Incendie nocturne, Michael Connelly

Quand Bosch et Ballard enquêtent de concert pour le meilleur et pour le pire

Lors des obsèques de John Jack Thompson, son ancien collègue et mentor, Bosch se voit remettre par sa veuve un dossier que le défunt avait emporté lors de son départ en retraite. Il s’agit du meurtre d’un inconnu dans une ruelle sombre de Los Angeles près de vingt ans auparavant.

Si vous connaissez Bosch vous comprenez déjà que même s’il est en situation délicate, entre un genoux qui le fait souffrir et des tensions avec sa fille, le fin limier ne s’en laissera pas compter et va tenter de résoudre le cold-case.

Depuis qu’il est en retraite du Los Angeles Police Department, Bosch à pris l’habitude de travailler de façon officieuse avec l’inspectrice Ballard sur ce type d’affaires. Mais cette dernière a fort à faire après le meurtre d’un SDF brûlé dans sa tente. Travailler au service de nuit n’est pas une sinécure et ni son chef ni ses collègues ne lui passent la moindre faiblesse. Elle va travailler avec Bosch et enquêter de main de maître sur ces deux cas en parallèle, comme cela arrive souvent chez les enquêteurs dans la vraie vie.

Comme à son habitude, l’inspecteur va mener son enquête de façon atypique, regroupant les indices qui n’apparaîtraient même pas aux yeux d’un enquêteur lambda, cherchant à dénouer le vrai du faux, à remonter les fils du moindre indice, interrogeant, sondant, cherchant sans relâche. De surprise en impasse, les deux policiers nous entraînent dans les recoins sombres de la corruption, de la soif de pouvoir, de l’égoïsme et du profit. Entre le gangs de malfrats, les cols blancs véreux et les prisonniers achetés sans vergogne, la partie s’avère parfois plus délicate que prévu et les liens à tisser sont bien ténus, mais Bosch ne lâche jamais le morceau, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

J’ai apprécié cette version audio. Je retrouve avec plaisir la plume de Michael Connely, sa façon d’évoquer le travail des policiers américains, le système toujours très lourd des écoutes, des filatures, le déroulement complexe et parfois incompréhensible de la justice. Le tout est porté par la voix de Jacques Chaussepied, tout à fait convainquant dans son interprétation de ce couple de flics improbable, l’un vieillissant et déjà à la retraite, l’autre une jeune femme qui doit s’affirmer dans un milieu d’hommes, a l’age de tous les possibles malgré sa vie personnelle solitaire.

Catalogue éditeur : Calmann-Lévy, Audiolib

À ses débuts, Bosch a eu un certain John Jack Thompson comme mentor. Un homme qui lui a appris à toujours prendre une affaire personnellement et à déployer tous ses efforts pour la résoudre. À la mort de Thompson, sa veuve confie à Bosch un dossier volé par son mari aux scellés avant sa retraite. Il s’agit d’une affaire non résolue : un jeune homme abattu dans une ruelle coupe-gorge de Los Angeles des années plus tôt.
Bosch demande l’aide de Renée Ballard, déjà fort occupée au quart de nuit à Hollywood après qu’un sans-abri a été retrouvé calciné dans sa tente. Ensemble, ils en arrivent bientôt à se poser une terrible question : le mentor de Bosch a-t-il dérobé ce dossier pour tenter de résoudre l’affaire… ou pour s’assurer que la vérité ne soit jamais faite ?

Parution : 20/01/2021Durée : 12h10 Traduit par Robert Pépin Lu par Jacques Chaussepied

Durée 12h10 / EAN 9791035404529 / Prix du format physique 24,50  € / EAN numérique 9791035404789 / Prix du format numérique 21,95  € / Date de parution 20/01/2021

Bélhazar, Jérôme Chantreau

Entrer dans le monde énigmatique de Bélhasar pour enfin se retrouver

Bélhazar est un élève prometteur, un enfant précoce, de ces enfants que la société a tant de mal à comprendre et à accepter. Dix-huit ans, ce n’est certainement pas un âge pour mourir, encore moins lors qu’une interpellation de police qui tourne mal, et qui plus est, tué par sa propre arme. C’est pourtant ce qui est arrivé à Bélhazar en 2013. Alors, bavure, accident, suicide comme on a bien voulu le faire croire, que doit-on en penser.

