Que sur toi se lamente le Tigre, Émilienne Malfatto

En Irak, la tragédie inexorable du crime d’honneur par ceux qui la perpétuent

Elle vit en Irak, de nos jours, sur les bords du Tigre. C’est une jeune femme amoureuse qui a cédé à son futur mari avant son départ au combat. Cela aurait pu être une belle histoire ailleurs ou en d’autres temps. Mais alors que Mohammed meurt sous les bombes, leur instant de bonheur fugace a porté ses fruits et elle attend un enfant.

Quel bonheur ! Non, quelle catastrophe, car cette vie qui pousse en elle signe son arrêt de mort. L’honneur est plus important que la vie. Chez nous mieux vaut une fille morte qu’une fille mère

Chacun à son tour, les différents protagonistes de cette triste mais contemporaine et implacable histoire vont émettre leur avis sur cette situation qu’aucun d’entre eux ne tentera de stopper : le décès annoncé, ou plutôt le meurtre annoncé, par le frère aîné, de celle qui pourrait apporter l’opprobre sur la famille.

Le crime d’honneur, cette tradition d’un autre temps est une réalité sanglante qui a bien court de nos jours dans le secret des familles. Parce que la tradition, parce que l’honneur, parce que la honte, aucun ne s’y oppose, aucun ne compatit. La mère, la petite sœur qui devra oublier jusqu’au nom de celle qui doit disparaître, Baneen la belle sœur qui vit en totale conformité avec les règles et n’interviendra pas, c’est évident. Le jeune Ali, ce frère aussi lâche que faible qui condamne mais ne fera rien, ne dira rien, n’empêchera rien. Amir, le frère aîné, tient son rôle, celui du meurtrier en puissance, Mohammed le jeune amant mort au combat. Et elle, celle par qui le scandale pourrait arriver, celle qui a fauté et accepte son sort avec fatalisme, se demandant si elle aurait aimé vivre, aimé cet enfant, aimé cet homme. Un seul d’entre eux, Hassan, bien trop jeune, se demande quelle aurait été ou que serait sa réaction s’il avait quelques années de plus et le droit à la parole.

Et toujours fidèle, le Tigre charrie sur ses eaux la mémoire, les regrets, les silences.

Un roman bref mais puissant, des phrases courtes et percutantes qui disent tout en si peu de mot. Les traditions, les sentiments, les regrets et les contraintes, l’espoir et la résignation, dans ce pays où la loi des hommes est toute puissante. Le code d’honneur est une atrocité et les femmes sont ses victimes, hélas encore bien trop souvent aujourd’hui. À lire, à faire lire, à partager.

Catalogue éditeur : Elyzad

Dans l’Irak rural d’aujourd’hui, sur les rives du Tigre, une jeune fille franchit l’interdit absolu: hors mariage, une relation amoureuse, comme un élan de vie. Le garçon meurt sous les bombes, la jeune fille est enceinte: son destin est scellé. Alors que la mécanique implacable s’ébranle, les membres de la famille se déploient en une ronde d’ombres muettes sous le regard tutélaire de Gilgamesh, héros mésopotamien, porteur de la mémoire du pays et des hommes.
Inspirée par les réalités complexes de l’Irak qu’elle connait bien, Émilienne Malfatto nous fait pénétrer avec subtilité dans une société fermée, régentée par l’autorité masculine et le code de l’honneur. Un premier roman fulgurant, à l’intensité d’une tragédie antique.

EAN : 9789973581228 / 80 pages / 03/09/2020

La maîtresse du peintre, Simone van der Vlugt

Faire tomber Rembrandt de son piédestal à travers sa relation avec Geertje Dircx, la nourrice de son fils

Geertje Dircx n’est sans doute pas née sous la meilleure étoile possible, même si une partie de sa vie a malgré tout été heureuse et confortable. Pourtant, Simone van der Vlugt nous dévoile ici la relation ambiguë qu’elle a eu avec Rembrandt et la façon bien peu glorieuse qu’à eu l’artiste pour s’en débarrasser. Car s’en débarrasser est bien l’expression qui convient. En 1650, lorsque s’ouvre le roman, Geertje est arrêtée par la maréchaussée et emmenée de force dans une maison de correction dans laquelle elle passera douze très longues années. Que s’est-il donc passé pour en arriver là ?

Issue d’un milieu très modeste, la jeune femme travaille à Édam au marché aux poissons, puis part à la ville pour se proposer comme servante dans une auberge à Hoorn. Elle y rencontre Abraham, un marin qui souhaite rapidement l’épouser. Hélas, la jeune femmes devient veuve très jeune et ses espoirs de vie meilleure s’envolent avec le décès prématuré de son époux. La voilà ensuite entrée au service d’une famille aisée de sa ville pour s’occuper de leurs enfants. Elle entre au service de de Rembrandt, pour aider son épouse, puis devient gouvernante de son fils Titus au décès de Saskia.

