L’ile du diable, Nicolas Beuglet

La vengeance est un plat qui se mange glacé

Troisième opus, après Le Cri et Le complot, qui met en scène Sarah Geringën, une inspectrice de la police norvégienne.

Et si vos  proches n’étaient pas du tout ceux que vous pensiez ?

Alors qu’elle sort enfin de prison où elle a passé de longs mois avant d’être disculpée, l’inspectrice Sarah Geringën est emmenée par son directeur Stefen Karlstrom, sur les lieux d’un meurtre peu ordinaire. Son père vient d’être assassiné chez lui, et la scène de crime est particulièrement éprouvante.

Comme Sarah n’est pas officiellement autorisée à enquêter, elle va être secondée par l’officier Koll, novice et ravi de travailler avec cette professionnelle aux compétences reconnues de tous. Pour trouver le coupable de ce meurtre sordide, Sarah va devoir élucider le mystère de la personnalité opaque de son propre père, cet homme secret et froid qu’au final elle connait si peu.

Peu concentré sur l’affaire, le commandant Stefen doit quant à lui élucider en parallèle l’enlèvement d’une femme dans la ville d’Oslo.

Enfin, Christopher, que Sarah ne veut toujours pas retrouver, doit de son côté mettre en œuvre toutes ses capacités de journaliste pour éclaircir un mystère qui pèse sur les épaules de sa compagne.

Et si la haine et le désir de vengeance  de nos aïeux influençait nos gènes ?

L’auteur évoque ici un fait historique méconnu, survenu dans les années 30 quelque part sur le continent européen. Et les recherches scientifiques récentes sur les mécanismes de l’épigénétique. Mais impossible d’en dire plus ici, c’est à votre tour de découvrir ce qu’il en est.

Un roman dont le suspense ne faibli jamais, visuel, dynamique, qui se lit page après page, car le lecteur n’a qu’un envie, aller plus loin et savoir, enfin. Si le roman a du rythme, le fait divers historique de départ nous mène vers une intrigue à la crédibilité un peu tirée par les cheveux, mais qu’importe, on se prend vraiment au jeu.

Catalogue éditeur : Pocket et XO éditions

La vengeance est affaire de mémoire…

Le corps recouvert d’une étrange poudre blanche, des extrémités gangrenées et un visage figé dans un rictus de douleur… En observant le cadavre de son père, Sarah Geringën est saisie d’épouvante. Et quand le médecin légiste lui tend la clé retrouvée au fond de son estomac, l’effroi la paralyse. Et si son père n’était pas l’homme qu’il prétendait être ?
Des forêts obscures de Norvège aux plaines glaciales de Sibérie, l’ex-inspectrice des forces spéciales s’apprête à affronter un secret de famille terrifiant. Que découvrira-t-elle dans ce vieux manoir perdu dans les bois ? Osera-t-elle se rendre jusqu’à l’île du Diable ?

Après quinze années passées chez M6, Nicolas Beuglet a choisi de se consacrer à l’écriture de scénarios et de romans. Le Cri (2016), Complot (2018), et L’Île du diable (2019), ont paru aux Éditions XO. Il vit à Boulogne-Billancourt avec sa famille.

XO : Parution : 19 septembre 2019 / 320 pages / Prix : 19.90 euros / ISBN : 9782374481340

Pocket : Date de parution : 03/09/2020 / EAN : 9782266307598 / POCHE / Nombre de pages : 312 / 6.95 €

Bleu Calypso, Charles Aubert

Enquête en eaux profondes pour ce thriller bien ficelé au rythme étourdissant

Niels Hogan a fui la ville à la suite d’une déception amoureuse, il vit heureux et tranquille près de l’étang de Moures, à côté de Sète. Il fabrique des leurres pour les pêcheurs, et les ventes lui suffisent pour profiter de son coin calme, de la nature, des poissons et avec pour seul voisin le vieux Bob.

Cet ardent adepte du No kill a pris l’habitude de photographier ses leurres en situation pour les mettre en ligne et les vendre sur son site. Mais le jour où il prépare la diffusion de sa dernière création, le Bleu Calyspso, il découvre sur une photo l’image d’un visage au milieu des algues. Un corps de plus repêché dans ces étendues d’eau pourtant habituellement sans histoire.

Niels ne peut s’empêcher de mener lui aussi ses propres investigations, poussé par Lizzie, la fille du vieux Bob, une journaliste compétente, dynamique et volontaire. Comme de bien entendu, qui dit journaliste dit scoop, et si possible en ayant de l’avance. Alors pendant que la police s’enlise dans les méandres de ces différents meurtres, ils poursuivent leurs investigations. Mais cela s’avère risqué pour les deux enquêteurs du dimanche.

Je n’en dis pas plus, à vous de plonger dans les aventures de Niels. Des personnages crédibles et attachants, une nature omniprésente bien campée par de belles descriptions qui ne gâchent en rien le rythme du thriller, des aspirations légitimes à la tranquillité qui se trouvent fortement bouleversées, tout cela donne un polar bien ficelé au rythme prenant, que l’on ne pose pas avant la fin. J’ai aimé également le côté assez soft, jamais trop violent, de ce roman qui suggère plus qu’il ne montre la violence.

