Surface, Olivier Norek

Allez sur ou sous la « Surface », mais allez-y, vous ne serez pas déçus, bien au contraire, car les polars d’Olivier Norek, comme le bon vin, se bonifient à chaque nouvel opus.

Le capitaine Noémie Chastain est en première ligne lorsque le jour se lève pour aller coffrer un dealer avec son équipe. Mais l’intervention tourne au drame, Noémie est atteinte d’une déflagration en plein visage. Une lourde opération et quelques semaines plus tard, elle va devoir apprendre à vivre avec l’inconnue qu’elle a découverte dans son miroir. Et puis, une gueule cassée dans un service est le rappel cuisant d’un échec annoncé, la hiérarchie va donc tout tenter pour l’éloigner du mythique 36 et de ses collègues du Bastion.

Voilà Noémie en partance pour le commissariat de Decazeville, une courte mission qui lui permettra de revenir dans son service. Là-bas, elle va se trouver confrontée à des découvertes plus sordides les unes que les autres, et va devoir résoudre un cold case totalement inextricable. Il lui faudra alors découvrir ce qui se cache à la Surface des choses et des gens, mais peut-être aussi en dessous…

Olivier Norek nous fait aimer sa capitaine et nous émouvoir avec elle sur son avenir. Ses interrogations de femme, ses blessures autant physiques et visibles qu’internes et psychologiques, et son difficile cheminement jusqu’à l’acceptation de soi, ou pas, sont une réussite. C’est à la fois fort et réaliste, parfaitement documenté (Olivier Norek est un pro et ça se voit) et véridique, et en même temps c’est un super page-turner. J’ai aimé les personnages très complémentaires, terriblement humains, parfois drôles et spontanés, il y a tant de véracité dans ces différents caractères… Ah, quelques écrivains de polars sont incidemment passés par là il me semble ! Bravo, capable de nous tenir en haleine et de faire quelques clins d’œil au passage.

Alors voilà du grand, du très grand Norek. Je me suis laissée balader jusqu’au bout avec plaisir. C’est puissant, inattendu, humain et émouvant. Quand on est déjà accros au style de l’auteur, on ne peut que succomber. Et si vous ne connaissez pas encore, foncez chez votre libraire !

Catalogue éditeur : Michel-Lafon

ICI, PERSONNE NE VEUT PLUS DE CETTE CAPITAINE DE POLICE.
LÀ-BAS, PERSONNE NE VEUT DE SON ENQUÊTE.

Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, OLIVIER NOREK est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays. 
Avec Surface, il nous entraîne dans une enquête aussi déroutante que dangereuse. Un retour aux sources du polar, brutal, terriblement humain, et un suspense à couper le souffle.

Parution : 04/04/19 / Prix : 19.95 € / ISBN : 9782749934983

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Un mariage anglais, Claire Fuller

Roman épistolaire délicat et nostalgique, on aime le charme et la sensibilité du roman de Claire Fuller « Un mariage anglais » .

PHOTO roman un mariage anglais de Claire Fuller, blog Domi C Lire

Ingrid est une jeune étudiante amoureuse de Gil, son professeur de littérature. Vingt ans les sépare mais l’amour les réuni pour le meilleur et pour le pire.

Le couple s’installe au pavillon de nage, puis naissent deux filles, Nan et Flora. La mer et la nature sont présentes à chaque instant. Si le mariage est heureux en apparence, Gil est terriblement volage. Il n’arrive pas à écrire son prochain et merveilleux roman, s’absente, collectionne les aventures et les livres qui envahissant peu à peu la maison. Loin de ses rêves de jeunesse et des promesses de Gil, Ingrid,  trahie par celui qu’elle aime et cantonnée dans un rôle de mère au foyer qui ne lui convient pas, s’étiole peu à peu. Seules la mer et ses longues séances solitaires de natation trouvent grâce à ses yeux. Quelques années après leur mariage, Ingrid disparait. Personne ne sait ce qu’elle est devenue, noyée, évaporée ?

Ce roman aux sensations douces amères est construit en deux récits parallèles.

D’abord le temps présent. Gil vient d’avoir un accident, enfin, sans doute, car nul ne sait si la chute était accidentelle finalement. Il s’en sort plutôt bien, mais ses filles veillent à son chevet. Entre Nan et Flora, les souvenirs resurgissent, Flora cherchant toujours en vain la présence d’Ingrid.

