Eiffel, Nicolas d’Estienne d’Orves

Le monument le plus visité de Paris est-il une belle déclaration d’amour ?

Alors qu’il est déjà célèbre et vient de finir l’ossature de celle qui représente à jamais la porte du nouveau monde, cette statue de la liberté qu’il construit en collaboration avec le sculpteur Bartoli, Eiffel rêve de participer au projet de l’exposition universelle de 1889. Il souhaite réaliser un métro qui transporterait les parisiens d’un bout à l’autre de la capitale. Mais c’est sans compter sur les désirs du gouvernement qui pense à une construction magistrale pour symboliser la grandeur de la France, un siècle après la révolution française.

En se basant sur un projet de ses collaborateurs, Gustave Eiffel propose alors une tour extraordinaire qui devra être implantée en bord de Seine en plein Paris. Prodige architectural en particulier pour sa réalisation dans un terrain meuble qui se rempli d’eau à mesure que sont creusés les emplacements des piliers, l’ingénieur met à profit ses compétences pour finaliser l’œuvre majeure de l’exposition.

Ce que l’on sait moins est sans doute que la création de cette tour s’accompagne de la rencontre totalement imprévue, surtout aussi longtemps après, avec son grand amour de jeunesse. Cette jeune bordelaise qu’il avait imaginé épouser et qui a hanté ses rêves sera sa muse et sa source d’inspiration sur le chantier titanesque de notre éternelle Dame de Fer. Cette tour qui devait être détruite dix ans plus tard et qui étend son ombre majestueuse et incontestée sur la capitale.

N’oublions pas que son édification a été source de nombreux conflits et de violentes contestations. L’auteur met particulièrement bien en situation toutes les contraintes, contestations, railleries dont Eiffel a été victime lors de la construction de son monument éphémère. Nous permettant peut-être d’avoir un peu plus d’indulgence envers ce qui aujourd’hui aussi nous perturbe ou nous choque, qui sait ? Alors si la tour que chacun connaît sous le nom de tour Eiffel a une forme pour le moins étonnante, lisez ce roman ou courez voir le film pour comprendre le pourquoi de ce grand A qui surplombe Paris depuis 1889.

Catalogue éditeur : Michel Lafon

Paris, 1886. Obsédé par « sa » tour de métal, une bagatelle d’acier de 300 mètres de hauteur qu’il s’est lancé le défi de construire en plein Champ-de-Mars, Gustave Eiffel ne quitte plus ses ateliers. Certes, l’Exposition universelle mérite bien ce pari, et la France, de croire à nouveau en sa toute-puissance. Mais est-ce l’unique raison qui pousse celui qu’on surnomme « le magicien du fer  » à griffonner sans relâche des plans pour trouver la forme parfaite ? Depuis ce dîner chez le ministre du Commerce, et cette idée folle qu’il a lancée devant le Tout-Paris, l’ingénieur est comme possédé. Quelles que soient ses esquisses, c’est Adrienne, son amour perdu réapparue ce même soir, qui se dessine, la magnifique cambrure de son dos qui cascade depuis la nuque jusqu’à la taille. L’illumination le frappe : ce n’est pas une ligne droite qui doit mener du pilier au sommet, mais une courbe, incarnée, vivante. « Nous allons construire un rêve ! » Désormais la vie de Gustave ne tient plus qu’à un A majuscule, celui de sa tour qui s’élance dans le ciel de Paris, prête à le transpercer et le conquérir…

Écrivain et journaliste né en 1974, Nicolas d’Estienne d’Orves est l’auteur d’une trentaine d’essais et de romans salués par la critique, notamment son Dictionnaire amoureux de Paris.

Parution : 23 septembre 2021 / prix : 19,95€ ISBN : 9782749945866

Le château de mon père, Versailles ressuscité

Comment Pierre de Nolhac, conservateur passionné, a fait du Versailles de la IIIe république un fleuron du patrimoine français

Quatre chapitres pour dire le retour à la vie de l’un des musées préféré des français et des touristes qui visitent la France. L’arrivée à Versailles (1887-1892), la redécouverte de Versailles (1892-1900), Versailles à la mode (1900-1913), Versailles entre guerre et paix (1914-1936). Puis un dossier composé de nombreuses photos et portraits pour conclure cette BD.