Une affaire étrange, dont on a peu parlé mais sur laquelle Jérôme Chantreau décide un jour de faire la lumière. Car si la police et la justice ont tôt fait de conclure à un suicide qui arrange bien les autorités et les délivre de toute responsabilité, les parents eux, se posent bien des questions.

Antoine Bélhazar est un garçon différent, brillant. Jamais vêtu d’un tee-shirt, mais toujours d’une chemise et d’un grand manteau, il dénote terriblement dans sa classe ou dans la cour de l’école. Et cette différence, comme son intelligence, en font un souffre douleur, mais aussi un jeune homme hors norme.

Rêveur, collectionneur fou, artiste, passionné, inspiré, unique, il mène rapidement sa vie en dehors des sentiers battus, et surtout de la vie normale d’un enfant ou d’un adolescent. Passionné par la guerre et par les armes à feu, il les collectionne, apprend à tirer au club de tir et compte bien trouver un métier en relation avec cette passion dévorante. Mais Bélhazar est aussi quelqu’un qui vit dans le monde d’Alice au Pays des Merveilles, avec son lapin blanc dans sa forêt magique, à la limite du monde merveilleux et enchanté de ces histoires qu’il aime tant. Un monde dans lequel peu à peu va le suivre l’auteur, passant insensiblement de la recherche de vérité à la magie d’un monde parallèle accessible aux seuls initiés, ceux qui savent comment passer de l’autre côté du miroir.

Difficile alors de cerner le personnage, de trouver la réponse au pourquoi et comment est-il mort, et d’apporter aide et soulagement aux parents.

Le long cheminement de l’auteur vers un semblant de vérité au côtés de ce jeune homme unique, lunaire, magnifique, est avant tout un chemin vers une meilleure connaissance de lui-même et de ce qui l’entoure, de ce vers quoi il veut aller. Un moyen d’évoluer et de se trouver là où il pensait seulement cerner cet élève singulier, énigmatique et magnétique à l’imagination et à la créativité débordantes.

Un livre étrange qui nous parle d’un disparu auquel on s’attache sans parvenir à le cerner vraiment. Mais est-ce vraiment le but, l’auteur ne cherche-t-il pas plutôt à mieux se connaître à travers cette relation à l’autre, à celui qui a disparu et à ceux qui l’ont aimé.

Catalogue éditeur : Les éditions Phébus

Février 2013 : Bélhazar, un jeune homme sans histoire, décède lors d’un contrôle de police. Accident? Bavure ? Suicide, comme l’avance le rapport officiel ? L’affaire en reste là. Passée sous silence, elle tombe dans l’oubli.

Jusqu’à ce que Jérôme Chantreau décide de mener l’enquête. Professeur de français et de latin, il avait eu pour élève le jeune Bélhazar. L’auteur se plonge dans le passé, interroge les souvenirs.
Mais se heurte à la malédiction qui semble entourer ce drame. Que s’est-il vraiment passé ce soir d’hiver ?

Et par-dessus tout, qui était Bélhazar ? Adolescent hypnotique ? Artiste précoce ? Dandy poète laissant derrière lui un jeu de piste digne d’Alice au pays des merveilles ?

Jérôme Chantreau écrit contre l’oubli, et pour la vérité. Le crime est-il vraiment là où l’on croit ?
Les faits sont réels, mais ils ne disent pas le vrai. Pour comprendre enfin, l’histoire de Bélhazar exige une mise à nu totale : celle de l’auteur. Son engagement inconditionnel emporte le lecteur dans un labyrinthe d’indices et d’émotions.

Parution : 19/08/2021 / Prix : 19,00 € / Format : 20.5 x 14 cm, 320p. / ISBN : 978-2-7529-1237-4

Une famille presque normale, M.T. Edvardsson

Jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour sauver votre enfant ?

La famille Sandel est une famille tout à fait banale, nonobstant le fait que le père soit pasteur. c’est un homme respecté par la communauté, dont l’épouse avocate ne compte pas les heures pour réussir dans son métier, au détriment parfois de la relation avec leur fille unique. Cette dernière est régulièrement en rébellion contre ses parents, comme le sont souvent les adolescents.

