L’envol du moineau, Amy Belding Brown

L’envol du moineau, une grande fresque historique dont le personnage principal captive et émeut par son courage et son caractère. Quand une histoire vraie devient un récit totalement romanesque…

Baie du Massachussetts, en 1672. Les territoires sont habités par les puritains aux règles rigides et strictes. Mary est la fille de John White, un riche propriétaire terrien du Lancaster. C’est l’épouse de Joseph Rowlandson, pasteur de l’église de cette même communauté. Ils vivent relativement aisément pour l’époque, femme au foyer, mère attentive, chrétienne convaincue, Mary respecte les règles imposées par l’église et par son mari. A cette époque et dans cette église pour le moins austère, une femme reste à la maison, n’en sort qu’accompagnée de son mari, prend bien soin de cacher ses cheveux sous son bonnet et peut être punie pour insolence, y compris envers son époux.

Mary et sa famille se conforment aux règles, sans trop y penser. Mais un jour de 1675, leur village est attaqué par les indiens, Mary et ses enfants sont faits prisonniers, puis menés vers les grandes plaines où se regroupent les tribus. C’est vivre alors l’abomination la plus terrible que de tomber ainsi aux mains des barbares, des sauvages, et être asservie. Mary devient l’esclave de Weetamoo, la femme du chef Qinnapin.

Totalement choquée et apeurée dans un premier temps, Mary va pourtant rapidement déceler chez ces indiens des valeurs humaines qu’elle découvre avec étonnement. Ces sauvages qui ont dévasté son village et tué sans pitié les habitants sont capables de compassion, d’empathie, d’entraide, d’amour envers leurs enfants. Elle apprend à leur contact la liberté de mouvement, le bonheur de l’oisiveté, la possibilité dont jouissent les femmes de s’exprimer et de commander, alors qu’elle-même n’était qu’autorisée qu’à se taire dans sa propre communauté.

A leur contact, pendant plusieurs mois de souffrance, contrainte à des déplacements permanent à travers différents États, tenaillée par la faim et le froid au même titre que ses ravisseurs, aidée par James, un indien converti, elle va vivre avec les tribus et remettre en question les fondements de son existence passée. Questions encore plus prégnantes lors de son retour, car tel le moineau prisonnier de sa cage, Mary ne chante plus et rêve de liberté.

Elle doute, qui sont les vrais sauvages ? Qui est le plus cruel, et qui est dans son droit. Est-il vrai que les saintes écritures valident l’esclavage, et de quel droit ? Pourquoi les blancs s’arrogent-ils le droit de traiter les noirs en esclaves et réfutent-ils ce droit aux indiens ? Lorsqu’elle aura recouvré sa liberté, ces interrogations en avance sur son temps la mettront au ban de la société.

Dans cette grande fresque romanesque, pourtant basée sur une histoire vraie et des faits vérifiés, Amy Belding Brown nous plonge dans l’Amérique puritaine du XVIIe siècle où Dieu est le seul maître, le seul refuge, il dicte aux hommes, et par eux, aux femmes, leur rôle et leur mission. Et l’on se demande alors qui des puritains de la Nouvelle Angleterre ou des indiens natifs de ces terres sont les véritables sauvages ? Amy Belding Brown pose les questions de l’extrémisme religieux, de l’esclavage, de l’égalité des races, et soulève une fois encore la question de l’extermination des indiens d’Amérique du Nord chassés de leur terre par les colons.

J’ai vraiment  aimé ce roman qui décrit à la fois l’intime et l’Histoire, qui exprime à la fois les sentiments et la violence, l’amour et la haine, la foi et le doute, et qui est superbement traduit par Cindy Colin Kapen. S’il est largement conseillé par Jim Fergus, il me fait penser au thème de son bestseller « Mille femmes blanches », que j’avais également apprécié lors de sa sortie.

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Catalogue éditeur : Cherche-Midi

Cindy COLIN KAPEN (Traducteur)

Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d’Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d’accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l’armée. Contre toute attente, c’est au milieu de ces « sauvages » qu’elle va trouver une liberté qu’elle n’aurait jamais imaginée. Les mœurs qu’elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l’éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu’elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s’accoutumer d’un retour « à la normale », dans une société blanche dont l’hypocrisie lui est désormais insupportable ?
 