Le bleu, je connais, c’est ma couleur préférée, mais après ce Bleu calypso je suis ferrée et prête à embarquer pour de prochaines aventures avec Niels. Ce roman connaitra une trilogie, le Rouge tango est déjà sur mon étagère.

Roman lu dans le cadre du jury du Prix des Nouvelles Voix du Polar Pocket 2020

Catalogue éditeur : Pocket et Slatkine et Cie

Il a pêché le saumon en Alaska, le brochet dans les lacs du Connemara. De sa passion, Niels a fait son métier. Et fui la ville pour une cabane sur l’étang des Moures, près de Sète.
Le kayak file en silence. Comme il étrenne son nouveau leurre – baptisé Bleu Calypso – le fil se tend… Un poisson, mais pas que. Au milieu des algues : un visage d’homme à la peau verte. C’est le troisième cadavre qu’on extrait de l’étang ces temps-ci, après l’ornithologue allemand et le pêcheur de dorades. Lignes posées. Mystère ferré. Il n’y a plus qu’à attendre…

Charles Aubert était responsable du réseau commercial d’une société d’assurances. À la faveur d’un changement de vie, il quitte la ville et s’installe au sud de Montpellier avec sa famille. Il choisit une maison proche de l’étang des Moures, où il fabrique des bracelets-montres, à son rythme. Son premier roman et premier tome d’une trilogie, Bleu Calypso, paraît aux Éditions Slatkine en 2019, suivi en 2020 de Rouge Tango chez le même éditeur.

Pocket : Paru le 09/01/2020 336 pages / / Prix : 7.60€ / EAN : 9782266300018
Slatkine : Paru le 3 janvier 2019 / 320 pages  / Prix : 20€ / ISBN : 9782889441082

Puisque tu m’aimes, Janine Boissard

Janine Boissard ou l’art de se réinventer

Des années que je n’avais pas lu cet auteur qui évoque souvent dans ses romans les relations familiales, le couple, les souvenirs et l’importance du passé et de nos actions sur le présent.

Lou a seize ans. Cette jolie jeune femme dynamique a un grand défaut (à ses yeux !) elle est rousse. Elle est surtout pompiers volontaire, sans doute par passion pour son parrain, Philippe, le frère de son père disparu depuis trois ans. Lou est amoureuse de Stan, un jeune photographe qui se rêve aspirant criminologue.

A Montsecret, leur  village tranquille de Basse-Normandie, des incendies inexpliqués frappent depuis plusieurs mois les repas de noces. Dans de telles circonstances le risque de faire de nombreuses victimes est grand. Fort heureusement, grâce à Philippe et aux pompiers du village, il y a eu peu de décès.

Ces incendies inexpliqués intriguent Lou et Stan qui décident de mener leur propre enquête. Ce qui n’est pas sans danger car la piste pourrait les mener là où ils n’ont pas vraiment envie d’aller. C’est ce que va découvrir Stan à ses dépends, car la vérité n’est pas toujours bonne à mettre en lumière. Lou devra continuer seule et tenter de démêler le vrai du faux, sans se laisser abuser par ses sentiments.

L’auteur a l’art de décrypter les relations humaines complexes, mais aussi les affres de l’adolescence avec ses premiers émois amoureux et ses interrogations bien légitimes. Elle rend également hommage au métier de sapeur-pompier. Sous des airs plutôt légers, car comme à son habitude le roman est court et l’auteur ne s’attarde pas sur les personnages ou les événements,  la palette de sentiments abordés est large et plus complexe qu’il n’y paraît. Le livre se lit d’une traite, comme c’est souvent le cas pour les romans de Janine Boissard qui a l’art de dire les choses simplement et cependant d’accrocher ses lecteurs. A conseiller pour vous changer les idées cet été.

Catalogue éditeur : Fayard

Elle a seize ans, elle s’appelle Lou.
Son père est décédé il y a trois ans. Sa mère est infirmière, et son oncle et parrain est pompier.
Bref, sa vie familiale et affective est un peu compliquée.
Et pour ne rien arranger, elle tombe amoureuse d’un photographe amateur qui rêve d’entrer dans la police… Lire la suite

Janine Boissard est l’auteur d’environ trente-cinq livres, dont L’Esprit de famille, tomes I à VI (Fayard, 1977-1984), et plusieurs œuvres romanesques.  Janine Boissard a été décorée des Palmes Académiques pour son action auprès de la jeunesse.

Parution : 03/06/2020 / Pages : 256 / Format : 153 x 235 mm / Prix : 19.90€  EAN : 9782213716732 / Prix Numérique : 14.99€ EAN numérique : 9782213715407

Angélus, François-Henri Soulié

En Occitanie, un fascinant thriller historique au pays du fanatisme religieux

Entre Carcassonne et Narbonne, trois personnages, sur trois sites différents, partent à la recherche d’un mystérieux assassin. En l’an de grâce 1165, les chrétiens se déchirent. Les abbayes rivales se livrent une guerre impitoyable, pendant que la noblesse prend de plus en plus d’importance. Les religieux veulent conforter leur mainmise sur la société coûte que coûte. Dans ce contexte instable, un, puis deux, puis trois anges meurent et leurs cadavres sont mis en scène et exposés de façon particulièrement macabre et barbare.

