Mon inventaire 2020

Janvier 2021, Domi C Lire 6 ans déjà

Domi C Lire est un rendez-vous quotidien indispensable pour partager ma passion et vous donner je l’espère quelques envies de lecture.

2020 était une drôle d’année avec des mois de confinement, des jours que l’on n’a pas vu passer, et souvent l’impression de perdre son temps, de ne pas avancer…

Heureusement l’envie de lire et de partager mes coups de cœur était toujours là. Que ce soit à propos de nouvelles lectures, de rencontres (trop rares cette année) avec des auteurs, d’expositions, de musées, théâtres et les villes ou les lieux que j’ai découvert et partagé ici.

Il y a beaucoup moins d’expositions, musées, théâtre, mais on se rattrapera en 2021 j’espère. Alors avec un peu plus de 190 livres tous genres confondus lus en 2020, combien en reste-t-il ? En tout cas, impossible de n’en garder que 10 comme je pensais le faire au départ…

Voici Mon inventaire 2020

Ces premiers romans bouleversants

Ces romans qui m’ont fait vibrer

Ces thrillers qui m’ont sortie du quotidien

Une envie de voyage

Une incursion réussie en littérature étrangère

Une BD, parce que Boris Vian !

A trop aimer, Alissa Wenz

Un roman sensible et fort sur l’emprise amoureuse

Une narratrice dont on ne connaîtra pas le nom décrit sa rencontre avec Tristan. Tristan l’homme providentiel, l’amour et le révélateur de sa vie de femme, mais qui s’avère rapidement le manipulateur, celui dont l’emprise délétère va la mener à sa perte si elle n’arrive pas à s’en défaire.

Elle est danseuse, prof, aime danser et chanter, tout ce qui rend sa vie plus belle. Il est tellement beau, intelligent, créatif ce photographe, que son charisme, sa prestance et son air de ne pas avoir l’air l’ont immédiatement séduite. Elle se laisse prendre dans ses filets.

Mais le séducteur devient jaloux, exclusif. Il faut dire que Tristan est un artiste insatisfait et malheureux. Elle a tellement envie de le protéger, de compatir, de l’aider que petit à petit elle s’efface devant lui. Il doute d’elle et la fait douter. Il se plaint d’elle et la fait hésiter. Elle tente de le comprendre, mais ne voit pas que comprendre l’origine du mal ne peut en rien l’excuser. Vient alors le manque, la solitude, peu à peu elle s’isole, ne voit plus ses amis. Insidieusement la violence s’installe, sournoise, destructrice. Et surtout elle fini par s’oublier en chemin.

Alissa Wenz a le sens des mots, de la forme pour faire passer les sentiments, la douleur, la force de cette emprise et l’impossibilité de s’en détacher, pour dépeindre le côté sournois et pervers de cette manipulation destructrice. Les personnages sont terriblement émouvants. Je les ai trouvés attachants, révoltants, vivants et réels aussi par la justesse de leur description. Il y a beaucoup de sensibilité et de force dans ce roman que j’ai lu d’une traite, mais qui vous coupe le souffle tant la violence qu’il dénonce prend corps sous nos yeux.

Il est urgent de lire A trop aimer, un roman sensible et fort qui parle d’amour, un peu, beaucoup, mais surtout d’emprise, de manipulation psychologique, de violence conjugale et de mensonge. Ou comment une femme intelligente et structurée, que l’on imagine armée pour se défendre, se laisse prendre insensiblement dans le filets de l’homme qu’elle aime, jusqu’à ne plus vraiment exister. Et chacune de se dire, à sa place, qu’aurais-je fait ? Jusqu’où peut-on aller par amour sans se perdre vraiment. Une lecture émouvante et poignante.

Catalogue éditeur : Denoël

Elle le rencontre, et c’est un émerveillement. Tristan est un artiste génial qui transforme le rêve en réalité. À ses côtés, la vie devient une grande aire de jeux où l’on récite des poèmes en narguant les passants. Il ne ressemble à personne, mais cette différence a un prix. Le monde est trop étriqué pour lui qui ne supporte aucune règle. Ses jours et ses nuits sont ponctués d’angoisses et de terreur. Seul l’amour semble pouvoir le sauver. Alors elle l’aime éperdument, un amour qui se donne corps et âme, capable de tout absorber, les humeurs de plus en plus sombres, de plus en plus violentes.
Jusqu’à quel point? Au point de s’isoler pour ne plus entendre les insultes, au point de mentir à ses proches, au point de s’habituer à la peur? Est-ce cela, aimer quelqu’un?

Un premier roman d’une rare justesse sur l’emprise amoureuse.

