La désertion. Emmanuelle Lambert

« La désertion » d’Emmanuelle Lambert est un roman sur l’absence, sur la disparition inexpliquée d’un proche, et certainement sur la place que l’on accepte ou pas d’occuper dans la société.

Domi_C_Lire_la_disparition.jpgDisparue, volatilisée ! Du jour au lendemain, Eva Silber n’est plus revenue au bureau, ni sur le banc où elle avait l’habitude de se poser les mardis et jeudis, ni dans les bras de son amant, nulle part, comme ça ! Mais, est-ce possible de disparaître ainsi ?

Dans ce roman construit en quatre parties, qui portent chacune le prénom de celui qui évoque la disparue, tout à tour  Franck, Marie-Claude, Paul, puis Eva racontent, expliquent, tentent de comprendre.
Car avouons-le, cela nous parait carrément impossible de s’évanouir dans la nature du jour au lendemain. Et pourtant… Eva exerce un travail étonnant, chaque jour elle doit rentrer des statistiques dans des tableaux impersonnels. Des statistiques ? Oui, mais pas n’importe lesquelles, car ce sont des morts qu’elle inventorie jour après jour, croix après croix, cas après cas, des morts sans nom et sans famille. Jusqu’au jour où la mort d’un tout jeune enfant perturbe l’ordre établi. Car Eva décide de lui donner un prénom qui n’existera qu’entre elle et lui pour faire vivre à ses côtés la mémoire de l’enfant mort. Jusqu’au jour où Eva n’accepte plus…

Alors chacun raconte la disparue, du patron à l’attitude malsaine à la collègue faussement  compatissante, puis à l’inconnu futur amant transi, chacun tente de comprendre pourquoi et surtout comment ils auraient pu, ou dû, voir ? Que s’est-il passé ? Et surtout pourquoi le silence, car alors, que penser de la relation tissée avec celle qui a fait désertion.

Un roman surprenant, incisif et désespéré, où les personnages se dévoilent peu à peu dans ce qu’ils ont de plus intime, cette part d’humanité ou de violence, de silence et de secrets, de solitude et d’incompréhension.

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Dans le même esprit, la disparition d’un proche, lire  aussi le roman d’Emmanuelle Grangé Son absence (68 premiers romans).


Catalogue éditeur : Stock

« Le premier jour d’absence il était descendu à l’heure du déjeuner pour l’attendre dans le parc, caché derrière l’arbre d’où il observait la sortie de ses subordonnés. Il avait ensuite vérifié les registres de la badgeuse. Aucune trace d’elle. » Un jour, Eva Silber disparaît volontairement. Pourquoi a-telle abandonné son métier, ses amis, son compagnon, sans aucune explication ? Tandis que, tour à tour, ses proches se souviennent, le fait divers glisse vers un récit inquiétant, un roman-enquête imprévisible à la recherche de la disparue.

Parution : 17/01/2018 / 160 pages / Format : 136 x 215 mm / EAN : 9782234084957 / Prix : 15.00 €

 

Son absence. Emmanuelle Grangé

Avec « Son absence » Emmanuelle Grangé tire doucement le fil de la mémoire familiale, pour retrouver les manques et combler les vides. Un roman découvert dans la sélection de septembre 2017 par les 68 premiers romans.

Domi_C_Lire_son_absence.jpgAndré Munch est un père et un époux fort peu sympathique. Méchant avec ses enfants, avec sa femme, il reporte tout son amour à ses bonzaïs qui envahissent peu à peu toutes les surfaces planes de l’appartement familial.
Un jour, le fils, François Munch, disparait. Son père, ses frères et sœurs, tous ont reçu un courrier identique leur disant qu’il partait loin, qu’il ne reviendrait pas et qu’il ne fallait pas le rechercher… Il y a maintenant 20 ans, et toute la famille se retrouve au tribunal pour constater l’absence, incompréhensible mais définitive.

Alors chacun se souvient de François, des derniers moments passés avec ce frère qui n’a rien dévoilé, et s’interroge. Forcément, fort de ces souvenirs si intimes avec l’absent, chacun aura ses propres questionnements et sa version de ce départ, de cette vie sans eux. Qu’auraient-ils dû comprendre, qu’auraient-ils dû sentir, à côté de quels signes sont-ils passés sans même s’en rendre compte ? Car l’absence est là, elle pèse sur leurs vies, et pour chacun différemment. L’absence et le manque, celui de tous ces moments à vivre avec, ou le manque de ces moments, de cet amour, qu’on n’a pas su échanger, montrer, savourer ?