Pourtant, le jour où Stella est soupçonnée de meurtre de Christopher Olsen, son petit ami, chacun va tenter de comprendre son geste, si geste il y a eu, et surtout essayer à tout prix de la disculper. Comment cette jeune fille rebelle mais qui n’a qu’un seul but depuis des mois – celui d’économiser pour partir en voyage en Asie- peut-elle avoir commis l’horrible meurtre dont on l’accuse. Bien sûr elle conteste l’autorité parentale, bien évidement elle s’oppose fermement à tout ce qui la choque ou la contrarie, oui, elle a une vie secrète dont les parents n’ont pas la moindre idée, mais de là à assassiner son amoureux du moment il semble y avoir un grand pas…

Tour à tour, le père, la fille puis la mère, narrent cette histoire, chacun avec sa vision. Ils en dénouent les fils en donnant à chaque fois leur version des différents événements, et bien sûr en dévoilant des éléments connus d’eux seuls.

Peu à peu, la tension monte, les soupçons pèsent tantôt sur l’un ou l’autre des protagonistes sans que le lecteur ne sache vraiment à quoi s’en tenir, tentant de relier entre elles les différentes pistes qui lui sont proposées.

L’auteur nous pose ici la question essentielle qui est de savoir jusqu’où des parents sont prêts à aller, y compris s’il le faut à se parjurer, pour sauver leur enfant, et ce quelle que soit la faute présupposée de ce dernier. Et interroge sur la famille, normale ou pas, et sur les relations pas toujours sereines entre parents et enfants.

J’ai apprécié aussi l’intéressante mise en relief de l’appareil judiciaire suédois, du travail des avocats et de la police. C’est efficace, ça sonne juste, et c’est rondement mené. Un thriller psychologique qui malgré quelques lenteurs embarque ses lecteurs jusqu’à la dernière page.

Un roman lu dans le cadre du jury du Prix Nouvelles Voix du Polar Pocket 2021

Catalogue éditeur : Pocket

Rémi Cassaigne (Traducteur)

Une famille suédoise tout ce qu’il y a de normal, ces Sandell…
Le père, pasteur. La mère, avocate. Une fille de 19 ans, bosseuse, qui rêve de voyages au long cours.
Le samedi, on file au cinéma. Le dimanche, en forêt. Ils trient leurs déchets, n’oublient jamais leur clignotant, rendent toujours à temps leurs livres à la bibliothèque.
Normale en apparence, du moins, comme toutes les familles qu’un meurtre sordide s’apprête à faire basculer dans l’horreur…

Né en 1977, Mattias T. Edvardsson a été élevé à Trelleborg, en Suède. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont deux pour la jeunesse. Professeur dans le secondaire, il vit avec sa famille à Löddeköpinge, en Suède. Une famille presque normale (Sonatine, 2019) est son premier roman traduit en français.

8.70 € / EAN : 9782266294539 / Nombre de pages : 624 / Date de parution : 15/10/2020

Les refuges, Jérôme Loubry

Les refuges, ces béquilles psychologiques qui aident à vivre ou à survivre

En 2019 un professeur de la faculté de Tours donne un cours qu’il a nommé Les refuges de Sandrine devant un amphithéâtre d’étudiants attentifs.
En 1949, sur une île déserte, Valérie découvre avec horreur et stupéfaction les cadavres d’enfants échoués sur le rivage.
En 1986, Sandrine, journaliste, doit se rendre dans la maison de Suzanne, sa grand-mère qu’elle n’a jamais connue, pour récupérer les biens que cette dernière lui a légué.

Rapidement, le lecteur alterne entre deux époques, avec des personnages dont on comprend vite qu’ils sont liés par un secret difficile à percer. Car tous sont venus là en même temps que Suzanne pour s’occuper d’enfants fortement touchés par la guerre, hébergés là le temps d’un camp de vacances. Mais si les enfants ont rapidement disparu, aucun d’eux n’a pourtant jamais pu s’enfuir de l’île sur laquelle les trouve Sandrine. Dans une atmosphère mystérieuse, sombre et glauque à souhait, Sandrine va devoir comprendre ce qu’il s’est passé tant d’années auparavant.

Jusqu’au jour où l’on trouve une jeune femme errant sur une plage, couverte de sang et désorientée. Que s’est il passé? Qui est-elle ?

C’est ce que va tenter de trouver Damien, le policier en charge de l’enquête. Enfin, pas vraiment, car il faut compter sur l’ingéniosité de l’auteur qui de balise en balise nous entraîne vers trois histoires différentes mais intimement liées.

À partir de là, ce roman qui déjà est totalement addictif devient complexe et déroutant à souhait, jusqu’à un final grandiose dans le genre thriller psychologique diabolique et puissant. Je me suis totalement laissée balader par Jérôme Loubry sans jamais voir les ficelles ou les balises qu’il posait ça et là pour guider, ou peut-être perdre ses lecteurs.

