaine, bouleversante, déchirante, et laisse cet amer goût de manque, d’absence, de vide.

Aliona  cherche son père. Son père et sa dipsomanie – une maladie – qui lui fait chercher l’oubli dans l’alcool, encore et toujours, jusqu’à la déchéance, pour affronter un avenir sans doute pas si enthousiasmant que ça. Son père et la famille qui le soutien mais qui parfois est excédée, sa femme, ses enfants, Slavka, le fils d’un premier mariage, un divorce comme une tare dans la Biélorussie communiste, son exclusion justement du parti communiste qui ne veut plus de lui. L’alcool comme un remède à la peur, de sortir, de vivre une autre vie que celle dont on rêve, pour oublier l’enfant mort, pour oublier les frustrations peut-être.

C’est un étonnant roman que propose Aliona Gloukhova à ses lecteurs. Un véritable travail d’introspection familiale dans lequel elle va puiser pour trouver les traces de son passé, et tracer un avenir où il faudra se reconstruire sans, sans le père, la mémoire, sans une certaine forme d’enfance, pour avancer bien droit vers demain.

«A quoi pense-t-il mon père, quand il monte sur le Tango ? Est-ce qu’il sent ce petit bruit, un grincement qu’on entend quand notre vie change d’un coup, a pris une décision précipitée, est-ce qu’il comprend qu’il va partir beaucoup plus loin qu’il ne l’avait prévu, est-ce qu’il sent que la mer qu’il avait portée en lui tout sa vie et qui l’étouffait, est-ce qu’il sent qu’à cet instant cette mer commence à se libérer ? 

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Catalogue éditeur : Verticales

«Je ne sais pas si Istanbul garde toujours les traces de ce qui s’est passé, je ne sais pas si je peux apprendre d’autres choses sur mon père. Ou peut-être le sais-je, mais je fais comme si je pouvais encore faire durer son histoire, je me mets à sa place et je suis toutes les pistes, même les fausses.»
Le 7 novembre 1995, alors qu’elle a onze ans, Aliona apprend que son père a disparu lors du naufrage d’un voilier au large de la Turquie. Contre-enquête initiatique menée à partir des lambeaux de souvenirs de la petite fille devenue adulte, ce roman ausculte l’impalpable attente, tout en inventant un destin à cet homme absent.

128 pages, 140 x 205 mm  / parution : 11 janvier 2018 / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782072761096/  Prix : 13,00 €

La désertion. Emmanuelle Lambert

« La désertion » d’Emmanuelle Lambert est un roman sur l’absence, sur la disparition inexpliquée d’un proche, et certainement sur la place que l’on accepte ou pas d’occuper dans la société.

Domi_C_Lire_la_disparition.jpgDisparue, volatilisée ! Du jour au lendemain, Eva Silber n’est plus revenue au bureau, ni sur le banc où elle avait l’habitude de se poser les mardis et jeudis, ni dans les bras de son amant, nulle part, comme ça ! Mais, est-ce possible de disparaître ainsi ?

Dans ce roman construit en quatre parties, qui portent chacune le prénom de celui qui évoque la disparue, tout à tour  Franck, Marie-Claude, Paul, puis Eva racontent, expliquent, tentent de comprendre.
Car avouons-le, cela nous parait carrément impossible de s’évanouir dans la nature du jour au lendemain. Et pourtant… Eva exerce un travail étonnant, chaque jour elle doit rentrer des statistiques dans des tableaux impersonnels. Des statistiques ? Oui, mais pas n’importe lesquelles, car ce sont des morts qu’elle inventorie jour après jour, croix après croix, cas après cas, des morts sans nom et sans famille. Jusqu’au jour où la mort d’un tout jeune enfant perturbe l’ordre établi. Car Eva décide de lui donner un prénom qui n’existera qu’entre elle et lui pour faire vivre à ses côtés la mémoire de l’enfant mort. Jusqu’au jour où Eva n’accepte plus…

Alors chacun raconte la disparue, du patron à l’attitude malsaine à la collègue faussement  compatissante, puis à l’inconnu futur amant transi, chacun tente de comprendre pourquoi et surtout comment ils auraient pu, ou dû, voir ? Que s’est-il passé ? Et surtout pourquoi le silence, car alors, que penser de la relation tissée avec celle qui a fait désertion.

Un roman surprenant, incisif et désespéré, où les personnages se dévoilent peu à peu dans ce qu’ils ont de plus intime, cette part d’humanité ou de violence, de silence et de secrets, de solitude et d’incompréhension.

