Je serais là, À la vie, l’homme étoilé

Une superbe découverte, l’émotion est au rendez-vous

Infirmier en centre de soins palliatifs, l’homme étoilé nous livre ici un message empli d’amour et d’humanité.
Il le fait avec humour, beaucoup de douceur et de réalisme, et toujours une grande pudeur, même lorsqu’il évoque ces moments où celle de ses malades est bien mise à mal par des personnels un peu trop déshumanisés par le quotidien, le stress, les habitudes.

Apprendre à aider, écouter, soutenir autant que guérir et soigner est le maître mot des différentes scènes décrites dans chacun de ces deux volumes.
Les mots bien sûr, mais aussi les silences, la musique, les regards et les sourires valent parfois bien plus que les pilules ou les traitements en tous genres, surtout lorsque l’on est dramatiquement conscient que sa fin est proche.


Les avez-vous lus ? Pas encore ?
À emporter dans vos bagages, à lire, à faire découvrir, c’est beau et ça fait du bien, même si parfois le réalisme de certaines scènes fait émerger quelques souvenirs et vous fait venir des larmes au bord des yeux.

Catalogue éditeur : Calmann-Levy

Avec Roger, l’Homme étoilé met une claque à la maladie sur les sons endiablés des tubes de Queen. Avec Mathilde, il apprend à parler le suédois, Edmond lui lance un véritable défi gastronomique et Nanie finit par l’adopter, en parfaite nouvelle grand-mère.

Dans ce roman graphique plein d’humanité, émouvant et drôle, l’Homme étoilé, l’infirmier aux plus de 1OO OOO abonnés sur Instagram, raconte la vie aux soins palliatifs avec douceur, pudeur, amour et humour.

EAN : 9782702167328 / Prix en euros TTC: 16.50 € / Pages : 192 / Format : 175 x 209 mm / Parution : 08/01/2020 / EAN numérique: 9782702167267 / Prix Numérique: 9.99 €

Les jours brûlants, Laurence Peyrin

Jusqu’à quel point peut-on fuir lorsque les certitudes s’effondrent ?

Joanne est une femme, une mère et une épouse comblée. Elle a rencontré son mari alors qu’elle était encore étudiante, et le mariage a été un peu précipité par la naissance de leur fille, mais le couple qu’elle forme avec Thomas est toujours aussi fusionnel.

En 1976 à Modesto, en Californie, la vie s’écoule paisiblement lorsque l’on n’a aucun soucis d’argent, un mari attentionné et des enfants que l’on aime et qui vous le rendent bien. Même si sa fille est entrée dans sa période d’ado contestataire et critique souvent sa mère, l’entente dans la famille est forte et l’ambiance y est sereine.

Un jour Joanne est violemment agressée par homme qui lui dérobe son sac. Les insultes, les coups qu’elle reçoit sont un choc. Son monde de bisounours s’effondre, la vie en rose prend des airs noirs et menaçants. La violence est à sa porte et la pousse à se remettre en question. Très choquée et blessée, et malgré le fait que son mari tente de l’aider, Joanne se mure dans le silence. La perte de confiance en elle prend peu à peu toute la place. Elle dérive, seule, muette, terrassée par cette violence gratuite qui fait voler en éclat toutes ses certitudes.

Le temps de se ressaisir viendra, c’est du moins ce que l’on pense autour d’elle. Mais son mutisme, son refus d’accepter sa situation, l’entraînent loin de sa famille aimante et protectrice. Jusqu’au jour où elle disjoncte et s’enfuit sans donner de nouvelles.

Voilà une intrigue étonnamment bien construite. Si au début j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans la tête de Joanne, à comprendre ses réactions pour le moins inattendues et excessives, peu à peu, je me suis glissée auprès d’elle avec l’envie de la consoler, de la rassurer, de l’aider. Bien qu’elle refuse obstinément les mains tendues… Mais jusqu’à quel point peut-on fuir les siens, abandonner ses enfants lorsque l’on est une mère, se réfugier dans le déni…

Une fois de plus, Laurence Peyrin campe un personnage de femme forte qui se bat seule contre les obstacles qui viennent se mettre en travers de sa route jusqu’à retrouver sa propre intégrité. Un récit au final lumineux et positif.

