Bleu Calypso, Charles Aubert

Enquête en eaux profondes pour ce thriller bien ficelé au rythme étourdissant

Niels Hogan a fui la ville à la suite d’une déception amoureuse, il vit heureux et tranquille près de l’étang de Moures, à côté de Sète. Il fabrique des leurres pour les pêcheurs, et les ventes lui suffisent pour profiter de son coin calme, de la nature, des poissons et avec pour seul voisin le vieux Bob.

Cet ardent adepte du No kill a pris l’habitude de photographier ses leurres en situation pour les mettre en ligne et les vendre sur son site. Mais le jour où il prépare la diffusion de sa dernière création, le Bleu Calyspso, il découvre sur une photo l’image d’un visage au milieu des algues. Un corps de plus repêché dans ces étendues d’eau pourtant habituellement sans histoire.

Niels ne peut s’empêcher de mener lui aussi ses propres investigations, poussé par Lizzie, la fille du vieux Bob, une journaliste compétente, dynamique et volontaire. Comme de bien entendu, qui dit journaliste dit scoop, et si possible en ayant de l’avance. Alors pendant que la police s’enlise dans les méandres de ces différents meurtres, ils poursuivent leurs investigations. Mais cela s’avère risqué pour les deux enquêteurs du dimanche.

Je n’en dis pas plus, à vous de plonger dans les aventures de Niels. Des personnages crédibles et attachants, une nature omniprésente bien campée par de belles descriptions qui ne gâchent en rien le rythme du thriller, des aspirations légitimes à la tranquillité qui se trouvent fortement bouleversées, tout cela donne un polar bien ficelé au rythme prenant, que l’on ne pose pas avant la fin. J’ai aimé également le côté assez soft, jamais trop violent, de ce roman qui suggère plus qu’il ne montre la violence.

Le bleu, je connais, c’est ma couleur préférée, mais après ce Bleu calypso je suis ferrée et prête à embarquer pour de prochaines aventures avec Niels. Ce roman connaitra une trilogie, le Rouge tango est déjà sur mon étagère.

Roman lu dans le cadre du jury du Prix des Nouvelles Voix du Polar Pocket 2020

Catalogue éditeur : Pocket et Slatkine et Cie

Il a pêché le saumon en Alaska, le brochet dans les lacs du Connemara. De sa passion, Niels a fait son métier. Et fui la ville pour une cabane sur l’étang des Moures, près de Sète.
Le kayak file en silence. Comme il étrenne son nouveau leurre – baptisé Bleu Calypso – le fil se tend… Un poisson, mais pas que. Au milieu des algues : un visage d’homme à la peau verte. C’est le troisième cadavre qu’on extrait de l’étang ces temps-ci, après l’ornithologue allemand et le pêcheur de dorades. Lignes posées. Mystère ferré. Il n’y a plus qu’à attendre…

Charles Aubert était responsable du réseau commercial d’une société d’assurances. À la faveur d’un changement de vie, il quitte la ville et s’installe au sud de Montpellier avec sa famille. Il choisit une maison proche de l’étang des Moures, où il fabrique des bracelets-montres, à son rythme. Son premier roman et premier tome d’une trilogie, Bleu Calypso, paraît aux Éditions Slatkine en 2019, suivi en 2020 de Rouge Tango chez le même éditeur.

Pocket : Paru le 09/01/2020 336 pages / / Prix : 7.60€ / EAN : 9782266300018
Slatkine : Paru le 3 janvier 2019 / 320 pages  / Prix : 20€ / ISBN : 9782889441082

Rendez-vous au 10 avril, Benoît Séverac

Enquête dans la ville rose, un roman social à découvrir absolument

1921, dans Toulouse qui se relève tout juste de la grande guerre, un inspecteur à la physionomie extravagante doit enquêter sur deux suicides. Le premier est d’une simplicité déconcertante, un notable s’est suicidé chez lui à la suite d’une dispute dont les cris ont interpellé les voisins ; le second est plus étonnant, un professeur s’est tiré une balle dans la tête dans son bureau de l’école vétérinaire.

Si les suicides sont évidents, l’inspecteur Puma n’en est pas aussi sûr que ça. Et bizarrement son enquête qui le ramène dans les murs de l’école vétérinaire en inquiète plus d’un. Car si pendant les années de guerre il est aisé de passer sous silence les malversations, les petits arrangements entre amis, les trahisons, il ne fait pas bon essayer de les déterrer quand vient la paix et la reconstruction du pays.

L’inspecteur est lui-même un ancien soldat revenu du front, perpétuellement hanté par les combats qu’il a mené, par la mort de ses compagnons d’arme, et par ses blessures. Seule la morphine et de fortes doses d’alcool l’aident à venir à bout de ses souffrances ; de quoi passer pour un marginal hurluberlu et peu fiable auprès de ses collègues et de l’état-major de la police. Aussi lorsqu’il décide de mener ces deux enquêtes, plus complexes qu’elles n’apparaissent de prime abord, sa hiérarchie lui met quelques bâtons dans les roues.