💙💙

Dans le même esprit, la disparition d’un proche, lire  aussi le roman d’Emmanuelle Grangé Son absence (68 premiers romans).


Catalogue éditeur : Stock

« Le premier jour d’absence il était descendu à l’heure du déjeuner pour l’attendre dans le parc, caché derrière l’arbre d’où il observait la sortie de ses subordonnés. Il avait ensuite vérifié les registres de la badgeuse. Aucune trace d’elle. » Un jour, Eva Silber disparaît volontairement. Pourquoi a-telle abandonné son métier, ses amis, son compagnon, sans aucune explication ? Tandis que, tour à tour, ses proches se souviennent, le fait divers glisse vers un récit inquiétant, un roman-enquête imprévisible à la recherche de la disparue.

Parution : 17/01/2018 / 160 pages / Format : 136 x 215 mm / EAN : 9782234084957 / Prix : 15.00 €

 

Son absence. Emmanuelle Grangé

Avec « Son absence » Emmanuelle Grangé tire doucement le fil de la mémoire familiale, pour retrouver les manques et combler les vides. Un roman découvert dans la sélection de septembre 2017 par les 68 premiers romans.

Domi_C_Lire_son_absence.jpgAndré Munch est un père et un époux fort peu sympathique. Méchant avec ses enfants, avec sa femme, il reporte tout son amour à ses bonzaïs qui envahissent peu à peu toutes les surfaces planes de l’appartement familial.
Un jour, le fils, François Munch, disparait. Son père, ses frères et sœurs, tous ont reçu un courrier identique leur disant qu’il partait loin, qu’il ne reviendrait pas et qu’il ne fallait pas le rechercher… Il y a maintenant 20 ans, et toute la famille se retrouve au tribunal pour constater l’absence, incompréhensible mais définitive.

Alors chacun se souvient de François, des derniers moments passés avec ce frère qui n’a rien dévoilé, et s’interroge. Forcément, fort de ces souvenirs si intimes avec l’absent, chacun aura ses propres questionnements et sa version de ce départ, de cette vie sans eux. Qu’auraient-ils dû comprendre, qu’auraient-ils dû sentir, à côté de quels signes sont-ils passés sans même s’en rendre compte ? Car l’absence est là, elle pèse sur leurs vies, et pour chacun différemment. L’absence et le manque, celui de tous ces moments à vivre avec, ou le manque de ces moments, de cet amour, qu’on n’a pas su échanger, montrer, savourer ?

Et tous, inlassablement, se posent cette question lancinante : pourquoi, pourquoi est-il parti ? Pourtant, depuis, tous à leur façon ont vécu ces années sans l’absent, continué à respirer l’air qu’ils avaient respiré ensemble, à aimer le ciel et la mer qu’ils avaient aimé ensemble. Et si c’était ça aussi la résilience, continuer à vivre ?

Un roman sur l’absence, sur le silence, sur l’incompréhension que peut provoquer dans une famille le départ inexpliqué d’un proche. Et quand le disparu s’est évanoui dans la nature, comment faire son deuil, accepter, comprendre pour avancer. Un premier roman intéressant, qui interroge peut-être parfois en surface, mais qui a le mérite de poser des questions sur les apparences, les familles qui semblent unies mais où la parole n’est pas toujours libérée, ou l’entente n’est peut-être que de façade.

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Catalogue éditeur : Arléa

Comme c’est puissant et inflexible, une famille ! C’est tranquille comme un corps, comme un organe qui bouge à peine, qui respire rêveusement jusqu’au moment des périls, mais c’est plein de secrets, de ripostes latentes, d’une fureur et d’une rapidité biologiques, comme une anémone de mer au fond d’un pli de granit…
Cette phrase de Paul Nizan tirée de son roman La conspiration pourrait servir d’exergue à ce beau premier roman d’Emmanuelle Grangé.

En 1995, un jeune homme, François Munch, disparaît sans motif apparent. Il envoie une carte postale laconique à sa famille, il y annonce son départ définitif. Ses parents, ses frères et sœurs pensent alors à une fugue, une folie passagère. François ne réapparaîtra pas.
Sans plus de nouvelles du fugitif, la famille se rend au tribunal vingt ans après, délai légal, pour y signer la « déclaration d’absence » en vue de protéger ses intérêts et son patrimoine. Lire la suite…

Collection : 1er Mille / août 2017 / 152 pages / 17 € / Dimensions : 13 x 19 cm / ISBN : 9782363081421

Éclipses japonaises. Eric Faye.

