Mon inventaire 2016

Cette année a été riche de découvertes, de nouveaux auteurs, de rencontres avec les auteurs, les blogueurs, et avec tous ces lecteurs qui partagent ma passion dévorante pour la lecture.

Si je devais faire un bilan ? Que c’est difficile ! Dans ma liste à la Prévert il y aurait …

Des romans,
Nathacha Appanah & Tropique de la violence
Négar Djavadi & Désorientale
Gilles Marchand & Une bouche sans personne
Guy Boley & Fils du feu
Frédéric Couderc & Le jour se lève et ce n’est pas le tien

Des romans étrangers,
Isabel Alba & Baby spot
Elena Ferrante & Le nouveau nom

Des BD,
Christopher et Pellejero & The long and winding road

Quelques excellents romans policiers,
Caryl Ferey & Condor
Martin Michaud & Violence à l’origine
Olivier Norek & Surtentions

Un magnifique Carnet de Voyage & Voyage d’encre

Sans oublier le plaisir de découvrir ces poches qui sont déjà devenus des classiques,
Édita Morris & Les fleurs d’Hiroshima
Kamel Daoud & Meursault contre-enquête

Et tous ceux que j’oublie là, mais qui m’ont fait rêver, pleurer, vibrer, aimer, espérer, vivre !

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Le nouveau nom. Elena Ferrante

« Le nouveau nom », la suite de « l’amie prodigieuse » évoque la vie d’Elena et Lila, deux amies à Naples dans les années 60. Quel bonheur de lecture, j’ai vraiment un coup de cœur  pour l’écriture d’Elena Ferrante.

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Nous avions quitté Lila le jour de son mariage avec Stefano, le fils de l’épicier. Grâce à cette union, le frère et le père de Lila vont développer leur rêve : créer des chaussures et les vendre sous leur nom. Désormais, Lila a un appartement dans le quartier neuf, de belles tenues, une vie confortable. Mais Stefano a trahi sa confiance en s’associant aux frères Solara. Lorsque Lila le découvre, le jour de son mariage, son monde, ses projets et ses rêves s’effondrent, elle ne reconnait plus l’inconnu qu’elle vient d’épouser. Pourtant Lila est une femme décidée, pugnace et courageuse qui fait front et avance dans la vie qu’elle s’est choisie, malgré les déceptions et les embuches.

Pendant ce temps, Elena étudie, va du collège à l’université. Elle qui se croit tellement banale n’accepte toujours pas l’idée de poursuivre des études quand Lila, si brillante, a été contrainte de les abandonner. Les deux gamines sont devenues des femmes, l’une est mal mariée, l’autre toujours célibataire. Si parfois elles s’éloignent, l’attraction est trop forte, Elena cède à Lila, qui réussit toujours à lui dicter sa conduite. Au fil des années, elle ne peut se défaire de cette amitié dévorante, unique et parfois destructrice.

Elena Ferrante dépeint la vie de ces jeunes femmes dans une société dominée par les hommes, où la misère est prégnante, mais où l’amour, la volonté, le désir de vivre s’avèrent parfois plus forts que les traditions. Dans les pas de Lila, nous assistons à l’éblouissement de l’amour, amour de jeunesse, amour d’un été, que Lila va décider de vivre pleinement, au risque de tout perdre, son confort, sa nouvelle condition de femme aisée, pour vivre la vie qu’elle s’est choisi. Elle aura la volonté de quitter un mari tout puissant dans une société où les femmes doivent accepter les coups, les trahisons, les adultères, au risque de représailles.

Dans ce deuxième tome, l’auteur distille avec un réel talent une passionnante description, dans l’Italie des années 60, d’une société où l’éducation, la différence de classes, la condition des femmes, sont autant de sujets magistralement abordés, où les camorristes règnent en maitres, imposant leur loi. J’ai trouvé également intéressant l’éveil des adolescents face à l’importance du savoir y compris pour les filles. C’est un roman aux accents autobiographiques, tant les personnages semblent réels, comme vécu de l’intérieur, qui vous emporte. Maintenant, forcément, j’ai hâte de lire le troisième.