En 1887, Pierre de Nolhac est nommé conservateur du château de Versailles, pas vraiment une promotion quand on comprend dans quel état il est, et surtout quel est l’intérêt que porte le ministère de la culture, ou plutôt son équivalent de l’époque, pour ce château qui incarne encore si fort la monarchie et l’ancien régime. Pierre de Nolhac s’installe alors au château avec femme et enfants. D’autres enfants suivront, nés dans ce cadre certes somptueux mais qui dévore totalement la vie de Pierre de Nolhac, au détriment et pour le malheur de son épouse et de sa progéniture.

Henri, l’un de ses fils, nous conte ici son histoire. Il vient rendre visite à son père en mai 1935. Celui-ci est désormais conservateur du musée Jacquemart-André, très affaibli, il fini de rédiger ses mémoires sur les heures vécues dans le château de Louis XIV.

Les auteurs mêlent subtilement l’histoire de la renaissance de Versailles à celle du délitement de la famille de Pierre de Nolhac. Cet homme si passionné par son métier et par ce qu’il envisage de faire à mesure de ses découvertes du château et de ses trésors n’aura pas su vivre à la fois son métier et sa vie de famille. Son absence ou son indifférence devant les nombreuses naissances, les décès de certains de ses enfants qui affectent durablement son épouse, puis le départ de celle-ci, montrent qu’il n’aura jamais su gérer avec autant de ferveur sa vie personnelle.

Par contre, la résurrection du palais de Versailles, la façon dont il a été protégé en particulier pendant la seconde guerre mondiale, les œuvres cachées ou exfiltrées en province, le Grand Canal et les nombreuses fenêtres occultés, et cette énergie mise à restaurer sans le dénaturer ce splendide ouvrage que l’Histoire lui a confié, parfois en se battant contre sa propre hiérarchie, toujours réalisés grâce à la passion et au dévouement de Pierre de Nolhac, ont fait de ce musée le magnifique château que nous pouvons visiter avec tant de bonheur aujourd’hui.

Au niveau du graphisme, le parti pris du noir et blanc, avec ses dessins esquissés aux visages ou aux traits parfois à peine définis, nous plonge dans le passé avec une subtilité qui ne se voit pas forcément de prime abord, mais qui devient vite une évidence. Rendant parfois bien sombre le majestueux Palais du Roi Soleil, sans doute pour être en symbiose avec ce qu’il était à cette époque. La grande qualité de cet album vient aussi des éléments historiques fouillés, de véritables révélations pour certaines, tant il semble évident au commun des mortels dont je suis que ce château a toujours connu la même splendeur et le faste que nous pouvons admirer aujourd’hui. Même si j’ai le souvenir, à mesure de mes visites depuis près de cinquante ans, de l’ouverture de nouvelles salles, de nouveaux meubles, de restaurations aussi splendides et prodigieuses les unes que les autres. Car le travail de restauration et de conservation des grands musées, du patrimoine que nous a légué l’histoire est sans fin. Ce roman graphique a enfin l’avantage d’être créé en partenariat avec le château de Versailles et par des auteurs qui connaissent et maîtrisent parfaitement leur sujet, cela se sent et renforce la crédibilité et l’intérêt de cette lecture.

Passionnés d’histoire, de Versailles, ou simplement amateur de romans graphiques qui nous apprennent l’Histoire en nous racontant des histoires, ce livre est fait pour vous.

