Le premier homme. Jacques Ferrandez, d’après l’œuvre d’Albert Camus

Lire « Le premier homme » et se laisser emporter par ce graphisme de Jacques Ferrandez et par les mots de Camus.

DomiCLire_le_premier_homme_gallimardJ’ai un goût immodéré pour les romans graphiques, enfin je crois. Avec Le premier homme, une fois de plus, j’ai été emportée par un graphisme, des couleurs, un récit magique et prenant, que je n’ai pas voulu lâcher avant de l’avoir terminé.

Le premier homme  est basé sur le texte d’Albert Camus dont le manuscrit fut retrouvé dans sa sacoche en janvier 1960, lors de l’accident de voiture qui lui coûta la vie, et qui ne sera publié qu’en 1994. Ce roman graphique nous entraine sur les pas de Jacques Cormery, double fictif de l’auteur, qui de l’Algérie au retour en France va évoquer avec amour la mère, le père disparu à la guerre de 14/18, la grand-mère sévère mais juste, le professeur qui guide l’enfant brillant vers les études supérieures, la reconnaissance de l’écrivain chez Gallimard, et le recherche du père, sa tombe en Bretagne, les amis, la guerre, le pays que l’on aime et que l’on quitte à regret.

Il y a tout cela et plus encore, car les flashback sont là, les rêves aussi, le miracle du dessin qui permet de faire cohabiter l’enfant et l’homme, le souvenir et le présent, le malheur et l’espoir, l’enfance et l’âge mur. Il y a de l’humour, du bonheur, de grands malheurs, des regrets et de la nostalgie, de la passion et du désespoir aussi face la mort, l’incompréhension face à la guerre, mais il y a surtout l’amour d’un fils pour sa mère et pour le pays qu’il a quitté. On sent les personnages à travers les couleurs, les teintes, les paroles, les textes et les différentes écritures dans une même case, c’est magique et nostalgique, intime et réaliste, comme avec ses photos ou carnets en surimpression, posés là, pour prouver la réalité du récit.

Vous aimez Camus ? Vous aimez les romans graphiques ? Vous êtes simplement curieux ? Alors foncez vers celui-ci, car il est superbe, et peut-être tout comme moi aurez-vous envie ensuite de découvrir L’étranger, du même auteur toujours chez Gallimard.

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Catalogue éditeur : Gallimard BD

« En somme, je vais parler de ceux que j’aimais », écrit Albert Camus dans une note pour l’œuvre à laquelle il travaillait au moment de sa mort. Il y avait jeté les bases de ce que serait son récit de l’enfance : une odyssée temporelle et émotionnelle à travers ses souvenirs, un récit qui, sous couvert de fiction, revêt un caractère autobiographique exceptionnel. À la recherche de ses origines, il y évoque avec une singulière tendresse son univers familial, le rôle des femmes, celui de l’école, la découverte du monde extérieur… En filigrane, on découvre les racines de ce qui fera la personnalité de Camus, sa sensibilité, la genèse de sa pensée, les raisons de son engagement.

Après le succès de « L’Étranger », le chef-d’œuvre autobiographique d’Albert Camus en bande dessinée.

Par : Albert Camus, Jacques Ferrandez / Collection : Fétiche / Date de parution : 21 / 09 / 2017 / 184 pages / 24,5 € / 210 x 280 mm / ISBN : 9782075074155

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Dans la forêt sombre et mystérieuse. Winshluss

Mais que va trouver Angelo là-bas, dans la forêt sombre et mystérieuse ? Vite, embarquez avec lui et découvrez ce conte initiatique très actuel.

DomiCLire_dans_la_foret_sombre_et_mysterieuse.jpgDans la famille d’Angelo, les enfants se disputent allégrement, le grand frère embête Angelo, la petite sœur pleure, une vie normale en somme. Jusqu’au moment où la maman d’Angelo s’écroule en larmes. Une maman qui n’a jamais pleuré, ce doit être grave ! Et en effet, mémé, celle qui permet tout, celle qui sent si bon, celle avec qui on passe de si super vacances, est gravement malade. Il faut partir la voir, toute la famille embarque dans la voiture pour un long voyage.
Mais la route est longue, il faut s’arrêter, « pause pipi pour tout le monde ». Quand tout le monde repart, papa et maman sont tellement stressés qu’ils oublient Angelo au bord de la route.
Et pour Angelo, l’aventure commence : comment rejoindre ses parents, comment aller chez mémé ? Il va traverser la forêt sombre et mystérieuse. Il y fera de nombreuses rencontres, les fourmi rouge qui piquent et se défendent, Fabrice, l’écureuil qui rêvait d’être un oiseau, Goouh, le drôle de monstre qui incarne si bien la forêt, un crapaud qui fume à l’entrée de la vallée du désespoir, celle qui les hommes ont ravagée en cherchant « la source de vie », le nuage, qui tonne lorsqu’il est en colère et qui fait tomber une pluie abondante qui recouvre la vallée. Quand Angelo a trop faim, il tombe dans le piège de la femme de l’orge qui espère bien préparer « un bon petit garçon » pour le dîner de son mari !…. Mais Angelo est un gentil petit garçon qui soutien ceux qui souffrent, ceux qui ont besoin de lui, les plus petits que lui qui sont à sa merci mais qu’il sait épargner, aider, et qui lui sauront gré de sa gentillesse lorsqu’il aura besoin d’eux.

