Une année folle, Sylvie Yvert

Deux hommes embarqués dans les tourments de l’Histoire, deux souverains qui se disputent le pouvoir, deux épouses extraordinaires… Vous venez, on part découvrir cette année folle si bien racontée par Sylvie Yvert !

Waterloo, qui n’est pas seulement une gare britannique, mais aussi les cent-jours et le retour de Napoléon puis de Louis XVIII, la plupart d’entre nous connaissons, ou du moins en avons-nous quelques souvenirs de lointains cours d’Histoire ou différentes lectures. Mais avec Une année folle, Sylvie Yvert nous dit tout sur ces bouleversements qu’a connu la France en 1815, quand à partir de fin février Napoléon Ier traverse la France en quelques semaines et revient à Paris après son exil à l’île d’Elbe.

Avec une exceptionnelle rigueur des faits et des événements, l’auteur réussit l’exploit de nous offrir un récit historique à la fois érudit, foisonnant, et surtout romanesque à souhait avec ces deux personnages principaux que sont, non pas Napoléon et Louis XVIII, mais le sage Antoine et le jeune et beau Charles. Car voici le récit tragique et drôle à la fois de la vie incroyable de ces deux hommes, mais aussi de leurs deux épouses hors du commun.

Ce que j’ai aimé ? Découvrir ces personnages décalés dont nous n’avions sans doute jamais entendu parler, dans cet exposé plus que significatif des incohérences de l’Histoire. Comment deux hommes tous deux proches de Napoléon, fidèles à leurs opinions, soucieux de leurs métiers, dans l’armée pour l’un, aux Postes pour l’autre, mais aussi de leurs familles, ont été emportés par le vent de l’Histoire et ont servi en quelque sorte de boucs émissaires en cette période où il fallait faire un exemple.

L’écriture de Sylvie Yvert, le rythme soutenu de cette année folle qui prend des airs de tragi-comédie sur fond d’intrigues et de compromissions, et le fait que le récit soit parfaitement documenté sans paraitre trop dense, voilà la recette d’un excellent roman historique.

Catalogue éditeur : éditions Héloïse d’Ormesson

Entrez dans la danse : une des plus sidérantes années de l’histoire de France commence. Fraîchement débarqué de l’île d’Elbe, Napoléon déloge Louis XVIII pour remonter sur son trône. « Son » trône ? Après Waterloo, le voilà à son tour bouté hors des Tuileries. Le roi et l’Empereur se disputent un fauteuil pour deux, chacun jurant incarner la liberté, la paix et la légitimité.
Sur la scène de ce théâtre méconnu des Cent-Jours, deux fidèles de « l’Aigle » sont dans la tourmente. Deux héros oubliés liés par un sens de l’honneur et une loyauté hors du commun qu’ils vont payer cher…
Au bal du pouvoir la valse des courtisans bat la mesure face à un peuple médusé. Chorégraphe d’une tragi-comédie en cinq actes, Sylvie Yvert tisse avec une savoureuse habileté ces destins contrariés. Une fable intemporelle, enjouée et amorale.

336 pages / 19€ / Paru le 15 février 2019 / ISBN : 978-2-35087-490-6

Illustration de couverture © Musée de la Ville de Paris – Musée Carnavalet/Bridgeman Images

Le fil de l’Histoire raconté par Ariane et Nino, Sylvain Savoia et Fabrice Erre

Comment motiver les enfants pour apprendre de façon ludique ? Avec Nino et Ariane, frère et sœur auxquels ils peuvent s’identifier, et par le biais de petites histoires pour retracer l’Histoire.

Dans chaque tome, Ariane, la grande sœur, part d’un élément découvert par son petit frère Nino pour lui expliquer un phénomène particulier.

Une dent de Nino, à mettre sous l’oreiller ou à cacher dans la terre du jardin, et ce sera La découverte des dinosaures, une révolution archéologique.

Des œufs de pâques dans le jardin, et ce sera L’or noir, la conquête du pétrole, bon, là, un peu tiré par les cheveux peut-être, mais le fait que la ressource ne soit pas inépuisable est bien véridique pourtant.