Catalogue éditeur : Le Château de Versailles avec la Boîte à Bulles

Comment imaginer que, voici moins de 150 ans, le château de Versailles était presque tombé dans l’oubli ?
Lorsque Pierre de Nolhac s’y installe en 1887 avec femme et enfants, il s’aperçoit bien vite que le palais du Roi-Soleil n’intéresse plus grand monde en ces temps républicains. Il faudra au jeune attaché devenu conservateur du château toute son énergie et sa détermination pour redonner au lieu ses lettres de noblesse… Mais à quel prix ?
Henri de Nolhac, le fils de Pierre, nous conte sa vie de famille et de château, un récit mêlant joies et drames, petite et grande histoire…

Scénario : Maïté Labat et Jean-Baptiste Véber
Storyboard : Stéphane Lemardelé et Alexis Vitrebert
Dessin : Alexis Vitrebert

2019 / 22 x 30 cm, 170 p., 24 € / ISBN 978-2-84953-347-5

Henriquet, l’homme reine

Une vision lucide et sans concession du règne d’Henri III

Décidément, Richard Guérineau s’attelle à nous faire découvrir des rois méconnus ou mal aimés. D’abord avec l’adaptation du roman de Jean Teulé Charly 9. Dans cette BD il déroulait le funeste parcourt du roi Charles IX décédé à vingt trois ans. Un roi devenu fou à la suite du massacre de la saint-Barthélémy qu’il avait ordonné pour plaire à sa mère Catherine de Médicis. Avec Henriquet, l’homme reine, il nous propose un portrait singulier et détonnant de son frère Henri III le méconnu. Enfin, méconnu au moins pour quelqu’un comme moi qui pourtant vient de Pau et de Navarre, patrie du bon roi Henri IV.

Lorsque Charles IX décède, le royaume est en pleine guerre de religion, la Saint-Barthélemy n’est pas seulement un souvenir, c’est un massacre dont la portée est toujours prégnante dans la population. Catherine de Médicis fait revenir son fils Henri de Pologne. Le roi s’enfuit sans délai pour regagner Paris et succéder à son frère sur le trône du Royaume de France .

Mais ce roi n’a pas vraiment l’envergure de ses prédécesseurs. Efféminé, portant bijoux et beaux habits aux tissus soyeux et chatoyants, il détone dans le paysage. Dès son accession au trône en 1574, les guerres de religions vont à nouveau s’enchaîner, laissant le pays exsangue. Il devra surtout gérer de nombreux conflits avec le Duc de Guise, les Malcontents du Duc d’Alençon, ou même son beau-frère Henri IV. Quand tout le monde veut prendre votre place, la lutte est parfois sans merci. Il décède en 1589, assassiné par le moine Jacques Clément.

Mais ce qui ressort avant tout de ce roman graphique, c’est la personnalité du roi, sa façon de se vêtir, les affinités avec ses mignons, son besoin d’une hygiène corporelle parfois bien mal compris par ses pairs, ses nombreux problèmes de santé, son fort dégoût de la chasse et des armes, contraires aux habitudes de la cour et à l’image que l’on se fait d’un roi courageux et puissant guerrier. L’homme est décrit avec ironie et justesse, et l’on sent tout au long du récit une grande connaissance de l’époque et du personnage. Cela n’empêche pas l’auteur de se permettre un humour décapant et fort à propos. En même temps, il démontre si besoin était que loin de mériter les nombreuses critiques que lui ont fait ses contemporains comme les historiens qui se sont penchés sur son règne, cet homme là n’est sans doute pas né à la bonne époque, ce qui ne lui a pas permis de prendre sa véritable dimension.

Tout au long du récit, Richard Guérineau alterne des procédés graphiques différents qui rendent vivant et très actuel l’ensemble. Il ne se fige à aucun moment dans un style ou un autre. Les couleurs au début assez violentes et criardes s’apaisent à mesure que l’on prend la dimension du personnage, et c’est tant mieux. Le ton est alerte, direct, humoristique et critique. J’ai appris énormément de choses sur Henri III l’homme reine.

Pour poursuivre après la lecture : Le roi Henri III crée en 1578 l’ordre du Saint-Esprit, un ordre de chevalerie très prestigieux qui rassemble autour de la personne royale les gentilshommes les plus distingués de la haute société (ceux que l’on a appelé ses mignons). Son manteau d’apparat est visible au musée de la légion d’honneur à Paris.

