L’invitation. Elizabeth Day

Deux mondes, deux univers, une amitié indéfectible… Découvrir « L’invitation » d’Elizabeth Day, un roman tout en tension et faux-semblants, où jeux de pouvoir et classes sociales se côtoient et s’affrontent.

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Avec des accents typiquement britanniques de différence de classes sociales et de bienséance, Elisabeth Day nous offre un roman qui nous tient en haleine. Sous couvert de bonne société, elle explore la face cachée des amitiés entre deux hommes que leurs classes devraient justement tenir éloignés, que tout oppose et qui pourtant s’enorgueillissent d’une longue et fidèle amitié.

Martin Gilmour est un critique d’art reconnu, mais un écrivain plutôt raté, un homme fade et sans attrait. Avec son  épouse la douce et très effacée Lucy ils sont invités à l’anniversaire de l’ami de toujours, l’élégant et talentueux Ben Fitzmaurice. Les deux hommes se connaissent depuis l’adolescence, lorsque Martin, ébloui par Ben, avait décidé de conquérir son amour… ou son amitié ?

Dans la somptueuse maison que le couple vient d’acquérir et de rénover à grands frais, Ben les accueille avec sa superbe épouse Serena. Ce soir-là, anniversaire et crémaillère viennent valider la réussite de Ben, mais les deux couples doivent d’abord se parler…

Quand le roman débute, Martin est au commissariat. Peu à peu, le drame qui a conclu cette soirée transparait par le récit de Martin, le narrateur ou dans les écrits de Lucy, dont on nous dévoile quelques pages. Alternant les épisodes qui retracent les liens d’amitié, ceux qui font émerger les tensions, puis les séances de psy de Lucy ou les flash-back vers l’enfance, le lecteur voit se dessiner peu à peu une intrigue pleine de rebondissements et de ressentiment, de faux-semblants et de vaines espérances, de secrets enfouis et inavouables, creusant des tranchées profondes entre rêve et réalité, envies et contraintes, espoirs et déceptions.

L’auteur nous entraine par ses mots, ses descriptions de l’âme humaine, de la société dans laquelle évoluent ses personnages, interrogeant la part de réel ou d’imaginaire qu’il faut décrypter entre les deux hommes, entre ces deux mondes, ces deux classes sociales qui finalement ne se rejoignent peut-être pas aussi sincèrement que ça. C’est finement observé, judicieusement décrit, savoureusement mené, une intrigue qui a tout du roman noir, qui vous embarque avec mordant et lucidité, et parfois un brin d’humour british pour faire passer la tension.

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Catalogue éditeur : Belfond
Lutte des classes, ambition politique, désirs refoulés et violence sourde… Une œuvre originale et parfaitement construite qui allie roman noir à la tension implacable et comédie sociale mordante, quelque part entre le Monsieur Ripley de Patricia Highsmith et Le Dîner de Herman Koch, le tout porté par un humour grinçant tout britannique.

Ben Fitzmaurice est devenu le meilleur ami de Martin Gilmour le jour où, dans la cour de leur très chic école, Ben, héritier d’une prestigieuse dynastie, a pris la défense de Martin, petit boursier, fils unique d’une mère célibataire sans le sou. Depuis, Ben s’est fait un nom en politique, Martin est devenu critique d’art ; Ben a épousé la très parfaite Serena, Martin vit avec la très discrète Lucy. Et Ben est toujours le meilleur ami de Martin.
Ce soir, Ben fête ses quarante ans. Tout le gratin est présent. Martin aussi. Naturellement…

Traduction : Maxime Berrée / Date de parution : 03/05/2018 / EAN : 9782714476135 / Nombre de pages : 352 / Format : 140 x 225 / Prix : 21€

L’enfant aux cailloux, Sophie Loubière

Avec L’enfant aux cailloux, Sophie Loubière propose un suspense psychologique qui tient ses lecteurs en haleine jusqu’au bout

Fait de flash-back, ou plutôt d’impressions du passé en quelques pages, le début du roman nous livre des personnages bien particuliers, au passé lourd qui va les poursuivre dans leur vie future.