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche, Calmann-Levy

Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette terre grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi-autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange. En quelques heures, la jeune femme se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Et pourtant, aucun d’entre eux ne quitte jamais l’île. Pourquoi ?

Et qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?…

432 pages / Parution: 02/09/2020 / EAN : 9782253181590 / 8,20€

Francesca, Lina Bengtsdotter

Quand une inspectrice boderline résoud un énigmatique cold case

Charlie Lager est une inspectrice tourmentée depuis sa dernière enquête sur la disparition d’une jeune femme, Annabelle. Mais pas seulement par cela, car sa vie semble bien compliquée. Pourtant, lorsque son chef lui demande de prendre quelques jours de congés pour se ressaisir, c’est vers Gullspång qu’elle se tourne. Gullspång, la ville où s’est déroulée l’enquête et où elle a grandit. Elle vient soutenir Susanne, l’amie d’enfance tout juste larguée par son mari. Mais des rêves récurrents lui rappellent une autre disparition qui a eu lieu trente ans plus tôt.

Elle est secondée par Johan, un journaliste qui souhaite écrire un papier sur des cold case ayant pour sujet des disparitions. Ils se lancent à la recherche d’indices. Dans cette ville pauvre où la jeunesse désœuvrée n’a pas grand chose à espérer, si ce n’est partager quelques beuveries ou quelques joints, l’enquête s’avère compliquée. L’auteur alterne l’enquête de Charlie avec le récit de Francesca, des années auparavant, pour nous mener par le bout du nez vers un final très habilement mené. On s’y laisse prendre et la lecture devient rapidement addictive.

Ce que j’ai aimé ?

Découvrir une nouvelle autrice nordique à la plume bien trempée. Caractères, situations et psychologie des personnages sont bien campés. La vie dans cette bourgade tout comme les états d’âme des jeunes mais aussi ceux de la police de Stockholm sont finalement tout à fait universels. Les descriptions et l’environnement constituent un dépaysement assez fort pour avoir envie d’y retourner.

Par contre, je n’avais pas lu le premier roman, Annabelle, mais avec les nombreux retours et allusions à la précédente enquête, il me semble important de l’avoir lu avant pour apprécier encore mieux celui-ci.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Marabout, Le Livre de Poche

Charlie Lager espérait ne plus avoir à revenir à Gullspång, la petite ville où elle a grandi. Mais voici qu’une affaire non résolue refait surface : une trentaine d’années plus tôt, Francesca, seize ans, avait quitté la propriété familiale sans laisser de trace. Quelque chose dans cette histoire préoccupe Charlie, qui ne tarde pas à faire des rêves étranges. Lorsque son amie d’enfance, Susanne, que son mari vient de quitter, lui demande de la soutenir, Charlie la rejoint aussitôt. Elle embarque avec elle ses cauchemars et les questions sans réponse sur la disparition de Francesca. Rapidement, elle est confrontée au silence de ceux qui n’apprécient pas qu’on vienne déterrer les vieux dossiers.

Après Annabelle, Lina Bengtsdotter nous plonge dans une nouvelle enquête sans répit de l’inspectrice Charlie Lager.

Traduit du suédois par Anna Gibson.

Prix 8,40€ / 480 pages / Date de parution : 07/04/2021 / EAN : 9782253079330

Là où chantent les écrevisses, Delia Owens

Une lecture aussi émouvante qu’addictive

Émotion, tendresse, rage, tristesse, joie et bonheur de voir comment Kya, la fille des marais, réussi à vivre malgré l’abandon de Ma, puis de ses frères et sœurs et enfin de Pa.
Comment avec l’aide de Tate elle réussit à apprendre à lire, elle qui vit seule dans sa cabane sans eau ni électricité au bout des marais de Caroline du Nord. La sauvageonne que tous craignent sans jamais chercher à la connaître est une fleur qui s’épanouit au contact de la faune et de la flore de ces marais qu’elle connaît mieux que quiconque.
Ce roman est vraiment magnifique, et totalement addictif. On aime tout de suite cette émouvante et attachante fille des marais. Et on n’a pas envie de la quitter.