240 pages / 140 x 205 mm / ISBN : 9782207160350 / Parution : 19-08-2020

Boréal, Sonja Delzongle

Au cœur de la nuit polaire, suspense et noirceur sont au rendez-vous de Boréal, le thriller écologique et fantastique de Sonja Delzongle.

couverture du roman Boréal de Sonja Delzongle chez Folio éditions

Janvier 2017, ils sont sept, hommes et femmes, sur le camp de la base Arctica près de Thulé au Groenland, ce sont les meilleurs spécialistes du monde entier. Ils viennent étudier les conséquences du réchauffement climatique et de la pollution sur l’inlandsis. Lorsqu’ils sortent faire leurs prélèvements et découvrent un étrange cimetière de glace dans lequel sont emprisonnés des dizaines de bœufs musqués, il s’avère indispensable d’appeler Luv Svenden à la rescousse. Cette biologiste spécialisée en disparitions inexpliquées d’animaux peut les aider à comprendre. Trop heureuse de fuir ses propres soucis, elle s’envole vers la base. Mais les recherches et les expériences ne se passent pas du tout comme prévu, les rencontres, puis les disparitions, vont faire exploser le groupe, les mener jusqu’au point de non-retour.

Sonja Delzongle prend le temps d’installer ses personnages, parcours, études, spécialités, vies de chacun. Il faut un bon tiers du roman avant qu’ils ne convergent sur cet îlot perdu dans la nuit polaire. Là, ils sont directement plongés dans un milieu extrême, avec cette nuit quasi permanente qui rend fou même les locaux et face à laquelle chacun va réagir en fonction de sa culture et de ses références. Et surtout de son parcours qui fait de chacun ce qu’il est.

Seront alors évoqués des thèmes tels que parents, famille, mais aussi instinct maternel et paternité, perte d’un enfant, maladie… Tout au long, l’auteur installe les situations, campe les choses, les met en attente et interroge ses lecteurs jusqu’au feu d’artifice final…Dans une atmosphère pesante et glacée et malgré ces grands espaces, l’intrigue pesante, noire, violente et terrifiante se déroule en huis-clos.

Enfin, après bien des évènements, se posera la question de savoir si l’on peut vivre en société après avoir vécu des expériences extraordinaires incompréhensibles par le commun des mortels, même en étant le seul à savoir ce que l’on a fait.

Un roman noir, très noir, enfin, blanc, très blanc perdu dans les étendues de glaces du Groenland. Il m’a manqué peut-être quelques pages supplémentaires pour étoffer le parcours de certains personnages et asseoir leur crédibilité… Si Sonja Delzongle avoue qu’elle n’est jamais allée au Groenland, les recherches, mais surtout le talent et l’imagination de l’auteur font le travail ! Le lecteur s’y croirait presque. On est ici à la limite de la science-fiction avec ce thriller à la fois écologique et scientifique. De grands sujets de protection et de sauvegarde de la planète sont évoqués, réalistes au moins par les questions qu’ils soulèvent.

Souvenir de la rencontre avec Sonja Delzongle à la librairie Le Divan

Catalogue éditeur : Folio, Denoël

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un œil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un bœuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière.
Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire.
Le lendemain a lieu la première disparition.

Denoël : 448 pages, 155 x 225 mm / ISBN : 9782207139141 / Parution : 08-03-2018 / Prix : 20,50 €
Folio : 512 pages, 108 x 178 mm / ISBN : 9782072840630 / Parution : 04-04-2019 / Prix : 8,40 € 

Gabrielle ou le jardin retrouvé, Stéphane Jougla

L’étrange relation d’un homme qui a perdu celle qu’il aime et d’un homme qui aime passionnément un jardin, sur un  fond de folie douce et de dépression, d’amitié et de fidélité.

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Gabrielle est prof de français. Elle vit avec Martin dans son coquet logement et profite avec lui de son magnifique jardin, de dimensions modestes mais au charme incroyable. Gabrielle a tous les talents, elle exerce un métier qui lui plait, elle adore lire et sème des livres dans tout l’appartement, elle connait les plantes comme personne et fait prospérer le plus beau des jardins en toutes saisons. La vie s’écoule sereine  et riche de beaux moments.  Jusqu’au jour où Gabrielle meurt, renversée par un chauffard.
Martin est prévenu, mais Martin va faire un déni de réalité, refusant au plus profond de lui de voir disparaitre définitivement celle qu’il a tant aimé. Il reste dans l’appartement … gardien de ses livres, de son jardin…

Martin va s’enfoncer inexorablement dans une dépression, une réclusion voulue entre les quatre murs de l’appartement, puis sur un fauteuil dans ce jardin qu’il voit évoluer comme par magie. Un jour apparait Charlie, celui qu’il n’attendait pas, dont Gabrielle n’a jamais parlé, semant le doute dans son esprit. Qu’elle confiance peut-il avoir encore envers elle ? Lui a-t-elle caché autre chose ?

