Bijou est ronchon, Emmanuel Bergounioux, Mayana Itoïz

à la rencontre d’un petit flamand rose pas comme les autres

Bijou est un flamand rose pas comme les autres, car il est très ronchon. Il reste souvent dans son coin, pendant que les autres vont jouer, voler, s’amuser. Assis auprès de son père, ou tout seul à l’écart, il se contente de les regarder.

Comment, ce petit flamand rose tout noir, ah, oui, en plus il n’est pas du tout rose, mais qu’importe, à chacun sa différence. Ce petit flamand rose noir donc, a peur de voler. Mais le vilain Jean-Kevin, un affreux marabout qui le terrorise dans la cour de récréation, adore venir l’embêter.

Jusqu’au jour où Bijou sera capable de vaincre ses plus grandes peurs et de se surpasser. Car parfois, on peut surmonter ses craintes, ses appréhensions, et par la confiance que l’on trouve en soi, arriver enfin à réaliser ce qui nous inquiétait tant.

Ce que j’ai aimé ?

Les jolies illustrations de Mayana Itoïz ; une morale assez simple à expliquer aux enfants et à mettre en lumière ; une intéressante vision de la différence, ici c’est sa peur de voler qui rend Bijou différent, pas sa couleur. La preuve si besoin était que parfois tout dépend du regard que l’on porte sur soi et sur les autres.

Mayana Itoïz, en dédicace librairie Tonnet à Pau

Catalogue éditeur : Casterman

Bijou est un flamant rose, noir.
Noir comme son humeur du jour…
Car ce matin, Bijou est ronchon.
C’est comme ça, il ne peut rien y faire.
Nom de nom ! Rien !
Pourquoi ? Parce que Bijou ne sait pas voler !
Et il a peur qu’on se moque de lui…
Mais tandis que Bijou manque de confiance en lui, il se pourrait bien que sa drôle de rencontre avec le méchant Jean-Kevin le pousse à prendre son envol !

De 3 à 6 ans / 13,90 € / Paru le 06/10/2021 / 32 pages / ISBN : 9782203222359

Le peintre hors-la-loi, Frantz Duchazeau

à la rencontre d’un artiste méconnu à la folie dévastatrice

Et si c’était tout simplement ça, la Terreur. Celle des hordes qui parcourent le pays pour tuer sans discernement nobles et ouvriers, gens de cour et subordonnés. Lorsqu’en 1793 le roi Louis XVI meurt sur l’échafaud, nombreux sont également ceux qui perdent la vie ces années là. C’est dans ce contexte que Lazare Bruandet, peintre naturaliste porté autant sur la bouteille que sur la bagarre doit fuir la ville.

Mais suite à un coup de sang et une jalousie mal placée, au retour de chez sa maîtresse il défenestre sa compagne. Il ne trouve de salut que dans la fuite à l’abri de cette campagne qui l’a vu grandir. Déjà difficile du temps de son enfance, la vie y est devenue périlleuse. Sa maison est en ruine, il se réfugie alors chez les moines à qui il finira par apprendre à se défendre contre les milices. Mais aussi à l’auberge où la servante accorte se prend d’amitié pour lui, admirative du travail du peintre.

Partout c’est le chaos. On échappe aux milices pour tomber au mains ou sous les coups de l’armée ou des pillards. Il faut se défendre, mais il faut aussi survivre. C’est ce que fera le peintre dans les forêts qu’il affectionne, lui l’artiste spécialiste de la nature, amoureux de ces paysages qu’il peint à l’envi. Rien ne lui fait peur, cet artiste alcoolique au mauvais caractère a cependant une certaine dextérité à manier l’épée et les armes autant que ses pinceaux.

L’ensemble est porté par un graphisme brut, sombre, fait de peu de traits affinés ou précis, mais plutôt d’une sombre représentation à l’image de cette époque si dangereuse pour ceux qui l’ont connue. Une forme de folie émerge de ces dessins, de ces pages parfois denses et sombres, d’autre fois plus lumineuses, à l’image de l’artiste tout en excès et en fulgurance.

Si le personnage a réellement existé, et si sa folie et son amour de la peinture naturaliste sont bien réels, l’auteur lui a créé une enfance à la hauteur du personnage. Car il semble qu’il a réellement tué sa compagne et fuit dans la forêt de Fontainebleau, poussé par une forme de folie autodestructrice qui transparaît à chaque page. Le peintre parisien joue par ailleurs un rôle décisif dans le développement de l’art du paysage. Il est en totale rupture avec le cadre institutionnel de son époque avec sa pratique de la peinture en plein air dans les forêts environnant Paris.

Quelques œuvres de Lazare Bruandet (1755-1804) peintre français du XVIIIe siècle et paysagiste méconnu.

Catalogue éditeur : Casterman

1793. Louis XVI est condamné à mort tandis que la France est frappée par la Terreur, une véritable guerre civile qui met le pays à feu et à sang. Fuyant la capitale pour trouver refuge à la campagne, un écorché vif au regard inquiétant louvoie dans la forêt. C’est un étrange peintre que voici, dont le nom résonne comme un couperet : Lazare Bruandet a des gestes un peu fous, le verbe haut et le coup d’épée tranchant.
Tiraillé par des souvenirs d’enfance douloureux, hébergé par des moines qui lui demandent de l’aide, Lazare tombe sous le charme d’une jeune aubergiste. L’homme a bien du mal à se retirer de ce monde dont la violence et la bêtise l’agressent, et pour tenter de s’y soustraire, il peint la nature qui le fascine, sans souci d’académisme et de postérité vis-à-vis de son œuvre…

Scénario : Duchazeau, Frantz / Dessin : Duchazeau, Frantz / Couleurs : Drac Parution le 03/03/2021 / ISBN : 978-2-203-20277-1 / Pages : 88 / 20€

La princesse des glaces, Léonie Bischoff

L’adaptation en bande dessinée de la série de polars de Camilla Läckberg

Pour qui a déjà lu toute la série des aventures policières d’Erica et de Patrick il n’y a rien ici à découvrir. Mais j’ai trouvé intéressant de me plonger dans cette vision colorée du premier tome.

Ici, les couleurs correspondent aux personnages, à leurs caractères, à la progression de l’histoire de chacun par rapport aux autres. De la couleur et de la joie pour les souvenirs de jeunesse, aux couleurs sombres et froides pour les moments plus difficiles, le lecteur va se laisser prendre aux paysages de Fjällbacka.

Tout l’intérêt de cette BD tient il me semble dans sa synthèse du roman, car elle en donne une autre vision sans rien perdre de son intrigue.

Catalogue éditeur : Casterman

Auteurs :  Olivier Bocquet, Léonie Bischoff, Camilla Läckberg

Erica Falck, trentenaire installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise où elle écrit des biographies, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête, Erica est vite convaincue qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. Stimulée par cette flamme naissante, Erica se lance à la conquête de la vérité et met au jour, dans la petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître, des secrets détestables. Bientôt, on retrouve le corps d’un peintre clochard – encore une mise en scène de suicide…
Publié en Suède en 2003 et traduit en français en 2008, La Princesse des glaces est chronologiquement la première des enquêtes d’Erica Falck et de son compagnon le commissaire Patrik Hedström. Six autres romans de la même série ont paru depuis. La série policière la plus attachante du moment, dont Léonie Bischoff et Olivier Bocquet donnent, en bande dessinée, une transposition inspirée.

Date de parution : 22/01/2014 / Pages : 128 / Prix : 19,00 €