Au fil de son enquête, il va déterrer quelques secrets bien gardés, au risque de  faire éclater au grand jour quelques compromissions et accords passés sous silence tant par la police que par les notables de la ville rose. Éclate également une franche animosité envers ces gueules cassées, ces anciens poilus qui auraient peut-être mieux fait de disparaitre au front, histoire de ne pas trop indisposer les quelques planqués qui ont continué tranquillement leur carrière pendant que d’autres allaient se faire tuer.

L’auteur met en avant un inspecteur atypique, perclus de douleurs, au comportement autodestructeur, bourré de défauts et cependant très attachant. Il a un talent fou pour nous faire découvrir le côté sombre de l’histoire et des hommes. Difficile retour à la vie de ces hommes envoyés au combat, revenus de l’enfer, et dont on mesurait alors si mal l’impact psychologique et les conséquences sur leur avenir du mal profond qui leur avait été fait. Mais aussi consternante compromission de certains notables qui se sont bien arrangés des complications administratives souvent induites par la guerre.

Une belle découverte, ce thriller est plus qu’un simple polar, c’est aussi un roman social et historique sans concession sur une période méconnue de l’histoire. Je le conseille à tous les amateurs de polars qui aiment la réalité historique.

Catalogue éditeur : Pocket

Toulouse, 1920. La Grande Guerre est achevée depuis trois ans déjà et chacun reprend sa place comme il peut dans une société qui s’étourdit pour oublier. Pourtant, les douleurs et les blessures rejaillissent de façon bien étrange. Lorsque deux meurtres perturbent l’équilibre de la ville, un seul homme, un inspecteur rescapé de guerre qui n’est plus apte aux sentiments, ose affronter la situation. Un point commun relie les deux affaires, a priori sans aucun rapport : l’École vétérinaire de Toulouse. Seulement, la grande école connaît ses propres codes, ses propres règles. Parviendra-t-il à briser la chape de silence et à faire éclater la vérité ?

Benoît Séverac est auteur de littérature noire et policière, adulte et jeunesse. Ses enquêtes, dont la plupart ont lieu à Toulouse, où il réside, reposent sur un contexte social décortiqué. Certains de ses romans ont été traduits aux États-Unis ou adaptés au théâtre. Benoît Séverac collabore à divers projets mêlant littérature et arts plastiques, photographie… Il prend également part à des productions cinématographiques. Le Chien arabe, prix de l’embouchure 2016, a paru chez Pocket en 2017 sous le titre Trafics. En 2017, 115 a paru à La Manufacture de livres.

Prix : 7.30 € / EAN : 9782266256445 / Nombre de pages : 288 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 16/05/2018

Suzanne, Frédéric Pommier

Suzanne, un roman indispensable, récit tendre et émouvant d’une vie et de la fin de vie dans un Ehpad

Suzanne est née en 1922, autant dire il y a un siècle, dans une famille relativement aisée, sur les hauteurs de sainte Adresse, le quartier huppé du Havre. Ses parents se sont connus pendant la première guerre mondiale. Un père aimant mais bien trop absent, une mère égoïste qui lui montre si peu d’amour et qui est très exigeante envers sa fille.  Elle grandit en sagesse, douée à l’école, plutôt jolie. Elle épouse Pierre, une vie de couple sereine, des enfants, des filles surtout puisque leur fils meurt au berceau. Une vie somme toute heureuse et qui n’a rien de très extraordinaire, si ce n’est le confort et l’amour et les sentiments chaleureux partagés par tous y compris dans les épreuves. Suzanne, une femme libre, active, qui aime le sport, la culture, la vitesse dans sa voiture, sa liberté et les voyages.

Mais aujourd’hui, parce qu’elle ne peut plus vivre seule ni même dans son petit appartement dans la maison de retraite, Suzanne a été placée dans un Ehpad. S’il paraissait correct lors du premier rendez-vous, en fait il a tout d’un mouroir où le manque criant de personnel et la mauvaise gestion (enfin, mauvaise ça dépend pour qui) fait que les personnes placées-là ne mangent pas à leur faim, ne sont ni soignées ni accompagnées correctement, où humiliations, maltraitances, vols, sont devenus son quotidien. Un grand réalisme dans les descriptions du personnel, une jeune plus intéressée par son portable, trop pressés pour faire les toilettes, les soins minuteur en main, pas le temps de réparer le rideau, qu’importe, une vieille dame, ça reste plusieurs jours dans le noir.  Et difficile aussi, quand vous ne pouvez plus vous mouvoir mais que votre tête est bien là, de supporter la déchéance des coreligionnaires, l’un perdant la tête, l’autre violent.

Il y a deux niveaux de récit dans cet émouvant roman. Les souvenirs de Suzanne, égrenés de façon assez factuelle, des phrases et paragraphes assez courts, rythmés, il faut dire que tant d’années, on ne peut pas trop s’y appesantir, et après tout, elles n’ont rien de particulièrement extraordinaire en soi. Puis la vie dans l’Ehpad, la solitude, le manque de soin, de réponse aux appels au secours par les aides ou les soignants, l’abandon, la dureté des mots, des gestes de certains, racontés par Suzanne qui n’en peut plus de survivre là. Puis racontée par le petit-fils de Suzanne, qui vient la voir, l’aide à reprendre vie.

