De l’influence de David Bowie sur la vie des jeunes filles, Jean-Michel Guenassia

David Bowie, on l’a tant aimé et il nous manque tant qu’on a tous envie de comprendre… Lire ce roman de Jean-Michel Guenassia jusqu’au bout, pour savoir !

Domi_C_Lire_de_l_influence_de_david_bowie_sur_la_vie_des_jeunes_filles_guenassia.jpgPaul Martineau a 17 ans et vit dans une famille composée de deux mères, Lena, sa mère biologique, et Stella, avec qui elle vit, et qui est la patronne du cabaret où il se plait à jouer du piano chaque soir.

Étrange trio, étrange famille, dont semble amplement se satisfaire Paul, qui a trouvé sa place de « lesbien » comme il se plait à le dire. On le suit dans cette vie en marge, mais semble-t-il heureuse et qui lui convient. Même si les états d’âme et le disputes de Lena et de Stella ne sont pas toujours faciles à gérer, même si la situation n’est plus aussi simple que ce qu’elle a été toutes ces années. Car un jour, Paul va devoir partir à la rencontre de son père biologique…

Ce que j’ai aimé ? Ce portrait d’une époque, où homoparentalité, ce un mot qui fait peur, est une réalité qui s’installe enfin dans le paysage, mais également la question du genre soulevée avec justesse par l’auteur, et là comment ne pas penser à Maria le roman d’Angélique Villeneuve.

Mais quel dommage, car si le récit met longtemps à s’installer, il met aussi bien trop longtemps à se développer… comme si l’auteur était en manque d’inspiration ou avait voulu faire durer le livre un peu trop longtemps, pour tenter de nous faire aimer Paul peut-être ? Pour nous impliquer d’avantage dans son histoire ?
Est-ce parce que j’avais tellement aimé le club des incorrigibles optimistes puis La vie rêvée d’Ernesto G. que j’en attendais trop peut-être ?  Bon, cela ne m’empêchera pas d’aller lire le prochain roman de Jean-Michel Guenassia !

💙💙💙

Du même auteur, on peut lire également mon avis sur La Valse des arbres et du ciel, ainsi que l’avis de Joëlle du blog Les livres de Joëlle.


Catalogue éditeur : Albin-Michel

« Moi, je me plais dissimulé dans le clair-obscur. Ou perché tout en haut, comme un équilibriste au-dessus du vide. Je refuse de choisir mon camp, je préfère le danger de la frontière. Si un soir, vous me croisez dans le métro ou dans un bar, vous allez obligatoirement me dévisager, avec embarras, probablement cela vous troublera, et LA question viendra vous tarauder : est-ce un homme ou une femme ? Et vous ne pourrez pas y répondre. »

De l’influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles nous fait partager l’histoire improbable, drôle et tendre, d’une famille joliment déglinguée dont Paul est le héros peu ordinaire. Paul qui, malgré ses allures de filles, aime exclusivement les femmes. Paul, qui a deux mères et n’a jamais connu son père. Paul, que le hasard de sa naissance va mener sur la route d’un célèbre androgyne : David Bowie.
Fantaisiste et généreux, le nouveau roman de Jean-Michel Guenassia, l’auteur du Club des incorrigibles optimistes, nous détourne avec grâce des chemins tout tracés pour nous faire goûter aux charmes de l’incertitude.

Édition brochée 20.00 € / 23 Août 2017 / 140mm x 205mm / EAN13 : 9782226399137

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Les Vérités provisoires, Arnaud Dudek

Faut-il tout croire ? Faut-il seulement y croire ? C’est ce que va tenter de trouver Jules, le jeune héros du roman touchant et optimiste d‘Arnaud Dudek « Les Vérités provisoires »

Domi_C_Lire_les_verites_provisoires_arnaud_dudek_pocketCéline a disparu, du jour au lendemain, sans laisser aucune trace ! Comment est-ce possible ? Depuis deux ans sa famille la cherche partout, en vain. Les mois, les années s’installent, et Céline disparait peu à peu des mémoires, son image, sa voix, les souvenirs s’estompent peu à peu. Comment peut-on gérer dans une famille la disparition d’un être cher ? De façon différente pour chacun, mais ce qui est sûr, c’est que la famille explose et que nul ne s’en remet.