Catalogue éditeur : Delcourt

Après sa brillante adaptation du Charly 9 de Jean Teulé, Richard Guérineau réalise sa propre suite consacrée à Henri III. Ce roman graphique dense et drôle révèle une période historique aussi complexe que passionnante. Mai 1574. Charles IX meurt, laissant son royaume déchiré par les guerres de Religion et toujours sous le choc du massacre de la Saint- Barthélemy. Catherine de Médicis rappelle son fils cadet Henri, alors roi de Pologne… Henri III aura surtout marqué l’Histoire par ses mœurs et ses frasques, avérées, qui auront masqué l’incroyable complexité politique à laquelle a dû faire face ce monarque atypique.

Scénariste, Illustrateur, coloriste : Richard Guérineau

Collection Mirages / EAN 9782756070827 / Dimensions 19.8 x 26.3 x 2 cm / Pages : 192 / Prix : 22,95€ / Paru le 1 mars 2017

Le train des enfants, Viola Ardone

Et si le bonheur était aussi simple qu’un aller-retour en train ?

Italie 1946, le parti communiste organise un déplacement d’enfants napolitains vers le nord du pays. La misère est grande dans le sud, la solidarité et l’entraide poussent ceux du nord à accepter ces gamins comme les leurs, et à les faire vivre avec eux, au sein de leurs familles, pendant de longs mois.

Amerigo est l’un d’eux. Il vit dans un basso du quartier populaire avec sa mère qui n’a pas de mari, mais fait de temps en temps des affaires avec un voisin un peu magouilleur. A sept ans, il traîne dans les rues du quartier avec les copains de misère, compte les chaussures trouées de ceux qui ont la chance d’en avoir aux pieds, et rêve de connaître enfin ce père inconnu parti chercher fortune en Amérique.
Souhaitant permettre à son fils de connaître autre chose que cette misère et de manger à sa faim, sa mère accepte d’adhérer au programme. Mais comme les autres enfants du train, Amerigo craint de ne jamais pouvoir revenir chez lui, d’être envoyé en Russie ou pire encore.
Il est surpris par l’accueil chaleureux qu’il reçoit dans la famille qui l’héberge. Étonné de l’amour que lui portent ces inconnus, comme s’il était l’un des leurs. Éducation, nourriture, habillement, solidarité, affection, tout devient facile, normal, évident. Et l’enfant qui rêvait de retrouver sa mère pourtant si peu démonstratrice ou aimante, s’intègre dans cette famille d’adoption au point de rêver d’y rester. Là, il va même découvrir son aptitude pour la musique.
Comme tant d’autres avec lui, le retour dans le sud est un moment douloureux et déstabilisant
D’où vient-il désormais ? Où sont sa famille et ses repères ?
Qui sont ceux qui l’aiment, le protègent, l’aident à grandir ? Le choix est difficile et pour avancer dans sa vie, Amerigo fera celui de la raison au détriment peut-être de celui du cœur.

Le train des enfants rappelle la vie difficile et misérable des régions du sud après la seconde guerre mondiale. Et montre que le choix d’une vie peut être celui du renoncement, de l’oubli, de l’abandon d’une famille. Il y a beaucoup d’émotion à l’évocation de cette misère, du manque d’affection, mais toujours avec humour et quelques lueurs d’espoir dans cette solidarité qui s’exprime par delà la solitude, la crainte, le chagrin. J’ai aimé suivre Amerigo dans son aventure hors norme, et découvrir par son regard d’enfant puis d’adulte cet épisode méconnu de l’histoire contemporaine italienne. Ce joli moment de lecture m’a fait penser aux ambiances si particulières des films italiens des années 50.

Catalogue éditeur : Albin-Michel

Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d’autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial.
Loin de ses repères, de sa mère Antonietta et des ruelles de Naples, Amerigo découvre une autre vie. Déchiré entre l’amour maternel et sa famille d’adoption, quel chemin choisira-t-il ?

S’inspirant de faits historiques, Viola Ardone raconte l’histoire poignante d’un amour manquée entre un fils et sa mère.