Il y a beaucoup de sentiments, mais surtout une vision réaliste de la vieillesse, ce triste naufrage, du temps qui passe, amis, famille, relations que l’on enterre peu à peu. Il y a la solitude de celui ou celle qui reste, la maladie, le handicap. L’aide qu’il faut accepter mais qui ne vient plus de la famille, trop occupée à mener à son tour sa propre vie, avec enfants, travail, toutes ces occupations qui nous prennent tant et nous privent du nécessaire, voir et accompagner ceux qui nous précédent.

J’ai aimé le style, la narration, et la prise de conscience que cela implique d’abord d’écrire, puis sans doute de lire et d’entendre tout ce que nous dit ce roman.  Chacun doit être attentif au fait que la vieillesse d’abord, puis la prise en charge de ceux qui autour de nous ont passé l’âge d’être seul, est un vrai sujet de société. Difficile de faire sans, indispensable d’y penser, parfois tragique  quand les solutions ne sont pas humaines.

Catalogue éditeur : Equateurs et Pocket

Suzanne est ma grand-mère, ou la vôtre. Suzanne est un symbole. Du haut de ses 95 ans, elle en a des choses à dire. Toute une vie bien remplie, dans la guerre ou la paix, dans les deuils ou la joie. Bébé, petite fille, adolescente, jeune mariée, femme, mère et maintenant vieille dame, elle raconte à son petit-fils ses souvenirs, mais aussi son quotidien. Elle lui dit que jamais elle n’a dérogé à son principe « SQM », Sourire Quand Même. Et ce n’est pas toujours simple. Surtout ces derniers temps. Alors elle veut du champagne, pour trinquer au temps qui passe, et au temps qui reste.
Sous la plume de Frédéric Pommier, entre rires et larmes, Suzanne devient une déclaration d’amour, une ode au respect, un plaidoyer pour faire de la vie une fête. SQM.

Frédéric Pommier est journaliste à France Inter. Il signe ici son premier roman.

Prix : 6.95 €  / EAN : 9782266293204 / Pages : 216 / Format : 108 x 177 mm / Parution : 02/01/2020
Équateur : 236 pages / 19.00 € / parution : 18 octobre 2018 / ISBN : 9782849905708

Toute la vérité, Karen Cleveland

Quand la vie d’une famille américaine ordinaire se transforme en cauchemar. On adore plonger dans ce premier thriller de Karen Cleveland qui nous dit « toute la vérité »… ou presque

Vivian a un mari aimant, quatre beaux enfants et un super métier, que rêver de plus ? Bien sûr, les salaires ne sont pas à la hauteur. Mais son mari Matt est toujours présent pour l’épauler, en particulier lors des soins importants qu’il faut apporter à l’un des jumeaux. Et si son métier la passionne toujours autant, il est aussi une source de revenus et une garantie d’assurance santé non négligeable.

Vivian est analyste à la CIA, spécialisée sur la Russie. Son projet phare va bientôt aboutir et lui permettre de percer à jour l’ordinateur d’un espion russe. Mais elle découvre sur l’ordinateur en question une photo de son mari, certainement l’un des agents étrangers dormants. A partir de là, plus rien n’est sûr dans la vie de Vivian. Le doute s’installe, qui alterne avec l’assurance de connaître parfaitement cet homme qui partage sa vie depuis plus de dix ans. Mais que valent les certitudes face à une telle découverte ? Que faire, et comment réagir à une telle révélation ? Penser d’abord à son pays ou à sa famille ?

Tout l’art de Karen Cleveland est de distiller le doute, les certitudes, les interrogations, avec une apparente véracité qui fait frissonner. De flashback en souvenirs, de certitudes en moments de doute, la tension monte et le lecteur est pris au piège. Car Karen Cleveland est du sérail, huit années comme analyste à la CIA, forcément ça aide à planter un décor juste et réaliste. Alors bien sûr les russes sont un peu trop caricaturaux, ou est-ce tout simplement l’image donnée aux espions, mais qu’importe. Le suspense est garanti pour ce page turner parfaitement maitrisé que l’on dévore avec l’envie de connaitre Toute la vérité et de se laisser balader par l’auteur jusqu’à la fin.

Roman lu dans la cadre de ma participation au Prix des nouvelles voix du polar Pocket

Catalogue éditeur : Pocket et Robert Laffont

Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille : quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.
En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays… ou sa famille.

Diplômée du Trinity College de Dublin et de Harvard, Karen Cleveland a passé huit ans à la CIA en tant qu’analyste. Elle vit dans le nord de la Virginie avec son mari et ses deux enfants.