Jules, le jeune frère, est bien décidé à la chercher, à comprendre. Il s’installe dans l’appartement de Céline, et cherche les traces du passé, les pistes à remonter, les indices…

Comment lui, le menteur chronique, peut-il imaginer arriver là où personne n’a rien trouvé ? Car Jules n’en est pas à ses premiers mensonges, et ceux-ci n’ont rien d’anodin. Par exemple, annoncer son cancer à ses amis, puis ses opérations, sa rémission, voilà qui peut vous couper du monde qui vous entoure si un jour la vérité éclate. Et surtout, pour être un bon menteur, il est bon d’avoir une mémoire d’éléphant ! Alors finalement peut-être est-il vraiment le mieux placé pour soulever le mystère de la disparition de Céline ? Lui qui saura creuser, fouiller, les moindres détails que vont lui rappeler les objets dans l’appartement de Céline en leur donnant peut-être de multiples significations.

De hasards en rencontres, il va se lier d’amitié avec une voisine pour le moins singulière qui aime les tisanes aux goûts infâmes et aux noms tarabiscotés, et peu à peu l’amour s’installe, la vie se bouleverse, de nouvelles vérités se font jour. Aube d’une nouvelle vie pour Jules ? Et que croire, où est la vie ? Où est le mensonge ? Les Vérités provisoires d’Arnaud Dudek, un roman d’été à conseiller pour passer un bon moment, car il est réellement plus léger que tragique !

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Catalogue éditeur : Pocket éditions, Alma

Deux ans que Céline Carenti a disparu, en descendant chercher du pain. Depuis, pas de nouvelles. Installé dans l’appartement que sa grande sœur occupait, Jules cherche des réponses. Mais les souvenirs ne disent pas tout. Rêveur et solitaire, le jeune homme est surtout un menteur pathologique : il s’invente même… Lire la suite

EAN : 9782266282420 / Nombre de pages : 168 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 16/05/2018 /
Alma éditions / Date de parution : 16 février 2017 / ISBN : 978-2-36279-207-6

Arnaud Dudek déménage souvent (en ce moment, il vit et travaille à Paris). Selon des sources concordantes, ce garçon discret serait né à Nancy, en 1979. Dans ses nouvelles (pour la revue littéraire Les Refusés ou pour Décapage) et dans ses romans (tous publiés chez Alma), il raconte les gens ordinaires avec humour et tendresse. Son premier roman, Rester sage (2012) a fait partie de la sélection finale du Goncourt du premier roman et a été adapté au théâtre par la Compagnie Oculus. Le second, Les Fuyants (2013), a été sélectionné pour le prix des lycéens et apprentis de Bourgogne. Le troisième, Une plage au pôle Nord (2015) est traduit en allemand.
Il est par ailleurs co-organisateur des rencontres littéraires AlternaLivres. Les Vérités provisoires est son quatrième roman.  (Source Pocket)

Petite maman, Halim

Bouleversant, émouvant, Petite maman, de Halim est un roman graphique qui reste longtemps en mémoire, sur le difficile sujet des maltraitances intrafamiliales.

Domi_C_Lire_petite_maman_dargaudElle, c’est Brenda. Lorsqu’elle vient voir le psychologue, elle arrive avec sa poupée, son bébé, car si Brenda ressemble à une toute jeune fille, elle a en fait 29 ans, et son histoire est absolument terrible.

Stéphanie, la maman de Brenda, a un problème, un sérieux problème même ! Lequel ? Brenda ! Cette enfant dont elle n’a pas voulu, qu’elle a eu alors qu’elle avait à peine 15 ans et qu’elle n’était qu’une enfant. Abandonnée par le père qui a vite fait de fuir ses responsabilités, Stéphanie est aidé par sa mère. Mais la grand-mère de Brenda fait ce qu’elle peut, elle a souvent recours aux aides sociales. Cette maman-là est totalement dépassée, elle ne supporte pas son enfant qui pleure sans qu’elle sache pourquoi, la brutalise parfois, souvent même, mais Brenda, est emplie d’amour pour sa mère, prenant même soin d’elle comme le ferait une Petite maman, elle cache sa vraie vie à ceux qui posent trop de questions, l’école, le médecin. Elle dessine des cœurs sur ses poupées pour pouvoir leur parler, ce sont ses seuls soutiens.