Une relation d’abord ambiguë, puis amoureuse s’instaure alors entre l’artiste et la jeune femme. Mais dans la Hollande puritaine de l’époque, il est impossible de vivre une relation amoureuse hors mariage. De promesses en mensonges, Rembrandt se lassera vite de celle qu’il ne pourra dans tous les cas jamais épouser.

Ce que j’ai aimé ?

Cette incroyable et violente incursion dans la vie de Geertje, la façon dont elle sera traitée par son amant qui pourtant a tant besoin d’elle, la violence du rejet après l’amour et le bonheur de façade, jamais consolidé par de quelconques liens. Et surtout la façon ignoble dont le maître absolu de la peinture flamande s’est débarrassé de celle qui le gênait.

Je ne peux que vous recommander cette lecture, émouvante, instructive, avec de vrais accents féministes, qui replace les hommes à leur vraie place et montre une fois de plus à quel point il est difficile pour les petits d’entrer durablement dans le cercle des grands. J’ai aimé le côté historique du roman qui nous fait découvrir les us et coutumes du Amsterdam du siècle d’or. Cela m’a fait penser au roman Miniaturiste, Jessie Burton, qui se situe en 1686, et que j’avais également beaucoup aimé.

Catalogue éditeur : 10/18, Philippe Rey

Traduction de Guillaume Deneufbourg

L’histoire saisissante et vraie de Geertje Dircx, maîtresse désavouée du peintre Rembrandt, ici réhabilitée. Un jour de juillet 1650, Geertje Dircx est arrêtée par la ville d’Amsterdam, poussée de force dans une voiture et conduite à la Spinhuis de Gouda, maison de correction pour femmes où elle restera enfermée douze… Lire la suite

Auteure à succès aux Pays-Bas, Simone van der Vlugt a publié des romans historiques et des thrillers. Elle a reçu plusieurs récompenses, dont le prestigieux Prix du Livre de l’année.

Date de parution : 20 mai 2021 EAN : 9782264078063 / pages 312 / prix 7.80 €

Âme stram gram, Christiane Legris-Desportes

Une comptine populaire pour parler d’amour, de vengeance, d’oubli et de pardon

Alors qu’il reçoit un appel lui annonçant le décès imminent de sa sœur, François comprend qu’il va être enfin libéré de ce poids qui l’oppresse depuis tant d’années. Car après le décès brutal de Marie, le seul véritable amour de sa vie, et parce que selon lui sa sœur en a été l’instigatrice, il a pris ses distances avec la famille, avec sa sœur, ses nièces. Et même l’annonce de ce deuil ne saurait le faire revenir sur sa décision de couper les ponts.

Pourtant, un courrier envoyé peu de temps après par la mère de Marie va bouleverser l’équilibre instable qu’il a instauré pour survivre à la douleur. Et cette révélation vient mettre à mal ses certitudes. Et si le décès de Marie avait une autre origine, et si, et si…

Chaque chapitre alterne les voix de différents personnages, sans jamais les faire interagir, chacun s’adresse à nous à la première personne du singulier pour nous dire le silence, les secrets, les difficultés à écouter et se comprendre, quand chacun, et François en particulier, s’enlise dans son incompréhension jusqu’au point de non retour. Où et comment trouver le pardon quand ceux que l’on a rejeté sont morts, quand le dialogue n’est plus possible. Pourtant, le bonheur, ou du moins une forme de sérénité et de résilience peuvent être au bout du chemin pour qui ouvre enfin son cœur et son esprit au pardon et à l’oubli, même après des années de silence et de ressentiment.

Sous une forme très singulière, ces différents textes, lettres, mails, post-it parlent au lecteur et à lui seul pour lui révéler les moments de vie, d’hésitation, de rancœur, de pardon, de résilience et de rechute face à la complexité des sentiments et des émotions qui surviennent lorsque François comprend qu’il s’est fourvoyé à jamais et n’a aucune possibilité de retour arrière.

Un roman court mais dense, qui est construit avec une précision et une économie de mots qui touchent au cœur par leur justesse et leur vérité. Et si l’on ne devait retenir que ça, Christiane Legris-Desportes nous montre à quel point il faut toujours communiquer, parler, s’ouvrir aux autres, au dialogue, ne jamais s’enliser dans le silence et l’incompréhension… Que l’on peut mettre en œuvre le pardon, la confiance en l’autre et en soi-même, l’écoute et le soutien. Tous ces mots que l’on oublie trop souvent et derrière lesquels il y a des actes et des sentiments si importants. Âme Stram Gram est une véritable leçon de vie.

J’avais lu ce roman une première fois en 2014, je le lis de nouveau avec plaisir dans cette version retravaillée par l’autrice et publiée par Les éditions d’Avallon.