Robert Laffont : Date de parution : 25/01/2018 / EAN : 9782221214947 / Nombre de pages : 384 / prix : 21€
Pocket : Date de parution : 10/01/2019 / EAN : 9782266287869 / Nombre de pages : 408 / prix : 7.90€

Une histoire des abeilles, Maja Lunde

Dans le roman de Maja Lunde « Une histoire des abeilles » il y a trois époques, et surtout la survie d’une planète aux mains des hommes et … des abeilles.

Du passé, avec  William, en Angleterre en 1851, au présent, avec George dans l’Ohio en 2007, puis dans un futur pas si proche avec Tao, en Chine, en 2098, nous suivons trois familles dans leur rapport quotidien aux abeilles.

William va d’échec en échec, à la tête d’une famille de sept filles, père malgré lui par lâcheté ou par ennui, cet ancien étudiant brillant et prometteur s’est laissé submerger par le quotidien, abandonnant trop vite ses rêves d’idéal. Jusqu’au jour où, après une longue dépression, il s’éveille à la vie lorsqu’il s’intéresse au sort des abeilles. Soucieux de comprendre la façon dont elles pourraient être domestiquées, ou du moins utilisées de façon optimale pour elles comme pour l’homme, il invente un modèle de ruche quasi parfait, mais il n’est pas le seul à y avoir pensé….

George est un apiculteur heureux. S’il ne s’est jamais décidé à exploiter les abeilles de façon quasi industrielle, il a pourtant bien réussi à faire croitre et multiplier les ruches. Et compte sur son fils, encore étudiant, pour reprendre la ferme, même si tout chez ce dernier démontre qu’il n’en a pas vraiment envie. Mais c’est sans compter sur le Colony Collapse Disorder – Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, le CCD –  qui vient décimer ses ruches et anéantir des années de travail.

Enfin, Tao, son mari et leur fils unique vivent en Chine. Là, comme c’est déjà le cas aujourd’hui dans le Sichuan, des « Hommes-abeilles » pollinisent les vergers à la main. Car les abeilles ont déserté la planète depuis longtemps et sans cette pollinisation manuelle méticuleuse et fastidieuse réalisée par des hommes et des femmes quasiment maintenus en esclavage, la planète est vouée à l’extinction. Pas d’abeille pas de fleurs, pas de pollen pas de fruits, etc…  Jusqu’au jour où leur fils a un accident incompréhensible. Tao veut alors comprendre…

Voilà un étonnant roman écologiste qui interroge brillamment sur ce que l’homme fait, détruit, ou au contraire protège, sauvegarde. Avec des passages très didactiques qui nous enseignement en quelques mots les principes de l’apiculture, les spécificités des colonies d’abeilles… Qui nous apprend aussi qu’une abeille sauvage ne pourra jamais être domestiquée et qu’il est temps d’arrêter de polluer la planète avec toutes sortes de pesticides violents et dévastateurs. Il est temps de sauver ce qui peut l’être.

Une histoire des abeilles est un roman très agréable à lire. Et même si parfois j’aurais aimé suivre un peu plus l’une ou l’autre des époques, le passage de l’une à l’autre se fait aisément. L’auteur nous permet de mieux appréhender les catastrophes annoncées si l’on n’y prend pas garde. A la fois instructif et émouvant, en fil rouge une intrigue maintient en éveil l’intérêt du lecteur avec l’enquête menée par Tao dans un monde où la population se meurt sans les abeilles.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Pocket et Presses de la Cité

Loup-Maëlle BESANÇON (Traducteur)

Un triptyque écologiste qui raconte l’amour filial à travers le destin des abeilles. 

Unes, et pourtant plusieurs. Dangereuses, mais sources de vie, les abeilles garantissent l’espoir du monde.
William, George, Tao… Chacun, à sa manière, nourrit avec ces incroyables insectes une relation privilégiée. Chacun, à son époque, rêve de changer l’avenir, d’offrir à ses enfants des lendemains meilleurs. D’inventer, de transmettre ce qu’il sait… ou croit savoir. Car les abeilles disparaissent, inéluctablement, et dans l’indifférence.
Victimes de notre espèce, elles en seront, peut-être, le salut…

Née en 1975 à Oslo, Maja Lunde a écrit des scénarios et des livres pour la jeunesse avant de se lancer dans la rédaction d’Une histoire des abeilles, son premier roman pour adultes, best-seller en Norvège et en Allemagne, et en cours de traduction dans une trentaine d’autres pays.

Date de parution : 16/08/2018 / EAN : 9782266284356 / POCHE / Nombre de pages : 448 / Format : 108 x 177 mm

Rencontre avec Danièle Festy pour « Mes 15 huiles essentielles » et « Ma Bible des huiles essentielles »

Domi_C_Lire_daniele_festy_8A l’invitation des éditions Le Duc.s et de pocket, j’ai eu le plaisir de rencontrer Danièle Festy  lors de la présentation du livre Mes 15 huiles essentielles édité par Pocket et à l’occasion de la réédition en série limitée et numérotée de Ma Bible des huiles essentielles par Le Duc.s. Car la première parution de ce précieux livre a 10 ans et il n’a pas pris une ride, bien au contraire.