Elsa Préau, ancienne directrice d’école, est une femme étrange. Elle revient habiter sa maison, après un séjour de quelques années dans le sud de la France. Son fils Martin est médecin, marié à Audrette, une canadienne qu’Elsa n’aime vraiment pas. De sa fenêtre, dans cette vie paisible qui est désormais la sienne, rythmée par la visite hebdomadaire de son fils, celle plus quotidienne de son infirmière et de son aide-ménagère, Elsa surveille la maison des voisins. Elle pense que quelque chose ne tourne pas rond dans cette maison, dans ce jardin où viennent jouer de façon bizarre trois enfants, dans cette famille qui n’en compte que deux. Elle va aller s’en ouvrir aux services sociaux, à la police.

Oui mais voilà, Elsa voit des fantômes, Elsa entend des souris qu’elle ne peut capturer, Elsa semble avoir des hallucinations, qui sait peut-être est-elle simplement folle ? Elsa a aussi et surtout un passé douloureux qui a meurtri sa propre famille, un passé que l’auteur dévoile par petites touches au fil des pages.
L’intrigue se déroule, nous entrainant dans les pas d’Elsa, sous son regard, à travers ses jumelles. Le mystère s’épaissit puis s’éclaircit en partie. Mais les rebondissements ne sont pas là où on les attendait. C’est un véritable suspense psychologique, qui nous tient en haleine jusqu’au bout. Où il est question de vieillir, d’entre-aide, mais également de la relation mère fils, de confiance ou de défiance envers ceux que l’on aime mais que l’on ne comprend pas toujours. Où est la vérité ? Quelle est la connaissance que les êtres ont les uns des autres ? Et quelles difficultés à dénoncer la maltraitance des enfants, sujet poignant et particulièrement intéressant.

polar montigny

C’est une belle découverte et un vrai plaisir de lire Sophie Loubière, rencontrée au salon du polar de Montigny-Lès-Cormeilles.


Catalogue éditeur : Pocket

Elsa Préau est une retraitée bien ordinaire. De ces vieilles dames trop seules et qui s’ennuient tellement – surtout le dimanche – qu’elles finissent par observer ce qui se passe chez leurs voisins. Elsa, justement, connaît tout des habitudes de la famille qui vient de s’installer à côté de chez elle. Et très vite, elle est persuadée que quelque chose ne va pas.

Les deux enfants ont beau être en parfaite santé, un autre petit garçon apparaît de temps en temps – triste, maigre, visiblement maltraité. Un enfant qui semble l’appeler à l’aide. Un enfant qui lui en rappelle un autre…
Armée de son courage et de ses certitudes, Elsa n’a plus qu’une obsession : aider ce petit garçon qui n’apparaît ni dans le registre de l’école, ni dans le livret de famille des voisins.
Mais que peut-elle contre les services sociaux et la police qui lui affirment que cet enfant n’existe pas ?
Et qui est vraiment Elsa Préau ? Une dame âgée qui n’a plus toute sa tête ? Une grand-mère souffrant de solitude comme le croit son fils ? Ou une femme lucide qui saura croire à ce qu’elle voit ?

Auteur de huit romans, de nouvelles policières (notamment Les petits polars parus en version numérique chez 12/21) et d’un livre pour la jeunesse, Sophie Loubière s’est fait un nom dans le milieu de l’édition grâce à une émission littéraire unique en son genre (Parking de nuit, France Inter) et à ses chroniques à France Info (Info polar). Après L’Enfant aux Cailloux (Prix de la ville de Mauves-sur-Loire et Prix Lion d’or en 2012) Sophie Loubière nous invite dans son dernier roman Black Coffee à une exploration inédite de la mythique route 66 à travers l’histoire envoûtante d’une Française perdue dans l’immensité américaine…

Date de parution : 14 Avril 2011 / Pages : 336 / EAN 9782265092570