Catalogue éditeur : Les éditions d’Avallon

Lorsque Marie, l’amour de sa vie, meurt dans des circonstances dramatiques, François rompt avec son passé, son milieu, sa famille, et surtout avec sa sœur qu’il tient pour responsable de cette disparition.
Persuadé qu’aucune femme ne pourra jamais remplacer Marie, François se jette à corps perdu dans les études. Il devient écrivain. Marie hante chacun de ses romans.
Un jour, une lettre lui parvient et le plonge dans l’incompréhension. Ses certitudes vacillent. Se serait-il trompé ?

Christiane Legris-Desportes, sémiologue et linguiste, est spécialisée dans l’analyse des tendances sociétales. Elle dirige une collection de sciences humaines et collabore à un magazine culturel. Elle a publié de nombreux articles universitaires et plusieurs essais.
Âme Stram Gram est son premier roman. Il a été, lors de sa première sortie, sélectionné au Salon du Livre et du Premier Roman de Draveil.

142 pages / ISBN : 9782491996277 / Date de parution : 11/02/2021 / 12,00 €

Les mal-aimés, Jean-Christophe Tixier

Un roman noir qui nous entraîne aux confins des Cévennes au début du XXe siècle


En février 1884, le bagne pour enfants situé dans les hauteurs du village a enfin été fermé et vidé de ses occupants. Ces pauvres gamins coupables de bien dérisoires larcins ont subit pendant des années les violences répétées de leurs gardiens. Seuls les rescapés de ces terribles années de détention on pu en sortir.

Des années plus tard, de dramatiques incidents se produisent chez ceux qui furent un temps leurs geôliers. Incendie de meules et de récoltes, troupeau de chèvres décimé, accident, morts violente. Rien n’est épargné aux habitants de ce coin reculé de la montagne.

Et si les spectres des enfants étaient revenus pour les venger ? Et si le diable avait décidé de reprendre ce qui avait été donné ? Le lecteur va suivre au fil des chapitres Blanche et son oncle, Jeanne et Léon, Étienne, le Gerfaut, Ernest, la Cruère qui tente d’élever les gamins tout droit arrivés de l’hospice mais qui ont si peu de chances de s’en sortir, Morluc le médecin de retour au pays avec ses lourds secrets et ses regrets, chacun à sa façon évoque les sortilèges dans cette région oubliée du monde des vivants. Chacun porte en lui une partie du malheur de la vallée, les actes délictueux, la violence, la solitude, l’emprise ou la soumission. Certains savaient mais aucun n’a parlé, aucun n’a tenté d’arrêter la spirale de la violence et chacun se demande pourquoi on vient aujourd’hui leur demander justice.

Chaque chapitre s’ouvre sur des extraits véridiques et tous aussi dramatiques les uns que les autres, de registres d’écrou d’enfants incarcérés dans la maison d’éducation surveillée de Vailhauqués, à cette même période. Quelle triste constatation, lorsque l’on commence à regarder les faits jugés, puis les dates de naissance et de mort de ces gamins, décédés pour la plupart dans les deux ans après leur entrée au bagne et bien avant leur douze ou treize ans.

Une grande tristesse et beaucoup de noirceur se dégagent de ce roman au fil des pages. C’est pourtant une lecture addictive qui nous incite à sonder la noirceurs des âmes de ces paysans silencieux, reclus sur leurs terres que l’on imagine si loin du monde des vivants.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche, Albin-Michel

1884, aux confins des Cévennes. Une maison d’éducation surveillée ferme ses portes et des adolescents décharnés quittent le lieu sous le regard des paysans qui furent leurs geôliers. Quand, dix-sept ans plus tard, sur cette terre reculée et oubliée de tous, une succession d’événements étranges se produit, chacun se met d’abord à soupçonner son voisin. On s’accuse mutuellement du troupeau de chèvres décimé par la maladie,  des meules de foin en feu, des morts qui bientôt s’égrènent… Jusqu’à cette rumeur, qui se répand comme une traînée de poudre : « Ce sont les enfants qui reviennent. »

Porté par une écriture hypnotique, le roman  de Jean-Christophe Tixier, peinture implacable d’une communauté minée par les non-dits, donne à voir plus qu’il ne raconte l’horreur des bagnes  pour enfants qui furent autant de taches de honte dans l’histoire des XIXe et XXe siècles.

Jean–Christophe Tixier est né en 1967. Il vit actuellement entre Pau et Paris. Créateur du salon polar de Pau « Un Aller-Retour dans le Noir », il est également un auteur jeunesse reconnu (une vingtaine de titres salués par la critique). Son premier roman, Les mal-aimés, Prix Transfuge du meilleur polar français 2019, a été remarqué par la presse.