Domi_C_Lire_daniele_festy_6Danièle Festy est ex pharmacien d’officine. Spécialiste en alimentation, phytothérapie, aromathérapie. Elle propose des consultations, rencontre ses lecteurs et continue à rédiger des ouvrages pratiques de santé destinés au grand public. Ses livres sont publiés chez Leduc.s éditionsOn peut également suivre tous ses conseils sur son blog.

Pourtant je suis néophyte en matière d’huiles essentielles, puisque je n’en utilise qu’en diffusion dans la maison de façon assez addictive d’ailleurs. De fait, l’aromathérapie est quelque chose de facile à utiliser, que l’on peut utiliser au quotidien et qui s’adresse à tout le monde. Pour ne pas se tromper, il faut donc suivre les conseils des spécialistes et acheter des produits de qualité. J’imagine pourtant que je me pose les questions que chacun peut se poser dans ces cas là : quel livre consulter, comment utiliser les huiles essentielles, et à qui sont elles conseillées ? Pour le site lecteurs.com, j’ai posé quelques questions à Danièle Festy, dont voici quelques extraits :

Comment êtes-vous venue à la médecine par les plantes, vous qui êtes au départ pharmacien ? Quel est votre parcours ? Une fois installée dans ma première pharmacie, j’ai très vite réalisé que la médecine et la pharmacie allopathiques étaient tout à fait insuffisantes. Elles traitent en urgence les maux, de manière identique pour tout le monde et sans s’occuper du terrain de chacun, des causes profondes des pathologies et entraînant souvent des effets secondaires fort désagréables. Et puis les circonstances ont fait que j’ai rencontré de nombreux papes de l’aromathérapie et de la phyto (Drs Valnet, Lapraz, Duraffour, Belaiche…) puis des professionnels passionnés et enseignant l’aromathérapie  (Dominique Baudoux) et voilà, je me suis orientée à fond vers ces thérapies tellement plus riches, plus personnalisées, plus fines.

Domi_C_Lire_daniele_festy_5Si vous ne deviez en choisir qu’une, laquelle préconiseriez-vous ? Sans doute celle de lavande vraie pour ses multiples propriétés cutanés et nerveuses et son extrêmement bonne tolérance.
Par quel livre commencer  pour débuter ? et plus spécialement pour les enfants ? Peut-être par Je ne sais pas utiliser les huiles essentielles et Je ne sais pas utiliser les huiles essentielles spécial enfants et Soigner ses enfants avec les huiles essentielles.
Quand on lit des conseils et qu’il y en a plusieurs indiqués pour un même problème, comment choisir la bonne formule ? On essaye la plus simple, si elle donne les résultats escomptés on s’en contente, sinon on teste la suivante. Et on finit par choisir celle qui convient le mieux au point de vue efficacité mais aussi celle que l’on préfère question fragrance. On doit toujours être en empathie avec nos huiles essentielles.

Nous avons été reçus dans un lieu vraiment très agréable Peonies. 81 Rue du Faubourg Saint-Denis. Entourés de fleurs et dans une belle atmosphère de sérénité, chacun est parti avec un livre, quelques fleurs, et des projets pour un meilleur équilibre de vie.

 

Le gang des rêves. Luca Di Fulvio

Envie d’embarquer pour New York avec « Le gang des rêves » de Luca Di Fulvio ? Voilà un roman qui fait voyager dans le temps et dans l’espace et procure un agréable sentiment d’évasion.

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Sicile, 1907, une mère, une fillette, un patron trop entreprenant et qui a tous les droits… Comment protéger sa fille des viols et abus, si communs lorsque l’on est soumis au bon vouloir et au regard concupiscent du patron omnipotent et qu’il est quasi impossible de résister. La mère protège sa fille, jusqu’au jour où dans les champs, Cetta subit ces outrages qui verront naitre un fils.

Cetta, fillette puis maman, fuit son pays natal et sa famille pour New York, la liberté et le rêve d’une vie meilleure. Tout ne sera pas aussi simple, la traversée, les macs qui vous tiennent et vous menacent, Ellis Island et le hasard des rencontres, la pitié d’un officier de l’immigration, puis la présence de Sal, l’étonnant mac protecteur de la petite Cetta et de son fils Christmas vont l’installer dans une vie bien éloignée de ses rêves.

New Jersey en 1922, Cetta Luminata fait toujours le même métier, elle élève son fils Christmas dans le respect de la loi. Un jour, Christmas sauve Ruth, jeune femme juive issue d’une famille aisée. Un regard, un cœur qui bat, et leur sort sera lié à jamais, pour le pire et qui sait.. Car Christmas et Ruth ne vivent  pas dans même monde, alors comment pourraient-ils se rencontrer, se connaître, s’apprécier et s’aimer…