A la fin de son long voyage dans la forêt sombre et mystérieuse, Angelo va retrouver sa famille, son papa et sa maman qui l’avaient oublié sans s’apercevoir de son absence, sa famille qui veille mémé si malade. Et alors ? Mémé ? Que devient-elle ? Ah mais là, pour le savoir il faut lire cette superbe BD !

Un superbe graphisme, des couleurs sombres ou plus lumineuses adaptées à chaque situation que rencontre Angelo dans la forêt, à la fois synonyme de mystère, d’aventure, à la manière d’un conte, qui inquiète mais sans jamais faire réellement peur.  De toute l’histoire émerge une morale intéressante, celle du plus grand qui aide, qui soutien, et qui reçoit en retour la gentillesse dont il a su faire preuve, mais également une approche du côté parfois cruel que peuvent prendre les situations, du deuil, de la peur des enfants d’être abandonnés par ceux qu’ils aiment plus que tout, les parents. Un joli voyage au milieu des ogres et des géants, dans un conte pour enfants version moderne.


Catalogue éditeur : Gallimard Jeunesse

Angelo, jeune apprenti aventurier féru de zoologie, prend la route en famille pour rendre visite à sa mémé géniale qui est très malade. Mais sur l’aire d’autoroute où ils s’arrêtent, ses parents l’oublient et repartent sans lui! Terrorisé, Angelo décide de couper à travers la forêt, où il se perd tout à fait…
Ses rencontres avec de fascinantes créatures — de la luciole obèse à l’ogre terrifiant — vont faire de son singulier périple une aventure fantastique.

Pépite d’or du meilleur livre jeunesse 2016 / Prix France Télévisions – Catégorie moyens.

Bandes dessinées jeunesse / hors collection, Parution : 20-10-2016 / 160 pages, 190 x 260 mm / De 7 à 12 ans / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782070655700

Aya de Yopougon t1. Marguerite Abouet, Clément Oubrerie

A Yopougon, dans la banlieue d’Abidjan, dans les années 70, il y a Aya, et ses copines…

Aya de Yopougon - Aya de Yopougon, Tome 1On trouve de jolies filles qui vont gazer au « ça va chauffer » et se laissent embrasser voire plus à l’ »hôtel des mille étoiles  » sur les tables où elles ont rendez-vous à la nuit tombée avec leur amoureux. Au risque parfois de se tromper de table et d’être reconnue par d’autres ! Surtout par celui qui ne doit pas. Aya, quant à elle, est sage et studieuse. Elle veut devenir médecin.

Son père travaille à la fabrique de bière et rêve de la voir épouser Moussa, le fils du patron. Celui-ci est idiot, moche et fainéant mais c’est le « fils à papa » et le seul du coin qui roule en Toyota. Toutes les filles, une fois qu’elles savent qui est son père, ne rêvent que de l’épouser. Mais pas Aya. Et d’ailleurs ça ne se passera pas comme ça puisque c’est une de ses amies qui tombe enceinte. Il n’y a plus qu’à célébrer le mariage… au grand dam de la famille de Moussa qui rêvait mieux pour son fils.

Dans cette histoire réconfortante, savoureuse et profondément humaine, il y a Aya et ses copines, Adjoua et Bintou, il y a les filles qui rêvent de faire la fête, celles qui seront condamnée aux « séries C » : Coiffure, Couture, Chasse au mari ! Celle qui rêvent de partir à Paris avec celui qui rentre au village pour trouver une femme. Et il y a Aya, sérieuse, appliquée, très sage, trop presque.

C’est gai, réaliste. Le langage est fleuri et familier mais pas trop. Amours, travail, rencontres, illettrisme, école, drague, condition des femmes, infidélité chronique, tout y passe et c’est un vrai régal aussi bien par le graphisme agréable, coloré et enlevé que par les dialogues croustillants et sympathiques. Cette série est sortie il y a quelques années (6 tomes) et j’ai très envie de lire la suite !


Catalogue éditeur
Gallimard BD / Scénario de Marguerite Abouet. Dessin de Clément Oubrerie
Genre : Humour, Société / Collection : Bandes dessinées hors collection
Date de parution : 22 / 10 / 2015 / 112 pages / 17 € / 170 x 240 mm
ISBN : 9782070669349