Le ballon qui passe par-dessus la haie du jardin, pas aussi haute que La grande muraille de Chine, les remparts d’un empire ! Et voilà Ariane qui part dans des explications, scientifiques mais pas trop, imagées, constructives et amenant un véritable dialogue fait de questions/réponses.

Enfin, Nino a peur de nager, Ariane lui conseille de venir sur son bateau, et la voilà partie avec Les Vikings, marchands et pirates

L’ensemble de la collection est d’un petit format, très pratique et très agréable à consulter. Une couverture cartonnée donne un bel aspect à ces petites bandes dessinées. BD ? Pas seulement, car en fin de chaque tome des explications et un  fil chronologique permettent de mieux comprendre ce qui vient d’être dit, en donnant aux enfants des références scientifiques ou historiques, pour arriver à se situer dans le fil de l’Histoire.

💙💙💙💙 Dessins de Sylvain Savoia et Textes de Fabrice Erre

Catalogue éditeur : Éditions Dupuis

L’apprentissage de l’Histoire en bande dessinée dans une petite encyclopédie à collectionner.
Une nouvelle façon claire et vivante d’apprendre l’Histoire grâce à la narration dialoguée et aux deux héros auxquels on s’identifie.
Le système narratif permet de clairement distinguer les éléments historiques. On apprend des choses vraies !  En partant du réel d’aujourd’hui pour amener un sujet historique, ces livres permettent aux enfants de se sentir concernés par l’Histoire.
Motiver la curiosité des enfants pour l’Histoire grâce aux héros attachants auxquels ils s’identifieront.

Age du lectorat : 6+ / Album cartonné / 48 pages en couleurs / Hauteur : 172 mm / Largeur : 135 mm / PVP : 5.90EUR

L’or noir : Parution le 07/09/2018 / ISBN : 9782390340058
La Grande Muraille de Chine : Parution le 07/09/2018 / ISBN: 9782390340133
Les Vikings : Parution le 02/11/2018 / ISBN: 9782390340423
La découverte des dinosaures : Parution le 02/11/2018 / ISBN: 9782390340089

Une jeunesse de Marcel Proust. Evelyne Bloch-Dano

Dans « Une jeunesse de Marcel Proust » Evelyne Bloch-Dano nous invite à revisiter la vie et l’entourage de Marcel Proust, pour comprendre ce qui a fait de cet auteur un écrivain aussi singulier.

Domi_C_Lire_une_jeunese_de_marcel_proust_blochdano.jpgTout un chacun, ou presque, connait ou a entendu parler du questionnaire de Proust, rendu célèbre dans les années 90 par Bernard Pivot qui terminait ses émissions Bouillon de culture en posant à ses invités quelques questions légèrement remaniées. C’est André Maurois qui évoque le premier ce document et qui suggère à l’éditeur Léonce Peillard de le soumettre à quelques auteurs. Fort de ce nouveau succès, l’éditeur publie « Cent écrivains répondent au questionnaire de Marcel Proust » à la fin des années 60.

Alors direz-vous, pourquoi Proust a-t-il inventé ce questionnaire et dans quel but ? Eh bien tout simplement il ne l’a jamais inventé ! Il est avant tout l’un des multiples répondants au questionnaire qui arrive de Grande Bretagne et qui sert à dévoiler sa personnalité et ses aspirations, questionnaire que posait Antoinette Faure, la dernière des filles du président Félix Faure à son entourage. Cette dernière compile dans son cahier les réponses de ses divers amis et relations.

La première fois qu’il y répond, le jeune Marcel est âgé de 16 ans environ, il se pliera à l’exercice une nouvelle fois quelques années plus tard, sans doute âgé alors de 23 ans. Point de départ pour Evelyne Bloch-Dano à l’écriture de ce livre – car il ne s’agit pas ici un roman, mais bien une étude – autour de la personnalité et étude sociologique de l’époque, de l’entourage, de l’auteur d’à la recherche du temps perdu.
A partir des réponses et des personnalités diverses des répondants, Évelyne Bloch-Dano va faire une étude sociologique de la société de l’époque. La famille Faure, ses relations avec les parents et le jeune Marcel. Partagée entre Paris et le Havre, ces jeunes gens vont connaitre les enfances heureuses de nantis, dans cette bourgeoisie élitiste de la société française de la fin des années 1880.