Dans ce pavé qu’est le Gang des rêves, il y en a vraiment pour tous, un scénario qu’on imagine immédiatement en film, des personnages attachants, Cetta, Christmas et Ruth en particulier, qui doivent passer leur tour pour ce qui est de profiter pleinement de leur enfance et adolescence. Ils vont devoir grandir trop vite et trouver leur place dans une vie qui ne leur épargne rien. Ils sont entourés de gentils un peu trop gentils et de méchants vraiment violents qui ne se laissent pas faire, tel qu’on peut les imaginer dans les guerres de gangs pendant la prohibition. Car la période est idéale pour le romancier et pour l’imaginaire du lecteur. Il y a des bons sentiments et de la violence, du malheur et du courage, une vie difficile mais aussi l’espoir d’une vie meilleure, la mafia et les gangs de rues, la modernité des années folles, la pauvreté et la misère. Il y a l’Italie des années 1900 et l’Amérique des années 20, les bas-fonds de New-York et les paillettes de Los Angeles, des héros qu’on veut voir grandir et s’en sortir, et l’amour, omniprésent, bafoué, rêvé, espéré, pas toujours vainqueur mais toujours présent.  Et tout ça procure un réel plaisir de lecture, à savourer en particulier pendant les vacances, pour la pause détente !

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Catalogue éditeur : Pocket

Traduit par : Elsa DAMIEN

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

Date de parution 04 Mai 2017 / 864 pages / ISBN 9782266272438

La saison de l’ombre. Léonora Miano.

Il y a quelques mois, j’ai eu le plaisir d’assister à une lecture par Léonora Miano de ses prochains livres (parus depuis) au musée Dapper, occasion pour moi de découvrir cette auteure et d’acheter « la saison de l’ombre » que je viens de terminer.

Me voilà donc plongée dans la saison de l’ombre, celle où les femmes dont « les fils n’ont pas été retrouvés » sont mises à l’écart dans une case loin du village. Car devant l’incompréhension des hommes il faut bien des coupables et bien évidement celles-ci sont toutes désignées. Mais c’est sans compter sur la force de certaines d’entre-elles, ces femmes qui veulent comprendre, découvrir, savoir où sont passés les douze hommes qui n’ont pas été retrouvés à la suite du grand incendie qui a ravagé une partie du village.

Léonora Miano nous embarque au loin, dans les croyances et l’ignorance, dans les habitudes et les coutumes, dans le mysticisme animiste, aux côtés des hommes médecine ou des chefs de tribus. Elle situe son histoire dans l’époque et les lieux de la traite subsaharienne et de l’esclavage, vus pour une fois non pas au travers de nos regards d’européens, mais bien de l’intérieur par les peuples africains qui les ont vécus au plus intime, en étant soit les complices des étrangers aux pieds de poule, soit leurs victimes. Mais tous sont toujours finalement victimes de la cupidité, de l’inhumanité, de l’ombre qui apparait en cette saison et qui s’est avérée si sombre pour tant d’hommes et de femmes. Et chacun peut ici s’identifier à tout ou partie de ces vies, de ces émotions, de ces aventures humaines terribles qui font que la vie de chaque individu constitue au final l’histoire profonde d’un pays ou d’un continent.

C’est un très beau livre très bien écrit, mais qui est un peu ardu à suivre. Je me suis longuement perdue dans ce texte, en particulier du fait de ces prénoms aux consonances tellement similaires, les hommes sont Mukano, Mutango, ou Mukimbo, les femmes Eyabe, Ebeise, Ekesi, j’ai donc relu plusieurs fois quelques paragraphes pour comprendre et c’est dommage car cela nuit à la fluidité de l’histoire et au rythme de la lecture. Je me suis interrompue souvent mais j’ai finalement terminé le roman et apprécié l’écriture et le rythme de l’intrigue et surtout la force de ces femmes qui doivent lutter pour affirmer leurs droits, leur place dans leurs tribus, et leur liberté d’exister.

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Catalogue éditeur : Pocket

Au cœur de la brousse subsaharienne, un grand incendie a ravagé les cases du clan Mulongo. Depuis lors, douze hommes manquent à l’appel – les fils aînés pour la plupart. Pendant que les mères cherchent en songe les réponses à leur chagrin, le Conseil interroge les ancêtres, scrute les mystères de l’ombre : que signifie cette disparition ? Pour le salut de la communauté, le chef Mukano et quelques autres décident de partir à leur recherche en territoire bwele, leurs voisins. Peu d’entre eux atteindront l’océan – par ou les « hommes aux pieds de poules » emportent leurs enfants…

« La voix de Léonora Miano, l’une des plus fortes de sa génération, devrait résonner de Paris à Douala – et voyager bien au-delà. » Catherine Simon –Le Monde

Cet ouvrage a reçu le Prix Femina et le Grand prix du roman métis
Date de parution 5 Février 2015 / Nombre de pages 256 p.Format 108 x 177 mm / EAN 9782266248778

A la rencontre de …Michel Bussi

Rencontre avec Michel Bussi chez Babelio, pour évoquer ses deux romans «Maman a tort» et «N’oublier jamais»

Dominique Sudre Domi C Lire avec Michel Bussi 3
© DCL-DS2015

Comment construit-on un roman quand on s’appelle Michel Bussi ? Pour le construire Michel Bussi a d’abord besoin d’une idée, puis de savoir où la situer. Sauf pour « Ne lâche pas ma main » qui se passe à la Réunion, là-bas les idées se mettaient à leur place à mesure de la découverte des lieux, le volcan, la chambre d’hôtel, etc… Quand on lui demande pourquoi l’ile de la Réunion, il nous répond : pourquoi pas la Corse. Tiens  est-ce un indice pour le prochain roman ?