Puis les années de vie commune, à travers les lettres d’Ingrid. Face à l’absence et au silence de son époux, elle décide de lui écrire et de cacher ses lettres entre les pages de romans de sa bibliothèque. A travers ce récit épistolaire se dessine peu à peu une vie pas du tout idyllique, aux contours plus sombres qu’il n’y parait. Bien qu’elle soit toujours amoureuse, Ingrid est malheureuse. La vie dont elle avait rêvé, les promesses de Gil, rien de tout cela ne vient égayer son quotidien.

Voilà un étonnant roman sur le couple et sur la place des femmes, mais femme au foyer qui se doit d’être mère avant tout, sur l’amour, l’absence, le poids des non-dits et le manque de communication. La nature est omniprésente, à travers la mer et ses promesses de bonheur et d’évasion, la lande et ses chemins, le jardin qu’Ingrid dessine avec obstination. Un beau roman d’été empreint de nostalgie.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

Catalogue éditeur : Stock, puis Le Livre de Poche

Roman épistolaire construit à rebours, ce récit relate le mariage d’Ingrid et de Gil Coleman, son professeur de littérature, de vingt ans son aîné. Quinze ans plus tard, Ingrid, lassée des absences répétées de son mari, disparaît, laissant une série de lettres dans lesquelles elle revient sur l’histoire de son mariage.

432 pages / Date de parution : 24/04/2019 / EAN : 9782253237600 / Prix  8,20€

Summer. Monica Sabolo

Lire Summer et retrouver l’écriture magnétique et poétique de Monica Sabolo.

Où est-elle, la belle, la brillante, la solaire Summer qui a disparu un jour d’été lors d’un piquenique au bord du lac Léman ? Nul ne le sait, personne n’a retrouvé cette sublime Summer âgée alors de dix-neuf ans. Elle était admirée par tous, y compris par son frère. Vingt-cinq ans après, toujours submergé par la culpabilité et la douleur, Benjamin s’interroge encore…

Depuis cette disparition, Benjamin, qui n’avait que 13 ans à l’époque, cherche à comprendre. Mais de façon bien étrange puisqu’il est étonnamment statique, comme si sa propre vie s’était arrêtée ce jour-là… Il ne pose aucune question auprès de ses parents, de la police, ne fait aucune recherche réelle, mais vit des nuits de cauchemar peuplées de visions de Summer au fond du lac Léman, submergé d’angoisses qu’il essaie vainement de résoudre auprès d’un psy… Impossible de se réaliser, de connaître une vie normale, tant qu’il ne saura pas.

Le lecteur tente de le suivre dans ses errances, mais avouons-le on se lasse un peu de ces lenteurs, de cette immobilité affective. Car dans cette famille qui a tout pour connaitre le bonheur absolu, facile – le confort financier, la beauté, le luxe – un grand vide affectif se dévoile au fil des pages. Un manque de communication et des non-dits, des secrets enfouis au plus profond, attisent les angoisses du jeune homme.

Pourtant, une intrigue semble poindre, qui aurait pu en faire un excellent thriller ou roman noir, l’écriture est souvent poétique, les descriptions ont des airs d’opéra dans ces paysages brumeux de bord du lac. Elles donnent à cette histoire un attrait magnétique qui fait que l’on continue, que l’on ne referme pas ce roman avant d’aller jusqu’au bout, pour savoir.

Du même auteur, j’avais lu Crans Montana, avec cette même impression d’être ferrée par l’écriture, mais jamais par l’intrigue qui me laisse avec une sensation de manque…

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer Wassner, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?
Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ?

288 pages / Date de parution :  02/01/2019 / EAN : 9782253074168 / Editeur d’origine : JC Lattès

Federica Ber. Mark Greene

Découvrir l’écriture de Mark Greene avec son dernier roman « Federica Ber ». Le bonheur d’une rencontre, d’une vie, de souvenirs, trois petits jours et puis s’en vont….

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Alors qu’il parcourt de façon tout à fait aléatoire les pages du journal du matin, un homme est surpris par un article : dans les Dolomites, un couple vient d’être retrouvé mort, au pied d’une muraille rocheuse.
Fait-divers comme il en existe des milliers de par le monde chaque semaine, son attention est pourtant retenue par le nom de la tierce personne qui semble-t-il accompagnait le couple, une certaine Federica Bersaglieri. Ce nom et ce prénom le transportent vingt ans en arrière.

A l’époque où il était étudiant à Paris son quotidien avait la tristesse et la banalité des matins gris de solitude. Il avait rencontré tout à fait par hasard dans un café une jeune femme portant les mêmes nom et prénom. Est-ce elle qui se rappelle ainsi à son bon souvenir ?