Aussi lorsque l’amour se présente avec la rencontre de Vincent, tout s’annonce sous les meilleurs hospices pour Stéphanie. Avec un compagnon pour l’aider tout devrait aller mieux. Mais non, Vincent est un mari violent, en galère de travail, un futur bébé arrive vite dans la famille recomposée et c’est Brenda qui subit les accès de colère, les frustrations, les insultes, les humiliations, les coups, les privations de nourriture, de liberté, jour après jour, sans rien dire.

Jusqu’au jour où…

Quel livre, quelle histoire, terrible est le mot qui me vient. Il y a tellement de douleur, de chagrin face à cette fillette qui en symbolise beaucoup d’autres, pour lesquelles l’enfance n’est que violence et abandon, et tellement d’incompréhension face à l’incurie de l’administration et des services sociaux qui semblent totalement impuissants.

Alors que faire, quand on est une enfant battue, et que soi-même l’on devient mère ? Sur qui peut-on prendre exemple pour donner l’amour que l’on n’a jamais reçu… Petite maman nous donne une leçon d’humanité, nous pousse à ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure, pour en voir le meilleur, mais aussi pour être le témoin attentif du malheur des autres. Le graphisme tout en noir et blanc donne à la fois de la profondeur et augmente la douleur ressentie à la lecture, les traits sont parfois hachés, violents, brouillons, pour atténuer la force de ce qui est dit…

Ce roman graphique me fait penser au roman La maladroite d’Alexandre Seurat.

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Catalogue éditeur : Dargaud

Lorsque Brenda vient au monde, sa mère, Stéphanie, a 15 ans, et son père s’est déjà éclipsé. Négligée, Brenda grandit pourtant vite et apprend à se débrouiller seule. Malgré les brimades et les punitions injustes dont elle est victime, elle souhaite voir sa mère heureuse et s’occupe d’elle du mieux qu’elle le peut, à tel point que les rôles s’en trouvent inversés, Brenda devenant la « petite maman » de sa mère.

Dessinateur : Halim / Scénariste : Halim / Coloriste : Halim

Pagination : 192 pages / Format : 177×248 / EAN 9782505067108/ Public Ado-adulte – à partir de 12 ans

Ceux qui restent, Busquet & Xoul

Tout en respectant les codes de l’intrigue policière, Ceux qui restent de Busquet & Xoul, reprend les thèmes du récit fantastique et ravira les amateurs du genre.

Domi_C_Lire_ceux_qui_restent_delcourt_bd.jpgAlors qu’il dort paisiblement dans son lit, Ben est réveillé par une étrange créature qui vient lui demander on aide. Car Ben, comme tous les enfants, à des capacités que n’ont pas, ou plus, les adultes, comme de voir d’étranges créatures peut-être ? Alors Ben embarque avec un Wumple pour le royaume d’Auxfanthas. Est-ce un rêve ? Est-ce une réalité ? Il doit bien y avoir une certaine réalité dans ce rêve, puisque au petit matin, Ben n’est plus dans son lit. Les parents, inquiets, avertissent la police. Les recherches commencent, nombreuses, longues, mais aucune trace de Ben, volatilisé dans une maison fermée, sans effraction ni violence apparente.

Quel mystère ! Bien sûr, les soupçons pèsent sur les parents, mais leur chagrin est si réel, leur désespoir si palpable, qu’il est impossible de les mettre en cause. Pendant l’absence de Ben, d’étranges individus viennent toquer à la porte de sa famille, car eux aussi ont connu ce phénomène… mais quel phénomène ? Les parents les rejettent.