Et tous, inlassablement, se posent cette question lancinante : pourquoi, pourquoi est-il parti ? Pourtant, depuis, tous à leur façon ont vécu ces années sans l’absent, continué à respirer l’air qu’ils avaient respiré ensemble, à aimer le ciel et la mer qu’ils avaient aimé ensemble. Et si c’était ça aussi la résilience, continuer à vivre ?

Un roman sur l’absence, sur le silence, sur l’incompréhension que peut provoquer dans une famille le départ inexpliqué d’un proche. Et quand le disparu s’est évanoui dans la nature, comment faire son deuil, accepter, comprendre pour avancer. Un premier roman intéressant, qui interroge peut-être parfois en surface, mais qui a le mérite de poser des questions sur les apparences, les familles qui semblent unies mais où la parole n’est pas toujours libérée, ou l’entente n’est peut-être que de façade.

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Catalogue éditeur : Arléa

Comme c’est puissant et inflexible, une famille ! C’est tranquille comme un corps, comme un organe qui bouge à peine, qui respire rêveusement jusqu’au moment des périls, mais c’est plein de secrets, de ripostes latentes, d’une fureur et d’une rapidité biologiques, comme une anémone de mer au fond d’un pli de granit…
Cette phrase de Paul Nizan tirée de son roman La conspiration pourrait servir d’exergue à ce beau premier roman d’Emmanuelle Grangé.

En 1995, un jeune homme, François Munch, disparaît sans motif apparent. Il envoie une carte postale laconique à sa famille, il y annonce son départ définitif. Ses parents, ses frères et sœurs pensent alors à une fugue, une folie passagère. François ne réapparaîtra pas.
Sans plus de nouvelles du fugitif, la famille se rend au tribunal vingt ans après, délai légal, pour y signer la « déclaration d’absence » en vue de protéger ses intérêts et son patrimoine. Lire la suite…

Collection : 1er Mille / août 2017 / 152 pages / 17 € / Dimensions : 13 x 19 cm / ISBN : 9782363081421

Éclipses japonaises. Eric Faye.

Étonnant roman d’Eric Faye, « Éclipses japonaises » nous dévoile les pratiques de la Corée du Nord dans les années 60, 70.

IMG_4351Au Japon, des femmes, des hommes, jeunes pour la plupart, disparaissent dans une région en bord de mer. Malgré des enquêtes de la police, nulle trace ne peut être trouvée. Mais alors, quel liens entre Naoko Tabane, une collégienne de treize ans qui disparait en 1977 alors qu’elle revenait de son cours de badminton, et Setsuko Okada, qui veut devenir infirmière et qui disparait avec sa mère en 1978 sur l’île de Sado, et avec Jim Selkirk, un  GI américain qui disparait à côté de la DMZ entre les deux Corées.

Pour chacun d’entre eux, la vie change brusquement lorsqu’ils sont brutalement enlevés, jetés dans un sac, puis sur un bateau, et se retrouvent dans un pays inconnu dans lequel ils devront accepter les règles, apprendre la langue, puis former de jeunes coréens à leur propre langue, leurs coutumes, leurs habitudes, en leur inculquant tous leurs souvenirs, afin d’en faire de parfaits japonais, ou américains, futur espions qui pourront ainsi se fondre dans une population qui nous pourra pas soupçonner leur réelle origine.

Pourquoi ? Où ? Cela se passe en Corée du Nord, dans les années 70. La pratique était courante d’enlever des personnes dans des pays étrangers, en fonction des besoins, des envies, y compris pour le plaisir de réaliser un spectacle ou un film, mais le plus souvent pour former de futurs espions.

Jusqu’au jour où, à Berlin, une jeune femme est arrêtée lors d’une escale. Elle a changé d’avion, et celui dans lequel elle était précédemment a explosé. Pourquoi, et  qui est cette jeune japonaise ? La vérité, ou du moins une partie de la vérité éclate au moment de l’explosion du vol 858 de la Korean Air en 1987.

