Miro, Grand Palais

Visiter l’expo Miro et savourer les couleurs, la poésie et l’inventivité de l’artiste catalan. « Pour moi, un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème ».

Le Grand Palais consacre une belle rétrospective au grand maître catalan Joan Miró et présente plus de 150 œuvres en provenance des grands musées européens et américains, ainsi que de collections privées, pour permettre au visiteur de parcourir soixante-dix ans de création, d’inventivité, de rêves avec cet artiste qui nous parle de poésie en bleu ou en couleurs.

Quand le trait se pose sur la toile, sa simplicité manifeste est pourtant évocatrice et émouvante, qu’il évoque la montée du fascisme, l’hommage à l’ami Picasso ou la condamnation du jeune manifestant, Miro nous émeut et nous touche, nous frappe et nous réveille. Par ses traits, ses courbes, ses aplats, ses tons vifs et colorés, ses œuvres nous parlent, ses œuvres nous interpellent…

De sa Catalogne natale à Paris, de Mont Roig à Palma de Majorque, Miro a trouvé un alphabet coloré qu’il a décliné et fait évoluer dans son œuvre tout au long de sa vie. Il va comme il dit assassiner la peinture et développer son art de cette manière si personnelle, avec cette simplicité de traits, de figures, de formes et de couleurs. Il est d’ailleurs l’un des rares artistes, avec son grand ami Pablo Picasso, a avoir lancé un défi à la fois au surréalisme (lui qui est pourtant souvent qualifié de peintre surréaliste) et à l’abstraction.

Il se sera cependant essayé à tous les styles de son époque, le cubisme interprété à sa manière – on est loin des œuvres de Juan Gris ou de Pablo Picasso – le fauvisme, l’art catalan…

A partir de 1925, à Paris il fréquentera les surréalistes, les poètes et les artistes de son époque, Max Ernst, Robert Desnos, Tsara, Antonin Artaud, Aragon ou André Breton. Mais loin de l’interprétation surréaliste, son univers poétique est empreint de liberté tant dans les traits que dans les couleurs, il n’y a plus de représentation du réel, mais au contraire une prépondérance de l’imaginaire et de l’interprétation lyrique dans ce qu’il peint. En 1935, Miro est fortement touché par la montée du franquisme et par la guerre civile espagnole, son œuvre reflète alors toutes ses angoisses.

Réfugié avec tant d’autres artistes sur la côte normande il réalise à l’été 1939 les constellations, gouaches sur papier, une série qu’il termine en 1941. Élaboration de signes, de pictogrammes, constitutifs de cet alphabet si caractéristique qu’on retrouve tout au long de sa vie.

Simplicité, couleur, inventivité, sont les mots qui me viennent à l’esprit en parcourant les salles du Grand Palais.

On peut y voir également quelques céramiques produites dans le village de Gallifa. Au contraire de Picasso, Miro ne produira que des œuvres uniques.

Mais aussi des sculptures classiques, recouvertes de ripolin aux couleurs vives, comme pour tourner en dérisoire, voire ridicule, le travail intense de l’artiste sculpteur. A la façon de Calder ?

Bleu I bleu II, bleu III : réalisées à Palma de Majorque ses premières œuvres monumentales sont comme un aboutissement de tout ce qu’il a essayé de faire.

Joan Miró a été un homme engagé tout au long de sa carrière exceptionnelle. Il a défendu la Seconde République espagnole pendant la guerre civile de 1936-1939, il a peint un triptyque, œuvre critique sur l’exécution de l’anarchiste catalan Salvador Puig Antich en 1974. L’exécution à lieu au moment où il termine le troisième volet du triptyque.

Toiles brulées, épure blanche de grands triptyques… Miro invente, détruit, construit tout au long de sa vie une œuvre unique et forte.

Et, comment dire, en revoyant son œuvre, je me remémore et je comprends mieux l’inspiration des Shadocks, pas vous ?…

Une exposition qui se concentre sur les périodes charnières de l’artiste, du mouvement fauve au surréalisme, en passant par le cubisme ou le mouvement détailliste. Ni abstrait, ni figuratif, son art est devenu au fil des années un véritable langage, et n’a eu de cesse de se développer.

💙💙💙💙💙 Du 3 octobre 2018 au 4 février 2019.