312 pages prix 7,70€ / Date de parution : 02/09/2020 / EAN : 9782253241621

Albin Michel Prix 19.50 € / 27 Février 2019 / 140mm x 205mm / 336 pages / EAN13 : 9782226436726

Taches rousses, Morgane Montoriol

Qui est la proie, qui est le prédateur dans ce premier roman aussi noir que violent

Beck a fuit sa ville natale pour réaliser son rêve et devenir comédienne en Californie. Aujourd’hui, elle vit sans passion mais par intérêt avec un homme bien plus âgé qui pourra lui ouvrir les portes des studios. Mais ce rêve n’était-il pas celui de sa grande sœur ? Car des années auparavant, dans la petite ville de Muskogee, Leah Westbrook, à peine quatorze ans et la vie devant elle, a disparu. Depuis, aucune enquête n’a jamais réussi à déterminer ce qu’il s’est passé, fugue, meurtre, disparition inquiétante, nul ne le sait, et la blessure reste profonde pour Beck et son père. Beck se souvient, son enfance, ses parents, sa sœur qui avait un teint si parfait, sans ces taches de rousseur qu’elle déteste et tente désespérément de cacher sous son maquillage.

Pendant ce temps là, la ville est frappée par de dramatiques meurtres de jeunes femmes. Abordée par Wes, un homme aussi étrange qu’envoûtant, elle découvre son talent morbide d’artiste peintre lors d’une exposition d’art. Fascinée autant qu’inquiète devant ses toiles, elle n’a qu’une crainte, que ce dernier soit le tueur en série qui fait trembler la ville.

Wes le prédateur, et Beck la proie, jouent alors un jeu du chat et de la souris terriblement noir et à la tension grandissante. Chacun est hanté par ses démons et fort étrangement, la disparition de Leah semble être leur point commun.

Qui est la proie, qui est le prédateur ? Le jeu sanglant et morbide qu’ils jouent chacun à leur tour entraîne le lecteur dans des profondeur d’incertitudes et de questionnements. Leur passé, leurs démons, leurs secrets seront peu à peu révélés. Et le lecteur de se demander au fil des pages qui est qui et qui veut quoi. Des personnages noirs et sombres à souhait que l’on tente de comprendre, dont on a beaucoup de mal à discerner le but, et que l’on sent hantés par un passé inavouable.

Un premier roman noir adroitement mené, même si c’est parfois avec un peu trop de détails ou certaines longueurs qui à mon avis cassent le rythme. De fait, il m’a manqué de tempo pour m’embarquer vraiment. Même si je reconnais la force d’une intrigue qui nous mène par le bout du nez quasiment jusqu’au dénouement.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Albin-Michel, Le Livre de Poche

Leah Westbrook a disparu un après-midi de septembre, à Muskogee, en Oklahoma. Elle avait quatorze ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Depuis, sa sœur, Beck, a quitté la ville pour s’installer à Los Angeles. Elle vit par procuration le rêve de Leah, en tentant une carrière de comédienne. Sans conviction. À la différence de Leah, dont la peau était parfaitement unie, Beck a le visage couvert de taches de rousseur. Des taches qu’elle abhorre et qu’elle camoufle sous des couches de fond de teint.
Bientôt, des corps atrocement mutilés sont retrouvés dans un quartier d’Hollywood où Beck a vécu. L’œuvre d’un tueur en série que la police peine à attraper. Peut-être cet homme aux yeux terribles, qui la suit partout…

Le Livre de Poche Prix : 8,20€ / Date de parution : 03/02/2021 / 408 pages / EAN : 9782253079286
Albin-Michel 21.90 € / 29 Janvier 2020 / 150mm x 220mm / 368 pages / EAN13 : 9782226446824

Pas trop saignant, Guillaume Siaudeau

Percutant, concis, émouvant, un road trip à la vie à la mort

Le cri des cochons ou celui des vaches, un matin, Joe décide qu’il ne peut plus les supporter. Car ces cris envahissent sa vie, son repos, ses nuits, ses rêves. Ce n’est pourtant pas une décision simple à prendre lorsque l’on travaille dans un abattoir.

Chaque semaine, Joe doit recevoir des perfusions pour arriver à vivre à peu près normalement. Et dans ces moments-là, son seul rayon de soleil, c’est l’infirmière Joséphine. Il faut dire qu’elle aussi habite les nuits de Joe, ses rêves, sa folie douce et ses envies d’ailleurs. Mais rêver n’est plus suffisant, car ça ne fait pas vivre heureux.

Il en est sûr désormais, le bonheur est dans la fuite, loin de l’odeur du sang, celui des bêtes et celui des perfusions, loin de l’hôpital et de la mort.

Alors ce matin-là, le premier éleveur qui pose sa bétaillère devant l’abattoir à la surprise de la voir s’envoler avec ses six vaches à l’intérieur. Et Joe trace la route, mais il n’oublie pas de récupérer au passage le jeune Sam, cet enfant élevé par des tuteurs qui ont confondu maison de redressement et éducation familiale. A eux deux, ils se font la belle. Par l’autoroute, par les petites routes, jusqu’à la montagne et ses verts pâturages ensoleillés. Ou pas. Il peut faire gris et froid dans les montagnes quand on n’a rien à manger et que l’on est entouré par quelques voisins trop bavards.

