Pandemia, Franck Tilliez

Et si le monde était subitement frappé par une pandémie ?


Il suffit de quelques cygnes morts au parc du Marquenterre pour que les scientifiques soient en alerte et s’affolent lors de la découverte d’un virus puissant et mortel qui touche de plus en plus d’oiseaux.

Au 36, un virus semble avoir atteint de plus en plus de personnes, le nombre de malades se multiplie, au risque de déstabiliser les différents services, en particulier celui de Sharko.

C’est aussi dans ce contexte que l’on rencontre Phong, le mari malade d’Amandine. Et que l’on découvre les précautions que doit prendre le couple pour ne pas se contaminer, précautions qui nous rappellent celles que nous mettons parfois en pratique depuis bientôt deux ans.

S’enchaînent alors des meurtres aux mises en scènes rituelles sordides, nous obligeant à faire une incursion dans le dark web. Et à suivre une enquête au cours de laquelle rien n’est épargné aux enquêteurs comme aux victimes. Une fois de plus Sharko à la partie difficile et les ramifications sont bien plus inextricables que ce qu’elles paraissent de prime abord.

Le talent de Franck Thilliez n’est plus à démontrer, c’est efficace, un vrai page turner dont on se souvient longtemps.

Catalogue éditeur : Fleuve éditions, Audiolib

« L’homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, épuise ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans nous, cette planète court à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et il faut éliminer le reste. Les microbes sont la solution. » Après Angor, une nouvelle aventure pour l’équipe de Franck Sharko et Lucie Henebelle, renforcée en coulisses par la jeune et courageuse Camille. Et l’enjeu est de taille : la préservation de l’espèce humaine.

Lu par Michel Raimbault

Mademoiselle Coco et l’eau de l’amour, Michelle Marly

Marcher dans les pas de Coco Chanel à la recherche d’un parfum iconique et intemporel

Comment est né ce parfum inoubliable et reconnaissable entre tous, le Chanel N°5, parfum iconique qui fête ses cent ans cette année et deviendra la marque de fabrique de Gabrielle Chanel. Le cinq qui était par ailleurs son chiffre fétiche, sans doute celui de la chance. C’est ce que l’on découvre dans le roman de Michelle Marly.

Après le décès de Boy dans un accident de voiture en décembre 1919, Coco n’arrive pas à se remettre du chagrin et de l’immense tristesse qui la submergent. Après dix années passées avec l’amour de sa vie, le deuil est insupportable. Ses amis les plus chers tentent de lui redonner le goût de vivre. Mais c’est le travail acharné et l’envie de poursuivre l’œuvre commencée avec Boy à travers leur projet de réaliser une Eau de Chanel, qui vont l’aider à se maintenir en vie.

Secondée par Misia, l’amie inséparable, elle rencontre François Coty. Déjà célèbre, le parfumeur l’initie aux métiers du parfum. De la fabrication à la conception du flacon, de l’emballage à la communication, elle veut tout connaître. Et avant tout, s’attelle à la recherche de la fragrance unique et inoubliable, celle qui fera de son parfum celui que toutes les femmes désirent car il est la marque de leur personnalité, celle que les autres retiennent, inégalable et intemporel.

Coco fait une rencontre fortuite avec un mouchoir brodé venu de Russie, un objet mythique que porte religieusement le grand Serge de Diaghilev, l’impresario des Ballets russes exilé à Paris. Car les senteurs du Bouquet de Catherine qui s’en échappent seront à l’origine des nombreuses recherches demandées à Coty et ses parfumeurs pour tenter de trouver la formule magique, hélas sans succès. Jusqu’au jour où le prince Dimitri Pavlovitch Romanov, l’ami de cœur de Coco, lui donne accès aux secrets du sérail en lui faisant rencontrer le créateur du parfum, celui qui deviendra par la suite le Chef parfumeur des Parfums Chanel, Ernest Beaux.