Étonnant roman d’Eric Faye, « Éclipses japonaises » nous dévoile les pratiques de la Corée du Nord dans les années 60, 70.

IMG_4351Au Japon, des femmes, des hommes, jeunes pour la plupart, disparaissent dans une région en bord de mer. Malgré des enquêtes de la police, nulle trace ne peut être trouvée. Mais alors, quel liens entre Naoko Tabane, une collégienne de treize ans qui disparait en 1977 alors qu’elle revenait de son cours de badminton, et Setsuko Okada, qui veut devenir infirmière et qui disparait avec sa mère en 1978 sur l’île de Sado, et avec Jim Selkirk, un  GI américain qui disparait à côté de la DMZ entre les deux Corées.

Pour chacun d’entre eux, la vie change brusquement lorsqu’ils sont brutalement enlevés, jetés dans un sac, puis sur un bateau, et se retrouvent dans un pays inconnu dans lequel ils devront accepter les règles, apprendre la langue, puis former de jeunes coréens à leur propre langue, leurs coutumes, leurs habitudes, en leur inculquant tous leurs souvenirs, afin d’en faire de parfaits japonais, ou américains, futur espions qui pourront ainsi se fondre dans une population qui nous pourra pas soupçonner leur réelle origine.

Pourquoi ? Où ? Cela se passe en Corée du Nord, dans les années 70. La pratique était courante d’enlever des personnes dans des pays étrangers, en fonction des besoins, des envies, y compris pour le plaisir de réaliser un spectacle ou un film, mais le plus souvent pour former de futurs espions.

Jusqu’au jour où, à Berlin, une jeune femme est arrêtée lors d’une escale. Elle a changé d’avion, et celui dans lequel elle était précédemment a explosé. Pourquoi, et  qui est cette jeune japonaise ? La vérité, ou du moins une partie de la vérité éclate au moment de l’explosion du vol 858 de la Korean Air en 1987.

L’écriture superbe d’Eric Faye, à la fois fine et parfaitement dosée, avec une grande justesse dans les descriptions des sentiments divers de ces jeunes, nous emporte dans leurs têtes, nous fait comprendre les souffrances, les atermoiements, les doutes, et aussi les espoirs, tout au long de ces longues années loin de chez eux ou chez elles. Devenues étrangers dans leur propre pays, ayant continué à vivre ailleurs une vie qui leur a pourtant été volée, le retour au pays sera à la fois une délivrance et certainement également une grand souffrance. Dans quels esprits tortueux et dérangés peut-on envisager de faire perdre leur identité à des personnes, en les traitant comme des objets utilitaires, dont on ne retire que ce qui est utile sans respect pour leur personnalité.

« Éclipses japonaises » est un roman étonnant, prenant, qui fait passer sous une forme romanesque une vérité et des faits historiques à la fois déconcertants et glaçants d’inhumanité. Car l’auteur dévoile une réalité politique et économique complexe et sombre, particulièrement bien documentée (une bibliographie complète nous le montre à la fin du roman) à la fois fascinante par le fait qu’elle ait pu exister, et sidérante par sa réalité. Un excellent moment de lecture.

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PMR SeulCe roman fait partie de la sélection 2018 du Prix du Meilleur Roman des  Points 2018 #PMR2018


Catalogue éditeur : éditions Points

Sans laisser la moindre trace, elles ont été arrachées au Japon et à leur famille. Naoko a disparu à la sortie de son cours de badminton, Setsuko s’est volatilisée au bord d’une route. Elles sont devenues des fantômes. Pourtant, en Corée du Nord, une nouvelle vie a commencé pour elles. Une vie animée par une mission qu’elles n’ont pas choisie et le secret espoir de rentrer un jour au pays…

 « Un choix littéraire aussi audacieux qu’intelligent. » Télérama.
« Beau et brillant. » Le Figaro littéraire.

Un article lecteurs.com : Les disparus de l’Empire du soleil Levant

7€ // 240 pages / Paru le 14/09/2017 / EAN : 9782757868744

Dis-moi que tu mens. Sabine Durrant

Paul Morris, le narrateur, se souvient du moment qui a tout déclenché, du moment où il est entré dans une librairie, … du moment donc. Mais que s’est-il passé ?