À l’abbaye de Saint-Hilaire, le tailleur de pierre Jordi de Cabestan travaille avec ses artisans à l’érection d’un sarcophage. Il doit accueillir les reliques de saint-Hilaire qui devraient permettre de redorer le blason de l’abbaye. Mais ce sont bien ses ouvriers qui sont tour à tour victimes de meurtres aussi insoutenables qu’incompréhensibles. Jordi doit trouver le coupable. Mais pourquoi ces morts barbares, et dans quel but, porter atteinte à son atelier, à l’abbaye, aux confréries d‘artisans ?

À Carcassonne, le jeune noble Raimon de Termes prend la route de l’abbaye de La Grassa. Il fait allégeance à l’archevêque Pons d’Arsac et affirme son souhait de protéger l’église. Mais ce dernier va le mander pour retrouver le coupable de ces ignominies.

À Narbonne, Dame Aloïs de Malpas s’est convertie à la vraie foi, celle des Cathares, ces hérétiques qui renient l’opulence des abbés et des archevêques. Les Bons chrétiens tentent de prouver qu’ils sont sur le chemin de la vraie foi. Ils ne demandent ni ne possèdent rien, ils croient à la pauvreté et au partage. Mais ils sont injustement accusés des meurtres. Aloïs doit partir sur les routes pour tenter de les disculper.

Chacun représente une strate du pouvoir en place, tous ont un but identique, trouver le ou les coupables. Ils vont mener leur enquête séparément, mais vont forcément finir par se retrouver. Car au final, la question est bien de comprendre qui peut s’enrichir ou trouver avantage de tels crimes, de ces morts qui effrayent et bouleversent.

Le lecteur chemine à travers l’Occitanie, dans ce Moyen Age berceau d’un fanatisme religieux, avec ses luttes intestines et ses rivalités dans les différents ordres, mais aussi de violence et de luttes de pouvoir  parmi la noblesse et les fraternités d’artisans. Ajoutez à ces guerres de pouvoir dans les régions les guerres internes pour accéder aux fonctions suprêmes et prendre la tête de l’abbaye, le contexte est idéal pour nous embarquer dans cet imbroglio mortel. Un roman fort bien documenté, rythmé, porté par des personnages aussi inquiétants qu’attachants, et un suspense passionnant dans un cadre historique et régional tout à fait réaliste.

Catalogue éditeur : 10/18

An de grâce 1165. En terre d’Occitanie. Deux abbayes, deux jours, deux crimes.

1165. Les corps suppliciés des victimes, qui appartiennent à l’atelier du tailleur de pierre Jordi de Cabestan, ont été déguisés en anges dérisoires. La panique se répand. Certains voient dans ces crimes la main du diable. D’autres soupçonnent les adeptes de cette nouvelle secte que l’on nommera bientôt les « Cathares ». Au grand scandale de l’Église de Rome, ceux-ci prétendent être les Vrais Chrétiens.
L’archevêque de Narbonne missionne un jeune noble, Raimon de Termes, afin de découvrir l’assassin. Les « hérétiques » désignent une des leurs, Aloïs de Malpas, pour les disculper. De son côté, Jordi de Cabestan veut venger ses compagnons. Trois enquêtes labyrinthiques vont les mener vers une vérité qu’aucun d’entre eux n’imaginait.

François-Henri Soulié est un homme de théâtre aux multiples casquettes : écrivain, comédien, marionnettiste, scénographe, metteur en scène et scénariste. Il a reçu le Prix du premier roman du festival de Beaune en 2016 pour Il n’y a pas de passé simple, paru aux Éditions du Masque. Ce livre a inauguré la série des « Aventures de Skander Corsaro ».
François-Henri Soulié est l’auteur chez 10/18 d’une trilogie écrite à quatre mains avec Thierry Bourcy, qui nous fait voyager à travers l’Europe du début du XVIIe siècle : Le Songe de l’astronome, La Conspiration du Globe et Ils ont tué Ravaillac.

Date de parution : 05/03/2020 / EAN : 9782264074485 / Nombre de pages : 522 / Prix : 15.90 €

Modifié, Sébastien L.Chauzu

Humour, tendresse et émotion sont au rendez-vous avec Modifié

Embarquement immédiat pour le New Brunswick, ses grattes et un adolescent étrange et envoûtant.

Martha est une fille Erwin, cette grande famille qui règne en maitre sur la ville. Comme son père avant elle, elle rejette en partie ses origines. Elle vit simplement avec Allan son mari, les deux bichons de de ce dernier qu’elle abhorre presque autant qu’Allison, sa belle-fille. Ils sont tous terriblement envahissants, et la famille est bien déjantée. Martha trouve cependant un certain équilibre entre les conflits familiaux, l’alcool, et quelques passades avec de belles femmes auxquelles elle ne sait pas résister.