6 Janvier 2021 / 140mm x 205mm / 304 pages / EAN13 : 9782226442017 Prix : 19.90 € / numérique
Prix : 13.99 € EAN13 : 9782226455628

Notre-Dame de Paris, La nuit du feu

L’incendie de Notre-Dame, un drame national, un patrimoine mondial

Qui a oublié l’incendie de Notre-Dame de Paris dans la nuit du 15 avril 2019 ?

Aujourd’hui Glénat propose cette belle BD composée avec les conseils de Stéphane Bern, et pour le scénario Arnaud Delalande, le dessin Cédric Fernandez, les couleurs Franck Perrot et avec la collaboration d’Yvon Bertorello. De ce dernier je vous avais déjà présenté Bernadette, l’enquête. Cet album réalisé en partenariat avec la fondation Notre-Dame.

Cette BD est un excellent reportage qui nous fait revivre avec émotion à la fois la terrible nuit de l’incendie et les étapes du sauvetage de ce joyaux de la culture française. Six-cent cinquante pompiers à pied d’œuvre qui sans faillir ont mené le combat pour lequel ils se sont engagés sauver ou périr. Des camions, des infrastructures, des moyens physiques, numériques et humains absolument démentiels vont être engagés pour sauver ce qui peut l’être sans faire prendre trop de risques aux personnels. Mettre en sécurité les visiteurs, l’infrastructure, tout faire pour que l’incendie ne se propage pas dans le quartier alentour, mais aussi sauver le trésor et endiguer l’effondrement de cette merveille de l’architecture.

Nous assistons au récit chronologique des événements, d’abord une puis deux alarmes, les différentes vérifications, puis les hommes se retrouvent face à l’incendie qui prend rapidement de l’ampleur, embrase la charpente, et non seulement détruit la flèche de Viollet-le-Duc mais cause des dégâts spectaculaires. Les auteurs nous montrent les secours engagés, les risques pour la vie des hommes et le combat mené malgré tout avec professionnalisme et courage par les soldats du feu.
Les événements sont décrits de l’intérieur, côté diocèse, BSPP, mairie de Paris, architectes des monuments historiques, etc. mais aussi interventions des journalistes, des élus et de tout ceux qui comptent en politique, et ce étape par étape jusqu’au moment où l’incendie est enfin fixé.

Les personnages connus ne sont pas toujours évidents à reconnaître, mais qu’importe. Côté soldats du feu par exemple, il aurait fallu un nombre incalculable de pages pour tenter de leur rendre tous hommage. On y découvre certains rôles incontournables, comme ce croqueur de feu qui mieux que drones ou logiciel va aider aux prises de décisions.

Mais de Saint Louis au président Macron, du général de Gaulle à Édouard Philippe, de Quasimodo à Esméralda, ils sont tous là ! Car toute l’histoire de France s’inscrit dans la vie de la cathédrale. Moyen âge, croisades, révolution, invasion, seconde guerre mondiale, la cathédrale a résisté à tout et tient toujours debout. Et d’ailleurs, par quelques retours sur les siècles précédents, les auteurs rappellent les différentes phases qui ont précédé la réalisation, puis la construction de cette cathédrale emblématique du catholicisme, de la ville de Paris et de la France. Les reliques, la couronne d’épine, le trésor, prennent ici toute leur place. Enfin, les dernières pages font un retour sur l’histoire de Notre-Dame de Paris.

Le tracé et le couleurs sont aussi détaillés et parfois spectaculaires que le souvenir que chacun d’entre nous peut avoir de cette nuit d’incendie.

Pour ceux qui ont assisté à « La nuit du feu » le spectacle proposé par la BSPP (auquel j’ai assisté à plusieurs reprises) le titre de l’album prend ici un tout autre sens.

Catalogue éditeur : Glénat

Paris, le 15 avril 2019. Vers 18h20, un feu démarre sous la charpente de Notre-Dame de Paris. Une demi-heure plus tard, l’incendie se généralise à l’ensemble de la cathédrale. Et malgré l’intervention acharnée et héroïque des pompiers, l’impensable finit par se produire : la flèche, œuvre de l’architecte Viollet-le-Duc, s’effondre dans un déluge de débris, de fumée et de flammes. Les yeux du monde entier assistent alors, impuissant, à ce qui pourrait devenir la destruction en direct de l’un des plus grands fleurons du patrimoine de l’humanité.