L’auteur analyse les différentes réponses, prétexte à mieux comprendre cette éducation, si différente selon qu’elle s’adresse aux filles ou aux garçons. L’éducation des filles n’a qu’un but, les préparer au mariage, celle des garçons d’en faire des hommes soutien de famille. Tout cela transparait dans les réponses. Mais émergent également les éléments de la mémoire d’un pays, car la guerre de 70 n’est pas loin. Image d’une société, d’habitudes, de culture entre autre, par les noms cités, artistes, écrivains, personnages mythiques ou réels auxquels on souhaite s’identifier, envie forte pour les filles de devenir des hommes, démontrent ces différences et ces attentes.
Mais également, et peut-être un peu tard, ou du moins par rapport au titre du livre qui m’a fait attendre plus d’informations de ce côté-là, l’auteur étudie la personnalité de Marcel Proust, sa relation à sa mère, à l’école, à l’écriture, aux jeunes garçons qui l’entourent et dont il se sent proche.

S’il est un peu trop long et parfois dense à mon goût, ce livre a cependant l’immense avantage de décortiquer la société française de la fin des années1880. Dense, documenté, éclectique l’auteur nous présente un instantané qui dépeint la société avec une vision large, enfants ou parents, bourgeois ou politiques, parisiens ou provinciaux, dans les écoles ou pendant les loisirs, tout est analysé et détaillé avec une érudition qui comblera les plus exigeants.

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Catalogue éditeur : Stock

Qui n’a jamais entendu parler du questionnaire de Proust ?
Les réponses de l’écrivain ont traversé le temps et fait le tour  du monde. On a oublié qu’elles provenaient d’un album  intitulé Confessions, appartenant à Antoinette Faure, la fille  du futur président de la République.
En participant à ce jeu de société à la mode, Marcel Proust  ne se doutait pas qu’il livrerait des indices sur l’adolescent  qu’il était. Ses réponses ont été commentées. Mais jamais  contextualisées ou comparées. Jamais datées avec exactitude.
De Gilberte aux Champs-Élysées à la petite bande d’Albertine  et des jeunes filles en fleurs, quelles traces ont-elles laissées  dans son œuvre ?
Évelyne Bloch-Dano a mené l’enquête. Elle est parvenue  à identifier les autres amis de l’album d’Antoinette. C’est  alors tout un monde qui a surgi, celui des jeunes filles de la  bourgeoisie de la Belle Époque. Quelques garçons aussi. À travers leurs goûts, leurs rêves, s’est dégagé le portrait d’une  génération. Celle de Marcel Proust.

Parution : 20/09/2017 / 304 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234075696 /  Prix : 19.50 €

 

La petite danseuse de quatorze ans. Camille Laurens

Quand le destin de l’artiste croise celui de « La petite danseuse de quatorze ans », immortalisée pour l’éternité. Camille Laurens a mené l’enquête dans l’univers impitoyable de l’art et de la danse.

Domi_C_Lire_la_petite_danseuse_de_quatorze_ans.jpegDifficile d’appeler La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens un roman, c’est plutôt un essai, ou un récit historico socio… je ne sais quoi. Mais je l’ai trouvé particulièrement intéressant, surtout après avoir découvert l’exposition « Degas, Danse, Dessins » au musée d’Orsay.

A l’Opéra de Paris, au 19e siècle, les petits rats n’étaient pas toujours des petites filles qui rêvaient de devenir danseuses. Et si aujourd’hui on se soucie de la vie et de l’enfance des petites filles, celles-ci ont pu être pendant de très longs siècles la proie de quelques messieurs amateurs de chair aussi fraiche que jeune.