💙💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Gallimard

Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu’elle déteste depuis son plus jeune âge. Pour Lila Cerullo, née pauvre et devenue riche en épousant l’épicier, c’est le début d’une période trouble : elle méprise son époux, refuse qu’il la touche, mais est obligée de céder. Elle travaille désormais dans la nouvelle boutique de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara. De son côté, son amie Elena Greco, la narratrice, poursuit ses études au lycée et est éperdument amoureuse de Nino Sarratore, qu’elle connaît depuis l’enfance et qui fréquente à présent l’université. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia avec la mère et la belle-sœur de Lila, car l’air de la mer doit l’aider à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. La famille Sarratore est

Trad. de l’italien par Elsa Damien
Parution : 07-01-2016 / 560 pages / 140 x 205 mm / ISBN : 9782070145461

L’amie prodigieuse. Elena Ferrante

« L’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante, c’est Naples, une époque, une amitié, une vie, une très belle écriture,et si c’était ça un bon roman ?

https://i0.wp.com/static1.lecteurs.com/files/books-covers/623/9782070138623_1_75.jpgQuel roman étrange, peu captivant au départ, et qui très rapidement devient pourtant quasiment envoûtant. Naples, années 50, Lila et Elena, deux gamines, deux voisines, deux amies, vivent dans ces quartiers pauvres où la vie est intense et riche d’évènements du quotidien qui forgent les vies et les caractères.
Quand le récit débute, nous sommes au présent, Lila a disparu, son fils inquiet contacte Elena, l’amie de toujours. Très vite, flash-back vers l’enfance, puis l’adolescence. Les deux fillettes vivent dans le quartier, ce quartier que l’on ne quitte pas, même pour aller « en ville », là si près, ou tout simplement au bord de la mer, que bien souvent on ne connait pas alors qu’elle est si proche. A cette époque il est encore rare d’aller à l’école, pourtant les deux gamines montrent des signes évidents d’intelligence et d’aptitude, les maitresses d’école successives vont tout faire pour qu’elles puissent suivre une scolarité normale. Lila s’avère rapidement surdouée, elle a su dès l’enfance lire et apprendre toutes sortes de matières seule, mais issue d’une famille trop pauvre, ayant souvent des manières qui la font passer pour plus méchante qu’elle n’est, elle n’aura pas l’opportunité de poursuivre longtemps ses études. Elena aura plus de chance, malgré des parents hésitants en particulier face au défi financier que représente l’école. Car les livres scolaires sont chers et puis à quoi bon apprendre trop longtemps, il suffit de savoir travailler comme sa mère puis de trouver un bon mari.
Suivent les années où l’amitié se forge entre Lila et Elena, mais où vient aussi le temps de la compétition, de la soif d’apprendre, de savoir avec et parfois avant l’autre, d’être la meilleure, celle qui aura les meilleures notes, les meilleures appréciations. Viennent les changements, les gamines se transforment, l’adolescente prend le dessus, les formes et les corps se dessinent et avec elles un avenir parfois tout tracé. Viennent aussi ces sentiments si forts qui unissent des amies pour la vie, contre tous et quels que soient les évènements extérieurs.
En filigrane, la narratrice nous dépeint avec justesse une époque, une vie où les hommes peuvent être violents avec leur femme sans que la société n’y trouve à redire, où les frères ainées défendent l’honneur des filles, surtout si on a porté le regard sur elles, si on a osé une parole, une société où quelques familles mafieuses et donc aisées règnent en maitre sur le quartier, démontrent leur puissance, imposent leurs désirs, par les poings ou par les armes, qu’importe. C’est un monde de compétitions entre jeunes garçons, poids des traditions religieuses ou sociétales, qui font par exemple qu’une femme trouve sa place seulement si elle se marie, et en même temps évolution évidente d’une société, si fermée soit elle, avec l’apparition de la télévision, l’ouverture vers ailleurs, le désir d’une vie meilleure. Voilà autant d’éléments qui rendent ce livre rare et attachant. Et qui donnent envie de connaître la suite, toute une vie en somme. Il faut dire que deux autres tomes vont suivre, que j’ai hâte de découvrir.

💙💙💙💙💙


Catalogue éditeur

Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l’école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. En revanche, Elena est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l’envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des Carracci et des Sarratore, des familles plus aisées qui peuvent se le permettre. Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s’entraident ou s’en prennent l’une à l’autre. Leurs chemins parfois se croisent et d’autres fois s’écartent, avec pour toile de fond une Naples sombre mais en ébullition, violente et dure.
Trad. de l’italien par Elsa Damien /
Collection Du monde entier, Gallimard / Parution : 30-10-2014 / ISBN : 9782070138623 / 400 pages