C’est un court laps de temps dans la vie de Coco Chanel, de 1919 à 1922. Une période très précise qui va de la mort de Boy jusqu’à la création et au lancement du parfum que l’auteur a choisi d’explorer avec talent. Elle nous fait rencontrer les artistes du Tout Paris de la Belle époque, la Côte d’Azur où de nombreux Russes Blancs exilés trouvent refuge, et découvrir ceux qui ont croisé sa route. De Serge de Diaghilev à Igor Stravinsky, de Picasso à Jean Cocteau, de Dimitri Pavlovitch Romanov à l’inséparable Misia Sert, sont présents ceux qui ont jalonné sa vie et ont compté pour elle. Une biographie romancée qui conjugue élégance et intimité, que j’ai eu grand plaisir à découvrir et qui nous fait vivre un moment marquant de la vie de Mademoiselle Chanel. Les recherches faites par l’auteur rendent le récit crédible sans toutefois l’alourdir, laissant malgré tout la place à l’imaginaire de l’auteur qui fait de cette créatrice remarquable un véritable personnage de roman.

Cette lecture s’ajoute à celle du roman de Mélanie Benjamin La dame du Ritz, où l’on croise Coco Chanel pendant la période plus trouble de la seconde guerre mondiale, alors qu’elle vivait au Ritz. Mais aussi l’excellente biographie qu’est Coco avant Chanel, le film de Anne Fontaine avec Audrey Tautou, qui se termine justement au moment où commence ce roman.

Lecture à compléter peut-être par « Le n°5 de Chanel », la biographie non autorisée, de Marie-Dominique Lelièvre (éditions J’ai lu) que je n’ai pas encore lu !

Catalogue éditeur : Fleuve éditions

Traducteur : Dominique Autrand

Hiver 1919-1920 : Après la perte brutale et tragique du grand amour de sa vie, Gabrielle Chanel, appelée Coco, traverse une terrible crise existentielle. Ni son entourage ni son travail ne réussissent à la sortir d’une tristesse profonde. Jusqu’au jour où elle se rappelle leur dernier projet commun : créer sa propre eau de toilette.
Bien que Coco ne connaisse rien au métier des grands parfumeurs, elle va se lancer corps et âme dans cette folle aventure afin de rendre un hommage éternel à l’homme perdu. Sa persévérance va lui permettre de repousser ses limites, et l’aider peu à peu à revenir parmi les vivants. Tout en donnant naissance à une des plus grandes et des plus belles créations de la parfumerie, le N°5…

Date de parution : 07/01/2021 / EAN : 9782265144170 / Nombre de pages : 400 / Format : 140 x 210 mm / 20.90 €

Radioactive, Lauren Redniss

L’histoire revisitée de Pierre et Marie Curie, une histoire de passion amoureuse et d’amour pour la science

C’est le roman graphique qui a inspiré le film éponyme de Marjane Satrapi sorti en salles juste avant le confinement.

En 1891, Marie Skłodowska a 24 ans. Elle quitte Varsovie pour Paris. Là elle vient travailler dans le laboratoire du physicien Pierre Curie. Rapidement les relations de travail se font complicité puis intimité. Ce sera une véritable passion amoureuse, mais aussi une passion inassouvie pour la science et la recherche. Ensemble, ils vont faire cette découverte majeure qui va changer le sort de l’humanité, avec la radiothérapie, le traitement du cancer mais aussi le développement du nucléaire.

Radioactive présente cette relation magnifique entre deux scientifiques hors du commun, mais aussi leurs familles, les filles, le gendre, une lignée de chercheurs au service de la France.Et l’auteur développe également les apports de leurs inventions à la science, et les développements qu’ils ont induits par la suite. Rien n’est figé dans leur époque, mais tout y est superbement restitué, les prix Nobel, les récompenses, les différents apport de leurs recherches, le décès de Pierre, le chagrin de Marie puis la maladie consécutive à de longues et dramatiques expositions au radium tout au long de leurs vies, à une époque où l’on n’avait dans doute pas pris la mesure du danger encouru. Et l’évolution de la recherche jusqu’à aujourd’hui.

Ce roman graphique est superbe, l’histoire est passionnante et les protagonistes tellement humainement attachants. Mais c’est aussi un magnifique objet. Le papier utilisé d’abord, le grain, les aspects lisses et le velouté granité que l’on sent sous les doigts en tournant les pages, la mise en page et les couleurs choisies, dans le spectre chromatique que l’on imagine autour du polonium ou du radium, et qui change en fonction des périodes ou des sujets abordés sur les pages, des vert, jaune, bleu, pour dire aussi la vie, la tristesse, l’exaltation et le bonheur, le chagrin et le désespoir.