L’écriture superbe d’Eric Faye, à la fois fine et parfaitement dosée, avec une grande justesse dans les descriptions des sentiments divers de ces jeunes, nous emporte dans leurs têtes, nous fait comprendre les souffrances, les atermoiements, les doutes, et aussi les espoirs, tout au long de ces longues années loin de chez eux ou chez elles. Devenues étrangers dans leur propre pays, ayant continué à vivre ailleurs une vie qui leur a pourtant été volée, le retour au pays sera à la fois une délivrance et certainement également une grand souffrance. Dans quels esprits tortueux et dérangés peut-on envisager de faire perdre leur identité à des personnes, en les traitant comme des objets utilitaires, dont on ne retire que ce qui est utile sans respect pour leur personnalité.

« Éclipses japonaises » est un roman étonnant, prenant, qui fait passer sous une forme romanesque une vérité et des faits historiques à la fois déconcertants et glaçants d’inhumanité. Car l’auteur dévoile une réalité politique et économique complexe et sombre, particulièrement bien documentée (une bibliographie complète nous le montre à la fin du roman) à la fois fascinante par le fait qu’elle ait pu exister, et sidérante par sa réalité. Un excellent moment de lecture.

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PMR SeulCe roman fait partie de la sélection 2018 du Prix du Meilleur Roman des  Points 2018 #PMR2018


Catalogue éditeur : éditions Points

Sans laisser la moindre trace, elles ont été arrachées au Japon et à leur famille. Naoko a disparu à la sortie de son cours de badminton, Setsuko s’est volatilisée au bord d’une route. Elles sont devenues des fantômes. Pourtant, en Corée du Nord, une nouvelle vie a commencé pour elles. Une vie animée par une mission qu’elles n’ont pas choisie et le secret espoir de rentrer un jour au pays…

 « Un choix littéraire aussi audacieux qu’intelligent. » Télérama.
« Beau et brillant. » Le Figaro littéraire.

Un article lecteurs.com : Les disparus de l’Empire du soleil Levant

7€ // 240 pages / Paru le 14/09/2017 / EAN : 9782757868744

Dis-moi que tu mens. Sabine Durrant

Paul Morris, le narrateur, se souvient du moment qui a tout déclenché, du moment où il est entré dans une librairie, … du moment donc. Mais que s’est-il passé ?

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A Londres, Paul Morris, écrivain célèbre après avoir publié un premier roman est tombé dans l’oubli, il est incapable d’écrire à nouveau. Sans emploi, sans inspiration, il vit dans des appartements qu’on lui prête pendant l’absence des véritables propriétaires, ou alors rentre chez sa mère, à bientôt 40 ans ! Il raconte qu’il est sur le point de terminer son prochain roman, mais il se piège tout seul dans l’absurdité de son quotidien inventé. C’est finalement quelqu’un de tout à fait détestable qui pourtant nous tient en haleine pendant tout le roman.

Aussi, lorsqu’il croise la route d’Andrew, un ancien copain de fac, et de Tina, une jolie jeune femme qu’il va lui présenter, il n’arrivera pas à sortir de son ornière, et va s’y enfoncer encore plus profondément. De hasard en rencontres plus amicales, puis plus intimes, il s’installe chez Tina, au grand dam de ses enfants qui ne lui font pas un super accueil. Il saute aussi sur l’occasion lorsqu’incidemment elle lui propose de partager leurs vacances en Grèce. Là, avec la famille d’Andrew, elle loue pour le dernier été une maison dans le village où, des années auparavant, sa sœur d’Andrew et ancienne amie de Paul, avait disparu.

Après des péripéties inavouables pour parvenir à les rejoindre sur leur lieu de villégiature, Paul va tout faire pour s’intégrer au groupe sans trop dépenser et sans montrer à quel point il est fauché. Les vacances idylliques sont là, à portée de main, de serviette de plage et de peau bronzée, sous la  belle lumière des iles grecques.

Mais ce qu’il pensait être des vacances de tout repos va vite se transformer en une aventure pas du tout banale, où l’amie disparue va occuper toute sa place, où celui qui pensait manipulé n’est pas forcément celui qu’on croit, et où le mensonge ne mène pas forcément au meilleur des mondes possibles. Car sous le soleil de Grèce les menteurs s’enlisent, les amis se dévoilent, les comptes sont enfin soldés.