Quelle heureuse surprise. J’ai apprécié ce court roman aux chapitres brefs, qui fleure bon douceur et mélancolie, teinté d’un humour grinçant et parfois si réaliste. Personne n’est épargné, pas même les gendarmes, qu’ils soient gentils ou pas, efficaces ou pas, aussi rêveurs ou bavards que n’importe qui. Il y a beaucoup de tendresse et de douceur dans ce road-trip pour la vie, dans ce texte aux intonations douces amères qui nous ramène indiscutablement à la banalité et la dureté du quotidien.

Catalogue éditeur : Pocket et Alma

Pour certains fuir se résume à entrer dans un beau rêve. Pour d’autres les choses ont besoin d’être plus concrètes. Joe est de cette trempe. Il veut se sentir bien. Vivant. Pour de vrai. Voilà pourquoi, émergeant d’un demi-sommeil existentiel, il passe à l’action.
Un beau jour, Joe, un jeune homme, employé aux abattoirs, entend à la télévision un couple retraité expliquer qu’ils ont vendu la maison pour acheter un camping-car et qu’ils vont partir sur les routes histoire de ne pas mourir idiot. Illico, Joe décide lui aussi de mettre les voiles. Sur son lieu de travail, il fauche une bétaillère (bestiaux compris), passe prendre son plus proche ami, Sam un enfant placé, et file au volant de l’engin sur les routes montueuses de la région. Évidemment, la gendarmerie est alertée mais la chasse à l’homme commence plutôt mollement. L’insurgé, l’enfant et les six vaches auront le temps de rencontrer d’épatantes personnes. Dont l’une hors-champs et dont on ne peut rien dire sinon qu’elle porte une blouse blanche.

Alma : 16 € / 144 pages / Date de parution : 6 octobre 2016 / ISBN : 978-2-36279-201-4 / Livre numérique : ISBN : 978-2-36279-202-1

Les grandes occasions, Alexandra Matine

Famille je vous hais, famille je vous aime. Peut-on recréer le lien d’un famille désunie ?

Esther attend. Elle attend les enfants, les petits enfants pour un déjeuner de famille en ce samedi d’été. Car Vanessa la petite dernière, celle qui vit là-bas loin en Australie est de passage à Paris. Ce déjeuner, cette réunion de famille elle l’espère depuis si longtemps. Elle n’aime rien tant que de les voir tous, la fratrie, Reza son mari, et les petits enfants qui ont déjà bien grandi réunis pour les grandes occasions.

Pourtant, depuis le mariage de Bruno, plus jamais elle n’a réussi à les rassembler. Esther la silencieuse tente depuis toujours de tisser le fil qui rapprochera les membres de sa famille, les fera s’apprécier, s’aimer. Sans y parvenir car jour après jour les fils se défont, les nœuds se cassent, les sentiments se délitent. Aujourd’hui, dans la chaleur étouffante, elle finit d’arranger les fleurs sur la table, d’organiser les chaises tout autour. Alors qu’elle ressent une douleur terrible à la tête, elle se remémore sa vie.

La jeune femme qu’elle était, légère, joyeuse et bondissante sur ses jolis souliers ; l’infirmière qui a rencontré Reza, un jeune médecin iranien venu étudier puis soigner en France. Mais cet étranger à l’accent si prononcé dont personne ne veut devra soigner lui aussi les étrangers pour s’imposer dans ce milieu fermé. Il n’aura dès lors qu’une obsession, réussir sa vie, se faire une place, gagner assez pour permettre à ses enfants de vivre correctement. Comme une revanche à prendre sur la misère de son enfance.

Puis Carole, leur première fille, arrivée plus vite que prévu, Esther était encore bien jeune, avant que Reza n’ait réellement pris la dimension de son rôle de père. Puis Alexandre, le fils favori, petit chien savant exhibé avec fierté par son père. Alexandre n’aura jamais droit à l’amour de sa mère, trop occupée à compenser le manque d’intérêt paternel pour les autres, Bruno puis Vanessa la benjamine. Vanessa qu’elle imagine comme son dernier bonheur, son refuge, celle qui l’accompagnera dans sa vieillesse, qui la protégera et ne l’abandonnera jamais. Vanessa qui très vite, très jeune, la quitte pour aller vivre en Australie.

Reza est un mari peu attentionné, un homme dur qui n’a jamais ressenti l’amour d’un père pour ses enfants. Mais faut-il le lui reprocher, lui qui n’a jamais eu celui de ses parents ? Cet homme égoïste n’a ni les mots ni les gestes pour les siens. Esther non plus n’a jamais su unir cette grande famille qu’elle a pourtant désirée, dont les membres sont comme les maillons d’une chaîne concaténée au hasard des naissances mais jamais soudée par un amour quelconque, par les gestes ou les paroles qui soulagent, donnent, comprennent, protègent, expriment l’amour, la tendresse, l’attention.

