Colette et Jacques, Olivier Duhamel

Écrit en hommage à ses parents, le premier roman du politologue et journaliste Olivier Duhamel. Son intérêt historique en fait une lecture dense et enrichissante.

Roman, biographie, roman historique ? Il y a un peu de tout ça dans Colette et Jacques, d’Olivier Duhamel. C’est un hommage à la carrière du père, à la personnalité de la mère, à leur histoire d’amour. Mais aussi au fil de l’histoire qu’ils ont façonnée en participant tout au long de leur vie à l’action publique de la France, son administration, sa politique.

Jacques est orphelin de père très tôt. Mais d’un père intègre et volontaire, alors bien sûr, sa vie sera placée sous le signe d’une certaine idée de la France. Engagé en politique très jeune, élu dans le Jura, il participera pendant de longues années aux différents gouvernements qui se sont succédé, il participe successivement à différents cabinets ministériels sous la IVe République, puis sera ministre actif à la forte personnalité sous la Ve, il va côtoyer, pour ne citer qu’eux, De Gaulle, Mendès France ou encore Edgar Faure.

Sa femme Colette ne restera pas dans l’ombre. Femme libre, sa passion de la littérature lui permettra de devenir éditrice, puis le deuil qui la frappe à cinquante ans la fera rentrer dans la famille Gallimard.

Deux personnages qui ont marqué l’histoire, de la seconde guerre mondiale à la fin du siècle dernier, mais surtout un roman qui nous rappelle les belles heures de la Ve république. Très dense, parfois trop pour être un simple roman, peut-être pas assez pour une biographie, l’auteur a cependant su retenir mon attention sur l’ensemble de ce récit qui met en scène ces deux personnages aussi passionnants l’un que l’autre.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Plon

Colette et Jacques, l’histoire d’un amour hors du commun, plus fort que le malheur ; et aussi, de 1939 à la fin du XXe siècle, le roman-vrai d’une époque qui se déchire, s’interroge et s’invente.

Une femme, un homme, un fil – l’amour.
Orphelin de père, Jacques n’a que dix-sept ans quand il devient résistant. Chez lui, l’engagement se confond avec la passion. Dévoué à l’action publique, il sera tour à tour le premier conseiller d’Edgar Faure dans presque tous les gouvernements de la IVe  République,… Lire la suite

Date de parution : 10/01/2019 / EAN : 9782259268448 / nombre de pages : 250 / Format : 135 x 210 mm

Le carré des Allemands. Journal d’un autre. Jacques Richard

Le carré des Allemands, de Jacques Richard est un premier roman étrange qui parle de la folie des hommes, de la guerre, des choix, et de la filiation.

Cinq carnets pour composer un journal, celui d’un autre, celui d’un fils qui parle de son père, qui s’interroge sur ses actes, ses pensées, et sur ce qu’il y a en lui de ce père-là.

La seconde guerre mondiale et la folie des hommes, subie ou assumée. Ici elle est en partie assumée, du moins c’est ce qu’on imagine à la lecture de ces lignes, de ces témoignages, par un père qui s’engage à 17 ans dans les Waffen SS. Tout au long du livre on se demande qui est le « Je » du narrateur, le père, le fils, les autres, mais tous s’interrogent sur la transmission, sur le pourquoi et comment peut-on s’engager pour tuer, des femmes, des enfants, des hommes. Jusqu’à quel point est-ce consenti, conscient et accepté, et surtout comment vit-on avec ça, après… ou plutôt pourquoi on fuit ce que l’on a fait après, quand le regard des proches est insupportable.

« Le crime était collectif, mais chacun l’a commis seul. Chacun s’est trouvé tout seul, avant, pendant, après. Tout seul avec ce qu’il s’est passé, tout seul devant l’horreur. »

Porté par une belle écriture, il laisse un goût étrange de douleur et d’incompréhension envers tous ceux qui ont agi et accepté. « Le carré des Allemands » démontre aussi combien le retour à une vie normale n’est plus possible ensuite. Recueil de témoignages et de questionnements du fils sur le père, voilà un livre assurément très dérangeant.

N’oubliez pas d’aller lire les avis de Joëlle du blog les livres de Joëlle, de Nathalie, du blog eirenamg, de Nicole du blog motspourmots.fr


Catalogue éditeur : éditions de la Différence

C’est un portrait double que dresse en cinq carnets brefs celui qui dit « je » dans cet étrange et envoûtant roman. Le fils parle de son père : « Qu’a-t-il fait à la guerre, Papa ? – Il s’est engagé à dix-sept ans. Il ne faut pas parler de ça. » Et à travers le père, le fils parle aussi de lui : « Tous les moi que je suis, enchâssés l’un dans l’autre depuis le tout premier. »
Au fil de phrases courtes saisies entre des silences, s’écrit l’histoire d’un homme, ni pire ni meilleur que tant d’autres, happé par l’Histoire, entraîné à tuer sans savoir s’il a vraiment choisi.
Ce « Journal d’un autre » pourrait bien être le « Journal de tous les autres » et ce n’est pas la moindre prouesse de ce livre dense et poignant.

Date de parution : 2016 / Date de mise en vente : 4 février 2016