Malgré parfois quelques longueurs, mais sans doute fallait-il bien installer l’intrigue, voilà un roman tout à fait étonnant. Construit avec un suspense qui monte crescendo, une intrigue intelligente et fine, il entraine le lecteur vers des sommets tout à fait inattendus. J’ai vraiment aimé me laisser surprendre et séduire par la faconde et le bagou de Paul (malgré le fait qu’il dégage une certaine antipathie !) l’écouter manipuler son monde, tenter de faire le malin puis de se sortir de ses propres imbroglios. Car à machiavélique, machiavélique et demi ! Le tel est pris qui croyait prendre trouve ici toute sa signification.

Une écriture adroite, qui vous pousse à la fin de chaque chapitre à lire juste un paragraphe du suivant, puis encore le suivant, qui par petites touches subtiles, distille doucement l’impression qu’il va réellement se passer quelque chose, puisque le narrateur en parle et se demande comment il aurait pu éviter ça. Ça ? Oui, ça bien sûr, alors à vous de lire « Dis-moi que tu mens » pour en savoir un peu plus et vous laisser séduire par Paul, Tina, et peut-être Andrew… En tout cas par quelque menteur magnifique qui va vous emberlificoter jusqu’au bout !

Voilà un roman à la couverture tellement lumineuse et si gaie qu’on a envie de le dévorer, surtout pendant les vacances ! Quelle bonne idée cette collection des éditions Préludes, ni vraiment en poche, ni tout à fait en format classique, mais qui en plus propose des nouveautés à des prix abordables.

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Catalogue éditeur : Préludes

Tout commence par un mensonge. De ceux qu’on fait tous pour impressionner une vieille connaissance. L’histoire de votre vie, légèrement embellie, face à cet avocat brillant, époux et père comblé, que vous avez croisé par hasard.
Puis, sans savoir comment, vous vous retrouvez à dîner chez lui, à accepter une invitation en vacances, propulsé dans une vie de rêves – celle à laquelle vous avez toujours aspiré. Jusqu’à ce que cette vie ne semble plus si idyllique…
Mais vous êtes déjà pris au piège, transpirant sous l’impitoyable soleil de Grèce, brûlant d’échapper à la tension ambiante. Alors vous comprenez que, si douloureuse la vérité soit-elle, ce sont vos mensonges qui ont causé le plus de tort… Et, à ce moment-là, il est déjà trop tard.

Parution : 03/05/2017 / Format : 130 x 200 mm / Nombre de pages : 416 / EAN : 9782253107897 / Prix 16 ; 90€

La terre qui les sépare. Hisham Matar

Lire « La terre qui les sépare » c’est embraquer dans les pas de Hisham Matar pour un voyage de retour en terre libyenne.

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Dans les années 1990, l’auteur n’a que dix-neuf ans lorsque son père est arrêté. Comme beaucoup d’autres opposants au régime Jaballa Matar va finir sa vie dans les geôles de Kadhafi. Hisham Matar, élevé par les femmes de la famille, va partir vivre en Angleterre. Lors de la fin du règne de Kadhafi, les prisons sont ouvertes, les prisonniers libérés, point de trace de ce père qui avait pourtant réussi à communiquer quelques années plus tôt en faisant passer de rares lettres à sa famille, et dont certains prisonniers se souviennent. Hisham Matar passe des années à rechercher son père, mais aussi des oncles, des voisins, tous ces hommes qui ont disparu simplement parce qu’ils avaient un autre avis, d’autres opinions que celles imposées par le dictateur et sa famille. Il va remuer ciel et terre pour tenter de savoir, faire intervenir ambassades, journaux, associations des droits de l’homme, allant même jusqu’à rencontrer le fils de Kadhafi, dans l’espoir d’une réponse à cette question lancinante restée à jamais irrésolue : où, et quand a réellement disparu son père.
Des années après, il revient en Lybie pour rencontrer la famille, pour comprendre. De ce voyage sortirons des articles dans le NewYorker, puis ce récit. Que l’on soit attiré ou pas par l’Histoire, ce livre est absolument passionnant et d’un grande qualité d’écriture. Jamais lassant, il se dégage de tout ce malheur un optimisme, un espoir en l’homme, et en même temps une image de la société en Lybie du temps de Kadhafi qui fait froid dans le dos, mais dont on avait pu lire par ailleurs d’autres témoignages tous aussi édifiants.
J’ai trouvé avec La terre qui les sépare un récit passionnant sur ce pays à l’histoire complexe. Passé d’une regroupement de tribus à une colonie italienne, puis sous le joug d’un dictateur sanguinaire, la Lybie fascine et interroge, et son avenir est tout sauf serein. Mais c’est également un très beau questionnement sur l’éducation, sur l’absence, le manque et l’amour du père.