Vingt ans auparavant donc, avec une Federica éprise de liberté, ils avaient parcouru les toits déserts de Paris, mangé sur les terrasses condamnées rendues accessibles grâce à la débrouillardise de Federica, refait le monde en buvant des verres de vin sous les étoiles ou dans les bars enfumés, imaginé des lendemains qui chantent, joué des parties endiablées dans les salles de jeux vidéo qui fleurissaient en ce temps-là dans la capitale et ailleurs…

Il se souvient de ces heures gagnées sur la solitude, de ce sentiment de puissance, de bonheur, d’exaltation qui l’avait envahi alors, transformant son morne quotidien en un univers joyeux et irréel. Il se souvient aussi de l’abandon un jour, sans raison…
Il cherche dans les journaux, dans ce fait divers actuel et mystérieux la femme qui l’avait transformé, qui l’avait rendu heureux, quelques heures, quelques jours, à jamais peut-être ? Qui est-elle ? Où est-elle ? Est-elle coupable, partie prenante, a-t-elle fui ? Autant de questions auxquelles il va essayer de répondre, pour la retrouver, pour se retrouver, pour revivre peut-être les instants éphémères de ce bonheur perdu.

J’ai aimé suivre Federica, cette boule d’énergie si singulière qui réveille ce jeune homme triste… Découvrir dans un espace-temps comme ancré dans le présent ces instants d’un bonheur unique et si différent qu’il vous transporte une vie entière, qu’il vous change irrémédiablement, même lorsque ne reste en vous qu’un souvenir fugace d’un moment de vie, de liberté et de légèreté.

Il y a beaucoup de poésie dans cette écriture, dans l’évocation des sentiments, dans la présence vivifiante de Federica et cette façon qu’à l’auteur d’arrêter le temps. Merci Mark Greene pour la rencontre à Manosque, et pour le bonheur de découvrir ce roman !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Grasset

Un matin, dans le journal, un homme lit le récit d’un fait divers survenu en Italie. Un couple a été découvert, mort, au pied d’une muraille rocheuse des Dolomites. Les corps, dit la rumeur, seraient attachés l’un à l’autre. Suicide, assassinat ? Les carabinieri suspectent une randonneuse : Federica Bersaglieri.
Ce nom, il croit le reconnaître. Serait-ce la jeune femme rencontrée vingt ans auparavant, durant une semaine féerique, au cœur d’un été parisien ? Elle l’avait arraché à ses habitudes, lui avait appris la légèreté. Ensemble, ils avaient bu du vin frais, exploré les passages couverts, mimé les passants dans les jardins publics, dormi à la belle étoile, sur les toits de la ville… Puis elle avait disparu, brusquement
Aujourd’hui, à mille kilomètres de distance, il cherche à comprendre.
Deux histoires d’amour envoûtantes, sous les auspices de l’imaginaire et de la liberté, des sommets des Alpes à ceux de Paris.

Parution : 22/08/2018 / Pages : 208 / Format : 140 x 205 mm / Prix : 18.00 € / EAN : 9782246817451

Les Vérités provisoires, Arnaud Dudek

Faut-il tout croire ? Faut-il seulement y croire ? C’est ce que va tenter de trouver Jules, le jeune héros du roman touchant et optimiste d‘Arnaud Dudek « Les Vérités provisoires »

Domi_C_Lire_les_verites_provisoires_arnaud_dudek_pocketCéline a disparu, du jour au lendemain, sans laisser aucune trace ! Comment est-ce possible ? Depuis deux ans sa famille la cherche partout, en vain. Les mois, les années s’installent, et Céline disparait peu à peu des mémoires, son image, sa voix, les souvenirs s’estompent peu à peu. Comment peut-on gérer dans une famille la disparition d’un être cher ? De façon différente pour chacun, mais ce qui est sûr, c’est que la famille explose et que nul ne s’en remet.

Jules, le jeune frère, est bien décidé à la chercher, à comprendre. Il s’installe dans l’appartement de Céline, et cherche les traces du passé, les pistes à remonter, les indices…

Comment lui, le menteur chronique, peut-il imaginer arriver là où personne n’a rien trouvé ? Car Jules n’en est pas à ses premiers mensonges, et ceux-ci n’ont rien d’anodin. Par exemple, annoncer son cancer à ses amis, puis ses opérations, sa rémission, voilà qui peut vous couper du monde qui vous entoure si un jour la vérité éclate. Et surtout, pour être un bon menteur, il est bon d’avoir une mémoire d’éléphant ! Alors finalement peut-être est-il vraiment le mieux placé pour soulever le mystère de la disparition de Céline ? Lui qui saura creuser, fouiller, les moindres détails que vont lui rappeler les objets dans l’appartement de Céline en leur donnant peut-être de multiples significations.