Vous ne l’avez pas encore lu ? Alors #tousenlibrairie pour vous le procurer !

Catalogue éditeur : Fleuve éditions

En 1891, Marie Sklodowska, âgée de 24 ans, déménage de Varsovie à Paris où elle trouve du travail dans le laboratoire du physicien Pierre Curie. Cette rencontre inoubliable, marquée par la passion amoureuse et celle de la science des molécules, va influencer également l’histoire de l’humanité. Au point de leur apporter une renommée mondiale et d’annoncer une nouvelle ère scientifique : l’ère nucléaire.

Carine CHICHEREAU (Traducteur)

Date de parution : 05/03/2020 / EAN : 9782265154926 / Pages : 208 / Format : 202 x 279 mm / Prix : 24,50€

L’étrange histoire du collectionneur de papillons, Rhidian Brook

A la recherche des papillons perdus, un roman sur la quête et la relation au père

Alors qu’il vient de perdre son père au pays de Galles, le jeune Llew Jones décide de partir quelques temps aux États-Unis pour écrire et visiter le pays. Il se pose dans un premier temps chez une tante qui lui prête sa maison dans les Catskills. Il s’est proposé de ranger la bibliothèque aux mille livres. Pourtant, le paysage et la quiétude des lieux  le poussent d’avantage à la fumette et à la rêverie solitaire. Alors qu’il est en train de lire au bord de l’eau, il rencontre un très étrange bonhomme à la palabre facile accompagné d’une énigmatique jeune femme fort séduisante. Joseph Bosco est volubile et convainquant, les mots sortent de sa bouche en rafale, Llew est immédiatement conquis. Surtout lorsque ce dernier lui propose de l’accompagner.

Débute alors pour lui une étrange collaboration avec Joe, éleveur et collectionneur de papillons. Ce dernier parcourt le pays pour vendre les collections de son père, un célèbre entomologiste qui a abandonné sa famille pour assouvir sa passion. Llew est rebaptisé Rip Van Jones par Joe le bonimenteur, un nom plus accrocheur pour servir leur commerce. Rip fait ensuite la connaissance de la famille au grand complet, de leur manoir étrange, et de leurs différentes collections de papillons, rares, sous verre ou dans les serres d’élevage.

Rip, Joe et sa sœur Mary embarquent pour un road trip à travers l’Amérique, de ville en ville afin de vendre leurs beaux papillons aux fleuristes et autres collectionneurs d’espèces rares. Mais le voyage s’avère plus complexe que prévu et le commerce de papillons pas aussi honnête qu’il en a l’air. Jusqu’au moment où Joe disparait.

Le roman alterne entre le présent, Rip est en prison, et les souvenirs qu’il va coucher sur le papier. Par l’écriture, il tente de dénouer l’intrigue qu’il vient de vivre et de comprendre toute la complexité de cette famille qu’il a côtoyée. Wolff le père, fervent défenseur des espèces en voie de disparition évanoui dans la nature avec son filet à papillons ; Édith la mère, amère et défigurée dans un incendie qui a failli lui coûter la vie ; Mary, Isabelle et Joe, cette fratrie disparate aux aspirations si diverses ; puis Rip qui ne sait plus trop où il en est. Enfin, Joe, le personnage fantasque par excellence, le hâbleur qui invente les mots qu’il ne trouve pas pour raconter ses histoires, qui décrit un passé et des souvenirs qui changent à chaque version et qu’il est donc quasi impossible de cerner et de comprendre. Joe qui fascine Rip.

Étonnant parcours de ces deux jeunes hommes et de leur relation au père. L’un disparu au début de l’histoire, l’autre dont on devine qu’il ne l’est peut-être pas définitivement. Et toujours la difficulté de communiquer, de dire vraiment ce que l’on pense. Joe et ses discours pour cacher ce qu’il est vraiment, Rip et sa difficulté à écrire. Un roman qui parle davantage de sentiments et de recherche de soi  que d’enquête de police, même si disparition il y a. Une lecture plaisante qui fait voyager, et découvrir quelques espèces rares de papillons, on ne les regarde plus comme avant  après ça.