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Éblouissante Venise. Venise, les arts et l’Europe au XVIIIe siècle, au Grand Palais

Vous rêvez de partir en voyage pour fuir l’hiver, au Grand Palais embarquez pour Venise pour le prix d’un billet


Exposition scénographiée par Macha Makeïeff. Les robes en papier d’Isabelle de Borchgrave (2018)

Cette exposition est un hommage aux artistes de cette cité-état indépendante instituée en république depuis le Moyen Age. C’est aussi un voyage dans la vie de la Venise du XVIIIe siècle. Bien que sur le déclin, elle fascine néanmoins toujours l’Europe par sa création artistique foisonnante.

Peintres, sculpteurs, décorateurs, de Gian Antonio Canaletto à Francesco Guardi, et leurs suiveurs, tous produisent les riches œuvres présentées ici. Il s’en dégage une atmosphère manifestement festive et légère, il faut dire que le décor des canaux et des bâtiments qui s’y reflètent offre une magnifique scénographie sans cesse renouvelée.

Si le parcours parait parfois légèrement incohérent, ou tout au moins peut sembler hermétique pour les non-avertis que nous sommes souvent, les œuvres présentées donnent une image intéressante et multiforme de la production artistique de la Sérénissime. En particulier à l’heure où fêtes, opéra, théâtre, réceptions et divertissements ponctuent la vie de ses habitants et des voyageurs qui la découvrent. Elle fait également la part belle aux œuvres des artistes vénitiens qui ont parcouru l’Europe, en Angleterre, dans les pays germaniques ou à Paris, et porté haut les couleurs de la Sérénissime.

Et l’on découvre et savoure, au fil des différentes salles du Grand Palais, entre autre…

💙💙💙💙 Jusqu’au 21 janvier.

Grande exposition Hergé au Grand Palais

Que l’on aime, ou pas, les aventures de Tintin, on adorera découvrir la belle exposition consacrée à Hergé au Grand palais

affichehergeokCe qu’en dit le grand Palais : On ne présente plus la carrière de Georges Remi, dit Hergé, auteur belge de bande dessinée principalement connu pour Les Aventures de Tintin. Souvent considéré comme « le père de la bande dessinée européenne », il est l’un des premiers auteurs francophones à reprendre le style américain de la bande dessinée à bulles. Perfectionniste et visionnaire, il crée tour à tour Les Exploits de Quick et Flupke (1930) ou Les Aventures de Jo, Zette et Jocko (1935) et fait évoluer ses personnages en lien avec l’actualité contemporaine. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artistes contemporains et a vendu presque 250 millions d’albums, traduits dans une centaine de langues.

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais en collaboration avec Le Musée Hergé.

Tout au long de cette exposition, le visiteur se promène dans la vie d’Hergé, à la découverte de sa rencontre avec l’art contemporain, car artiste lui-même, on découvre d’ailleurs quelques tableaux réalisés par Hergé, il était également amateur d’art.

Il débute au journal Le Vingtième Siècle où il fait des reportages sur des sujets très variés, art précolombien, Van Gogh, Goya, etc. Initié à l’art moderne dès les années 60, il va également collectionner les œuvres de ses contemporains.

Si Hergé a toujours aimé raconter des histoires, il aime aussi agrémenter ses histoires de dessins. Mais surtout il passe rapidement maitre dans l’art du découpage, de la mise en scène, du décor, pour créer une atmosphère, des personnages, une intrigue, alliant littérature et art cinématographique pour créer une œuvre originale.

Il publie ses premières planches dans le journal Le Petit Vingtième, mais le journal ferme lors de l’occupation allemande. Dès 1941, il va reprendre ses publications des premiers Tintin pour un supplément hebdomadaire jeunesse. Il connaitra d’ailleurs quelques soucis à la libération, plusieurs fois arrêté, il n’obtiendra son « certificat de civisme » qu’en 1947.

C’est à cette période qu’il connait ses plus grands succès, car jamais les tirages chez Casterman n’ont été aussi élevés. Il adopte enfin la couleur avec l’album L’étoile mystérieuse, et fait entrer le Capitaine Haddock dans le panthéon de ses personnages avec Le crabe aux pinces d’or.

Tout au long des différentes salles, on peut admirer la finesse des traits, le détail, les personnages, présentés par des planches successives et qui montrent bien les étapes de la réalisation d’un album. On est très proche d’ailleurs des dessins préparatoires des plus grands artistes peintres !