Un soir de froid et de neige, elle croise la route d’un étrange animal. Quand Allan arrive à son secours, ils découvrent Modifié. L’adolescent coiffé d’un bonnet à oreilles attend dans un froid polaire l’hypothétique arrivée d’un chasse-neige, d’une gratte.

Martha la reine des énigmes est détective pour les besoins de la multinationale Erwin. D’abord pour le compte du grand-père. Aujourd’hui elle ne sait pas de qui viennent les ordres, mais on lui confie toujours des affaires à élucider. Elle doit enquêter sur le meurtre d’un professeur, trouvé dans la piscine du lycée. Son neveu semble impliqué, à elle de le disculper.

Chaque matin, le jeune Modifié s’installe chez elle, dégage la neige à grands coups de pelle, puis s’assoit sur un banc devant la maison, dans le froid. C’est un garçon différent, étrange, harcelé au lycée, mal aimé, mal compris car autiste. Une entente improbable avec Martha la déjantée, pourtant si peu maternelle, va peu à peu se construire. En parallèle à son enquête, elle découvre plus en profondeur ce gamin attendrissant et parfois terriblement bouleversant.

J’ai aimé le ton de ce roman. L’auteur n’hésite pas à incarner des personnages avec de terribles défauts, des pensées qu’il vaudrait mieux taire, mais qui sont réalistes. Il a su nous présenter un jeune garçon différent et attachant que l’on aimerait comprendre et aider. Modifié le mutique parle peu, cependant Martha lui fait dire ce qui est essentiel – Modifié était authentique. Leurs dialogues et leurs interactions expriment toute la subtilité et les spécificités de sa personnalité. Mais c’est vrai, Modifié dégage le neige comme s’il dégageait les mauvaises pensées et traçait la route. L’attraction qu’il exerce sur Martha et la façon dont son point de vue évolue à son contact sont aussi émouvantes que parfois hilarantes. Enfin, la relation avec la belle-fille est terriblement humaine, amour, haine, difficulté de se comprendre, tout est si bien dit.

Catalogue éditeur : Grasset

Parfois la vie nous réserve de drôles de surprises, capables de faire vaciller les êtres les plus sûrs de leurs principes. Martha Erwin par exemple, dont le mot d’ordre était jusque-là : famille je vous hais. 
Femme d’une quarantaine d’années en couple avec Allan depuis longtemps, préférant le whisky aux enfants et le silence aux longues discussions, Martha menait une existence plutôt tranquille. Détective improvisée pour le groupe Erwin, la quatrième fortune du Canada, dirigée par son oncle, son ambition tenait à son indépendance. Certes, filer les employés du groupe et vivre avec les deux boules de poils qui servent de chiens à Allan, n’est pas exactement ce dont elle avait rêvé. Mais Martha sait se contenter de plaisirs simples, par exemple rendre folle Allison, la fille d’Allan, pour l’empêcher d’emménager chez eux. Jusqu’à un soir d’hiver où un jeune garçon répondant au nom de Modifié se met en travers de sa route. Lire la suite…

Sébastien L. Chauzu est professeur dans un lycée du New Brunswick au Canada. Modifié est son premier roman.

Parution : 11 Mars 2020 / Format : 144 x 205 mm / Pages : 288 / EAN : 9782246821090 Prix : 20.00€ / EAN numérique: 9782246821106 prix : 14.99€

Rendez-vous au 10 avril, Benoît Séverac

Enquête dans la ville rose, un roman social à découvrir absolument

1921, dans Toulouse qui se relève tout juste de la grande guerre, un inspecteur à la physionomie extravagante doit enquêter sur deux suicides. Le premier est d’une simplicité déconcertante, un notable s’est suicidé chez lui à la suite d’une dispute dont les cris ont interpellé les voisins ; le second est plus étonnant, un professeur s’est tiré une balle dans la tête dans son bureau de l’école vétérinaire.

Si les suicides sont évidents, l’inspecteur Puma n’en est pas aussi sûr que ça. Et bizarrement son enquête qui le ramène dans les murs de l’école vétérinaire en inquiète plus d’un. Car si pendant les années de guerre il est aisé de passer sous silence les malversations, les petits arrangements entre amis, les trahisons, il ne fait pas bon essayer de les déterrer quand vient la paix et la reconstruction du pays.

L’inspecteur est lui-même un ancien soldat revenu du front, perpétuellement hanté par les combats qu’il a mené, par la mort de ses compagnons d’arme, et par ses blessures. Seule la morphine et de fortes doses d’alcool l’aident à venir à bout de ses souffrances ; de quoi passer pour un marginal hurluberlu et peu fiable auprès de ses collègues et de l’état-major de la police. Aussi lorsqu’il décide de mener ces deux enquêtes, plus complexes qu’elles n’apparaissent de prime abord, sa hiérarchie lui met quelques bâtons dans les roues.