Catalogue éditeur : Fleuve

Traducteur : Hélène Amalric

1980, États-Unis.
Llew Jones, jeune Gallois d’une vingtaine d’années, souhaite voir les États-Unis et écrire le roman de sa vie.
Installé depuis peu dans la demeure de sa tante dans les montagnes Catskills, il passe son temps à flâner, fumer de l’herbe et lire.
Un beau matin, alors qu’il est plongé dans sa lecture au bord d’une rivière, un homme étrange l’aborde. Joe Bosco, vendeur de papillons aussi charismatique qu’exaspérant, lui propose de l’accompagner à travers le pays pour développer son commerce de spécimens rares.
Commence alors un voyage extraordinaire qui finit pourtant par échapper à leur contrôle, le jour où Joe disparaît. Llew se retrouve en prison et il n’a plus qu’une seule chance pour s’en sortir : convaincre tout le monde que sa version des faits est la bonne.

Rhidian Brook est l’auteur multi-récompensé de plusieurs romans dont notamment le best-seller La Maison de l’autre, traduit dans de nombreux pays et porté sur les écrans en 2019 sous le titre Cœurs ennemis.

Date de parution : 22/08/2019 / EAN : 9782265118355 / Pages : 528 / Format : 140 x 21.90 € / Prix : 21.90 € / Numérique : EAN : 9782823864205 / EPUB3 Prix : 15.99 €

La veuve, Fiona Barton

Coupable ou innocent, manipulateur ou manipulé ? Un roman qui vous emporte, vous tient en haleine, et vous surprend jusqu’au bout

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Jane Taylor a une vie plutôt banale. Elle est coiffeuse et c’est un travail qui lui convient compte tenu de son peu d’intérêt pour les études, elle a un mari attentionné et amoureux qui gère tout dans le foyer, soucieux de lui rendre la vie facile. Que demander de plus ? Aussi le jour où son mari est suspecté de la disparition de Bella, une jolie petite fille blonde, son univers bien maîtrisé s’effondre.

Après l’enquête et les procès, l’acquittement puis la libération de Glen devraient leur permettre de reprendre le train-train des couples sans histoire. C’est compter sans l’acharnement des médias qui veulent comprendre et savoir. Et surtout sans la disparition soudaine de Glen, dans un stupide accident de la circulation. Alors se réveillent les frustrations de l’enquêteur qui ne veut pas laisser tomber Bella, ses recherches inabouties et son enquête inachevée, et surtout ses soupçons quant à la culpabilité de Glen.

La structure du roman est intéressante car elle nous présente divers points de vue, l’inspecteur, la veuve, la mère, la journaliste, mais avant tout parce que le passé et le présent se répondent pour tenter de percer le mystère. Tout au long de l’enquête, les terreurs les plus sombres se révèlent. Enlèvement d’enfants, réseaux pédophiles, cyber-pédopornographie, trafic de photos sur internet, chat-room et traque des pédophiles n’auront hélas presque plus de secret pour le lecteur, mais tout cela nous montre également la réalité de la perversité sexuelle quand elle n’a pas de limite et s’attaque aux tous petits.

Que s’est-il réellement passé et que savait la veuve ? Était-elle complice ? Était-elle aussi innocente que ce qu’elle a bien voulu laisser entendre aux enquêteurs ? Toutes les questions sont posées, et Fiona Barton jongle avec les coupables, les sentiments, les motifs et les alibis, les journalistes et la police déroulent l’enquête pour le plus grand plaisir du lecteur qui se demande jusqu’au bout qui est manipulé, qui manipule et au fond qui est le plus coupable.