De salle en salle, on découvre d’autres aspects de la carrière d’Hergé, comme ces dessins pour des « réclames », ce précurseur de la publicité, de belles affiches, des logos, superbes de finesse et de simplicité, colorés et expressifs.

Une salle est consacrée à la rencontre d’Hergé avec sans doute le seul personnage réel des aventures de Tintin, Tchang, qu’il rencontre à Bruxelles en 1934. C’est le choc des cultures, et la rencontre aussi avec l’humain, qui transforme et donne une dimension supplémentaire à ses albums. On découvre avec plaisir quelques objets personnels, une multitude de dessins aussi, un mur de couvertures des revues Le Petit Vingtième, etc.

Une belle expo qui nous fait voyager sur les traces d’un artiste qui fait rêver les enfants de 7 à 77 ans…S’il faut retenir une leçon ? Pour y arriver, dessiner, dessiner, dessiner encore… et avoir du talent !

Grand Palais, Galeries nationales, du 28 septembre au 15 janvier 2017.

Amadeo de Souza-Cardoso. Grand Palais

Le Grand Palais présente une belle exposition de ce peintre portugais méconnu, Amadeo de Souza-Cardoso. Dépêchez-vous il ne reste que quelques jours ! (À voir jusqu’au 18 juillet 2016)

DomiCLire_amadeo_EXPODeux-cent cinquante œuvres d’Amadeo et de ses amis proches, Modigliani, Brancusi ou encore le couple Delaunay, sont rassemblées dans cette exposition, première grande rétrospective consacrée à cet artiste depuis 1958. Né en 1887 et mort en 1918, cet artiste aux nombreuses facettes a pratiqué une peinture aux influences multiples.

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Amadeo de Souza-Cardoso a commencé par des études de droit, mais son esprit artiste le conduit à l’école d’architecture de Paris, à Montparnasse, lieu de rencontre et de créativité des artistes de son temps. Entouré de ces artistes aux influences diverses, impressionnistes, fauves, cubistes et futuristes, tous les artistes les plus avant-gardistes du début du XXème siècle, il pique de ci de là pour créer des formes, des couleurs, des compositions, un style vraiment à lui.

Dessins

Inspiration africaine

Inspiration asiatique

Cubisme à sa façon, colorée

Paysages, Pays Basque…

J’ai été totalement charmée par des couleurs de toute beauté, des paysages au charme fou, des visages africains à la modernité incroyable, une vivacité et une modernité dans les couleurs et dans les formes. Amadeo de Souza-Cardoso a une inventivité dans le style, même quand il reprend l’esprit des cubistes, il l’explore autrement, avec d’avantage d’intensité dans les couleurs et les formes. Cette exposition est un véritable régal pour les yeux, un peintre assurément à voir ou à découvrir !

20 Avril 2016 – 18 Juillet 2016  Grand Palais, Galeries nationales

Picasso.Mania au grand Palais

Vous continuerez longtemps à peindre ? – « Oui, parce que pour moi, c’est une manie » (Picasso)
A l’exposition Picasso.mania du grand Palais, on pouvait admirer cent chefs d’œuvre de Picasso, dont certains jamais montrés, et mieux appréhender l’influence du maitre chez les artistes contemporains et avant-gardistes des années 60 /80.

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Andy Warhol

Même si elle est terminée depuis longtemps, j’ai envie de revenir sur mes impressions suite à mes visites de Picasso.mania. L’exposition était présentée à la fois de façon chronologique et thématique, pour mieux montrer comment les œuvres de l’artiste furent reçues par les plus grands, qu’ils aient été critiques ou artistes, mais dans tous les cas acteurs des étapes de la formation du mythe Picasso. Le face à face confrontait les artistes au maitre et apparaissait presque comme une évidence.
Il est important de connaitre l’homme, ses influences sur les plans personnel, historique et artistique, pour mieux comprendre son œuvre. Aux grandes périodes et à certaines œuvres particulièrement emblématiques de Pablo Picasso, telles que Les Demoiselles d’Avignon et Guernica, répondent les œuvres contemporaines de Hockney, Johns, Lichtenstein, Kippenberger, Warhol, Basquiat ou Jeff Koons.