Catalogue éditeur : Calmann-Levy

À 37 ans, Joanne mène une vie sereine à Modesto, jolie ville de Californie, en cette fin des années 1970. Elle a deux enfants, un mari attentionné, et veille sur eux avec affection.
Et puis… alors qu’elle rentre de la bibliothèque, Joanne est agressée. Un homme surgit, la fait tomber, l’insulte, la frappe pour lui voler son sac. Joanne s’en tire avec des contusions, mais à l’intérieur d’elle-même, tout a volé en éclats. Elle n’arrive pas à reprendre le cours de sa vie. Son mari, ses enfants, ne la reconnaissent plus. Du fond de son désarroi, Joanne comprend qu’elle leur fait peur.
Alors elle s’en va. Laissant tout derrière elle, elle monte dans sa Ford Pinto beige et prend la Golden State Highway. Direction Las Vegas.
C’est là, dans la Cité du Péché, qu’une main va se tendre vers elle. Et lui offrir un refuge inattendu. Cela suffira-t-il à lui redonner le goût de l’innocence heureuse ?

EAN : 9782702165645 / Prix : 20.50 € / Pages : 324 / Format : 136 x 216 mm / Parution : 27/05/2020

Avant la longue flamme rouge, Guillaume Sire

Une odyssée khmère, aller des ténèbres vers la lumière

En 1971, au Cambodge. Une fois Norodom Sihanouk destitué, la guerre civile embrase le pays à la suite du coup d’état de Lon Nol. Le général et futur président n’a qu’une obsession, exterminer les Cambodgiens d’origine vietnamienne. Coincé entre Khmers rouges et Viêt Cộng, la guerre fera rage dans le pays pendant de longues années.

A Phnom Penh, Saravouth, 11 ans, vit avec sa famille et sa petite sœur. Bercé par les histoires que lui raconte sa mère, il s’est créé un Royaume Intérieur qu’il parcourt chaque jour, autorisant parfois sa sœur à venir avec lui. Un Royaume rien qu’à lui, qu’il reconstruit, enjolive, développe sans cesse. Véritable Peter Pan, il vit là sa propre Odyssée, de belles aventures et des vies qui lui permettent de supporter le monde qui l’entoure, celui qu’il nomme l’Empire Extérieur.

La mère, Phusati, enseigne la littérature au lycée René-Descartes et le père, Vichéa est employé à la chambre d’agriculture. Convertie au christianisme, la famille voit disparaître tour à tour ses amis, arrêtés par le nouveau pouvoir en place. Puis vient leur tour, embarqués puis exécutés dans la forêt. Le jeune Saravouth échappe miraculeusement au massacre, sauvé par une vieille femme qui le cache et le soigne pendant de longues semaines.

Une fois rétabli, il n’a qu’une seule obsession, retrouver les siens. Pour le protéger, il est placé dans un orphelinat. Inlassablement, jour après jour, il va arpenter les rues de la ville, les quartiers de son enfance pour y chercher les siens, en vain. Au milieu d’une nature à la fois luxuriante et angoissante, inhospitalière et secourable, il avance à leur recherche. Tout au long de ce chemin, il tentera de se réfugier dans son Royaume Intérieur, en le reconstruisant inlassablement sur les décombres de son odyssée familiale et nationale.

Le bouleversant parcours de Saravouth, sa résurrection malgré le choc post traumatique avec lequel il devra vivre, l’histoire du Cambodge avec ses guerres fratricides et la période sanglante des Khmers rouges, sont magnifiquement mis en scène par l’auteur. L’échappatoire que constitue le Royaume Intérieur aide Saravouth à ne pas sombrer. Guillaume Sire nous raconte une histoire lumineuse au milieu de tant d’horreurs, il permet aussi à son lecteur d’encaisser cette violence. Un roman poignant et passionnant.

J’ai toujours le souvenir de ma lecture il y a des années de La Déchirure, roman également adapté au cinéma. Ici, l’auteur nous présente l’histoire par le biais de ce personnage plus vrai que vrai qu’il l’a rencontré à Montréal en 2004. Ou quand la réalité dépasse la fiction…

Lien vers la vidéo Odysseus’ Gambit avec Saravouth  : Have you read The Odyssey ?

Catalogue éditeur : Calmann-Lévy

1971 : le Cambodge est à feu et à sang. Saravouth a onze  ans. Sa petite sœur Dara en a neuf. Leur  mère enseigne la littérature au lycée français. Leur père travaille à la chambre d’agriculture. Dans  Phnom Penh assiégée, le garçon s’est construit un pays imaginaire : le  «  Royaume  Intérieur  ».
Mais un jour, la guerre frappe à sa porte. Les fondations du  Royaume vacillent. Séparé de ses parents et de sa sœur, réfugié dans la forêt sur les rives du Tonlé Sap, Saravouth devra survivre dans un pays en plein chaos, animé par une volonté farouche de retrouver sa famille.