Un jour, longtemps après, Ben réapparait. Si ses parents ont trouvé le temps long, pour lui il s’est passé à peine quelques heures. Ses explications semblent tout à fait loufoques, aider à combattre le mal dans un autre monde ? Parents et médecins estiment qu’il s’agit d’un problème psychologique, des inventions  d’enfant…

J’ai aimé le point de vue porté par les auteurs sur Ceux qui restent. Quand il y a une disparition, un rapt dans une famille, tant pour l’entourage familial que pour la société, cela ne correspond pas aux normes et entraine obligatoirement de la suspicion, du chagrin, une forme d’incompréhension et de doute.

Avec ses codes de thriller ou d’intrigue policière très lookée années 40, voilà une BD du scénariste Josep Busquet aidé par les couleurs, les traits et les ombres du dessin de Xöul, qui nous transporte dans un monde magique tout en nous laissant ancrés dans le quotidien. On découvre des parents anxieux, suspectés, malheureux, témoins de deux mondes, celui qui part, et ceux qui restent. Et pour une fois, le lecteur n’embarque pas dans le monde fantastique mais reste bien dans celui des parents, nous vivons cette étrange aventure avec eux, et nous devenons les témoins attentifs de leur traumatisme, de la douleur de ceux qui ont perdu un être cher, qui doivent vivre un deuil quel qu’il soit.

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Catalogue éditeur : Delcourt

Un soir, le jeune Ben part sauver un royaume magique d’un terrible danger, de la même manière que Wendy et ses frères suivirent Peter Pan. Mais ce qui ressemble à un rêve d’enfant se transforme en cauchemar pour ses parents.

Ben a disparu. Ses parents préviennent la police mais personne ne peut imaginer la réalité : leur enfant affronte mille dangers dans son royaume imaginaire. Mais un jour, il revient. Parents, police et psys pensent que Ben nie la réalité de ce qu’il a vécu. Avant de disparaître à nouveau. Seule une association regroupant des parents qui vivent les mêmes turpitudes pourra sans doute leur venir en aide…

Scénariste : BUSQUET Josep / Coloriste : XÖUL Alex / Illustrateur : XÖUL Alex

Série : DES GENS ORDINAIRES / Collection : HORS COLLECTION / Date de parution : 21/03/2018 / ISBN : 978-2-7560-5262-5 /

Dans l’eau je suis chez moi, Aliona Gloukhova

Dans son roman autobiographique « Dans l’eau je suis chez moi » Aliona Gloukhova suit toutes les pistes qui mènent jusqu’aux eaux noires qui ont englouti son père. A la recherche de sa propre vie et pour enfin comprendre qui elle est ?

Mon père a disparu et a laissé une porte ouverte derrière lui. On était obligé de l’attendre, on ne savait pas s’il était parti définitivement ou s’il pensait revenir. 

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Aliona  n’a que onze ans lorsqu’elle apprend que son père a disparu lors d’un naufrage en mer. Parti au loin, à Istanbul, pour enfin voguer sur cette mer qui l’a tant attiré toute sa vie, lui pour qui les voyages étaient quasiment impossibles, à Minsk et dans la Biélorussie des années 90…. Et comment peut-on faire son deuil quand il ne reste que le vide et à jamais une dose d’incertitude ?

Dans ce roman, car c’est un roman malgré tout, la petite fille devenue femme part à la recherche de ce père, des instants volés à sa mémoire, des souvenirs de ceux qui en ont encore, du pourquoi ne se souvient-on pas que ce sont les derniers instants passés avec ceux qu’on aime, et pourquoi n’est-on pas capable de les vivre pleinement. Car la disparition est toujours soudaine, bouleversante, déchirante, et laisse cet amer goût de manque, d’absence, de vide.

Aliona  cherche son père. Son père et sa dipsomanie – une maladie – qui lui fait chercher l’oubli dans l’alcool, encore et toujours, jusqu’à la déchéance, pour affronter un avenir sans doute pas si enthousiasmant que ça. Son père et la famille qui le soutien mais qui parfois est excédée, sa femme, ses enfants, Slavka, le fils d’un premier mariage, un divorce comme une tare dans la Biélorussie communiste, son exclusion justement du parti communiste qui ne veut plus de lui. L’alcool comme un remède à la peur, de sortir, de vivre une autre vie que celle dont on rêve, pour oublier l’enfant mort, pour oublier les frustrations peut-être.