À travers cette bande dessinée, revivez heure par heure les circonstances du drame et tentez de mieux comprendre. Par touches, revivez également les moments-clés de la construction de Notre-Dame et plongez au cœur de l’histoire de ce monument, qui reste l’un des plus visités au monde à l’heure actuelle.

Réalisé en soutien de la fondation Notre-Dame (à qui sera reversé 1€ pour chaque album vendu), cette bande dessinée bénéficie de la caution historique de Stéphane Bern, co-rédacteur d’un dossier pédagogique de 8 pages en fin d’album.

Parution : 04/11/2020 / Prix 14,95€ EAN physique 9782344041093 / Prix : 10,99€ EAN Epub 9782331048296

Simone Veil ou la force d’une femme, Cojean, Bétaucourt, Oburie

Simone Veil, une femme de combats et de convictions

Annick Cojean, grand reporter au Monde, a eu le bonheur rare de rencontrer Simone Veil à différents moments tout au long de sa carrière. Difficile alors de trouver quelqu’un de mieux placé qu’elle pour participer à l’écriture de ce roman graphique en hommage à la force d’une femme au nom quasi mythique.

A la fois factuel et humain, aussi réaliste que parfois admiratif, le portrait est juste et sobre. On y retrouve Simone, née à Nice en 1927. Puis on la suit pendant les années de guerre, la déportation, la solidarité des trois femmes, la mère et ses deux filles. Celle qui était trop jolie pour mourir ne se remettra jamais vraiment du décès de sa mère un mois avant la libération des camps, un deuil comme une plaie ouverte qui ne se refermera jamais totalement. A la libération, avec un tatouage sur le bras, mais dans le silence sur le vécu trop lourd à exprimer, c’est le retour à Paris. Les études, la rencontre avec Antoine, le mariage et leurs quatre enfants. Elle devra abandonner son rêve d’exercer le métier d’avocate pour entreprendre un métier accepté par son mari (chose courante à l’époque, déjà bien qu’il accepte qu’elle travaille !).

Elle vivra des expériences professionnelles différentes, à la direction de l’administration pénitentiaire, puis à la direction des affaires civiles auprès du Garde des Sceaux, au ministère de la justice. Partie prenante essentielle dans l’adoption de la loi sur l’IVG voulu par Giscard d’Estaing en 1974, elle devra supporter stoïquement les insultes et les propos humiliants et grossiers dont elle fait l’objet. Elle part ensuite à la tête du Parlement européen, puis fera son retour comme ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville en 1993. Enfin, elle entre à l’académie française, élue au premier tour en 2008.

Décédée en 20017, Simone Veil a rejoint les grands Hommes du Panthéon, accompagnée dans cette dernière et honorifique demeure par Antoine, l’époux d’une vie.

Cette femme magnifique à la forte personnalité, très combative, a toujours défendu les femmes, leur droit au travail, à une certaine autonomie à la fois financière et professionnelle. Rescapée des camps, épouse et mère, féministe brillante, totalement engagée, ayant une forte exigence morale, Simone Veil a marqué durablement son époque.

Penser à elle, c’est aussi se souvenir, pour ne jamais oublier que rien n’est jamais définitivement gagné, pas même la liberté.

Les différentes années de la vie de Simone Veil s’entendent facilement ici grâce au graphisme fait d’une alternance de tons pastels, jaune, bleu ou gris. Dommage il n’y a pas le vert de ses yeux, mais l’on est très bien projeté d’une temporalité à l’autre. Cela manque peut-être d’un peu de dynamisme, après tout, cette femme s’est battue et a porté haut ses convictions, on aurait pu les imaginer avec parfois un peu plus de luminosité, mais cela passe très bien malgré tout.