Quelle est difficile et froide cette vie qui passe dans les souvenirs d’Esther, qu’elles sont violentes les rancœurs qui animent les membres de cette famille, les différences qui les séparent. Et pourtant elle les aime tous, ces enfants et ces petits enfants qui la délaissent, la craignent, l’ignorent. Elle les appelle de toute son âme, de tout son cœur, avec ses silences, ses gestes retenus, ses mots étouffés par la crainte du refus, de la méfiance, de la solitude.

Un premier roman étonnant, où les mots, les souvenirs s’égrènent, révoltants, émouvants, désespérants, pour dire une vie vécue, des amours manqués, des silences qui emprisonnent les sentiments plus sûrement que des chaînes ou des barreaux. Pour dire la famille désunie. L’auteur a su créer une ambiance si particulière que le lecteur s’attache à Esther, pris entre la chaleur étouffante de cette journée d’été et la froideur et l’absence d’amour de cette famille.

Dans la même collection, on ne manquera pas de découvrir le roman Tant qu’il reste des îles, de Martin Dumont,

Un premier roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : Les Avrils, Delcourt

Sur la terrasse, la table est dressée. Esther attend ses enfants pour le déjeuner. Depuis quelques années, ça n’arrive plus. Mais aujourd’hui, elle va réussir : ils seront tous réunis. La chaleur de juillet est écrasante et l’heure tourne. Certains sont en retard, d’autres ne viendront pas. Alors, Esther comble les silences, fait revivre mille histoires. Celles de sa famille. Son œuvre inachevable.

Paru le 6 janvier 2021 / ISBN : 978-2-491521-04-2 / Pages : 256 / Prix : 19 €

Punto Basta, Lionel Froissart

Une étonnante reconstruction de l’accident le plus tristement célèbre du tunnel de l’Alma


Jocelyne travaille à la préfecture de Bobigny. Célibataire sans enfants elle mène une vie solitaire. De temps en temps elle passe la soirée à Paris avec ses copines et rentre en empruntant les beaux quartiers côté ouest par la voie sur berge et sa belle traversée des lieux emblématiques de la capitale.
Le soir du 30 août 1997, au retour de l’une de ses sorties entre copines et alors qu’elle s’engage dans le tunnel du pont de l’Alma à bord de sa Fiat Uno blanche, elle est percutée à grande vitesse par une Mercedes. C’est tout juste si elle s’aperçoit lorsqu’elle jette un œil dans son rétro que l’autre voiture s’encastre dans un pilier du tunnel. Elle en est quitte pour une grande frayeur et parvient à regagner son domicile tremblante et fortement secouée.
Au petit matin, elle découvre atterrée que la princesse Lady Di est décédée la veille dans un accident de voiture à Paris. Les journaux n’ont aucune piste crédible, si ce n’est très rapidement celle d’une mystérieuse Fiat Uno blanche aperçue par plusieurs témoins sur les lieux du drame. Mais alors, Jocelyne est-elle impliquée, fautive, témoin, coupable ?

L’auteur nous fait pénétrer les méandres de son cerveau fortement perturbé par les circonstances de l’accident. La personnalité de la victime principale, l’ampleur de l’enquête mise en place pour rechercher les causes (on se souvient que la quasi totalité de la PJ parisienne était mobilisée pour tenter de trouver une explication au drame, autre que vitesse excessive, course poursuite avec les motos, et … pas de ceinture de sécurité qui aurait pu sauver des vies), les interrogations de Jocelyne spectatrice et actrice bien involontaire du drame, sont analysées avec soin. Le cheminement de sa pensée est décortiqué pas à pas. Coupable ou pas, que peut-elle faire, que doit-elle dire ?
Vient ensuite une incursion (qui par contre ne m’a vraiment pas convaincue) dans les pensées de Lady Di pendant les heures qui précédent l’accident. Puis l’auteur par ailleurs spécialiste de la F1 fait un rappel de quelques grands accidents de la route qui ont coûté la vie à de nombreuses autres têtes couronnées. Enfin, il revient à la banalité du quotidien de Jocelyne. Cette femme ordinaire qui a vécu un événement hors du commun en se demandant comment s’en sortir.

Une lecture qui nous remémore quelques lointains souvenirs, en particulier l’émoi qu’a provoqué dans le monde l’accident tragique de Lady Di. Malgré quelques bémols (la partie sur Lady Di justement), j’ai aimé la façon dont l’auteur analyse et décrit avec réalisme le quotidien ordinaire de la plupart d’entre nous, pour en faire quelque chose d’extraordinaire.

Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Jocelyne mène une vie tranquille et solitaire à Bobigny. Son petit plaisir, c’est de traverser les beaux quartiers de Paris au volant de sa Fiat, qu’elle surnomme affectueusement Paulette. Le soir du 30 août 1997, alors qu’elle rentre par la voie sur berge, Jocelyne est accrochée par une puissante berline. Obnubilée par la maîtrise de son véhicule, elle remarque à peine que la voiture folle s’encastre dans le tunnel du pont de l’Alma. Le lendemain, Jocelyne découvre la terrible nouvelle : Lady Di a succombé à l’accident. Quel rôle a-t-elle joué ? Aurait-elle pu porter secours à la princesse ? Et si la police remontait jusqu’à elle ?
Avec ce portrait de jeune femme tout en fêlures, Lionel Froissart déjoue les pronostics de cette ténébreuse affaire qui a fait couler tant d’encre. Derrière ce drame de portée internationale, l’histoire d’une Madame Tout-le-monde se télescopant avec celle d’une étoile.