Étrange roman, sur le doute et le mensonge, sur la vie que l’on s’invente et celle dont on rêve, mais aussi sur la confiance que l’on peut avoir dans l’autre, celui avec qui on partage tout, jusqu’au moment où la réalité n’est plus ce qu’elle semblait être. Cette difficile remise en question de ses certitudes et de sa vie s’avère impossible pour Martin sans sombrer dans la folie…

Voilà un roman agréable et facile à lire, qui n’est pas forcément un coup de cœur, mais qui est pourtant  une rencontre intéressante avec quatre personnages très différents. Quatre ? Mais oui, bien sûr, puisqu’il y a Gabrielle et Martin, mais il y a aussi Charlie et … le jardin, non ?

Catalogue éditeur : Denoël

Gabrielle a deux passions : la lecture et son jardin. Lorsqu’elle meurt accidentellement, le monde de Martin, son compagnon, s’effondre. Inconsolable, il s’efforce de maintenir vivant le souvenir de la femme qu’il aimait. Lui qui n’ouvrait jamais un livre et pour qui le jardin était le domaine réservé de Gabrielle, se met à lire ses romans et à entretenir ses fleurs. C’est ainsi qu’il découvre un secret que, par amour, Gabrielle lui avait caché. Ce secret bouleversera sa vie, mais lui permettra de surmonter son deuil d’une manière inattendue.

224 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782207136775 / Parution : 24-08-2017

Les herbes folles. Philippe Fréling

Dans « Les herbes folles », Une femme découvre et réinvente la vie. Philippe Fréling nous fait découvrir à sa façon la France de l’après-guerre et des années sombres de la guerre d’Algérie.

DomiCLire_les_herbes_folles.jpgElle est jeune mais cependant déjà mère d’un enfant, mariage arrangé par les mères, solitude et tromperie, la voilà déjà divorcée. Elle est ouvreuse au cinéma l’Eden et rêve d’ailleurs, de liberté, de légèreté. Là, de beaux militaires passent, lui surtout, celui avec qui elle va vivre des moments intenses, loin des contingences du quotidien, comme dans un rêve, dans une simple chambre d’hôtel. Ces instants hors du temps, que l’on vit sans se poser de question, sans réellement essayer de se connaitre, et qui pourtant sont aussi les prémices de l’amour naissant.

Il part, elle reste. Mais elle le sait, un deuxième enfant sera bientôt là, des lettres échangées, la guerre en Algérie, un frère qui la comprend, un mère qui élève ses enfants… C’est une jeune femme décidée, qui même une vie simple mais pas tranquille, et qui pourtant sait ce qu’elle veut, un mari, une famille, de enfants, les siens, avec lui. Alors malgré son innocence apparente, elle saura le joindre et le rejoindre, l’attendre et l’espérer pour enfin mener la vie qu’elle a décidé de mener.

Sous des airs parfois un peu mièvres, on apprécie cette écriture sobre qui décrit la vie, la pugnacité malgré la candeur, la réalisation d’un rêve, dans ces années de guerre où tout peut s’arrêter demain, où les règles ne sont plus écrites, où l’espoir pourrait être vain car la vie tient à si peu de choses. L’auteur plonge adroitement son lecteur dans ces années 50 / 60, difficiles, tourmentées, dans une province qui promet peu d’espoir d’avenir radieux, mais où l’on peut espérer un bout de ciel bleu à l’horizon. J’ai juste envie de dire que ça fait du bien au final, un peu de douceur !

Un extrait :

Dans une grange, sur des ballots de paille, en plein hiver… Tu ne pouvais pas attendre l’été ? Et puis, ce type, quel âge il a ? Si ça se trouve, il est marié, il se sera offert une jeunotte. Franchement, tu aurais pu trouver mieux …  Attendre l’été… Un petit gars du coin, un petit puceau…Vous auriez fait ça tous les deux pour la première fois, couchés dans le foin, avec le soleil pour témoin…


Catalogue éditeur : Denoël

Elle vit quelque part en province, dans la France des années 50, celle de la guerre d’Algérie. Elle connaît un premier homme, il lui fait un enfant. À cet homme on la marie. Il est absent, infidèle. Le divorce prononcé, la jeune femme laisse son enfant à sa mère, part travailler en ville. Ouvreuse dans un cinéma, un soir où on projette Johnny Guitar, elle fait la rencontre d’un deuxième homme. Il est militaire. Ils vont à l’hôtel, passent quelques nuits ensemble. Lire la suite

Littérature française > Romans et récits / Collection Romans français / Parution : 12-01-2017 / 208 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782207136249