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman restitue une épopée intérieure d’une rare puissance.
Prix Orange du Livre 2020

EAN : 9782702168790 Prix : 19.50 € / Pages : 336 / Format : 136 x 215 mm / Parution : 02/01/2020 / EAN numérique: 9782702167892 Prix : 13.99 €

Les lettres d’Esther, Cécile Pivot

Petit éloge de la lenteur et du regard porté à l’autre

Esther, libraire à Lille, organise un atelier d’écriture épistolaire. Les lettres, elle connaît bien, car elle en a rédigé des milliers qu’elle a échangé avec son père, un auteur connu qui vivait à quelques rues de chez elle.
Des lettres comme un pont, une porte ouverte entre eux, ces mots couchés sur ce papier qui permet de dire tout ce que l’on ne peut échanger par la parole. Manque de temps, mauvais moment, pas la bonne attitude, qu’importe les raisons, les mots dits ne sont pas les mots écrits, n’ont pas la même pondération, la même portée sur celui qui les émets comme celui qui les reçoit.

Dans cet atelier d’écriture, les participants ont tous les âges, tous les passés et tous un avenir, mais ils sont à un croisement de leur vie. Et cet échange aussi bouleversant que sincère et ouvert, va aider chacun à avancer.

On y trouve Juliette et Nicolas, un couple qui se déchire depuis la naissance de leur fille. Juliette ne se sent absolument pas mère et les angoisses causées par la naissance de sa fille vont peut-être briser son couple. Nicolas essaie de tenir, d’élever sa fille dans l’amour de cette mère en pleine dépression post-partum qui tente de mettre des mots sur le mal qui la ronge. Samuel, un adolescent qui cherche sa place dans sa famille anéantie par le décès de son frère mort d’un cancer, mais aussi Jeanne, une dame âgée veuve qui n’en peut plus de sa solitude. Et enfin Jean, un homme d’affaires hyper actif qui semble avoir perdu le goût des affaires, et cherche sans doute à donner un nouvel élan à son existence.

À travers les exercices donnés par Esther, chacun avance à petit pas sur le chemin du mieux-être. Ce regard posé sur eux-mêmes, ces pensées intimes qu’ils s’avouent puis dévoilent, sont aussi des moyens de progresser vers une introspection thérapeutique et salvatrice.

Petit éloge de la lenteur, de la pensée structurée, du regard porté à l’autre. Il y a beaucoup de sincérité et de douceur, un brin de nostalgie peut-être, et un grand bonheur à se poser, loin de l’immédiateté de notre monde en perpétuel mouvement, où chacun réagit à la seconde sans prendre le temps de vivre réellement avec cet autre que l’on côtoie trop souvent sans même le regarder ni l’écouter.

J’ai beaucoup aimé ce roman empreint d’humanité et de sincérité. J’apprécie également l’écriture de Cécile Pivot que je découvre avec « Les lettres d’Esther ».

On ne manquera pas de lire également les chroniques des blogs Les livres de K79, Doucettement et Encres vagabondes

Catalogue éditeur : Calmann-Levy

« Cet atelier était leur bouée de sauvetage. Il allait les sauver de l’incompréhension d’un deuil qu’ils ne faisaient pas, d’une vie à l’arrêt, d’un amour mis à mal. Quand j’en ai pris conscience, il était trop tard, j’étais déjà plongée dans l’intimité et l’histoire de chacun d’eux. »

En souvenir de son père, Esther, une libraire du nord de la France, ouvre un atelier d’écriture épistolaire. Ses cinq élèves composent un équipage hétéroclite : une vieille dame isolée, un couple confronté à une sévère dépression post-partum, un homme d’affaires en quête de sens et un adolescent perdu.
À travers leurs lettres, des liens se nouent, des cœurs s’ouvrent. L’exercice littéraire se transforme peu à peu en une leçon de vie dont tous les participants sortiront transformés.
Roman initiatique, pétri de tendresse et d’humanité, ces Lettres sont un éloge de la lenteur, une ode au pouvoir des mots.