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Catalogue éditeur : Gallimard

The Return, Fathers, Sons and the Land in between
Trad. de l’anglais (Libye) par Agnès Desarthe

En 1990, Hisham Matar a dix-neuf ans lorsque son père, Jaballa Matar, disparaît. Celui-ci, après avoir trouvé refuge en Égypte avec ses proches, est enlevé et emprisonné en Libye pour s’être opposé dès le début au régime de Kadhafi. La famille reçoit quelques lettres, envoyées secrètement, jusqu’à ce que toute correspondance cesse brusquement. Vingt et un ans plus tard, lors de la chute de Kadhafi, en 2011, le peuple prend les prisons d’assaut et libère les détenus. Mais Jaballa Matar est introuvable. A-t-il été exécuté lors du massacre d’Abou Salim qui a fait 1 270 victimes en 1996 ? La détention l’a-t-elle à ce point affaibli qu’il erre quelque part, libre mais privé de souvenirs et d’identité ?
Hisham Matar va mener l’enquête pendant des années, contactant des ONG et des ambassades, relatant l’histoire de cette disparition dans la presse internationale, se rendant à la Chambre des lords en Angleterre, son pays d’adoption, s’adressant aux personnalités les plus inattendues,…Lire la suite

Collection Du monde entier, Gallimard / Parution : 12-01-2017 / Romans et récits / Littérature étrangère / Anglo-saxonnes – Arabes / 336 pages, 140 x 205 mm / Achevé d’imprimer : 05-12-2016 / Pays : Libye / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782070197118

Agatha Christie, le chapitre disparu. Brigitte Kernel

Dans la vie de la célèbre romancière, il manque un chapitre, celui de sa disparition, en 1926, entre le 3 et le 14 décembre, onze jours de mystère pour la reine du polar ! Dans « Agatha Christie, le chapitre disparu » Brigitte Kernel lève un voile sur cette intrigue.

https://i1.wp.com/static1.lecteurs.com/files/articles/2_9782081365629-1-75.jpegBrigitte Kernel prend la plume en lieu et place d’Agatha, et nous raconte à la première personne ce chapitre de sa vie tel qu’elle l’imagine. Disparition inquiétante, enlèvement, suicide, meurtre, toutes les conjectures sont permises, l’enquête est en cours et le lecteur navigue dans la tête d’Agatha comme s’il y était.
Que s’est-il passé pour qu’elle disparaisse ainsi pendant onze jours ? Peu de personnes le savent. Agatha vient de perdre sa mère à laquelle elle était particulièrement attachée, elle s’occupe, peu et mal de sa petite fille, elle travaille beaucoup pour écrire et publier ses romans, le succès est là mais la condition des femmes n’est sans doute pas à la hauteur de ses aspirations de liberté. Enfin et surtout, sa relation conjugale n’est pas au beau fixe, son mari lui préfère une collègue, jeune femme plus mince, plus amoureuse peut être, plus « nouvelle » sans doute. Banal adultère subit par une héroïne peu banale. Agatha n’accepte pas cette condition sans imaginer quelque vengeance digne des meilleures enquêtes d’un Hercule Poirot fin limier, à défaut de pouvoir faire revenir vers elle ce mari volage.

Sous la plume de Brigitte Kernel, nous allons suivre au jour le jour son escapade, ses pensées les plus intimes, ses atermoiements. C’est le premier roman de cet auteur que je lis, et j’avoue je ne connaissais pas assez la vie d’Agatha Christie pour connaître cet épisode. Je me suis laissé porter par l’écriture d’un roman agréable qui nous apprend au détour de quelques phrases, en plus de cette disparition, de son origine et de ses conséquences, des évènements marquants de la vie de la reine du crime.