La petite danseuse modèle de Degas, mais surtout petit rat de l’Opéra, est Marie van Goethem. Née en 1865 dans une famille belge très pauvre, Marie et sa grande sœur Antoinette deviennent danseuses pour assurer le quotidien de leur mère. Il n’était pas rare à cette époque que ces messieurs entretiennent une danseuse, où viennent payer pour le plaisir de les regarder à satiété, et plus si … sans doute. La mère maquerelle et le proxénétisme ne sont pas loin, mais ici hélas, c’est bien la mère des fillettes qui tient le rôle maudit. Les jeunes filles plaisent aux messieurs ou pas, dansent quelques années, puis finissent au bordel, ou éventuellement richement entretenues pour les plus belles, les plus chanceuses.
L’auteur retrouve celle qui servi de modèle à cette sculpture révolutionnaire que Degas va présenter au salon impressionniste de 1881. Marie sera renvoyée de l’Opéra en 1882, certainement à cause de ses nombreuses absences, celles dues aux heures de pause pour l’artiste qui immortalisera le modèle ?

La petite danseuse de quatorze ans  est donc une sculpture de cire, petite fille au visage chafouin, tendu vers le haut, bras croisés à l’arrière du dos, comme en signe de rébellion, tout sauf soumise, tout sauf heureuse sans doute. Si la sculpture choque, c’est parce qu’elle n’est pas particulièrement jolie, mais également qu’elle n’est pas de plâtre ou de bronze, au contraire quasiment de chair et de sang, car cuir, tutu léger et vaporeux, cire, complètent ce très inhabituel tableau. Il va choquer. Degas en fera plusieurs exemplaires, le Musée d’Orsay expose un moulage en bronze dans ses collections permanentes.

Domi_C_Lire_Degas_danse_dessins_1La question que pose Camille Laurens, et que l’on se pose certainement en regardant cette petite danseuse est le pourquoi de ce visage aussi ingrat ? Un moyen pour l’artiste de dénoncer la condition de cette enfant, de secouer les consciences ? Ou est-ce au contraire un moyen de se rendre complice des pensées de l’époque, quant au faciès attendu d’une prostitué ou d’une pauvresse, d’une presque mendiante, qui ne pouvait être que non conforme aux standards en matière de beauté pour une jeune fille dite de « bonne famille » ? Soif de choquer ou simple habitude ? Le mystère reste entier.
Cependant, la petite danseuse de quatorze ans possède une grâce indolente et rebelle qui ne peut que conquérir celui qui la découvre. Reflet d’une époque ou sortie de l’imagination de l’artiste, portrait de Marie ou création du maitre, qu’importe, elle nous intrigue et nous enchante, comme le font les œuvres de Degas, peintre, dessinateur, sculpteur sur le tard, puisque lorsqu’il devient aveugle, la dimension de la sculpture palliera en partie sa cécité. Le livre de Camille Laurens est en cela particulièrement intéressant qu’il dévoile tout cela et appelle notre conscience, éveille notre curiosité, avec juste ce qu’il faut d’interrogations et de réponses, et ce qu’il faut également de mystère irrésolu.

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L’exposition du musée d’Orsay :

 


Catalogue éditeur : Stock

« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien  connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette  à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son  âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà  un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les  années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris, et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un  rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a  été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur  en a eu assez de ses absences à répétition. C’est qu’elle avait  un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous  gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa  famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou  des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »

Collection : La Bleue / Parution : 30/08/2017 / 176 pages / Format : 140 x 216 mm / EAN : 9782234069282 / Prix : 17.50 €

14 juillet. Eric Vuillard

Dans ce « 14 juillet » d’ Eric Vuillard, point de victoire, point d’armée, mais plutôt des hommes, des hasards, des rencontres, avec l’Histoire ou avec la mort.

