La relique du chaos, Giacometti et Ravenne

Sur fond de montée du nazisme, la quête des Swastikas sacrées

C’est le troisième tome de la saga du Soleil noir, il peut se lire indépendamment des deux autres grâce à la synthèse proposée au début du roman. Même s’il semble évident que se familiariser avec les différents protagonistes aiderait grandement le lecteur à se faufiler dans les méandres de l’histoire en marche.

Juillet 1942. l’Angleterre comprend qu’elle ne sera pas envahie, mais le front russe est fortement secoué par les armées du Reich. Trois personnages principaux évoluent dans ce contexte bien sombre. Tristan Marcas d’abord, cet agent double qui évolue du côté des nazis mais n’oublie pas tenir le SOE au courant de ses activités et de ses recherches. Laure d’Estillac, une espionne qui travaille en étroite relation avec le Commander Malorley. Enfin Erika, totalement détestable dans son attitude envers Tristan, mais dont on se demande quel jeu elle joue réellement.

Sur fond de montée du nazisme, les différents protagonistes combattent chacun à sa façon mais tous ont le même but ultime, retrouver les Swastikas sacrées.

Si la croix gammée est un fort symbole nazi, Hitler n’a rien inventé et a utilisé un symbole vieux de plusieurs siècles, la Swastika. On les retrouve ici sous la forme d’un trésor composé de plusieurs Swastikas cachées dans différents pays, trésor devrait aider celui qui les trouvera à remporter la victoire.

Giacometti et Ravenne ont l’art de savoir maintenir le suspense et d’y mêler certains faits avérés et historiques. La traque aux espions doubles, la chasse aux juifs, aux francs-maçons et aux communistes déportés vers les camps de concentration. Le relations entre les grands dictateurs de l’époque, mais aussi la place de Staline ou de Roosevelt, leur jeu dans l’échiquier mondial, la place des Romanov en Russie, sont évoquées à travers la traque de cette relique issue du trésor des tsars et que chacun convoite ardemment.

J’ai trouvé l’intrigue et les personnages intéressants mais il m’a manqué de les suivre sur plusieurs tomes pour m’y attacher et mieux les connaître. Malgré cela, voilà un thriller bien construit, au suspense garanti, avec qui plus est un fond de vérité historique bien expliqué à la fin du roman.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche, JC Lattès

Juillet 1942. Jamais l’issue du conflit n’a semblé aussi incertaine. Si l’Angleterre a écarté tout risque d’invasion, la Russie de Staline plie sous les coups de boutoir des armées d’Hitler. L’Europe est sur le point de basculer.
À travers la quête des swastikas, la guerre occulte se déchaîne pour tenter de faire pencher la balance. Celui qui s’emparera de l’objet sacré remportera la victoire. Tristan Marcas, agent double au passé obscur, part à la recherche du trésor des Romanov, qui cache, selon le dernier des tsars, l’ultime relique. À Berlin, Moscou et Londres, la course contre la montre est lancée, entraînant dans une spirale vertigineuse Erika, l’archéologue allemande, et Laure, la jeune résistante française.

Le Livre de Poche : 480 pages / Date de parution: 14/04/2021 / EAN : 9782253258261 / 8,40€

JC Lattès : 450 pages / EAN 9782709663366 Prix du format papier 22,00€ / EAN numérique 9782709663519 / Prix du format numérique 7,99€ / Date de parution 03/06/2020

Toute la vérité, Karen Cleveland

Quand la vie d’une famille américaine ordinaire se transforme en cauchemar. On adore plonger dans ce premier thriller de Karen Cleveland qui nous dit « toute la vérité »… ou presque

Vivian a un mari aimant, quatre beaux enfants et un super métier, que rêver de plus ? Bien sûr, les salaires ne sont pas à la hauteur. Mais son mari Matt est toujours présent pour l’épauler, en particulier lors des soins importants qu’il faut apporter à l’un des jumeaux. Et si son métier la passionne toujours autant, il est aussi une source de revenus et une garantie d’assurance santé non négligeable.

Vivian est analyste à la CIA, spécialisée sur la Russie. Son projet phare va bientôt aboutir et lui permettre de percer à jour l’ordinateur d’un espion russe. Mais elle découvre sur l’ordinateur en question une photo de son mari, certainement l’un des agents étrangers dormants. A partir de là, plus rien n’est sûr dans la vie de Vivian. Le doute s’installe, qui alterne avec l’assurance de connaître parfaitement cet homme qui partage sa vie depuis plus de dix ans. Mais que valent les certitudes face à une telle découverte ? Que faire, et comment réagir à une telle révélation ? Penser d’abord à son pays ou à sa famille ?