EAN : 9782702169070 / Prix : 19.50 € / Pages : 320 / 135 x 215 mm / Parution : 19/08/2020 / EAN numérique : 9782702169452 / Prix Numérique : 13.99 €

Un petit carnet rouge, Sofia Lundberg

Un petit carnet rouge, un roman émouvant et tendre pour dire une vie et traverser le siècle

Doris a quatre-vingt-seize ans, son corps est usé, elle a besoin d’aide pour vivre seule dans son appartement, jusqu’au jour où elle fait une mauvaise chute et doit être hospitalisée. Et l’on découvre la façon dont sont parfois traitées les personnes âgées, oubliées, infantilisées, maltraitées.

Doris a eu une vie bien remplie mais elle sait que la fin approche. Elle a décidé de coucher sur le papier ses souvenirs pour les laisser à Jenny, sa petite nièce adorée qui vit en Californie et avec qui elle correspond régulièrement via internet.

De Stockholm à Paris, du Royaume Uni aux États-Unis, les chapitres alternent entre les souvenirs de Doris et sa vie aujourd’hui avec son lien avec Jenny. Les souvenirs sont inscrits dans son petit carnet rouge, offert par son père pour ses dix ans et qu’elle a rempli tout au long de sa vie. A chaque nom correspond un instant ou des années de vie, les personnes qui ont compté en bien ou en mal. Ces noms qu’elle raye au fil des ans en y ajoutant la mention décédé.

Doris a eu une enfance difficile après la mort de son père. Obligée de travailler, placée par sa mère, elle s’éloigne définitivement de sa famille. A Paris, elle devient mannequin haute couture pour les plus grands noms de son époque. Puis viennent les années de guerre, la rencontre avec Allan, architecte franco-américain, l’amour de sa vie.

Un petit carnet rouge est un roman qui traverse le siècle. De très courts chapitres alternent entre le présent et le passé,  les malheurs et les épreuves, les rencontres, le bonheur, la tendresse parfois. L’auteur a su rendre cela très sensible tout au long des pages. Le lecteur se prend d’affection pour Doris et ses rendez-vous manqués avec l’amour et sa néanmoins belle vie de femme.

Vous aimez les beaux romans d’amour qui parlent vrai ? Lisez Un petit carnet rouge !

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue éditeur : Calmann-Lévy et Le Livre de Poche

À quatre-vingt-seize ans, Doris vit seule à Stockholm. Elle n’a plus aucune famille si ce n’est une petite-nièce aux États-Unis. Son bien le plus précieux est un carnet qu’elle possède depuis 1928, qui contient le souvenir des gens qu’elle a rencontrés au fil de son existence et dont elle a rayé les noms à mesure qu’ils ont quitté ce monde. De l’excentrique bourgeoise pour qui elle a travaillé enfant à l’amour de sa vie rencontré à Paris, de la veuve qui lui a appris l’anglais sur le bateau l’emmenant à New York aux plus grands couturiers français qui l’ont vue défiler, de l’artiste suédois devenu son confident à sa propre sœur, au destin douloureux, l’existence de Doris est une épopée romantique, tragique et émouvante.

Sofia Lundberg a eu l’idée d’écrire Un petit carnet rouge après avoir retrouvé dans les affaires de sa grand-tante Doris un carnet d’adresses rempli de noms inconnus et pour la plupart rayés. Le roman, d’abord auto-édité, a connu un succès exceptionnel sur Internet avant d’être repéré par un éditeur suédois puis vendu dans plus de trente pays. L’auteure est journaliste et vit à Stockholm.

Traduit du suédois par Caroline Berg.

EAN : 9782253074403 / Prix : 8,20€ / Pages : 408 / Parution: 30/10/2019

Calmann-Lévy  EAN : 9782702163511 / Prix : 19.90 € / Pages : 360 / Parution : 30/05/2018

Cadres noirs, Pierre Lemaitre

Cadres Noirs, une intrigue dans le monde parfois bien sombre de l’entreprise, qui prend le lecteur et ne le lâche plus par Pierre Lemaitre

De Pierre Lemaitre, j’ai d’abord découvert le fabuleux « Au revoir là-haut » et son regard porté sur les personnages, sur l’Histoire, celle des peuples qui s’écrit avec la multiplicité des individus et avec la vie et le sang des hommes, puis « Robe de marié », ma première expérience Lemaitre en polar / thriller. D’où bien sur mon envie d’en découvrir plus de cet auteur dont j’ai apprécié le regard affuté sur la société, sur les travers humains, l’analyse psychologique des personnages, un brin cynique et jamais larmoyante même quand tout est sombre.