L’histoire commence le 28 avril 1789 avec la destruction de la folie Titon, à Montreuil, somptueuse demeure de Réveillon, petit industriel fabricant de papiers peints prospère et qui vit dans son monde sans voir que le peuple à faim. Tout bascule lorsque la foule vient dévaster cette demeure, saccager, voler, bruler, par révolte, par faim, par dégoût.

Dans ce roman étonnant de vie alors qu’il parle si souvent de mort, Eric Vuillard a préféré nous parler des hommes, de tous ceux qui ont convergé vers la bastille ce jour de 1789, peu d’hommes célèbres ou de noms connus, plutôt des hommes et des femmes du peuple. De tous ceux qui par hasard ou par conviction, par faim ou par amitié, s’en vont, armés de bâtons et de pavés ou d’un canon tiré d’un musée, abattre le symbole que représente La Bastille. Tous sont porté par l’élan de la révolution qui gronde, combattants aux barricades ou aux octrois, ouvriers, menuisiers, gargotiers, marchands de bestiaux, journaliers, ils convergent souvent par hasard vers l’Histoire. Il les énumère, citant leurs noms, leurs métiers, et ce faisant il sort de l’anonymat de la multitude ceux qui ont fait l’histoire.

Beaucoup d’entre eux vont mourir, et l’auteur leur donne vie un instant, à cet instant où justement l’on se souvient de tout, des bonheurs et des douleurs, de la vie et de ceux qu’on aime, de ceux qu’on laisse aussi à regrets. Il nous les rend terriblement humains, parfois fragiles ou au contraire très forts, révolutionnaires ou opportunistes, simple curieux, venus là pour soutenir un ami, un voisin, emportés par l‘élan de la foule qui gronde et qui agit, au-delà de toute conscience politique ou révolutionnaire parfois. C’est beau ou c’est stupide de mourir dans ces conditions, tout dépend d’où l’on regarde. Il y a de scènes assez dures, car la mort n’est ni un jeu, ni un plaisir. Mais, grâce à un travail rigoureux d’étude de tous ces registres dans lesquels on a inscrit un nom, un métier, l’auteur les restitue et leur permet de rentrer dans l’histoire, violente, dure, sanglante, ils sont enfin bien réels.

Voilà un livre étonnant, difficile de dire un roman, et pourtant, difficile de le qualifier de récit, et l’on s’y laisse assurément prendre. J’ai été emportée par les mots, les énumérations, les suites de noms, de phrases, qui donnent justement un rythme et une puissance au récit et qui donnent vie et réalité aux anonymes.

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Catalogue éditeur : Actes Sud

La prise de la Bastille est l’un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu’elle fut écrite par les notables, depuis l’Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n’y étaient pas. 14 Juillet raconte l’histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.
Août, 2016 / 10,0 x 19,0 / 208 pages / ISBN 978-2-330-06651-2 / prix indicatif : 19, 00€

Comment les grands de ce monde se promènent en bateau, Mélanie Sadler

Envie d’un moment de légèreté, on embarque avec Mélanie Sadler !

Quand Javier Leonardo Borges,  un vieux professeur d’histoire précolombienne de Buenos Aires fait une découverte inattendue dans les documents que vient de lui envoyer Hasan, son acolyte Turc, le voilà prêt, lui le sédentaire blasé, à retourner la terre pour comprendre,  trouver des preuves et enfin connaître la gloire qu’il mérite.

Ce qu’il vient de découvrir bouleverse la totalité des recherches et des parutions qu’il a produit depuis le début de sa carrière. Quelle histoire cette rencontre improbable d’une déesse aztèque et du palais de Topkapi,  quel bouleversement de l’Histoire peut être ? Une présence précolombienne dans l’univers du sultan Suleyman le magnifique ? Le dernier des empereurs aztèques serait parvenu à échapper à Cortés, aurait traversé l’océan et réussi à rejoindre le palais du sultan à Constantinople ?

Mêlant habilement de chapitre en chapitre les aventures des deux chercheurs et le récit passionné de Roxelane, la belle prisonnière du Harem qui a su conquérir le cœur du sultan, Mélanie Sadler nous emporte dans un récit rocambolesque et plein d’humour que l’on pourrait aisément imaginer en BD.