Au fil de son enquête, il va déterrer quelques secrets bien gardés, au risque de  faire éclater au grand jour quelques compromissions et accords passés sous silence tant par la police que par les notables de la ville rose. Éclate également une franche animosité envers ces gueules cassées, ces anciens poilus qui auraient peut-être mieux fait de disparaitre au front, histoire de ne pas trop indisposer les quelques planqués qui ont continué tranquillement leur carrière pendant que d’autres allaient se faire tuer.

L’auteur met en avant un inspecteur atypique, perclus de douleurs, au comportement autodestructeur, bourré de défauts et cependant très attachant. Il a un talent fou pour nous faire découvrir le côté sombre de l’histoire et des hommes. Difficile retour à la vie de ces hommes envoyés au combat, revenus de l’enfer, et dont on mesurait alors si mal l’impact psychologique et les conséquences sur leur avenir du mal profond qui leur avait été fait. Mais aussi consternante compromission de certains notables qui se sont bien arrangés des complications administratives souvent induites par la guerre.

Une belle découverte, ce thriller est plus qu’un simple polar, c’est aussi un roman social et historique sans concession sur une période méconnue de l’histoire. Je le conseille à tous les amateurs de polars qui aiment la réalité historique.

Catalogue éditeur : Pocket

Toulouse, 1920. La Grande Guerre est achevée depuis trois ans déjà et chacun reprend sa place comme il peut dans une société qui s’étourdit pour oublier. Pourtant, les douleurs et les blessures rejaillissent de façon bien étrange. Lorsque deux meurtres perturbent l’équilibre de la ville, un seul homme, un inspecteur rescapé de guerre qui n’est plus apte aux sentiments, ose affronter la situation. Un point commun relie les deux affaires, a priori sans aucun rapport : l’École vétérinaire de Toulouse. Seulement, la grande école connaît ses propres codes, ses propres règles. Parviendra-t-il à briser la chape de silence et à faire éclater la vérité ?

Benoît Séverac est auteur de littérature noire et policière, adulte et jeunesse. Ses enquêtes, dont la plupart ont lieu à Toulouse, où il réside, reposent sur un contexte social décortiqué. Certains de ses romans ont été traduits aux États-Unis ou adaptés au théâtre. Benoît Séverac collabore à divers projets mêlant littérature et arts plastiques, photographie… Il prend également part à des productions cinématographiques. Le Chien arabe, prix de l’embouchure 2016, a paru chez Pocket en 2017 sous le titre Trafics. En 2017, 115 a paru à La Manufacture de livres.

Prix : 7.30 € / EAN : 9782266256445 / Nombre de pages : 288 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 16/05/2018

En vérité, Yves Gaudin

Enquête, introspection, découvrir le surprenant thriller psychologique d’Yves Gaudin

Émile Blanchard était lieutenant de police au Quai des Orfèvres. Mais ça c’était avant… Aujourd’hui et depuis trois ans, il traverse la route chaque jour en espérant être tué par un automobiliste. Comment en est-il arrivé à un tel degré de désespoir et à l’accepter de façon aussi désabusée ?

Retour quelques années en arrière. Alors qu’il enquête sur une affaire, trois meurtres violents quasi identiques en quelques jours, Blanchard s’interroge sur sa vie. L’enquête est sombre et l’entraine dans une sordide affaire de trafic d’organes et de corruption en laboratoire de recherche, mais aussi d’amour et de violence faite aux femmes. La résolution sera relativement aisée, le coupable évident.

L’enquête, le fil rouge qui rythme ce roman noir. S’il fait bien son métier, Blanchard est aussi en pleine introspection. Ses interrogations sur la vie, la fin de vie, sa relation avec mère dont la santé décline dangereusement, font que tout se bouscule dans sa tête. Jusqu’au moment où il atteint le point de non-retour. Se pose alors la question de savoir jusqu’où est-on capable d’aller par amour et comment s’exprime cet amour. Des questions essentielles auxquelles l’auteur nous confronte.

En vérité est un court roman qui dit l’essentiel en peu de mots. Une écriture au rythme étonnant, ciselée et précise, sans fioriture ni digression, quasi brutale. Assez froid finalement, violent aussi, et qui ne laisse entrevoir aucun espoir au bout du tunnel. Un roman auquel on s’attache en souhaitant vite arriver au bout. Et pour ma part, en relisant le prologue avec un autre regard.

En vérité, je vous le dis, voilà un roman dérangeant qu’il faut lire car il interroge et bouscule brillamment nos certitudes, un auteur à découvrir.

Je voudrais revenir au temps d’avant. Mais je ne peux pas. Je ne serais jamais léger dans mes peines. À quoi ça sert de toute façon ?

Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Ancien flic au Quai des Orfèvres, Émile Blanchard broie du noir. Et c’est peu dire quand on sait qu’il a pris l’habitude de traverser chaque jour la nationale, dans l’espoir qu’un conducteur providentiel le percute. Mais entre sa vie privée qui allait à vau-l’eau et une enquête sur un triple meurtre sordide, Blanchard a fini par perdre pied. Jusqu’à commettre l’irréparable…
En vérité est un roman féroce et jubilatoire. De magouilles en violences, de désillusion en désespérance, au rythme de son phrasé affûté, Yves Gaudin nous livre une réflexion aussi implacable que politiquement incorrecte sur la condition humaine.