DomiCLire_dis_moi_que_tu_mens.JPGA Londres, Paul Morris, écrivain célèbre après avoir publié un premier roman est tombé dans l’oubli, il est incapable d’écrire à nouveau. Sans emploi, sans inspiration, il vit dans des appartements qu’on lui prête pendant l’absence des véritables propriétaires, ou alors rentre chez sa mère, à bientôt 40 ans ! Il raconte qu’il est sur le point de terminer son prochain roman, mais il se piège tout seul dans l’absurdité de son quotidien inventé. C’est finalement quelqu’un de tout à fait détestable qui pourtant nous tient en haleine pendant tout le roman.

Aussi, lorsqu’il croise la route d’Andrew, un ancien copain de fac, et de Tina, une jolie jeune femme qu’il va lui présenter, il n’arrivera pas à sortir de son ornière, et va s’y enfoncer encore plus profondément. De hasard en rencontres plus amicales, puis plus intimes, il s’installe chez Tina, au grand dam de ses enfants qui ne lui font pas un super accueil. Il saute aussi sur l’occasion lorsqu’incidemment elle lui propose de partager leurs vacances en Grèce. Là, avec la famille d’Andrew, elle loue pour le dernier été une maison dans le village où, des années auparavant, sa sœur d’Andrew et ancienne amie de Paul, avait disparu.

Après des péripéties inavouables pour parvenir à les rejoindre sur leur lieu de villégiature, Paul va tout faire pour s’intégrer au groupe sans trop dépenser et sans montrer à quel point il est fauché. Les vacances idylliques sont là, à portée de main, de serviette de plage et de peau bronzée, sous la  belle lumière des iles grecques.

Mais ce qu’il pensait être des vacances de tout repos va vite se transformer en une aventure pas du tout banale, où l’amie disparue va occuper toute sa place, où celui qui pensait manipulé n’est pas forcément celui qu’on croit, et où le mensonge ne mène pas forcément au meilleur des mondes possibles. Car sous le soleil de Grèce les menteurs s’enlisent, les amis se dévoilent, les comptes sont enfin soldés.

Malgré parfois quelques longueurs, mais sans doute fallait-il bien installer l’intrigue, voilà un roman tout à fait étonnant. Construit avec un suspense qui monte crescendo, une intrigue intelligente et fine, il entraine le lecteur vers des sommets tout à fait inattendus. J’ai vraiment aimé me laisser surprendre et séduire par la faconde et le bagou de Paul (malgré le fait qu’il dégage une certaine antipathie !) l’écouter manipuler son monde, tenter de faire le malin puis de se sortir de ses propres imbroglios. Car à machiavélique, machiavélique et demi ! Le tel est pris qui croyait prendre trouve ici toute sa signification.

Une écriture adroite, qui vous pousse à la fin de chaque chapitre à lire juste un paragraphe du suivant, puis encore le suivant, qui par petites touches subtiles, distille doucement l’impression qu’il va réellement se passer quelque chose, puisque le narrateur en parle et se demande comment il aurait pu éviter ça. Ça ? Oui, ça bien sûr, alors à vous de lire « Dis-moi que tu mens » pour en savoir un peu plus et vous laisser séduire par Paul, Tina, et peut-être Andrew… En tout cas par quelque menteur magnifique qui va vous emberlificoter jusqu’au bout !

Voilà un roman à la couverture tellement lumineuse et si gaie qu’on a envie de le dévorer, surtout pendant les vacances ! Quelle bonne idée cette collection des éditions Préludes, ni vraiment en poche, ni tout à fait en format classique, mais qui en plus propose des nouveautés à des prix abordables.

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Catalogue éditeur : Préludes

Tout commence par un mensonge. De ceux qu’on fait tous pour impressionner une vieille connaissance. L’histoire de votre vie, légèrement embellie, face à cet avocat brillant, époux et père comblé, que vous avez croisé par hasard.
Puis, sans savoir comment, vous vous retrouvez à dîner chez lui, à accepter une invitation en vacances, propulsé dans une vie de rêves – celle à laquelle vous avez toujours aspiré. Jusqu’à ce que cette vie ne semble plus si idyllique…
Mais vous êtes déjà pris au piège, transpirant sous l’impitoyable soleil de Grèce, brûlant d’échapper à la tension ambiante. Alors vous comprenez que, si douloureuse la vérité soit-elle, ce sont vos mensonges qui ont causé le plus de tort… Et, à ce moment-là, il est déjà trop tard.

Parution : 03/05/2017 / Format : 130 x 200 mm / Nombre de pages : 416 / EAN : 9782253107897 / Prix 16 ; 90€