 

Maurizio Cattelan : en 1960 il utilise un masque en papier mâché, qu’il fait porter à un mannequin avec une tenue typique de Picasso, la marinière. C’est une attaque de la démocratisation culturelle : Picasso est devenu l’emblème de la société du divertissement de masse. Dans les années 60/70 on trouve par exemple des reproductions d’œuvres de Picasso jusque dans les cuisines de tous les français !

Chéri Samba peint Picasso avec les mains en petits pains (ce sont les petits pains qu’ils mangeaient à la villa !), mais y ajoute l’Afrique et la colombe. Picasso est placé devant une assiette, on voit la colombe qu’il avait dessinée en 49 pour le mouvement mondial pour la paix. Symbole de mouvement antimilitariste que Chéri samba résume lui aussi par la colombe.

Richard Hamilton peint les Ménines en remplaçant Velázquez par Picasso. Et comme Picasso est communiste, il représente aussi la faucille et le marteau. En fait, pour orchestrer son tableau, il s’inspire de tous les styles de l’artiste.

Guernica : Même si Picasso est parti tôt d’Espagne, il reste présent dans la vie espagnole et les peintres d’alors rendent hommage à l’artiste contestataire. Pour preuve de ce côté contestataire, le refus par Picasso du retour de Guernica en Espagne du vivant du dictateur Franco. Le tableau part alors au MOMA à New York, et ne reviendra à Madrid que dans les années 70, après la mort du maitre.

Les demoiselles d’Avignon : On sent la présence de l’art africain dans l’inspiration de Picasso tout particulièrement avec ce tableau, car deux demoiselles ont des visages qui ressemblent à des masques africains. Même si on est en pleine période colonialiste, Picasso a su reconnaître la valeur de l’art africain. Il faudra d’ailleurs arriver jusque dans les années 80 pour vraiment comprendre l’influence de l’art africain sur l’œuvre de Picasso. Le tableau est au MOMA, à New York. « Les Demoiselles d’Avignon » est la première œuvre cubiste référencée de Picasso, qu’il réalise en réaction à l’Olympia de Manet. Il utilise la géométrie dans l’art, mais ce n’est pas nouveau, au contraire, puisque c’est utilisé depuis longtemps en Afrique, en particulier avec les masques. Picasso allait d’ailleurs souvent à l’institut océanographique et possédait des œuvres africaines.

La Guitare « j’aime Eva « et le cubisme
domiClire_picasso_3L’invention du cubisme arrive avec Braque. C’est de la photo 3D avant l’heure. Cela correspond sans doute à une époque de démocratisation du cinéma. Le cubisme provient du désir des artistes de représenter à la fois l’espace et le temps en essayant de donner l’illusion du mouvement. Mais comment peut-on représenter le mouvement sur une surface figée ?
Les cubistes montrent donc des décalages temporels, des phases différentes, d’une même image. L’objet s’est simplement déplacé dans l’espace. C’est aussi une façon de représenter le volume. Ce qui est impossible autrement sur la planéité de la toile.
Depuis de 15e siècle, en peinture on utilise la perspective pour représenter l’idée du volume. Mais l’idée est alors que Dieu a créé une image pour que l’homme la regarde telle qu’elle est, et que cette image est unique. A l’époque du cubisme, on a une nouvelle vision du corps avec les évolutions de la science, les cubistes subissent cette idée. L’idée est de voir non seulement avec les yeux mais aussi par le toucher, de montrer les volumes tels qu’on les « voit » avec son corps entier. Comme si on pouvait le toucher, par la démultiplication en de multiples facettes. Exactement comme le fait Cézanne lorsqu’il peint à l’infini la montagne St Geneviève. Pourtant, Picasso ne veut pas être un peintre abstrait. Aussi revient-il à l’idée de « raconter une histoire » avec des yeux, une bouche, un nez etc.
Dans l’exposition, on pouvait voir les œuvres de David Hockney qui applique le cubisme à la photo. On se rend compte alors qu’il y a forcément plusieurs façons de représenter la réalité. Y compris en utilisant les limites même de la photo qui fige l’instant.

Quand Picasso Inspire les artistes afro américains : Colescott réalise « Les demoiselles d’Alabama vêtues et dévêtues » en 1985. A sa façon, il restaure et inverse les quotas et dans ses tableaux, remplace les blancs par des noirs !