Originaire du canton du Valais en Suisse, Yves Gaudin est musicien, musicothérapeute et docteur en psychologie. Il a notamment travaillé sur l’enrichissement du langage des enfants autistes dans le cadre de sa thèse. En vérité est son premier roman publié en France.

176 pages / 16€ / Paru le 16 janvier 2020 / ISBN : 978-2-35087-558-3
Photo de couverture © Trini Schultz

L’homme qui aimait trop les livres, Allison Hoover Bartlett

Une passionnante enquête d’Allison Hoover Bartlett où les bibliophiles se transforment en biblio-maniaques et l’amour des livres anciens autorise tous les extrêmes

Quand l’amour des livres anciens et rares pousse un homme à remplir sa bibliothèque de la façon la plus illégale qui soit.
Quand l’amour des livres anciens et rares pousse un libraire obstiné à traquer le collectionneur passionné mais néanmoins voleur qui commet ses larcins en toute impunité.

Basé sur un fait divers, voilà un récit tout à fait passionnant et subtil.

Qui n’a pas admiré ces majestueuses bibliothèques que l’on découvre dans les grands classiques du cinéma anglais ou américain, qui posent leurs propriétaires comme appartenant à une certaine élite, celle des intellectuels cultivés, celle des bourgeois amateurs de belles lettres. C’est peut-être ce qui a séduit John Charles Gilkey, né en 1968 aux USA. Ce passionné de livres anciens et de manuscrits  en a dérobé pour environ 200 000 dollars, dans des salons du livre, chez des libraires, ou dans des bibliothèques. Son but ? Posséder les  livres répertoriés par la liste des 100 meilleurs romans de Modern Librairy. Dans son imaginaire, posséder une belle bibliothèque est le signe d’appartenance à une classe sociale supérieure, et certainement à ses yeux de grande respectabilité.

Pendant quelques années, il a utilisé des reçus de cartes bancaires qu’il avait subtilisé lors de ses courts emplois successifs aux rayons du Saks Fith avenue de San Francisco. Très prudent et futé, il prenait son temps pour utiliser les numéros de comptes ainsi volés. Il agissait par téléphone pour demander les livres qu’il avait repéré sur les sites des grandes librairies spécialisées dans le livre rare.

Allison Hoover Bartlett l’a rencontré. Elle le fait parler et agir sous nos yeux sidérés par tant d’audace et tant de manque de respect pour les libraires qu’il a spoliés pendant des années, et ce apparemment sans aucun scrupule. Comme s’il considérait tout simplement que ces livres lui étaient dus ! On remarque d’ailleurs en lisant les entretiens qu’elle a eu avec John Gilkey qu’il ne lui dévoile certains vols que lorsqu’il sait pertinemment qu’il y a prescription ! Il faut dire qu’il ne volait pas pour spéculer ou pour revendre, mais bien pour garder chez lui tous ces livres exceptionnels.

Face à ce voleur passionné mais bien peu scrupuleux, on trouve donc Ken Sanders, un libraire de Salt Lake City aussi passionné que lui, mais qui tient à préserver son travail et celui de ses collègues libraires en livres anciens comme lui ; il va le traquer sans relâche, mettant en place d’abord un fichier répertoriant quels livres volés et à qui, puis une stratégie pour arriver à le confondre.

Alors qui sait, on a peut-être un peu tendance à essayer de le plaindre, de lui chercher des excuses à ce voleur qui aime les belles choses, les beaux livres surtout (nous qui sommes aussi passionnés que lui !) mais c’est totalement immoral, et au final bien peu des livres volés par Gilkey ont été retrouvés pour être rendus à leur propriétaires. John Gilkey reste à ce jour le plus grand voleur de livres anciens et rares de ces dernières années aux États-Unis. Une passionnant enquête qui se lit comme un roman.

Ce que j’ai aimé dans cette passionnante enquête qui se lit comme un roman ?

Comprendre comment travaillent les librairies spécialisées dans ces livres rares et anciens, comment il leur est parfois difficile d’avouer qu’ils ont été spoliés, mais comprendre aussi leur amour des livres qu’ils vendent, la difficulté de leur métier, la mise en danger que représentent ces vols qui peuvent s’avérer catastrophiques pour leur budget et la survie de leur commerce.

En dehors de ce fait divers absolument passionnant, comprendre à travers l’expérience de Allison Hoover Bartlett cet amour des livres, cette passion qui vient de loin, car comme elle nous l’explique, ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on cherche à collectionner les beaux livres. De même que leur destruction par les dictatures ou en temps de guerre nous inquiète, les collectionner, les posséder, est un acte naturel à travers les âges. Ou quand les bibliophiles se transforment en biblio-maniaques éclairés ! Et c’est étonnant de découvrir les profils des collectionneurs, qui sont attirés par la beauté de l’objet, le nom de l’auteur, la rareté de l’ouvrage. Qu’ils soient lecteurs ou pas, les collectionneurs sont avant tout des passionnés qui protègent et sauvegardent ces trésors, et l’on croise fort les doigts pour que les livres rares ne deviennent jamais seulement des objets de spéculation à tout va.