De hasards en rencontres, il va se lier d’amitié avec une voisine pour le moins singulière qui aime les tisanes aux goûts infâmes et aux noms tarabiscotés, et peu à peu l’amour s’installe, la vie se bouleverse, de nouvelles vérités se font jour. Aube d’une nouvelle vie pour Jules ? Et que croire, où est la vie ? Où est le mensonge ? Les Vérités provisoires d’Arnaud Dudek, un roman d’été à conseiller pour passer un bon moment, car il est réellement plus léger que tragique !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Pocket éditions, Alma

Deux ans que Céline Carenti a disparu, en descendant chercher du pain. Depuis, pas de nouvelles. Installé dans l’appartement que sa grande sœur occupait, Jules cherche des réponses. Mais les souvenirs ne disent pas tout. Rêveur et solitaire, le jeune homme est surtout un menteur pathologique : il s’invente même… Lire la suite

EAN : 9782266282420 / Nombre de pages : 168 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 16/05/2018 /
Alma éditions / Date de parution : 16 février 2017 / ISBN : 978-2-36279-207-6

Arnaud Dudek déménage souvent (en ce moment, il vit et travaille à Paris). Selon des sources concordantes, ce garçon discret serait né à Nancy, en 1979. Dans ses nouvelles (pour la revue littéraire Les Refusés ou pour Décapage) et dans ses romans (tous publiés chez Alma), il raconte les gens ordinaires avec humour et tendresse. Son premier roman, Rester sage (2012) a fait partie de la sélection finale du Goncourt du premier roman et a été adapté au théâtre par la Compagnie Oculus. Le second, Les Fuyants (2013), a été sélectionné pour le prix des lycéens et apprentis de Bourgogne. Le troisième, Une plage au pôle Nord (2015) est traduit en allemand.
Il est par ailleurs co-organisateur des rencontres littéraires AlternaLivres. Les Vérités provisoires est son quatrième roman.  (Source Pocket)

Ceux qui restent, Busquet & Xoul

Tout en respectant les codes de l’intrigue policière, Ceux qui restent de Busquet & Xoul, reprend les thèmes du récit fantastique et ravira les amateurs du genre.

Domi_C_Lire_ceux_qui_restent_delcourt_bd.jpgAlors qu’il dort paisiblement dans son lit, Ben est réveillé par une étrange créature qui vient lui demander on aide. Car Ben, comme tous les enfants, à des capacités que n’ont pas, ou plus, les adultes, comme de voir d’étranges créatures peut-être ? Alors Ben embarque avec un Wumple pour le royaume d’Auxfanthas. Est-ce un rêve ? Est-ce une réalité ? Il doit bien y avoir une certaine réalité dans ce rêve, puisque au petit matin, Ben n’est plus dans son lit. Les parents, inquiets, avertissent la police. Les recherches commencent, nombreuses, longues, mais aucune trace de Ben, volatilisé dans une maison fermée, sans effraction ni violence apparente.

Quel mystère ! Bien sûr, les soupçons pèsent sur les parents, mais leur chagrin est si réel, leur désespoir si palpable, qu’il est impossible de les mettre en cause. Pendant l’absence de Ben, d’étranges individus viennent toquer à la porte de sa famille, car eux aussi ont connu ce phénomène… mais quel phénomène ? Les parents les rejettent.

Un jour, longtemps après, Ben réapparait. Si ses parents ont trouvé le temps long, pour lui il s’est passé à peine quelques heures. Ses explications semblent tout à fait loufoques, aider à combattre le mal dans un autre monde ? Parents et médecins estiment qu’il s’agit d’un problème psychologique, des inventions  d’enfant…

J’ai aimé le point de vue porté par les auteurs sur Ceux qui restent. Quand il y a une disparition, un rapt dans une famille, tant pour l’entourage familial que pour la société, cela ne correspond pas aux normes et entraine obligatoirement de la suspicion, du chagrin, une forme d’incompréhension et de doute.

Avec ses codes de thriller ou d’intrigue policière très lookée années 40, voilà une BD du scénariste Josep Busquet aidé par les couleurs, les traits et les ombres du dessin de Xöul, qui nous transporte dans un monde magique tout en nous laissant ancrés dans le quotidien. On découvre des parents anxieux, suspectés, malheureux, témoins de deux mondes, celui qui part, et ceux qui restent. Et pour une fois, le lecteur n’embarque pas dans le monde fantastique mais reste bien dans celui des parents, nous vivons cette étrange aventure avec eux, et nous devenons les témoins attentifs de leur traumatisme, de la douleur de ceux qui ont perdu un être cher, qui doivent vivre un deuil quel qu’il soit.