Catalogue éditeur : Fleuve Noir

Mari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ?
La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous. Lire la suite

Traduit par : Séverine Quelet

Date de parution 12 Janvier 2017 / Policier/Thriller / Noir / 416 pages /  ISBN  9782265114562

Les Sirènes noires. Jean-Marc Souvira

Dans le Paris de la prostitution, des sorciers et des rites Vaudou, une enquête sordide de tueur en série

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Alors que ses équipes perquisitionnent chez un meurtrier en série placé en garde à vue, Mistral est confronté à un meurtre insolite et mystérieux où les corps retrouvés s’avèrent difficilement identifiables. Une suite d’événements place ses équipes face aux filières africaines de prostitution.
De toutes jeunes africaines se retrouvent sous la contrainte sur les trottoirs de Paris, alors que toute leur famille a placé ses espoirs en elles. Officiellement, ces belles jeunes femmes partent travailler en France d’où elles pourront envoyer l’argent qui fera vivre ceux qui restent en Afrique. Avant de quitter leurs villages, de grandes cérémonies impressionnantes sont pratiquées. Le recours au sorcier, en apparence pour protéger les filles, mais surtout pour avoir la matière qui permettra de les menacer et les tenir sous emprise, les placent dans une prison mentale contraignante qui, en dehors de toute logique cartésienne, s’avère terriblement efficace pour éviter leur fuite. Ces croyances issues de coutumes que nous avons le plus souvent du mal à entendre et à comprendre, car elles sortent de notre cadre de référence, vont être partie prenante de l’enquête, et Mistral devra sortir de son propre cadre et de sa logique, pour comprendre et avancer.

Entremêlant avec adresse les recherches, les échecs et les avancées de ces trois enquêtes, nous suivons Mistral et ses équipes dans le quotidien des enquêteurs de la police judiciaire. L’intrigue se tient, les évènements s’enchaînent, le rythme est soutenu. On suit  Mistral dans son enquête, mais on est aussi avec lui dans sa voiture. D’ailleurs j’avais parfois l’impression d’entendre les mêmes airs qui lui en tournant les pages. On le suit jusque dans ses nuits blanches, quand une enquête non résolue le tient en éveil, attentif, inquiet. On le suit enfin jusqu’au 36, lieu mythique s’il en est, qui confère implicitement aux hommes qui l’occupent un sérieux et une rigueur qu’ils appliquent dans leur travail quel que soit le lieu où il se trouvent.

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Jean-Marc Souvira à la Foire du livre de Brive © DCL DS2015

Jean-Marc Souvira connaît son métier et cela se sent avec bonheur  dans ses polars. Il a dirigé l’Office Central de la Traite des Êtres Humains, et le lecteur pressent bien ce fond de vérité qui émerge de l’intrigue, mais sans jamais empiéter ni gâcher le plaisir de la lecture. Les spécificités des différents services de police sont présentes et ajoutent à l’intrigue sans l’alourdir, le réalisme est servi par l’écriture et c’est un véritable plaisir de tourner ces pages. J’ai déjà hâte de lire le prochain, comme à chaque fois avec cet auteur !

Vous pouvez aussi faire un tour sur le blog Arthémiss et découvrir son avis sur ce roman.


Catalogue éditeur : Fleuve noir

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Jean-Marc Souvira et Franck Thilliez à la Foire du Livre de Brive © DCL DS 2015

03 h 20 du matin, Ouest parisien. Le commissaire Mistral écoute un morceau de jazz, son humeur à l’unisson. Les lumières de la ville défilent à travers la vitre. Plongée en apnée dans son âme. Il ne le sait pas encore mais le compte à rebours a commencé.
Plein jour, sud-est du Nigeria. Les tambours résonnent. Margaret, 17 ans, corps de déesse et cœur sur le point d’imploser d’émotion, s’avance sous la tente. La cérémonie débute. Elle ne le sait pas encore mais son destin, et celui de sa famille, sont sur le point de basculer.
Retour à Paris. Un homme guette, attend, les sens en alerte dans l’obscurité. Il n’en peut plus. Il fredonne comme une litanie sans fin son morceau culte d’AC/DC. Il savoure par avance le moment ou il possédera sa proie.
Le tic-tac s’égrène. Le point d’impact de ces trajectoires humaines est imminent.

Parution : 12 Novembre 2015 / Nombre de pages : 448 p./ EAN : 9782265099302

Et je danse, aussi, Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux

Et je danse, aussi… un bien agréable roman épistolaire écrit à quatre mains

Et je danse, aussi par Mourlevat

En le commençant j’ai réalisé que j’en avais déjà lus quelques-uns. « Inconnu à cette adresse » de Kressman Taylor (que j’ai longtemps imaginé être un homme) est sans aucun doute celui qui m’a le plus marquée, et que j’ai offert quelques dizaines de fois. Ou « 84, Charring Cross Road », ou enfin « le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates », finalement je n’en suis pas à mon premier coup d’essai du genre.