Catalogue éditeur : Pocket, éditions Marchialy

Traducteur : Cyril GAY

Un voleur de livres rares, un libraire obstiné, l’histoire d’une traque haletante entre deux amoureux du livre.
Jusqu’où iriez-vous pour mettre la main sur le livre de vos rêves ? Mieux encore, jusqu’où iriez-vous pour avoir une bibliothèque remplie de vos livres préférés ?
L’Américain John Gilkey a dérobé pour 200 000 dollars de livres anciens. Son but, réunir une collection à son image. C’était compter sans la ténacité de Ken Sanders, libraire irascible, qui s’improvise détective et mène l’enquête.
À travers le récit de cette traque, l’auteur nous plonge dans l’univers fascinant du livre ancien en se posant toujours cette question : de quoi serions-nous capables par amour des livres ?

Allison Hoover Bartlett est une journaliste américaine. Elle découvre le monde secret du livre ancien le jour où un ami lui confie un exemplaire d’un herbier du XVIIème siècle. Intriguée, elle choisit de se frayer un chemin dans ce milieu mystérieux et très masculin. Elle écrit entre autres pour le New York Times, le Washington Post, le San Francisco Chronicle Magazine. L’article à l’origine de ce livre a été repris dans l’anthologie The Best American Crime Reporting 2007.

Pocket : Parution le 02/01/2020 / Prix : 6.95 € / EAN : 9782266298629 / Pages : 264 / Format : 108 x 177 mm

Éditions Marchialy : Paru le 4 octobre 2018 / Prix : 21 euros / ISBN : 9791095582403

Disparaître, Mathieu Menegaux

Deux trajectoires que tout éloigne ou que tout rapproche, un suspense digne des meilleurs thrillers, découvrir Disparaître, le dernier roman de Mathieu Menegaux

Quel rapport entre une jeune femme qui se suicide à Paris, et la mort d’un homme impossible à identifier dans le sud de la France ?

A Paris, une jeune femme est retrouvée morte au pied de son immeuble, tombée par accident ? Ou au contraire a-t-elle souhaité mourir d’aussi horrible façon, elle à qui la vie devait sourire, séduisante, brillante, un emploi dans une grande entreprise et la vie devant elle ?

Sur une plage du sud de la France ont repêche le corps d’un homme. Mais rapidement la police constate que plus aucun signe ne permet de l’identifier. Il est entièrement nu, n’a plus d’empreinte digitale exploitable, aucun signe distinctif, c’est une énigme, un inconnu à jamais. Pourtant, c’est sans compter sur la sagacité d’un ancien flic, qui ne peut rester sur l’échec d’une enquête inaboutie.

Tout ici entraine les lecteurs à tourner une page, une encore, pour savoir, deviner. Car si rapidement des connexions s’opèrent, il est assez difficile de comprendre le pourquoi et le comment. On avance comme dans un film, l’intrigue se déroule, les personnages s’éloignent, se rapprochent, le lecteur espère, devine, attend.

Ce que j’ai aimé ? Les questions que pose l’auteur. Qu’est-ce qui peut pousser un homme à Disparaître, non pas seulement dans la mort, mais également à être définitivement effacé de tout registre. Car là réside l’énigme principale, comment et surtout pourquoi souhaiter ne plus exister aux yeux du monde ? Comment y arriver, dans notre société où chacun de nos déplacements, chacune de nos actions est fliquée, suivie, traçable à l’infini. Et comment l’amour absolu, ou l’échec amoureux peut-il pousser à la mort. Et l’on ne manquera d’ailleurs pas de penser aux milliers de personnes qui chaque année disparaissent sans laisser aucune trace, souvent attendues, espérées en vain par leurs familles désemparées.

Enfin, l’auteur propose une analyse intéressante du monde impitoyable du travail, harcèlement moral, horaires extravagants, pression, culpabilité de ceux qui veulent réussir et prouver qu’ils peuvent y arriver, au risque d’exploser en vol, burnout, dépression, dévalorisation, tout est très bien abordé ici.

Malgré des personnages un peu trop froids auxquels il me semble que l’on a du mal à s’attacher, voilà une intrigue qui se tient et un roman que l’on a envie de finir sans attendre. Le roman des nuits blanches, car on veut tourner les pages pour savoir enfin ! Pari réussi par l’auteur dont l’écriture et le rythme nous tiennent en haleine. Je découvre Mathieu Menegaux avec ce roman, j’ai hâte de lire les autres. En particulier Je me suis tue ce roman tant évoqué lors de la parution du roman d’Inès Bayard, Le corps du bas.

Souvenir de la rencontre avec Mathieu Menegaux lors de la sortie de Disparaître.