Pour « N’oublier jamais » au départ il imaginait une intrigue sur un bateau qui ferait des escales. Mais l’idée s’est avérée  trop compliquée à mettre en cohérence et comme il souhaitait aussi une falaise, un lieu s’est rapidement imposé (l’intrigue se passe en partie à Yport). Pour « Maman a tort », il souhaitait un aéroport, une grande ville, mais également une cachette, un braquage dans une grande bijouterie comme celles de la place Vendôme, d’où un instant l’idée de situer son roman en région parisienne, mais c’était trop flou, les lieux se sont alors imposés d’eux même (le Havre et sa région).

Michel Bussi chez Babelio 1

Il aime que ses romans débutent de façon spectaculaire et intrigante et qu’il y ait également une fin à la hauteur de ce début. Sans doute en réaction à certains polars qu’il n’a pas aimé, dans lesquels à la fin de l’intrigue on découvre que le héros se réveille et que l’histoire est rêvée ou inventée, c’est très frustrant.  Michel Bussi aime quand le début et la fin se rejoignent, quand il y a un vrai lien entre les deux, pour cela il a besoin de connaître quelle sera la fin de son livre au moment où il en commence la rédaction. Alors avant d’écrire, il rédige toute une trame, chapitre après chapitre, pour que ce soit fluide, que l’intrigue trouve un rythme, même si ça peut encore évoluer. Puis l’histoire s’éclaircit, les chapitres trop longs sont coupés, l’écriture est alors un véritable travail de montage, comme au cinéma. Il a besoin de dessiner un canevas  général pour ensuite pouvoir s’autoriser quelques chemins de traverse. Il n’y a plus vraiment de surprises pendant l’écriture, lorsqu’il invente l’intrigue les personnages ont une grande autonomie, mais après l’auteur est le marionnettiste qui tient les fils et il reste peu de marge de manœuvre.

Domi C Lire Dominique Sudre, dédicace Michel bussi

S’il avoue s’inspirer parfois de personnes de son entourage, il ne décrit jamais vraiment quelqu’un qu’il connaît ou qui pourrait se reconnaitre. Par exemple il ne connait pas de champion handisport. Par contre dans « N’oublier jamais », le besoin du handicap est lié à l’histoire, car sinon la première scène ne serait pas réaliste. Il avait besoin d’un bouc émissaire qui ne soit pas une victime désignée. Là c’est plutôt quelqu’un dont le handicap est vu comme un atout. Son protagoniste, Jamal, travaille, a de l’humour, on s’y attache et en même temps on s’en méfie. Ses faiblesses sont balancées par ses forces. Et même si l’écriture du roman s’est faite au moment de l’affaire Pistorius, il n’y a aucun lien entre ces deux « affaires » qui se sont déroulées en parallèle. On constate les mêmes différences de sentiments à l’égard d’un héros qu’on aime ou qu’on n’aime plus dans la réalité comme dans le roman.

Dans ses romans, l’auteur utilise souvent des gens ordinaires qui ont une fin tragique et on ne retrouve pas de héros récurrent. S’il devait y avoir des personnages récurrents, ce serait des policiers ou des journalistes par exemple, et ça ne l’intéresse pas, il ne ressent pas l’envie de les utiliser de nouveau. Il aime avant tout se projeter dans une nouvelle histoire avec des idées nouvelles.

Dans « Maman a tort » l’auteur parle beaucoup de la mémoire d’un enfant de trois ans et demi. Les lecteurs lui demandent s’il a fait de nombreuses recherches avec d’écrire. Apparemment pas tant que ça.  Mais il est vrai que Michel Bussi évolue dans le milieu éducatif et peu échanger avec les professionnels psy, éducateurs ou instituteurs,  pour tester la crédibilité de ses idées. Par exemple sur l’importance du doudou, sur la figure maternelle ou paternelle stable autour de l’enfant, l’âge crédible ou pas pour les situations qu’il souhaitait lui faire vivre, en un mot, pour savoir si le personnage de Malone serait réaliste ou pas. De même la figure féminine est assez positive, alors que le masculin est négatif, contrairement aux romans précédents. Pour les besoins de l’histoire il fallait mettre en avant la mère (sous toutes ses formes, je ne vous en dit pas plus !). La maternité est donc structurée autour de trois femmes. Se pose la question de savoir s’il faut tout dire aux enfants, et à quel âge. Faut-il leur parler de ces mères qui vont loin par amour, de ces femmes capables de se sacrifier, parfois beaucoup plus qu’un homme, car l’enfant passe avant elles. Mais le poids du sacrifice des parents s’avère souvent plus un fardeau qu’un cadeau pour leur vie future.