La voix de Marie du Bled est juste, précise. Jeune quand Kya est enfant, dure quand on s’adresse à elle, triste ou lourde de remords ou de regrets après les épreuves et les abandons, mais toujours forte et déterminée. Une voix en véritable symbiose avec le personnage principal et ceux qui gravitent autour d’elle.
Et surtout, cette lecture audio permet de prendre encore mieux la mesure de la beauté de l’écriture et de la précision de l’auteur lorsqu’elle décrit la nature omniprésente, sauvage, protectrice et le plus souvent si belle.
C’est un grand plaisir de lecture, et je dois dire que si j’avais déjà lu ce roman lors de sa sortie, j’en ai apprécié ici toute la beauté et la finesse grâce à cette version audio.

Retrouvez ma première chronique de ce roman ici.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2021

Catalogue éditeur : Audiolib

Un livre audio lu par Marie du Bled. Traduit par Marc Amfreville

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.
À l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.
Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…
Une héroïne autodidacte et passionnée, une peinture saisissante de la beauté des marais, et une enquête à suspense digne d’Agatha Christie font de ce roman un véritable page-turner.
Un premier roman phénomène qui a conquis des milliers de lecteurs dans le monde entier.

Éditeur d’origine : Le Seuil
Date de parution : 16 Septembre 2020 / Durée : 11h18 / Prix public conseillé: 24.90 € / Format: Livre audio 2 CD MP3 Poids (Mo): 381 / Poids CD 2 (Mo): 551 / EAN Physique: 9791035403614

De mon plein gré, Mathilde Forget

Un court roman qui déstabilise, dit les non-dits, et ne laisse personne indifférent

Quand une jeune femme vient d’elle-même raconter les faits au commissariat de police, est-elle coupable ou victime ? Lorsqu’elle arrive au commissariat pour expliquer ce qu’elle vient de faire, elle ne sait plus vraiment quel rôle elle a joué. Comment en être certaine alors que tout l’accuse pendant ces interminables heures d’interrogatoire. A force de répéter, dire, redire, elle va se rendre compte qu’elle doit faire très attention à la façon dont chacune de ses phrases va être interprétée. Car elle est ensuite écrite dans son procès verbal par celui qui l’interroge depuis des heures pour comprendre, lui faire dire, la faire douter…

C’est une jeune femme qui ressemble à un adolescent filiforme. Une jeune femme qui depuis ses huit ans sait qu’elle est amoureuse des filles. Qui a longtemps pleuré à cause de cette soit disant hérésie de la nature qui choquait tant ses parents. Elle s’est habituée à souffrir de ses différences, de l’incompréhension des autres, de leur regard sur elle.

Mais aujourd’hui, elle vient dire. L’homme qui la suit, son incapacité à refuser, sa violence lorsqu’elle lui dit quelle est lesbienne, le viol, les coups…
Mais aujourd’hui tout l’accuse, comment, vous n’avez pas réagit, vous n’avez rien dit, vous ne l’avez pas…

Des questions comme des accusations, des doutes dans les regards, des mots qui expriment violence et suspicion, rien n’est fait pour apaiser, pour comprendre, aucune empathie n’est exprimée envers celle qui ose dénoncer.

Un livre nécessaire pour comprendre la difficulté que connaissent celles qui osent dénoncer, pour entendre les mots de ceux qui reçoivent sans les comprendre les plaintes de celles qui ont souffert avant, mais qui devront encore souffrir après car elles ne sont souvent ni comprises, ni entendues, ni même écoutées. Pour entendre l’ironie, la suspicion, les moqueries, qui les font douter à leur tour, se demander s’il est raisonnable ou pas de venir porter plainte. Un livre important pour savoir écouter, pour ne plus entendre les doutes, encore moins les « après tout, elles l’ont peut-être cherché ».

Catalogue éditeur : Grasset

Elle a passé la nuit avec un homme et est venue se présenter à la police. Alors ce dimanche matin, au deuxième étage du commissariat, une enquête est en cours. L’haleine encore vive de trop de rhum coca, elle est interrogée par le Major, bourru et bienveillant, puis par Jeanne, aux avant-bras tatoués, et enfin par Carole qui vapote et humilie son collègue sans discontinuer.

Elle est expertisée psychologiquement, ses empreintes sont relevées, un avocat prépare déjà sa défense, ses amis lui tournent le dos, alors elle ne sait plus exactement. S’est-elle livrée à la police elle-même après avoir commis l’irréparable, cette nuit-là  ?

Inspiré de l’histoire de l’auteure, De mon plein gré est bref, haletant, vibrant au rythme d’une ritournelle de questions qui semblent autant d’accusations. Mathilde Forget dessine l’ambiguïté des mots, des situations et du regard social sur les agressions sexuelles à travers un objet littéraire étonnant, d’une grâce presque ludique. Il se lit comme une enquête et dévoile peu à peu la violence inouïe du drame et de la suspicion qui plane très souvent sur sa victime.