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Roy Lichtenstein
Son interrogation : que va-t-on faire de l’artiste dans une société où les machines peuvent reproduire à l’infini n’importe quelle image, et où la reproduction tient lieu de création ! Dans ses œuvres, on peut voir de nombreux points : en fait il reproduit les trames de l’impression.

 

Très intéressante idée, deux tableaux de George Baselitz, dont l’un inspiré par un tableau du maitre. Ce peintre d’Allemagne de l’Est est bercé à la peinture de Picasso, l’un des rares artiste enseigné là-bas, simplement parce qu’il affirme ses convictions communistes ! Et ce n’est pas une erreur d’accrochage, mais George Baselitz retourne ses peintures car il veut que le visiteur ne cherche pas à voir l’objet représenté mais seulement l’œuvre…

Le cycle des quatre saisons de Jasper Johns, une des caractéristiques de son œuvre : les vases visages.

 

Après la mort de Picasso et de Jacqueline, Martin Kippenberger peint plusieurs tableaux qu’il intitule : « Jacqueline : The paintings Pablo couldn’t paint anymore”

 

domiClire_picasso_basquiatJe termine ma visite par ce tableau de Jean-Michel Basquiat, auto portrait en marinière : juste parce que j’aime particulièrement et le tableau, et le peintre !
Voilà, encore une fois c’était une expo passionnante, même si au premier abord elle était un peu hermétique, car les œuvres des artistes « suiveurs » ou « inspirés » ont vraiment besoin de quelques explications pour être mieux appréciées. Mais quel plaisir d’apprendre et de mieux comprendre.

« Fragonard, amoureux », au Musée du Luxembourg à Paris

On dit qu’il faut « lâcher prise et se laisser transporter au gré des évolutions picturales de Fragonard ». Voilà qui est fait, je suis allée voir l’exposition du musée de Luxembourg.

Jean Honoré Fragonard, "Le Verrou", vers 1777-1778Que l’on évoque les œuvres de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) lors de son parcours en Italie, ou les peintures plus classiques de la fin de sa carrière, le sentiment amoureux est toujours particulièrement prégnant sous le pinceau de l’artiste, même s’il évolue à travers le XVIII e siècle.

L’œuvre de Fragonard est indéniablement portée par l’inspiration amoureuse.
Qu’elle soit galante, libertine, polissonne ou au contraire synonyme d’une nouvelle éthique amoureuse, son œuvre met perpétuellement en scène la rencontre des corps et la fusion des âmes.

 

Que ce soit par les peintures exposées, les dessins et les ouvrages illustrés, au contenu érotique plutôt explicite, l’exposition du Musée du Luxembourg met en lumière l’œuvre de Fragonard à travers ce prisme amoureux.
Parfois un peu trop « poudré » à mon goût, on ne peut malgré tout qu’admirer le talent d’un artiste reconnu par tous.
Par contre j’aime énormément certains détails de ces tableaux, superbes de délicatesse. En voici quelques uns :

 

10302056_10201185172468253_3672633274516044344_nEnfin, quelques œuvres font parler, comme « le verrou » où l’on comprend que la limite du libertinage est sans doute proche de l’abus ou du viol.. autres temps, mais pas autres mœurs, où les femmes ne sont pas toujours consentantes, où le « non » à une signification différente suivant s’il est prononcé ou entendu ? …

Mais dans tous les cas, c’est une très jolie exposition, dans ce lieu que j’aime beaucoup, tout à côté des beaux jardins du Luxembourg et du Sénat. A voir jusqu’au 24 janvier 2016.


12391052_10201185173148270_1726657440246094607_nSouvent en écho avec les transformations et préoccupations de son époque. L’exposition explore les diverses variations autour du thème du sentiment ou de l’impulsion amoureux, inlassablement repris et enrichi dans l’œuvre de Fragonard : depuis les premières « bergeries » liées à la grande tradition de galanterie héritée du XVIIe siècle jusqu’aux allégories amoureuses néoclassiques imprégnées d’un véritable mystère sacré de la fin de sa carrière.

Commissaire : Guillaume Faroult, conservateur en chef, en charge des peintures françaises du XVIIIe siècle et des peintures britanniques et américaines du musée du Louvre.
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais en partenariat avec le Musée du Louvre.