Comment les grands de ce monde se promènent en bateau est certainement de la fantaisie littéraire écrite avec beaucoup d’humour et d’érudition, un clin d’œil à l’Histoire, de France, de Turquie et précolombienne, mais pas seulement. Car en fermant ces pages, j’avoue je me pose quelques questions sur la crédibilité de certaines recherches, la possibilité de supercheries, la possibilité de détecter de faux ou au contraire de véritables documents. Sans parler de la possibilité pour d’adroits faussaires de mener en bateau quelques vieux chercheurs insatisfaits de leurs carrières d’universitaires, à l’image de ce J.L Borges, qui n’a rien d’un auteur de fiction (allusion bien sûr à Jorge-Luis Borges, auteur que j’affectionne particulièrement pour entre autre son roman  Fictions)

Catalogue éditeur : Flammarion

Un vieux prof d’Histoire précolombienne, Javier Leonardo Borges, rendu soudain fringant par une mystérieuse découverte ; son collègue stambouliote qui fouine dans les mosquées à la tombée de la nuit ; un manuscrit turc du XVIe siècle dans lequel, anachronisme insensé, une déesse aztèque se pavane ; et un sultan, Suleyman le Magnifique, qui confie pour la première fois son terrible secret. Leur point commun ? Être au cœur d’une incroyable supercherie dont la révélation pourrait bien changer notre regard sur l’Histoire officielle. Des couloirs de l’université de Buenos Aires au palais de Topkapi, entre parchemin codé et crypte secrète, Mélanie Sadler mêle avec beaucoup de virtuosité fantaisie littéraire et roman d’aventure. Ce livre emprunte aussi bien à Borges qu’à Hergé dans le seul dessein de nous mener tous sacrément en bateau.

152 pages – 134 x 209 mm / EAN : 9782081336506 / ISBN : 9782081336506 / Paru le 07/01/2015

Au revoir là-haut Pierre Lemaitre

Parce qu’il est aussi en poche, vous parler du fabuleux roman de Pierre Lemaitre « Au revoir là-haut », Prix Goncourt 2013

C’est la fin de la guerre de 14/18, dans quelques jours l’armistice va être enfin signé. Pourtant, quelques officiers rêvent encore de galons. Terrain propice aux coups d’éclats, pour la gloire, et au prix de la mort des soldats, si communs et de peu de valeur.
C’est un début prometteur, c’est avant tout la rencontre improbable d’Édouard et Albert sur ce terrain miné d’obus et la source d’une amitié sans faille, mais fort bancale. Édouard ne peut plus s’en sortir sans Albert, Albert est éternellement redevable envers Édouard.
La démobilisation est difficile, entre un jeune naïf et craintif et une gueule cassée qui fuit le monde, difficile de s’en sortir. Pourtant Édouard, malin, brillant, habile, va monter une arnaque magistrale avec l’aide indéfectible et sans faille du gentil Albert.
La situation est dramatique, la période aussi. Et pourtant, quel cynisme, quel humour, quel génie dans cette écriture qui nous prend et ne nous lâche plus.

L’auteur nous donne une vision du monde et de la guerre, du courage et de la loyauté, du patriotisme, des hommes et de la vie, bien froide, impressionnante de réalisme et pourtant impossible. Alors que leur destin les entraine vers le néant de l’après-guerre, merci aux nations reconnaissantes envers ceux qui lui ont tout donné, débrouillez-vous messieurs, l’administration et le pays vous ont un peu oubliés. On se surprend à suivre nos compères dans leur délire et à souhaiter les voir réussir. C’est magistral, j’ai adoré, impossible de lâcher ce livre !

Catalogue éditeur : Albin-Michel

« Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »

Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts…
Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.
Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

Livre de Poche Date de parution: 22/04/2015 / EAN : 9782253194613 / 624 pages / Prix : 8,70€

Albin-Michel Paru le 21 Août 2013 / 576 pages / EAN13 : 9782226249678 / Prix : 22.50€