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Delcourt

Un soir, le jeune Ben part sauver un royaume magique d’un terrible danger, de la même manière que Wendy et ses frères suivirent Peter Pan. Mais ce qui ressemble à un rêve d’enfant se transforme en cauchemar pour ses parents.

Ben a disparu. Ses parents préviennent la police mais personne ne peut imaginer la réalité : leur enfant affronte mille dangers dans son royaume imaginaire. Mais un jour, il revient. Parents, police et psys pensent que Ben nie la réalité de ce qu’il a vécu. Avant de disparaître à nouveau. Seule une association regroupant des parents qui vivent les mêmes turpitudes pourra sans doute leur venir en aide…

Scénariste : BUSQUET Josep / Coloriste : XÖUL Alex / Illustrateur : XÖUL Alex

Série : DES GENS ORDINAIRES / Collection : HORS COLLECTION / Date de parution : 21/03/2018 / ISBN : 978-2-7560-5262-5 /

Dans l’eau je suis chez moi, Aliona Gloukhova

Dans son roman autobiographique « Dans l’eau je suis chez moi » Aliona Gloukhova suit toutes les pistes qui mènent jusqu’aux eaux noires qui ont englouti son père. A la recherche de sa propre vie et pour enfin comprendre qui elle est ?

Mon père a disparu et a laissé une porte ouverte derrière lui. On était obligé de l’attendre, on ne savait pas s’il était parti définitivement ou s’il pensait revenir. 

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Aliona  n’a que onze ans lorsqu’elle apprend que son père a disparu lors d’un naufrage en mer. Parti au loin, à Istanbul, pour enfin voguer sur cette mer qui l’a tant attiré toute sa vie, lui pour qui les voyages étaient quasiment impossibles, à Minsk et dans la Biélorussie des années 90…. Et comment peut-on faire son deuil quand il ne reste que le vide et à jamais une dose d’incertitude ?

Dans ce roman, car c’est un roman malgré tout, la petite fille devenue femme part à la recherche de ce père, des instants volés à sa mémoire, des souvenirs de ceux qui en ont encore, du pourquoi ne se souvient-on pas que ce sont les derniers instants passés avec ceux qu’on aime, et pourquoi n’est-on pas capable de les vivre pleinement. Car la disparition est toujours soudaine, bouleversante, déchirante, et laisse cet amer goût de manque, d’absence, de vide.

Aliona  cherche son père. Son père et sa dipsomanie – une maladie – qui lui fait chercher l’oubli dans l’alcool, encore et toujours, jusqu’à la déchéance, pour affronter un avenir sans doute pas si enthousiasmant que ça. Son père et la famille qui le soutien mais qui parfois est excédée, sa femme, ses enfants, Slavka, le fils d’un premier mariage, un divorce comme une tare dans la Biélorussie communiste, son exclusion justement du parti communiste qui ne veut plus de lui. L’alcool comme un remède à la peur, de sortir, de vivre une autre vie que celle dont on rêve, pour oublier l’enfant mort, pour oublier les frustrations peut-être.

C’est un étonnant roman que propose Aliona Gloukhova à ses lecteurs. Un véritable travail d’introspection familiale dans lequel elle va puiser pour trouver les traces de son passé, et tracer un avenir où il faudra se reconstruire sans, sans le père, la mémoire, sans une certaine forme d’enfance, pour avancer bien droit vers demain.

«A quoi pense-t-il mon père, quand il monte sur le Tango ? Est-ce qu’il sent ce petit bruit, un grincement qu’on entend quand notre vie change d’un coup, a pris une décision précipitée, est-ce qu’il comprend qu’il va partir beaucoup plus loin qu’il ne l’avait prévu, est-ce qu’il sent que la mer qu’il avait portée en lui tout sa vie et qui l’étouffait, est-ce qu’il sent qu’à cet instant cette mer commence à se libérer ? 

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Catalogue éditeur : Verticales

«Je ne sais pas si Istanbul garde toujours les traces de ce qui s’est passé, je ne sais pas si je peux apprendre d’autres choses sur mon père. Ou peut-être le sais-je, mais je fais comme si je pouvais encore faire durer son histoire, je me mets à sa place et je suis toutes les pistes, même les fausses.»
Le 7 novembre 1995, alors qu’elle a onze ans, Aliona apprend que son père a disparu lors du naufrage d’un voilier au large de la Turquie. Contre-enquête initiatique menée à partir des lambeaux de souvenirs de la petite fille devenue adulte, ce roman ausculte l’impalpable attente, tout en inventant un destin à cet homme absent.

128 pages, 140 x 205 mm  / parution : 11 janvier 2018 / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782072761096/  Prix : 13,00 €