Il y a de nombreuses références aux contes dans « Maman a tort ». L’auteur aime qu’on y trouve une touche de merveilleux, de fantastique.  Et cela plait à ses lecteurs car ce n’est ni noir ni réaliste,  très différent des polars classiques en somme. Et comme il nous le rappelle, lors de la parution du petit prince, il était écrit à peu près ceci : 99% pensent que ce n’est pas un livre pour enfants, 99% pensent que ce n’est pas un livre pour adulte, 100% pensent qu’il est pour eux. L’important est de penser que le livre est bien pour soi, non ?

Ce qu’il ressort de cette rencontre, c’est que Michel Bussi aime l’esprit du jeu lié à l’écriture, le côté ludique, le faire semblant par une action dont on sait qu’elle n’est pas « pour de vrai ». Ecrire est une activité sérieuse qui permet de nouer des  relations sociales, de jouer des rôles, d’apprendre et de progresser. C’est ludique, mais un auteur peut faire passer des choses plus profondes, plus sérieuses, comme dans Nymphéas noir (que je n’ai pas encore lu) un roman qu’il qualifie de léger mais ayant une forme de profondeur. Il aime aussi ce qui est tiré par les cheveux, mais qui au final, une fois que toutes les scènes se sont déroulées, va apparaitre comme beaucoup plus vraisemblable.

Quand on lui demande s’il aimerait réaliser des scénarios pour la télévision ou le cinéma à partir de ses romans, Michel Bussi explique que des projets sont en cours. Mais il est toujours délicat pour un auteur de voir ses œuvres pillées, transformées, modifiées pour rentrer dans le moule « télé » ou ciné, il préfère laisser faire des professionnels car il faut avoir du recul sur le roman, ce que ne peut pas faire son auteur.

Tient-il compte des critiques ? Oui, d’ailleurs, quand il écrit il décèle quelques forces et faiblesses dans ses romans et il les y retrouve souvent. Par exemple, « N’oublier jamais »  est un roman à twist, à rebondissement, aux personnages doubles, au détriment de la psychologie, et cela se retrouve dans les chroniques des lecteurs. Il aime aussi les citations qui sont nombreuses dans Babelio. Souvent un auteur a quelques phrases « chouchou » qu’il aime particulièrement dans un roman, et ce sont celles qu’il retrouve en général sur le site.

Comme il avoue mettre un an et demi en moyenne pour écrire un roman, il n’y a plus qu’attendre le prochain ! Normandie, Corse ? Qui sait.

Merci à Babelio, Presses de la Cité et Pocket pour avoir permis cette rencontre.

N’oublier jamais, Michel Bussi

Rencontre avec Michel Bussi, l’auteur chouchou des français et la découverte de N’oublier jamais

N'OUBLIER JAMAIS - Michel BUSSI

Dans N’oublier jamais, à Yport, petite ville de villégiature normande, il se passe de bien étranges histoires. Jamal Salaoui est un jeune homme handicapé. Malgré sa prothèse à la jambe il rêve de courir le mythique Ultra-Trail du mont-Blanc. C’est compter sans sa rencontre fortuite, par un petit matin glacial, avec une belle jeune femme désespérée, de celles dont on ne peut oublier le visage une fois qu’on a plongé son regard dans le sien.

Une écharpe échappée des mains de Magali Verron, retrouvée autour du cou de cette suicidée-assassinée, deux témoins  et des policiers  pour le moins bizarres, une magnifique jeune femme ingénieur descendue au même hôtel que Jamal et qui tombe sous son charme, nous sommes au début d’une bien rocambolesque aventure. Voilà quelques-uns des protagonistes de cette intrigue qui nous ramène quelques dix ans plus tôt, vers deux autres meurtres irrésolus, ceux de deux belles femmes violées et assassinées, jetées du haut de deux falaises normandes.

Le récit à la première personne est porté par Jamal, ce qui accentue son efficacité et son rythme. Tout au long le lecteur sent que Jamal est sur la corde raide, qu’un malheur est arrivé ou va bien finir par arriver. Tout est possible. De manipulation en renversement de situation, la dualité de certains personnages est rapidement évidente et l’incompétence relative des gendarmes laisse perplexe, mais le lecteur s’y laisse prendre malgré tout. Michel Bussi tire peu à peu les ficelles de cette intrigue à tiroirs où anagrammes, mise en scène, tromperie, incohérences et manque de réalisme, mais également manipulation et révélations ont la part belle.

Michel Bussi est orfèvre dans l’art de la manipulation psychologique et maitrise les rebondissements, c’est un roman qui se laisse lire avec plaisir, idéal pour une après-midi sur la plage ou une soirée au chaud sous la couette.

Catalogue éditeur : Pocket

« Vous croisez au bord d’une falaise une jolie fille ?
Ne lui tendez pas la main !
On pourrait croire que vous l’avez poussée. »

Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s’entraîner sur la plus haute falaise d’Europe, il a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l’écharpe comme on lance une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l’inconnue.
A son cou, l’écharpe rouge.
C’est la version de Jamal. Le croyez-vous ?

Parution : 07/05/2015 /  ISBN : 226625457X / Nombre de pages : 544