Auteure, compositrice et interprète, Mathilde Forget a publié un premier roman très remarqué, À la demande d’un tiers (Grasset, 2019).

Parution : 24 Mars 2021 / Format : 120 x 185 mm / Pages : 140 / EAN : 9782246827160 prix : 15.00€ / EAN numérique: 9782246827177 prix : 10.99€

Comme des bêtes Violaine Bérot

Au pays des fées et des Ours, un roman émouvant et fort qui bouleverse nos certitudes

Mariette et son fils vivent dans la montagne, à l’orée du village. Un fils sans père, vite surnommé l’Ours par les enfants du village. Puisque dans ce coin reculé de montagne, c’est bien connu, les enfants sans père sont les enfants de l’ours. S’il est allé un temps à l’école, l’Ours n’a jamais réussi à s’intégrer ni à s’habituer aux contraintes. Lui qui ne s’exprime que par gestes ou grognements a besoin de l’espace et de la sérénité de la nature et des animaux pour vivre.

La mère et ce fils que d’aucuns trouvent différent, vivent en paix depuis des années près du village, au flanc de cette montagne sauvage et isolée. Jusqu’au jour où un randonneur plus curieux que les autres dénonce ce qu’il a découvert, et qui jusqu’alors ne faisait de mal à personne, une enfant qui vit nue dans la montagne, auprès d’un âne et de l’Ours. .

Le lecteur entre dans leur histoire à travers les interrogatoires de divers villageois, l’institutrice, le facteur, la pharmacienne, un voisin, Luc le coureur, et quelques autres. Mais aussi Mariette qui tente de faire comprendre à cette maréchaussée obtuse et bornée que les différences et un handicap ne sont pas forcément synonymes de dangerosité. Que son fils est un homme bon qui a eu peur du déploiement de force de ceux qui sont venus l’arrêter, qu’il ne peut pas s’exprimer ni comprendre. Mais surtout, tente de montrer que l’on peut accepter les différences, que le bonheur et la justice ne sont pas toujours où on croit.

Violaine Bérot nous propose là un roman choral subtil, qui déroule peu à peu une intrigue forte en émotion. La différence, le handicap, le viol, les peurs enfantines, les croyances, les fées protectrices, chaque élément qui compose cette intrigue apparaît peu à peu, le mystère se dévoile et nous montre qu’il faut ouvrir son cœur à l’autre pour l’accepter tel qu’il est.

J’ai aimé cette écriture et cette façon si poétique et en même temps si sobre de dire la douleur, la différence. Mais aussi de mettre en avant notre manière d’appréhender ces autres que l’on veut tellement conformes à nos idées, notre cadre de référence, notre propre façon de vivre et de penser. Comme des bêtes, un titre à double sens particulièrement bien trouvé. Car ici on peut se demander qui sont les bêtes, qui juge qui, et de quel droit ?

Du même auteur j’avais déjà apprécié le roman Nue, sous la lune et cette façon bien à elle appréhender de vrais sujets de société avec force et en si peu de pages.

Lire également la chronique de Joëlle du blog Les livres de Joëlle.

Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

La montagne. Un village isolé. Dans les parois rocheuses qui le surplombent, se trouve une grotte appelée ’la grotte aux fées’. On dit que, jadis, les fées y cachaient les bébés qu’elles volaient.

A l’écart des autres habitations, Mariette et son fils ont construit leur vie, il y a des années. Ce fils, étonnante force de la nature, n’a jamais prononcé un seul mot. S’il éprouve une peur viscérale des hommes, il possède un véritable don avec les bêtes.

En marge du village, chacun mène sa vie librement jusqu’au jour où, au cours d’une randonnée dans ce pays perdu, un touriste découvre une petite fille nue. Cette rencontre va bouleverser la vie de tous…

Violaine Bérot, dans ce nouveau roman à l’écriture poétique, décrit une autre vie possible, loin des dérives toujours plus hygiénistes et sécuritaires de notre société. Un retour à la nature qu’elle-même expérimente depuis vingt ans dans la montagne pyrénéenne

Retrouvez également le blog de Violaine Berot

Parution : 01/04/2021 / Format : 13 x 19 cm, 160 p., / 14,00 EUR € / ISBN 9782283034873

Le poète, Michael Connelly

Des suicides de flics, le poète Edgar Allan Poe et tout le talent de Michael Connelly pour un thriller inoubliable

Je me souviens d’avoir lu ce livre prêté lors de sa sortie par un collègue qui voulait me faire découvrir le style novateur de l’auteur. Depuis j’ai lu bien d’autres romans de Michael Connelly avec toujours autant de plaisir.