Tout l’art de Karen Cleveland est de distiller le doute, les certitudes, les interrogations, avec une apparente véracité qui fait frissonner. De flashback en souvenirs, de certitudes en moments de doute, la tension monte et le lecteur est pris au piège. Car Karen Cleveland est du sérail, huit années comme analyste à la CIA, forcément ça aide à planter un décor juste et réaliste. Alors bien sûr les russes sont un peu trop caricaturaux, ou est-ce tout simplement l’image donnée aux espions, mais qu’importe. Le suspense est garanti pour ce page turner parfaitement maitrisé que l’on dévore avec l’envie de connaitre Toute la vérité et de se laisser balader par l’auteur jusqu’à la fin.

Roman lu dans la cadre de ma participation au Prix des nouvelles voix du polar Pocket

Catalogue éditeur : Pocket et Robert Laffont

Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille : quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.
En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays… ou sa famille.

Diplômée du Trinity College de Dublin et de Harvard, Karen Cleveland a passé huit ans à la CIA en tant qu’analyste. Elle vit dans le nord de la Virginie avec son mari et ses deux enfants.

Robert Laffont : Date de parution : 25/01/2018 / EAN : 9782221214947 / Nombre de pages : 384 / prix : 21€
Pocket : Date de parution : 10/01/2019 / EAN : 9782266287869 / Nombre de pages : 408 / prix : 7.90€

La drôle de vie de Bibow Bradley. Nicolaï Pinheiro

Cette adaptation BD très réussie du roman d’Axl Cendres nous entraine dans les années 60 à la suite de Bebow Bradley, de la guerre du Vietnam au mémorable concert de Woodstock.

domiclire_la_drole_de_vie_de_bebow_bradleyDans un bar de l’Illinois, Bebow Bradley se souvient. Et le lecteur de revivre avec lui ses souvenirs en partant de son enfance dans le bar des parents. Aucun de ses parents n’ayant pensé à l’inscrire à l’école, il y arrive en ayant appris la vie, mais pas la moindre lettre de l’alphabet…totalement décalé par rapport aux autres enfants, il va bien sûr se faire renvoyer de l’école. Puis vient le temps de partir à l’armée, pour aller tuer du Vietminh avec les jeunes de son âge qui meurent bien trop nombreux au Vietnam. Là, Bebow pète un câble et risque gros, très gros. Mais son cas  intéresse la CIA car il souffre d’un mal rare : il ne connait pas la peur !

Rapidement recruté, il est envoyé en mission sur tous les fronts, en URSS  mais aussi pour infiltrer les bandes de jeunes Hippies. D’abord parce que la CIA a le soucis de mieux les cerner et les comprendre, puis lorsque leurs doléances se propagent à travers le pays, quand ils contestent un peu trop bruyamment le bienfondé de la guerre au Vietnam et jusqu’au mémorable festival de Woodstock. On va donc suivre Bebow de son enfance au présent, à l’image d’un Forest Gump il est aussi le reflet d’une Amérique qui se cherche.

On plonge avec plaisir dans cette vision moins superficielle qu’il n’y parait de l’Amérique des années 60/70 , de la guerre froide avec l’URSS, de la vague hippy  et de ses revendications et contestations non-violentes pour l’arrêt de la guerre au Vietnam. On se souvient d’ailleurs de la comédie musicale « Hair » qui affirmait ces mêmes revendications … Le récit est superbement adapté, porté par le graphisme et les couleurs très seventies, on s’y immerge totalement… c’est un très agréable moment de lecture.


Catalogue éditeur : Sarbacane

Bibow Bradley : l’homme qui ne connaissait pas la peur !

USA, début des 60’s. Né dans un trou paumé de l’Illinois, le jeune Bibow Bradley est destiné à finir, comme son père et son grand-père avant lui, derrière le comptoir du Bradley’s and son, le bar des tocards ! Mais la guerre du Vietnam éclate, et à 18 ans, le voilà parachuté au cœur de la jungle !
Sauf que Bibow a une particularité, un don qui s’avérera très utile aux yeux de la CIA : il n’a jamais peur. Les balles peuvent bien siffler à ses oreilles, lui, il s’en moque !! Mais de mission en mission, entre activistes communistes à Moscou et rassemblements hippies à Woodstock, Bibow découvrira une chose qu’on ne lui a jamais enseignée : le facteur humain.

Format: 21,5 x 29 cm / Nombre de pages: 112 /Parution: 7 septembre 2016 / ISBN: 9782848659152 / Prix: 19,50 €