Avant l’avenir. Geneviève Jurgensen

Elle est tantôt Véve, tantôt Geneviève, Geneviève Jurgensen est surtout une femme qui, comme chacun d’entre nous finalement, s’est forgé un caractère, une vie, au contact de sa famille, des intimes comme de ceux qui croisent notre route, et qui font de nous ce que nous allons devenir.

Domi_C_Lire_avant_l_avenir_genevieve_jurgensen.jpgComment devient-on soi-même ? En partant à la recherche de ces instants qui font « ce que nous allons devenir », et de leur suite « ce que nous sommes » ? Dans Avant l’avenir, l’auteur interroge à travers son enfance puis son adolescence, la jeune femme qu’elle était alors.

De 1950 alors qu’elle n’a que 3 ans, à cette année 1970 où elle arrive, mariée, sur le campus de Chicago  alors que les États Unis bruissent d’émoi face à l’action d’Angela Davis, nous suivons Geneviève Bertrand, aujourd’hui Jurgensen, tout au long de ces années de jeunesse qui font de chacun de nous ce que nous devenons.

Il n’a apparemment pas toujours été facile de vivre et de grandir dans la famille Bertrand, avec une mère et un père aux caractères si forts, une sœur qui prend toute sa place, des grands-parents aux personnalités écrasantes. Comment s’affirmer et devenir celle que l’on est aujourd’hui ? Et l’on y retrouve une mère qui ne se sent plus à sa place, un père qui disparait bien trop tôt, une sœur déjà presque absente, mais également les amis, hommes ou femmes, et déjà le psychanalyste Bruno Bettelheim, enfin et surtout cette jeune femme qui forge son avenir.

J’avoue que j’étais parfois un peu perdue dans la multitude de personnalités, connues ou pas, rencontrées par l’auteur, par ces noms et ces situations si personnels, à tel point que par moment je me suis sentie un peu exclue du récit. Cependant ce livre est une belle évocation des rêves d’une jeunesse pas toujours aussi heureuse qu’il n’y parait, mais aussi des aspirations des femmes comme des hommes dans la France des années 60/ 70, de la situation politique nationale et internationale, et des idées qui s’y affichent et s’y affirment. Enfin, s’il est une leçon à retenir de Avant l’avenir c’est bien que malgré les douleurs, les échecs comme les réussites, les difficultés rencontrées et les idées de chacun, un avenir est toujours possible, et c’est à nous et à nous seuls de le créer.

Oser aimer, ce n’est pas aimer aveuglément,
c’est laisser vivre ce qui fait de chacun de nous un être singulier.

💙💙💙


Catalogue éditeur : JC Lattès

Voici la vie d’une petite fille qui a trois ans en 1950 jusqu’à son mariage en 1970. Geneviève Jurgensen se fait ici l’archiviste de son enfance et d’une époque déjà bien lointaine mais riche d’histoires.
La petite Vève grandit dans un quatuor familial qui se désaccorde  : une sœur aînée déjà presque ailleurs, un père fonctionnaire international qui ouvre sa famille sur le monde et surtout une mère aimante, absente et malheureuse qui s’efforce d’initier ses filles aux beautés de la culture. Une famille où la parole et l’écrit, entre conversations et échanges épistolaires, ponctuent le temps et les sentiments.
Enfant choyé, enfant perdu, enfant confiant, enfant fuyant, Vève ne rêve que de sa libération future.

Hisser aux frontières de la fiction, l’ordinaire de la vie, faire parler le silence, sublimer les détails, c’est la marque de Geneviève Jurgensen.

EAN : 9782709656726 / Littérature française / Parution : 06/09/2017 / 400 pages

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Ne parle pas aux inconnus. Sandra Reinflet

Partir, rester, parler, vivre. Sandra Reinflet évoque cette période si difficile qu’est l’adolescence dans un premier roman qui touche et interpelle.

DomiCLire_ne_parle_pas_aux_inconnus.JPGCamille, jeune fille ni trop belle ni trop laide, rêve de liberté et vient de réussir son BAC. Comme le font la plupart de lycéens, il faut fêter ça. Mais il semble que la fête dérape, la soirée ne se passe pas comme prévu. Conséquence ou hasard, peu de temps après la fête, Eva, l’amie, la confidente, l’amoureuse libre et artiste disparait sans laisser de nouvelles, du jour au lendemain. Elle abandonne Camille à son quotidien étriqué et sinistre de la ville de Thionville. Dans cette famille bienpensante et protectrice, peut-être un peu trop, qui donne trop de conseils, d’interdits, de recommandations, de ces mots qui lui donnent des envies de départ, de fuite en avant, envie de courir retrouver celle qui lui manque et qu’elle aime tant.

Alors Camille part, un beau matin, en stop à travers l’Europe, vers ces pays de l’Est nouvellement dessinés et où tout peut arriver, ou pas. Là, de rencontre en découverte, de conseil en confidence, elle va vivre en espérant, en attendant celle qu’elle aime. Jusqu’au jour où la famille se rappelle à elle de la plus difficile de façons.

Elle qui se croyait détachée de ses parents va rentrer au bercail. Pour revenir dans ce chemin si droit tracé pour elle ? Faut-il accepter ou au contraire se rebeller, pour exister ? Mais on peut aussi se demander, lorsque l’on est parents, faut-il couver nos enfants pour les protéger, ou au contraire les laisser exister ? Faut-il taire sa peur et ses envies de les protéger pour laisser se déployer leurs personnalités. Enfin, est-on vraiment sûr de bien connaître ceux que l’on doit côtoyer chaque jour ?

L’héroïne de Sandra Reinflet est attachante et assez crédible au fond. Son phrasé, bref et dynamique, ses mots, aussi vifs que l’adolescence, celle qui explose, qui veut vivre et exister loin des parents et des règles imposées, traduisent bien cette impatience à vivre pleinement cette adolescence, passage  indispensable pour se construire. Voilà un personnage intéressant, une personnalité sensible et parfois déjantée, Camille a su me séduire et me donner envie de la suivre jusqu’au bout. Malgré quelques imperfections, quelques incohérences et un peu trop d’optimisme envers les humains, j’ai découvert un joli premier roman.


Catalogue éditeur : JC Lattès

Ce devait être une fête, une libération, la fin du lycée et des «  ne pas  ». Mais Eva ne répond plus et Camille ne répond plus de rien. Depuis que sa Polonaise a disparu, la jeune femme se cogne au silence comme un papillon à une ampoule. Elle décide de prendre la route pour la chercher. Un voyage au cours duquel elle croisera ces étrangers dont ses parents lui disaient de se méfier et qui tous, à leur manière, l’aideront à trouver ce qu’elle ne cherchait pas : elle-même.
Les secrets les mieux gardés ne sont-ils pas les plus en vue ? Les inconnus, parfois, sont ceux dont on croit tout connaître.
 
Née en 1981, Sandra Reinflet est inventeuse d’histoires vraies. Après trois ouvrages photos-texte, Ne parle pas aux inconnus est son premier roman.