Dès le début, l’affaire est quasiment classée puisqu’il s’agit d’un suicide de policier, dramatiquement triste mais si facile quand on se supprime avec son arme de service, et surtout lorsque l’enquête que vous n’arrivez pas à l’élucider vous obsède. Pourtant, le frère jumeau de Sean, Jack McEvoy, doute du suicide de son frère. Alors que tout lui souriait, pourquoi se serait-il supprimé ?

Jack est journaliste au Rocky de Denver. Il décide de mener sa propre enquête et découvre que toute une série de suicides de policiers sont en fait certainement des morts suspectes. Mais dès lors que vous enclenchez la grosse artillerie et que vous reliez des faits entre eux et qu’ils dépassent le frontière de votre état, c’est le FBI qui se saisit de l’affaire. Tout d’abord inclus avec beaucoup de suspicion et bien peu de bonne volonté dans les équipes d’enquêteurs, jack se sent mis peu à peu sur la touche. Malgré tout, il continue à investiguer de son côté. Et son enquête couplée à celle qui FBI va nous entraîner du côté noir du net, déjà, au milieu de réseaux pédophiles et de criminels aguerris.

Ce roman est paru en 1996. Depuis les techniques ont évolué et les moyens de communications également. Plus besoin de fax, de ligne fixe pour brancher son ordinateur, etc. plus de notes de téléphone avec sa note d’hôtel…. Malgré ces quelques anecdotes qui datent un peu, on s’y laisse prendre à tous les coups. J’avoue que je me suis plongée sans retenue au cœur de cette enquête aux ramification et aux sources bien sombres.

La voix de Benjamin Jungers sied parfaitement au rôle, chaude, posée, j’avais l’impression de voyager dans la tête de Jack, de l’écouter penser à voix haute, ses hésitations, ses découvertes et le plaisir pris à avancer dans l’enquête. Jack qui ne sait pas trop ce qu’il veut, au passé difficile, qui a du mal à faire confiance aux autres et de fait n’arrive pas à se réaliser pleinement. Jack avec ses forces et ses faiblesses qui mène de main de maître le lecteur par le bout du nez jusqu’au final.

J’ai eu une légère inquiétude en réalisant qu’il y avait plus de seize heures d’écoute. Aucune crainte, le rythme soutenu, le suspense toujours présent, les protagonistes plus ou moins attachants mais qui ont un vrai rôle à jouer, et les différents rebondissements font passer le temps presque trop vite !

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2021

Catalogue éditeur : Calmann-Levy, éditions Points, Le Livre de Poche, Audiolib

Un livre audio lu par Benjamin Jungers. Traduit par Jean Esch

La spécialité de Jack McEvoy, c’est la mort. En tant que chroniqueur judiciaire au Rocky Mountain News, il y a été confronté plus d’une fois. Mais rien n’a pu le préparer au suicide de son frère jumeau. Inspecteur de police, déprimé et incapable de supporter le meurtre non résolu d’une jeune femme retrouvée coupée en deux, Sean s’est tiré une balle dans la bouche, comme le font souvent les policiers dépressifs. Un sujet dont Jack décide de s’emparer, en guise de dernier hommage à son frère.
Mais en s’immisçant dans une base de données du FBI pour les besoins de son article, McEvoy découvre avec stupéfaction que beaucoup de policiers se sont suicidés dernièrement, et que le FBI mène l’enquête sur la mort de son frère. Il comprend alors que cette affaire est en passe de lui fournir le plus gros scoop de sa carrière.
Il pressent aussi qu’il est devenu la prochaine cible du suspect, un assassin qui a, jusqu’à présent, toujours réussi à tromper les plus fins limiers lancés à ses trousses…
Le Poète, l’un des premiers jalons de l’œuvre magistrale de Michael Connelly, brillamment porté par la lecture de Benjamin Jungers, fête en 2021 ses 25 ans.