Avec Cadres noirs, nous ne faisons pas une incursion dans le monde du Cadre Noir de Saumur, mais bien plutôt dans celui bien noir de la vie des cadres en entreprises, ces entreprises capables de broyer les individus pour arriver aux objectifs fixés par des actionnaires, des gestionnaires, des patrons bien éloignés des réalités et des souffrances du terrain.

Ici, nous allons suivre les pérégrinations d’Alain Delambre, la cinquantaine, âge critique pour trouver du travail car considéré depuis longtemps comme un sénior par l’entreprise.  C’est un cadre RH au chômage depuis plus de quatre ans. Lui qui a été capable d’accepter toutes sortes de petits boulots sous-payés et bien en deçà de ses capacités, pour rester un peu actif, et alors qu’il désespère, une lueur d’espoir va lui permettre d’envisager  un poste à sa mesure. Pour cela il va devoir se plier à un jeu de rôle méprisable envers les cadres de l’entreprise qui pourrait l’embaucher.

Mais tout va soudain déraper et si parfois l’emballement d’Alain Delambre m’est apparu impossible, j’ai cependant eu envie de connaitre et de comprendre pourquoi et comment il allait s’en sortir. L’analyse du monde du travail, de l’entreprise, le rejet des séniors par le monde des RH et du management, la psychologie du chômeur de longue durée, le machiavélisme, le séminaire de motivation parfaitement débile, mais aussi le désespoir, la manipulation, la vie d’une famille qui dérape quand les rôles sont difficile à tenir, parce que dans la couple  l’un des deux ne trouve plus sa place, tout est bien analysé, décortiqué, transposé en une intrigue qui prend le lecteur et ne le lâche plus, même si par moment on n’y croit pas, on a du mal à comprendre la bêtise de ce personnage qui se dévoilera peut être bien plus malin et surprenant que prévu.

Catalogue éditeur : Calmann-Lévy Le Livre de Poche

Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans complètement usé par quatre années de chômage. Ancien DRH, il accepte des petits jobs qui le démoralisent. Au sentiment d’échec s’ajoute bientôt l’humiliation de se faire botter les fesses pour cinq cents euros par mois… Aussi quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d’étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout, à emprunter de l’argent, à se disqualifier aux yeux de sa femme et de ses filles, et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages. Il s’engage corps et âme dans cette lutte pour retrouver sa dignité. S’il se rendait compte que les dés sont pipés, sa fureur serait sans limite. Et le jeu de rôle pourrait alors tourner au jeu de massacre…

448 pages / Date de parution: 02/03/2011 / EAN : 9782253157212 / Editeur d’origine: Calmann-Lévy

Robe de Marié, Pierre Lemaitre

Un polar efficace et diabolique

Comme beaucoup de lecteurs, j’ai découvert Pierre Lemaitre avec son roman « au revoir là-haut » que j’ai particulièrement apprécié. Cela m’a donné envie de découvrir ses autres romans, et les avis sont dithyrambiques sur ses polars. Alors me voilà lancée, j’ouvre les premières pages de « Robe de marié », et … je ne le lâche plus !

Un petit air de Karine Giebel dans « Juste une ombre » peut-être, pour la partie manipulation d’une jeune femme ? Mais que c’est effrayant et diabolique. Voilà donc une héroïne que tout nous porte à apprécier. Sophie, la trentaine qui se voudrait souriante puisque tout semble lui réussir, mais dont on comprend très vite qu’elle a vécu des évènements tragiques qu’elle aspire à oublier. Quand nous la découvrons, elle est la nurse d’un petit Léo, un boulot très décalé par rapport à ses compétences. Très rapidement vont s’enchainer des aventures noires et sombres. Sophie nous dévoile au fil des pages la succession des évènements qui l’ont entrainée dans une fuite en avant pour éviter le pire et comprendre ce qui lui arrive.

Le roman est structuré en trois parties, inégales en longueur et en intérêt peut-être, mais indispensables à la compréhension de l’engrenage de l’amnésie, puis de la folie meurtrière, supposée ou réelle, de Sophie. C’est un bon thriller psychologique, machiavélique, surprenant dans sa première partie, plus convenue peut être lorsqu’arrive Frantz, quoi que, et enfin totalement inattendu à la fin. Des chapitres relativement courts, une narration efficace et dynamique, une écriture qui tient le lecteur en haleine, et qui le surprend encore dans les dernières pages, j’ai hâte de découvrir les autres romans de Pierre Lemaitre.

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

320 pages / Date de parution: 20/01/2010 / EAN : 9782253120605
Éditeur d’origine: Calmann-Lévy