Catalogue éditeur : Grasset

Une jeune femme met fin à ses jours à Paris, dans le XVIII° arrondissement.
Un homme est retrouvé noyé sur une plage, à Saint-Jean Cap Ferrat, sans que personne ne soit en mesure de l’identifier : le séjour en mer l’a défiguré, et l’extrémité de chacun de ses doigts a été brûlée.
Quel lien unit ces deux affaires ? Qui a pris tant de soin à préserver l’anonymat du noyé, et pour quelles raisons ? Qu’est-ce qui peut pousser un homme ou une femme à vouloir disparaître ?

Avec ce roman impossible à lâcher, Mathieu Menegaux rejoint ceux qui pensent que les histoires d’amour finissent mal, en général.

Mathieu Menegaux est né en 1967. Il est l’auteur Je me suis tue (Grasset, 2015, Points 2017), primé aux Journées du Livre de Sablet, de Un fils parfait (Grasset, 2017, Points 2018), prix Claude Chabrol du roman noir, porté à l’écran en 2019 (France 2) et de Est-ce ainsi que les hommes jugent ? (Grasset, 2018, Points, 2019), prix Yourcenar.

Format : 131 x 205 mm / Pages : 216 / EAN : 9782246822004 / 18.00€

L’impasse, Olivier Descosse

Plonger dans ce thriller pour découvrir un auteur de roman policier à suivre, Olivier Descosse nous mène dans L’impasse et le lecteur aime ça

Mais qui est Marc Caron, cet auteur de romans noirs dont la vie bascule dans une intrigue aussi embrouillée que celles qu’il s’applique à dénouer dans ses bestsellers ?

Marc Caron est un auteur à succès, ses livres se vendent bien, il les travaille longtemps pour rendre ses intrigues crédibles, plonge dans la noirceur à chaque opus et ce réalisme plait. Son dernier roman est un franc succès, il pose la délicate question du jusqu’où peut-on aller par amour, pour sauver son fils par exemple. Pourtant, sa vie n’est plus un long fleuve tranquille, séances de psy, alcool et antidépresseurs à haute dose, son épouse Lucile -une femme merveilleuse issue d’une grande famille d’industriels- ne veut plus partager sa vie, et il délaisse tellement son fils Arthur, y compris les matins où il doit le garder, que ce dernier n’est plus vraiment enclin à partager ses journées avec ce père par trop indifférent.

Le jour où Lucile lui annonce qu’elle souhaite le quitter, sa vie bascule. Le lendemain à son réveil, Marc ne sait plus ce qu’il a fait pendant plusieurs heures, et son fils a disparu. Marc souffre de crise de somnambulisme mais ne veut rien révéler de son état dépressif, encore moins à son épouse.

Une course contre la montre commence alors. Cet homme que tout accuse de l’enlèvement de son fils doit arriver non seulement à prouver qu’il n’y est pour rien, mais également le retrouver car le temps presse. Le chemin est long et semé d’embuches. Interrogatoires, arrestation, rappeurs fous et gangs imprévisibles de la cité, intrigue flico-politico-financière ou vengeance d’un ennemi  aussi insoupçonné qu’organisé, Marc devra éprouver, prouver, démontrer.

Et l’angoisse et l’intrigue de s’étoffer peu à peu, après quelques pages où le lecteur ne sait pas trop où il va. Puis il embarque vers ces frontières de plus en plus sombres que Marc tente de suivre. Sa femme l’a quitté, son fils a disparu, vient la sidération suite à l’interrogatoire qu’il doit subir, face aux preuves qui s’amoncellent, l’avocat véreux, l’expérience traumatisante de la prison, et la confiance ou la crainte envers ses codétenus…

Je n’en dis pas plus, car il faut vraiment lire pour cheminer dans la tête de Marc, le voir slalomer entre les pièges qui se mettent en travers de son parcours et tenter de sortir de L’impasse. Tout au long de ces 630 pages, Olivier Descosse va nous tenir en haleine, fausses pistes, contre temps et espoir, explosion de violence et tendresse retrouvée, cauchemars et rêves fous, tout y passe et il nous mène par le bout du nez de façon tout à fait machiavélique.

J’ai passé un excellent moment de lecture, embarquée dans cette histoire où les pièges et les contradictions pimentent le parcours de l’écrivain maudit. Un auteur que je découvre et dont j’avoue n’avoir jamais entendu parler avant L’impasse.

Catalogue éditeur : Michel Lafon

Il a écrit le pire, à présent il le vit.

Marc Caron a tout pour être heureux. Une femme merveilleuse, Lucile ; un adorable fils de onze ans, Arthur ; et en tant qu’auteur de thrillers, un succès planétaire.

Alors pourquoi ces crises d’angoisse terrifiantes, ces cauchemars sanglants et ces épisodes de somnambulisme qui le laissent sans souvenirs au réveil ?
Seule certitude, depuis six mois il ne maîtrise plus rien.
Même si elle l’aime toujours, Lucile est à bout. Un soir, elle lui annonce qu’elle va le quitter et emmener leur fils.
Le lendemain, Arthur disparaît. Lire la suite…

Parution : 17/10/19 / Prix : 20.95 € / ISBN : 9782749940953