C’est un étonnant roman que propose Aliona Gloukhova à ses lecteurs. Un véritable travail d’introspection familiale dans lequel elle va puiser pour trouver les traces de son passé, et tracer un avenir où il faudra se reconstruire sans, sans le père, la mémoire, sans une certaine forme d’enfance, pour avancer bien droit vers demain.

«A quoi pense-t-il mon père, quand il monte sur le Tango ? Est-ce qu’il sent ce petit bruit, un grincement qu’on entend quand notre vie change d’un coup, a pris une décision précipitée, est-ce qu’il comprend qu’il va partir beaucoup plus loin qu’il ne l’avait prévu, est-ce qu’il sent que la mer qu’il avait portée en lui tout sa vie et qui l’étouffait, est-ce qu’il sent qu’à cet instant cette mer commence à se libérer ? 

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Catalogue éditeur : Verticales

«Je ne sais pas si Istanbul garde toujours les traces de ce qui s’est passé, je ne sais pas si je peux apprendre d’autres choses sur mon père. Ou peut-être le sais-je, mais je fais comme si je pouvais encore faire durer son histoire, je me mets à sa place et je suis toutes les pistes, même les fausses.»
Le 7 novembre 1995, alors qu’elle a onze ans, Aliona apprend que son père a disparu lors du naufrage d’un voilier au large de la Turquie. Contre-enquête initiatique menée à partir des lambeaux de souvenirs de la petite fille devenue adulte, ce roman ausculte l’impalpable attente, tout en inventant un destin à cet homme absent.

128 pages, 140 x 205 mm  / parution : 11 janvier 2018 / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782072761096/  Prix : 13,00 €

Une famille très française, Maëlle Guillaud

Avec « Une famille très française », Maëlle Guillaud confirme ses talents d’écrivain et nous entraine avec justesse dans les affres de l’adolescence qu’elle décortique avec subtilité.

Domi_C_lire_une_famille_tres_francaiseCharlotte est fière de sa famille, sa mère, sa grand-mère, si présente, si expansive, si affectueuse. Pourtant le jour à la belle Jane arrive dans son lycée, elle est éblouie par cette jeune fille si élégante, par cette famille si raffinée, si discrète, ses enfants si bien éduqués.
Quand on vient d’une famille exubérante, chaleureuse, protectrice, avec des femmes « mères juives » qui en imposent par leur franc parler, leur cuisine du soleil, leur amour débordant et presque encombrant, un peu de classicisme serait le bienvenu. Aussi, représentante de la bourgeoisie de province par excellence, la famille Duchesnais a tout pour éblouir la jeune Charlotte. Jane – ne pas confondre avec Jeanne, c’est moins chic ! –  à qui tout semble réussir, un frère comme Charlotte en rêve, des parents si conformes aux standards qu’elle voudrait retrouver dans sa famille, un rêve devenu réalité ?

Le difficile apprentissage de l’adolescence où l’on se cherche, où l’on a parfois honte de ce que l’on est ou des siens, ébloui par les lumières et les apparences parfois trompeuses. Car que sont une éducation rigide et bienpensante, mais peut-être moins sincère, moins affectueuses, face à la chaleur et à l’exubérance de celles qui savent donner tout leur amour. Que sont les faux-semblants, les masques de bonne éducation…

De Maëlle Guillaud, j’avais beaucoup aimé Lucie ou la vocation. Je la retrouve avec un grand plaisir dans ce roman très actuel d’une jeune femme qui se cherche, qui se perd parfois, mais qui se pose de vraies questions sur son identité, sa famille, son milieu de vie. Intéressant plaidoyer pour la famille, celle que l’on se choisit ou celle que l’on a, sur les amitiés adolescentes, les vérités et les apparences, le savoir être et ce que l’on montre.

Une belle écriture, une justesse d’analyse de cette jeunesse en mal de repère, des sentiments propre à cette période de la vie si compliquée qu’est l’adolescence. Une famille très française  est un beau roman à mettre entre toutes les mains des ados et de leurs parents. Maëlle Guillaud poursuit son chemin d’écrivain pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, et c’est tant mieux !