Né en 1958, Lionel Froissart est journaliste sportif, spécialisé dans la F1 et le tennis. Il a travaillé pour Libération pendant près de trente ans. Auteur notamment d’une biographie d’Ayrton Senna en 2004, il a remporté avec Les Boxeurs finissent mal en général le prix Sport-Scriptum 2008 du meilleur livre sportif de l’année.

192 pages / 17€ / Paru le 14 janvier 2021 / ISBN : 978-2-35087-628-3

Notre-Dame de Paris, La nuit du feu

L’incendie de Notre-Dame, un drame national, un patrimoine mondial

Qui a oublié l’incendie de Notre-Dame de Paris dans la nuit du 15 avril 2019 ?

Aujourd’hui Glénat propose cette belle BD composée avec les conseils de Stéphane Bern, et pour le scénario Arnaud Delalande, le dessin Cédric Fernandez, les couleurs Franck Perrot et avec la collaboration d’Yvon Bertorello. De ce dernier je vous avais déjà présenté Bernadette, l’enquête. Cet album réalisé en partenariat avec la fondation Notre-Dame.

Cette BD est un excellent reportage qui nous fait revivre avec émotion à la fois la terrible nuit de l’incendie et les étapes du sauvetage de ce joyaux de la culture française. Six-cent cinquante pompiers à pied d’œuvre qui sans faillir ont mené le combat pour lequel ils se sont engagés sauver ou périr. Des camions, des infrastructures, des moyens physiques, numériques et humains absolument démentiels vont être engagés pour sauver ce qui peut l’être sans faire prendre trop de risques aux personnels. Mettre en sécurité les visiteurs, l’infrastructure, tout faire pour que l’incendie ne se propage pas dans le quartier alentour, mais aussi sauver le trésor et endiguer l’effondrement de cette merveille de l’architecture.

Nous assistons au récit chronologique des événements, d’abord une puis deux alarmes, les différentes vérifications, puis les hommes se retrouvent face à l’incendie qui prend rapidement de l’ampleur, embrase la charpente, et non seulement détruit la flèche de Viollet-le-Duc mais cause des dégâts spectaculaires. Les auteurs nous montrent les secours engagés, les risques pour la vie des hommes et le combat mené malgré tout avec professionnalisme et courage par les soldats du feu.
Les événements sont décrits de l’intérieur, côté diocèse, BSPP, mairie de Paris, architectes des monuments historiques, etc. mais aussi interventions des journalistes, des élus et de tout ceux qui comptent en politique, et ce étape par étape jusqu’au moment où l’incendie est enfin fixé.

Les personnages connus ne sont pas toujours évidents à reconnaître, mais qu’importe. Côté soldats du feu par exemple, il aurait fallu un nombre incalculable de pages pour tenter de leur rendre tous hommage. On y découvre certains rôles incontournables, comme ce croqueur de feu qui mieux que drones ou logiciel va aider aux prises de décisions.

Mais de Saint Louis au président Macron, du général de Gaulle à Édouard Philippe, de Quasimodo à Esméralda, ils sont tous là ! Car toute l’histoire de France s’inscrit dans la vie de la cathédrale. Moyen âge, croisades, révolution, invasion, seconde guerre mondiale, la cathédrale a résisté à tout et tient toujours debout. Et d’ailleurs, par quelques retours sur les siècles précédents, les auteurs rappellent les différentes phases qui ont précédé la réalisation, puis la construction de cette cathédrale emblématique du catholicisme, de la ville de Paris et de la France. Les reliques, la couronne d’épine, le trésor, prennent ici toute leur place. Enfin, les dernières pages font un retour sur l’histoire de Notre-Dame de Paris.

Le tracé et le couleurs sont aussi détaillés et parfois spectaculaires que le souvenir que chacun d’entre nous peut avoir de cette nuit d’incendie.

Pour ceux qui ont assisté à « La nuit du feu » le spectacle proposé par la BSPP (auquel j’ai assisté à plusieurs reprises) le titre de l’album prend ici un tout autre sens.

Catalogue éditeur : Glénat

Paris, le 15 avril 2019. Vers 18h20, un feu démarre sous la charpente de Notre-Dame de Paris. Une demi-heure plus tard, l’incendie se généralise à l’ensemble de la cathédrale. Et malgré l’intervention acharnée et héroïque des pompiers, l’impensable finit par se produire : la flèche, œuvre de l’architecte Viollet-le-Duc, s’effondre dans un déluge de débris, de fumée et de flammes. Les yeux du monde entier assistent alors, impuissant, à ce qui pourrait devenir la destruction en direct de l’un des plus grands fleurons du patrimoine de l’humanité.