Alors c’est un peu facile cet échange de courriers, toi, moi, et ainsi de suite. Oui, sans doute, mais ce n’est pas gagné d’avance car il faut tenir le lecteur en haleine, ne pas le laisser refermer le livre sans y revenir. J’ai eu un peu peur que cette histoire-là ne s’enlise, je voyais tranquillement arriver la groupie qui ne sait pas comment aborder l’écrivain de ses rêves, l’histoire d’amour par mail interposé, puis la rencontre, le coup de foudre, du banal en somme. Mais non, Adeline n’est pas une fervente admiratrice, même si elle connait les romans de l’auteur Pierre-Marie Sotto, ce n’est pas juste une jeune femme en mal d’amour et qui s’ennuie dans son Cloitre perdu en province, Adeline est beaucoup plus que cela et on le découvre au fil des pages. Et puis il y a aussi les écrits entre Pierre-Marie et ses amis, qui émaillent les pages entre les deux personnages principaux.

Ce qui est intéressant dans cet échanges de mails (ah, donc ils ne pourront jamais être envoyés un jour dans une très grosse enveloppe, propice à débuter une autre histoire, quel dommage) c’est surtout tout ce qu’il révèlent de la vie, de l’amour, des enfants, que l’on a eus ou que l’on a perdus, qui grandissent et qui partent, des parents, des expériences de deuil, des rencontres, des trahisons, des amis que l’on aime depuis toujours et que l’on connait si bien, des réussites ou des échecs, de tout ce qui fait le quotidien de chacun, auquel on est tellement habitué que l’on pense que c’est normal. Et qui parait pourtant si fragile quand on le perd.
C’est aussi une démonstration étonnante de tout ce que deux personnes peuvent se dire par écran interposé sans se connaitre, comment elles peuvent se dévoiler, se révéler, s’exposer, car l’autre est loin, dématérialisé, irréel, simplement peut être conforme aux rêves et à l’image que l’autre s’en fait. Possibilité d’aller au-delà de ce qui serait avoué à un être de chair qui serait face à soi, protégé par l’écran et la dématérialisation du clavier et de la boite aux lettres. Réalité d’un monde actuel ? Je ne sais pas. En tout cas ce roman est étonnant, loin d’être un banal échange, il révèle une part de mystère et une complexité des relations que l’on n’imagine pas au premier abord. Porté par une écriture à deux qui ne se ressent pas, il n’y a pas de différence de niveau dans la rédaction mais bien une réelle fluidité, un brin de cynisme, beaucoup d’humour et de dérision, et l’impression finale est positive.

Rencontre avec Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux

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Avec « et je danse, aussi » Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux on fait et réussi un pari audacieux. Écrire un roman épistolaire, Jean-Claude y pensait depuis plus de dix ans, mais n’avait pas encore pu le réaliser. Là c’était le bon moment et le choix d’Anne-Laure comme corédacteur était juste une évidence. Tous les deux se connaissent depuis plus de quinze ans, ils sont écrivains pour la jeunesse et se rencontrent régulièrement dans de nombreux salons, dont celui de Brive.

Ils avaient de plus l’avantage d’avoir au moins une habitude commune de travail : celle d’écrire sans savoir dès le départ où ils comptent arriver à la fin du roman. Jean-Claude appelle cela écrire à la lanterne, en avançant sur le chemin de la narration. Et en se disant pourquoi pas, on verra bien jusqu’où on est capable d’aller. Comme ils sont édités par des éditeurs jeunesse, là ils ont du faire le parcours de l’écrivain débutant, rédiger pendant 6 mois sans savoir si un jour ils seraient publiés, puis envoyer le manuscrit à plusieurs maisons d’édition. Si Anne-Laure avoue avoir été un peu pessimiste, Jean-Claude ne s’est pas découragé car tout ce qu’il a écrit jusque-là a toujours été publié.