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Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Charlotte a toujours été fière de ses parents, mais lorsqu’elle rencontre ceux de Jane, leur élégance et leur réussite l’éblouissent. La silhouette élancée et la blondeur vaporeuse de sa meilleure amie tranchent à côté de ses rondeurs généreuses et de ses boucles brunes. Peu à peu, Charlotte se met à avoir honte de l’exubérance de sa mère, de l’humour de son père, de ses origines… Et si le raffinement des Duchesnais n’était qu’un trompe-l’œil, et cette famille moins parfaite qu’elle n’y paraît ?
Avec justesse et subtilité, Maëlle Guillaud soulève l’épineuse question de l’identité à travers les yeux d’une adolescente face à ses contradictions. Une famille très française est un roman d’apprentissage qui loue la richesse d’être soi, tout simplement, avec son histoire et ses singularités.

208 pages | 17€ / Paru le 12 avril 2018 / ISBN : 978-2-35087-448-7 / Photo de couverture © Colin Hutton/Millennium Images, UK

Seuls les enfants savent aimer, Cali

Seuls les enfants savent aimer, le premier roman de Cali est un retour vers l’enfance, vers un souvenir prégnant qui a marqué sa vie à jamais, le décès de sa mère.

Domi_C_lire_seuls-les-enfants-savent_aimer_caliAlors qu’il a 6 ans, le jeune Bruno voit sa vie basculer avec la mort de sa mère, une jeune femme de trente-trois ans. Bien sûr, il y avait des semaines qu’elle luttait contre la maladie, qu’elle était partie à l’hôpital, mais elle était revenue à la maison.
« Tu es revenue. Pour partir à jamais. »

Une plaie ouverte qui ne se refermera pas. Il n’a pas été autorisé à accompagner à son enterrement celle qu’il aime par-dessus tout, qui compte tant pour lui, trop jeune, trop fragile. C’est dans une pièce obscure de la maison qu’il va deviner, inventer, la mise en terre, les adieux, pourtant passage quasi obligé pour la plupart des vivants pour arriver à faire son deuil de celui qui part. Un amour filial dont personne dans la famille n’a su prendre la mesure.

Des années après, celui qui s’appelle pour nous tous Cali, va enfin écrire, avec les mots du petit garçon de cette époque, la perte, le chagrin, les évènements qui ont bouleversé son horizon, pendant les mois qui vont suivre le deuil.

Un père qui meurt peu à peu de l’absence et sera plus souvent au café qu’à la maison, une grande sœur qui tente tant bien que mal de pallier au manque en faisant les tâches ménagères de cette mère disparue, la famille qui ne trouve rien de mieux que de détruire toute trace de celle qui est décédée, en brulant tout, scène marquante du roman j’avoue. Puis il y a l’école, Carole, celle qui focalise tous les sentiments de Bruno, son amour sans retour, Alec, le meilleur ami, celui des secrets, des bêtises, des câlins aussi, enfin le départ en colonie, comme une punition suprême, un éloignement de plus du lieu où repose sa mère.

Des souvenirs forts pour l’enfant qui sont tantôt écrits avec le langage du petit garçon, tantôt avec celui du poète, mais qui du coup tiennent également le lecteur à distance de la douleur. Mais sans doute est-ce voulu, pour tenir l’adulte qu’il est devenu également à distance de cette douleur si prégnante et destructrice ? Alors comment dire, il m’a manqué un petit quelque chose pour être emballée, même si j’ai été touchée par ce premier roman d’un homme qui sait jouer avec les mots, y compris pour exprimer le chagrin et la perte, l’incompréhension et la manque.

Mes poings fous tambourinent à la porte de l’église.
Celle de la mort, des enterrements.
« Il est où, Dieu ? »
…. Je dois lui parler seul à seul. Et comprendre
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💙💙💙

Lire également les chroniques de Nath Le boudoir de Nath, de HCh Dahlem Ma collection de livres,  et de Joëlle Les livres de Joëlle


Catalogue éditeur : le Cherche Midi

Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le cœur d’un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman.
Jusqu’à quand vas-tu mourir ?

Date de parution : 18/01/2018 / EAN : 9782749156385 / Nombre de page : 188