Silencios. Claudio Fava

Indispensable, le roman de Claudio Fava « Silencios » retrace un évènement oublié de la dictature argentine, à lire !

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1978 en argentine, à La Plata. De jeunes hommes s’entrainent pour le championnat de rugby, ils doivent participer au mondial qui aura lieu dans quelques mois.
Ils sont jeunes, très efficaces, ce sont même de très bons joueurs, mais ils ne vivent pas à la bonne époque…

Car en Argentine à ce moment-là, le général Videla a pris le pouvoir et les disparitions, les assassinats, sont devenus monnaie courante. Le jour où le jeune Momo est enlevé, puis assassiné, le monde de Raul et de ses coéquipiers s’écroule, ils entrent de plain-pied dans la terreur et dans l’horreur.

Au match suivant, l’équipe refuse de jouer si une minute de silence n’est pas respectée en l’honneur de Momo, une minute qui s’éternise, les joueurs, les spectateurs, tous respectent, tous se taisent, tous protestent en silence face au fracas des bottes et des armes. Mais la contestation doit être brisée  dans l’œuf… et les sportifs vont disparaitre les uns après les autres…

Desaparecidos, vols de la mort, l’Esma (École Supérieure de Mécanique de la Marine), autant de mots, de noms qui ont une connotation de terreur forte lorsque l’on évoque les années noires de la dictature Argentine.

Un très court roman, mais une lecture forte et émouvante qui interroge sur les dictatures, et sur le silence et l’oubli par les peuples…

Je ne connaissais pas cet épisode, mis en lumière par l’auteur Claudio Fava, à la suite du témoignage Raul Barandiaran, unique survivant de l’équipe de rugby de La Plata. L’auteur a été touché également par la relation entre cette dictature et les années noires qu’a également connu l’Italie avec la mainmise de la mafia sicilienne.

On mourait en Argentine comme en Sicile, à Buenos Aire comme à Catane

Sur cette période, et l’Argentine en particulier, on ne manquera pas de lire également le roman de Frédéric Couderc Aucune pierre ne brise la nuit, Frédéric Couderc a également répondu à mes questions, interview à retrouver ici.

💙💙💙💙💙

Catalogue éditeur : J’ai Lu, inédit

L’histoire vraie du club de rugby qui défia la dictature argentine…

Argentine, 1978. L’assassinat politique d’un jeune joueur de rugby de La Plata met le feu aux poudres : la guerre est déclarée entre l’équipe et la dictature. Chaque match du petit club est un défi, chaque hommage aux victimes une provocation adressée au pouvoir, qui répond par un bain de sang. Et pourtant, l’équipe, de plus en plus décimée, gagne ses matchs…
Traduction (Italien) : Alexandre Bilous, Dominique Manotti.
Thriller (n° 12419) / Paru le 07/11/2018 / Prix : 5,00€

Comment les grands de ce monde se promènent en bateau, Mélanie Sadler

Envie d’un moment de légèreté, on embarque avec Mélanie Sadler !

Quand Javier Leonardo Borges,  un vieux professeur d’histoire précolombienne de Buenos Aires fait une découverte inattendue dans les documents que vient de lui envoyer Hasan, son acolyte Turc, le voilà prêt, lui le sédentaire blasé, à retourner la terre pour comprendre,  trouver des preuves et enfin connaître la gloire qu’il mérite.

Ce qu’il vient de découvrir bouleverse la totalité des recherches et des parutions qu’il a produit depuis le début de sa carrière. Quelle histoire cette rencontre improbable d’une déesse aztèque et du palais de Topkapi,  quel bouleversement de l’Histoire peut être ? Une présence précolombienne dans l’univers du sultan Suleyman le magnifique ? Le dernier des empereurs aztèques serait parvenu à échapper à Cortés, aurait traversé l’océan et réussi à rejoindre le palais du sultan à Constantinople ?

Mêlant habilement de chapitre en chapitre les aventures des deux chercheurs et le récit passionné de Roxelane, la belle prisonnière du Harem qui a su conquérir le cœur du sultan, Mélanie Sadler nous emporte dans un récit rocambolesque et plein d’humour que l’on pourrait aisément imaginer en BD.

Comment les grands de ce monde se promènent en bateau est certainement de la fantaisie littéraire écrite avec beaucoup d’humour et d’érudition, un clin d’œil à l’Histoire, de France, de Turquie et précolombienne, mais pas seulement. Car en fermant ces pages, j’avoue je me pose quelques questions sur la crédibilité de certaines recherches, la possibilité de supercheries, la possibilité de détecter de faux ou au contraire de véritables documents. Sans parler de la possibilité pour d’adroits faussaires de mener en bateau quelques vieux chercheurs insatisfaits de leurs carrières d’universitaires, à l’image de ce J.L Borges, qui n’a rien d’un auteur de fiction (allusion bien sûr à Jorge-Luis Borges, auteur que j’affectionne particulièrement pour entre autre son roman  Fictions)

Catalogue éditeur : Flammarion

Un vieux prof d’Histoire précolombienne, Javier Leonardo Borges, rendu soudain fringant par une mystérieuse découverte ; son collègue stambouliote qui fouine dans les mosquées à la tombée de la nuit ; un manuscrit turc du XVIe siècle dans lequel, anachronisme insensé, une déesse aztèque se pavane ; et un sultan, Suleyman le Magnifique, qui confie pour la première fois son terrible secret. Leur point commun ? Être au cœur d’une incroyable supercherie dont la révélation pourrait bien changer notre regard sur l’Histoire officielle. Des couloirs de l’université de Buenos Aires au palais de Topkapi, entre parchemin codé et crypte secrète, Mélanie Sadler mêle avec beaucoup de virtuosité fantaisie littéraire et roman d’aventure. Ce livre emprunte aussi bien à Borges qu’à Hergé dans le seul dessein de nous mener tous sacrément en bateau.

152 pages – 134 x 209 mm / EAN : 9782081336506 / ISBN : 9782081336506 / Paru le 07/01/2015