À travers cette bande dessinée, revivez heure par heure les circonstances du drame et tentez de mieux comprendre. Par touches, revivez également les moments-clés de la construction de Notre-Dame et plongez au cœur de l’histoire de ce monument, qui reste l’un des plus visités au monde à l’heure actuelle.

Réalisé en soutien de la fondation Notre-Dame (à qui sera reversé 1€ pour chaque album vendu), cette bande dessinée bénéficie de la caution historique de Stéphane Bern, co-rédacteur d’un dossier pédagogique de 8 pages en fin d’album.

Parution : 04/11/2020 / Prix 14,95€ EAN physique 9782344041093 / Prix : 10,99€ EAN Epub 9782331048296

Cannibale, Danielle Thiéry

Père et fille mènent l’enquête pour dénouer les fils d’une manipulation diabolique

C’est la nuit de la fête de la musique, le moment parfait pour fêter la fin d’une année scolaire bien remplie. Un groupe d’élèves du lycée Victor-Hugo a choisi de célébrer le début de l’été par une course d’orientation en forêt, et cela devra se faire sans portable. C’est Roxane, l’une d’entre eux, qui a eu cette idée. Une idée reprise par tous et sponsorisée par le prof de gym. Mais quand arrive la fin de la course, tous les binômes sont rentrés sauf celui de Roxane et Rafaël.

Cette même nuit, deux adolescent évitent de justesse un accident et découvrent une jeune fille blessée et désorientée errant sur la route. Rapidement, le lien est fait entre cette jeune fille amnésique et mutique et Roxane, celle qui a disparu. Mais le capitaine Marin doit retrouver Rafaël et comprendre ce qui est arrivé aux deux jeunes gens.

Marin est nouveau dans la région. Il arrive du 93 et l’on se demande pourquoi il est venu se perdre dans ce coin paumé. Il porte un lourd et sombre bagage dont il n’a vraiment pas envie de parler. Sa fille Olympe connaît bien Roxanne, et refuse de voir en elle une victime. Pourtant, comme sa relation avec son père est plutôt chaotique, loin de l’aider dans son enquête elle va quasiment lui mettre de bâtons dans les roues.

Démêler les fils de cette affaire est bien compliqué. Bizarrement, le père de Roxane n’est pas très inquiet pour sa fille qui se révèle être une enfant secrète, manipulatrice et violente. Olympe n’a aucune confiance en cette fille qui, selon elle, joue un jeu pervers. Marin ne sait pas à quel saint se vouer, mais fort heureusement il est épaulé par son équipe pour tenter de démêler le vrai du faux..

Rapidement, le lecteur comprend qui est coupable. Tout l’enjeu va alors être de savoir jusqu’où et comment il ou elle compte s’y prendre, et qui pourra l’arrêter.

J’avoue que le titre ne m’aurait pas immédiatement incitée à lire le roman s’il n’avait pas été écrit par Danielle Thiéry. Pourtant, point de cannibalisme au sens premier du mot dans ce thriller psychologique. le Cannibalisme s’entend ici au sens psychiatrique du terme, car il désigne des personnes qui souffrent d’un syndrome narcissique extrême que les psy appellent cannibalisme.

Cannibale est le premier roman Young Adult de Danielle Thiéry, une auteure que par ailleurs j’apprécie de lire depuis de années. Ici, l’auteur se met à la portée des lecteurs en explicitant les sigles, les phases d’enquête, sans que ce ne soit lourd ou que cela entrave d’une quelconque façon le déroulé de l’enquête et le rythme du roman. J’aurais peut-être aimé qu’Olympe prenne le relais de son père dans l’enquête, impliquant ainsi davantage une ado, ce qui pourrait permettre aux lecteurs de s’identifier. Mais malgré ce point, l’ambiance, le rythme, le sujet et les personnages donnent envie de comprendre et de connaître la suite. Et la fin, ouverte et mystérieuse, laisse le lecteur perplexe. Allons nous découvrir bientôt une suite ?

Catalogue éditeur : Syros

Victime ou manipulatrice ? Vous avez des raisons d’avoir peur.
La nuit de la fête de la musique, une jeune fille est retrouvée au bord d’une route, incohérente et désorientée, incapable de dire qui elle est. Dans la forêt toute proche, un groupe de lycéens célèbrent le début de l’été, mais l’ambiance a du mal à décoller. Ils ont participé à une course d’orientation « sans portables ni objets connectés », et deux d’entre eux manquent à l’appel. Personne n’a revu Roxane et Rafaël depuis le matin. À l’hôpital, l’inconnue apparue sur la route sort doucement de sa léthargie et livre au capitaine Marin ses premiers mots…

13 ans, 14 ans, 15 ans et plus Date de publication : 08/10/2020 / ISBN : 9782748526820