Dans un roman à quatre mains, ce qui m’intéresse c’est la manière dont il a été écrit. Alors comment ont-ils fait ? Tout simplement par échange de mails. Jean-Claude est le personnage de Pierre-Marie Sotto, et Anne-Laure tous les autres. Au départ elle tient le rôle épistolaire d’Adeline, puis petit à petit elle ajoute des personnages au gré de son humeur, Max et sa femme, Lisbeth, l’ami éditeur, personnages auxquels, une fois sa surprise passée, Jean-Claude va devoir répondre en assumant entièrement son rôle d’auteur.

Pour Anne-Laure, il a été difficile d’abandonner Adeline, car au fond un auteur met souvent dans son personnage une partie de lui-même ou de ce qu’il aimerait vivre, de ses faiblesses, de ses rêves. Assumer de multiples personnages était aussi très jouissif et amusant, d’autant que « Pierre Marie » jouait le jeu. La vie des personnages est parfois basée sur des mensonges, soit avec soi-même (Pierre-Marie ne veut pas voir la réalité de son couple) soit avec la vie (Adeline évince 9 ans de sa vie) chacun doit avancer en surmontant ses petites lâchetés, ses petits arrangements avec sa propre histoire.

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Si les surprises vont amener la drôlerie de certaines situations, c’est aussi une leçon de modestie pour chacun des auteurs, car l’écrivain n’est plus seul aux commandes. Ils se sont à peine parlé pendant tout le temps de l’écriture, juste au départ et à deux moments clés. Lorsque Anne-Laure introduit pour la première fois un nouveau personnage, Max, Jean-Claude lui téléphone pour être sûr d’avoir bien compris, ensuite tout se déroule facilement.

Les éléments de vie et de rencontre arrivent à mesure des échanges de mails, ils sont développés et assumés par l’imaginaire de l’autre. L’enveloppe par exemple n’est au départ qu’une simple enveloppe, aucun des deux ne sait ce qu’elle contient. Et ne comptez pas sur moi pour vous le dire, car cela vous gâcherait le plaisir de la lecture. A les entendre j’ai l’impression qu’ils n’avaient pas la même idée de départ. Chacun avance ses hypothèses, ses pistes, et le récit se déroule, les évènements se succèdent, pour le plus grand plaisir des auteurs et des lecteurs. Il n’y a aucun désaccord, un choix de scénario au départ, une ou deux rencontres pour valider des étapes, et pour le reste, chacun prend ses options, déroule l’intrigue et répond aux improvisations de l’autre.

Au final, cela donne un récit auquel plusieurs relectures communes vont enlever bien des pages, bien des éléments inutiles à sa fluidité, bien des pistes inexploitées qui auraient ralenti son rythme, des évènements qu’il faut ordonner et remettre en cohérence, valider le jeu des signatures et des introductions des mails.

A ceux qui posent la question d’une suite possible, les auteurs n’en voient pas, c’est plutôt au lecteur de se créer sa propre suite, de développer son propre imaginaire. Et après tout, l’écriture s’est faite dans une sorte de fièvre rédactionnelle « amoureuse », créant un échange basé sur une vie fantasmatique, alors ,quel auteur prendrait le risque d’aller plus loin quand dans sa vie familiale tout va bien. C’est un moment d’échange très agréable avec des auteurs sympathique qui ont l’air d’avoir pris un réel plaisir à l’écriture et qui le transmettent aux lecteurs, ou aux lectrices ? Car nous sommes une majorité de femmes dans cette assistance.

Catalogue éditeur : Fleuve éditions

La vie nous rattrape souvent au moment ou l’on s’y attend le moins.
Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n’écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d’un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n’importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, « grande, grosse, brune », pourrait bien être son cauchemar… Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l’un à l’autre. Jusqu’au moment ou le paquet révèlera son contenu, et ses secrets…
Ce livre va vous donner envie de chanter, d’écrire des mails à vos amis, de boire du schnaps et des tisanes, de faire le ménage dans votre vie, de pleurer, de rire, de croire aux fantômes, d’écouter le Jeu des Milles Euros, de courir après des poussins perdus, de pédaler en bord de mer ou de refaire votre terrasse. Ce livre va vous donner envie d’aimer. Et de danser, aussi !

Nombre de pages : 288 p / EAN : 9782265098800