Cette magnifique épopée romanesque, inspirée de la véritable histoire de Mary Rowlandson, est à la fois un portrait de femme bouleversant et un vibrant hommage à une culture bouillonnante de vie, que la « civilisation » s’est efforcée d’anéantir.

EAN : 9782749160924 / Nombre de pages : 464 / Format : 140 x 220 mm / Prix : 22€

et que celui qui a soif, vienne. un roman de pirates. Sylvain Pattieu

Le roman de Sylvain Pattieu est une drôle d’épopée au pays des pirates et des bateaux du roi ou ceux de la Compagnie des Indes Orientales, sur les océans où ils se livrent bataille sans merci, pour le bonheur de vaincre, pour la conquête de nouveaux horizons, pour le commerce.

« Et que celui qui a soif, vienne » ce mot d’ordre des pirates, tiré des évangiles, donne le ton du roman. Les combats, les bateaux, sont eux aussi les personnages principaux de ce roman d’aventure comme on les aime. On y retrouve les esclaves, évocation de la traite négrière, de la participation des peuples subsahariens dans la capture de ceux qui traversent l’océan pour être vendus dans le nouveau monde. Il y a aussi les bateaux du royaume de France, où les captives, prostituées bannies, vont aller elles aussi peupler ce nouveau monde. Il y a enfin les bateaux des riches marchands hollandais, ceux de la compagnie des Indes Orientales, fiers commerçants à la pensée protestante rigoriste. Il y a enfin les rencontres, entre hommes et femmes, entre marchands et ouvriers, vitrier, charpentier, marins par passion ou par force, pour éponger une dette d’un soir de beuverie, ou par défi pour fuir une vie dont on ne veut plus. Et forcément, à moment donné, les routes et les destinées de ces différents navires vont se croiser, pour le meilleur et sans doute pour le pire.

Sylvain Pattieu nous entraine à leur suite, mais pas seulement. Rarement une lecture n’aura été aussi déroutante. Car comment dire, lorsque il est emporté par les combats, par l’assaut des bateaux, par les duels à l’épée, nul lecteur ne s’attend à lire entre les scènes les réflexions de l’auteur au moment où il écrit ! Or, là c’est ce qu’il se passe. Le récit est constellé de paragraphes très personnels, sur l’actualité, sur la vie de l’auteur, le décès de sa mère, les situations identiques dans l’Histoire, un peu comme si on le voyait poser la plume et nous parler, si on l’entendait réfléchir et penser à voix haute pendant son travail d’écriture. Je ne sais pas dire si cela a vraiment de l’intérêt ni si cela m’a vraiment plu. Mais c’est assez original pour être souligné. Car dans ce roman on embarque vraiment sur les trois bateaux, l’Enterprize, le Florissant, le Batavia. On voit bien la psychologie et la personnalité des différents commandants, sur le bateau négrier, sur les vaisseaux marchands de la compagnie des Indes Orientales, sur les bateaux de pirates enfin, qui traquent pour leur survie, mais aussi pour le plaisir de l’abordage, du combat, de la victoire, et qui s’avèrent les précurseurs pour une vie égalitaire et de liberté. On s’y croit, et tous ceux qui aiment les romans de pirates vont apprécier, mais pas seulement, tous les autres aussi, car il y a à la fois une belle écriture et un jolie inventivité romanesque dans ce roman-là.

domiclire_POL2016  Sélection 2016 du Prix Orange du livre


Catalogue éditeur : Rouergue La brune

De l’Ancien au Nouveau Monde, le destin de trois bateaux et de leurs équipages, un négrier, un vaisseau pirate et un navire marchand. Avec ces péripéties nombreuses et ses personnages fascinants (depuis l’esclave africain jusqu’à l’armateur hollandais), cet hommage aux romans d’aventures se saisit du genre pour le renouveler d’une façon très inventive. Un roman contemporain, donc, au grand souffle romanesque, porté par une réflexion politique sur ce que fut cette première mondialisation.

janvier 2016 / 480 pages / 21,80 € / ISBN 978-2-8126-0989-3