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Catalogue éditeur

« Voilà, le livre est fini. J’ai posé le point final. Le titre : Une autobiographie. Je ne me sens pas très à l’aise. Mon éditeur va s’en rendre compte… Des pages manquent : ma disparition à l’hiver 1926. Pourtant, j’ai bien écrit ce chapitre. Des pages et des pages, presqu’un livre entier. Mon secret.  Ma vie privée. Une semaine et demie qui n’appartient qu’à moi. »
C’est une histoire vraie. Un mystère jamais totalement élucidé. Une zone d’ombre qui demeure dans la vie d’Agatha Christie. Pourquoi et comment la reine du crime s’est –elle volatilisée dans la nature durant l’hiver 1926 ? Qu’a-t-elle fait pendant ces onze journées ?  Pourquoi toute la presse a-t-elle cru qu’elle avait été kidnappée ou assassinée ?
Dans ce roman passionnant, Brigitte Kernel se glisse dans la peau d’Agatha Christie pour reconstituer cette étrange disparition. Une histoire d’amour, de vengeance et de trahison.

Parution : 13/01/2016 / Nb pages : 272 / Prix : 18,00 € / EAN : 9782081365629

Les enquêtes d’Enola Holmes. Tome 1, la double disparition. Serena Blasco

Au salon du polar de Montigny-Lès-Cormeilles, j’ai eu le plaisir de rencontrer Serena Blasco qui présentait le premier tome en BD de l’adaptation des aventures d’Enola Holmes.

Domi_C_Lire_les_enquetes_d_enola_holmes_serena_blasco.jpgJ’ai trouvé ses dédicaces tellement jolies, et ses dessins d’Enola Holmes, que j’ai eu envie d’en offrir un, à lire à partir de 12 ans ! Bien m’en a pris, c’est joliment dessiné, avec un graphisme et des couleurs agréables, qui donnent un air suranné à la BD, tout en la laissant évoluer avec aisance. Nous voilà embarqués dans cette époque pas si lointaine où passé un certain âge les jeunes filles devaient porter une jupe longue et un corset, pour se conformer aux codes de la morale et pouvoir faire leur entrée dans le monde.

Pourtant, Enola n’a pas une enfance classique. Elle est élevée par sa mère dans un manoir à la campagne. Cette mère, artiste et veuve, disparait mystérieusement le jour des quatorze ans d’Enola. L’on découvre alors que ses frères ne sont pas moins que le célèbre Sherlock Holmes et Mycroft, frère plus âgé  faisant office de tuteur depuis la disparition de leur père. Appelant ses frères à l’aide pour qu’ils découvrent ce qu’elle est devenue, et devant leur incapacité à résoudre l’affaire de cette disparition, Enola va enquêter elle-même. De belles péripéties vont ponctuer ses recherches, ingénieuse, courageuse, déterminée, elle va tout tenter pour retrouver cette mère si peu commune. Imaginative et intrépide, son enquête va la mener vers de nouvelles aventures.

C’est joli, il y a un peu de mystère, un jeu de piste, un code à découvrir, le langage des fleurs à comprendre pour avancer, tout ce qui peut donner envie de continuer l’aventure avec Enola. Mais là il faudra attendre le prochain opus !

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Catalogue éditeur : Jungle

Quand Enola Holmes, sœur cadette du célèbre détective Sherlock Holmes, découvre que sa mère a disparu le jour de son anniversaire, en ne lui laissant pour mot qu’un recueil sur les fleurs, et un carnet de messages codés, elle se met rapidement à sa recherche.
Elle va devoir recourir à son sens de la débrouille, ainsi qu’à d’ingénieuses techniques de déguisement afin de fuir le manoir familial …
Enola arrivera-t-elle à s’en sortir seule, et continuer de suivre la piste de sa mère tout en échappant à ses deux frères ??
 
L’adaptation des romans de Nancy Springer

23 Septembre 2015 / ISBN 9782822211284 / Format 230 x 310 mm / Pages 56 / Prix 12€