Né en 1956, Michael Connelly commence sa carrière comme journaliste en Floride, ses articles sur les survivants d’un crash d’avion en 1986 lui valant d’être sélectionné pour le prix Pulitzer. Il travaille au Los Angeles Times quand il décide de se lancer dans l’écriture avec Les Égouts de Los Angeles, pour lequel il reçoit l’Edgar du premier roman. Il y campe le célèbre personnage du policier Harry Bosch, que l’on retrouvera notamment dans Volte-Face et Ceux qui tombent. Auteur du Poète, il est considéré comme l’un des maîtres du roman policier américain. Deux de ses livres ont déjà été adaptés au cinéma, et l’ensemble de son œuvre constitue le cœur de la série télévisée Bosch. Les romans de Michael Connelly se sont vendus à près de soixante-cinq millions de livres dans le monde et ont été traduits en trente-neuf langues. 

Date de parution : 17 Mars 2021 / Durée : 16h43 / Prix : 26.90 € / Livre audio 2 CD MP3 Poids (Mo): 586 / Poids CD 2 (Mo): 564/ EAN Physique: 9791035402976 / Éditeur d’origine : Calmann-Lévy

Taches rousses, Morgane Montoriol

Qui est la proie, qui est le prédateur, un premier roman aussi noir que violent

Beck a fuit sa ville natale pour réaliser son rêve et devenir comédienne en Californie. Aujourd’hui, elle vit sans passion mais par intérêt avec un homme bien plus âgé qui pourra lui ouvrir les portes des studios. Mais ce rêve n’était-il pas celui de sa grande sœur ? Car des années auparavant, dans la petite ville de Muskogee, Leah Westbrook, à peine quatorze ans et la vie devant elle, a disparu. Depuis, aucune enquête n’a jamais réussi à déterminer ce qu’il s’est passé, fugue, meurtre, disparition inquiétante, nul ne le sait, et la blessure reste profonde pour Beck et son père. Beck se souvient, son enfance, ses parents, sa sœur qui avait un teint si parfait, sans ces taches de rousseur qu’elle déteste et tente désespérément de cacher sous son maquillage.

Pendant ce temps là, la ville est frappée par de dramatiques meurtres de jeunes femmes. Abordée par Wes, un homme aussi étrange qu’envoûtant, elle découvre son talent morbide d’artiste peintre lors d’une exposition d’art. Fascinée autant qu’inquiète devant ses toiles, elle n’a qu’une crainte, que ce dernier soit le tueur en série qui fait trembler la ville.

Wes le prédateur, et Beck la proie, jouent alors un jeu du chat et de la souris terriblement noir et à la tension grandissante. Chacun est hanté par ses démons et fort étrangement, la disparition de Leah semble être leur point commun.

Qui est la proie, qui est le prédateur ? Le jeu sanglant et morbide qu’ils jouent chacun à leur tour entraîne le lecteur dans des profondeur d’incertitudes et de questionnements. Leur passé, leurs démons, leurs secrets seront peu à peu révélés. Et le lecteur de se demander au fil des pages qui est qui et qui veut quoi. Des personnages noirs et sombres à souhait que l’on tente de comprendre, dont on a beaucoup de mal à discerner le but, et que l’on sent hantés par un passé inavouable.

Un premier roman noir adroitement mené, même si c’est parfois avec un peu trop de détails ou certaines longueurs qui à mon avis cassent le rythme. De fait, il m’a manqué de tempo pour m’embarquer vraiment. Même si je reconnais la force d’une intrigue qui nous mène par le bout du nez quasiment jusqu’au dénouement.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Albin-Michel, Le Livre de Poche

Leah Westbrook a disparu un après-midi de septembre, à Muskogee, en Oklahoma. Elle avait quatorze ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Depuis, sa sœur, Beck, a quitté la ville pour s’installer à Los Angeles. Elle vit par procuration le rêve de Leah, en tentant une carrière de comédienne. Sans conviction. À la différence de Leah, dont la peau était parfaitement unie, Beck a le visage couvert de taches de rousseur. Des taches qu’elle abhorre et qu’elle camoufle sous des couches de fond de teint.
Bientôt, des corps atrocement mutilés sont retrouvés dans un quartier d’Hollywood où Beck a vécu. L’œuvre d’un tueur en série que la police peine à attraper. Peut-être cet homme aux yeux terribles, qui la suit partout…

Le Livre de Poche Prix : 8,20€ / Date de parution : 03/02/2021 / 408 pages / EAN : 9782253079286
Albin-Michel 21.90 € / 29 Janvier 2020 / 150mm x 220mm / 368 pages / EAN13 : 9782226446824