Catalogue éditeur : éditions Steinkis & Plon

Un récit intimiste et émouvant sur deux grandes femmes.
Par Annick Cojean, Xavier Bétaucourt, Étienne Oburie

Annick Cojean est grand reporter au Monde.
Au fil de sa carrière, elle a croisé Simone Veil à plusieurs reprises. Au fil de leurs rencontres, une relation singulière s’est installée entre Simone Veil et la journaliste.
Elle signe un portrait subjectif, délicat et parfois surprenant de la femme au-delà de l’héroïne.

Date de parution 28 Mai 2020 / ISBN 9782368462584 / Pages 112 / Prix 18€

L’Histoire de l’Aviation, Feldzer, Polacco, Warner, Woolford

Un beau livre très complet qui retrace les grandes étapes de l’histoire de l’aviation du 18e siècle à aujourd’hui, pour amateurs et passionnés

D’abord il y a cette belle couverture à la fois sobre et élégante, puis émergeant de ce dégradé de gris, un avion s’inscrit en noir et blanc, intemporel, éternel, irréel.

Ensuite il y a le livre lui-même, qui nous en apprend beaucoup sur l’aviation à travers le temps.

Oui, le ciel est à tout le monde, et c’est ce que les auteurs nous démontrent ici. De la montgolfière de Pilâtes de Rosier en 1783 au premier vol motorisé des frères Wright en 1903, de Blériot à la belle époque des meetings aériens. Ensuite vient la partie sérieuse des avions utilisés pendant la première guerre mondiale, on se souvient en particulier de Guynemer dont les français refusaient d’admettre la disparition, et de développement de cette industrie indispensable pour l’armée de l’air.

Chaque guerre est propice au développement de l’aviation, et à la mise en valeur du courage des pilotes. Jusqu’à la guerre froide et sa mémorable course aux étoiles… ou à la lune.

Suivront les vols transatlantiques et l’inoubliable Charles Lindbergh à bord de son Spirit of St. Louis, puis les folies des pilotes rescapés de la guerre qui font des acrobaties aériennes pour capter un public attentif lors de manifestations festives mais souvent dangereuses. L’incendie du dirigeable l’Hindenburg est impressionnant, même à travers la photo en noir et blanc montrée ici. Viendront ensuite les avions de ligne modernes, les compagnies aériennes qui effectuent ces trajets qui semblaient auparavant impossibles.

Nombre de ces évènements avaient été immortalisés par les films des années 60 et après, les auteurs les présentent ici avec force documents, courriers, photos, articles de journaux qui permettent aux lecteurs de les placer plus facilement dans leur époque.

Qu’ils soient de pures inventions ou devenus utilitaires, qu’ils soient de guerre ou de ligne, les avions sont aujourd’hui rentrés dans notre cadre de vie comme une évidence. Le livre a le mérite de nous démontrer que tout n’a pas toujours été aussi simple ni facile. Les auteurs présentent leur évolution à travers les âges. C’est d’autant plus intéressant à observer qu’on parle de plus en plus de diminuer ces vols particulièrement polluants (quoi que, en comparaison du nombre de passagers transportés, on sait aujourd’hui que la pollution aérienne est négligeable, mais qu’elle reste malgré tout un fer de lance écologique confortable car visible).

Au final, un superbe livre qui retrace, quasiment en noir et blanc, la couleur vient dans les dernières années, l’histoire de l’aviation, ses conquêtes et ses aléas que l’on oublie souvent. Intéressant, de belle facture, les illustrations ne prennent pas le pas sur le texte. On s’y plonge avec plaisir, y compris et surtout lorsque l’on est néophyte en la matière.

Catalogue éditeur : Grund

auteurs : Gérard Feldzer, Michel Polacco, Carl Warner, Stephen Woolford

L’histoire passionnante de l’aviation depuis les premiers cerfs-volants chinois jusqu’à l’avion électrique à hydrogène.
De l’Antiquité aux missions lunaires, l’humanité a toujours été fascinée par le ciel. Ce livre superbement illustré présente un panorama historique de l’aviation. Les premiers pionniers comme les frères Wright, Alcock et Brown, Clément Ader ou Louis Blériot tissent la trame de cette aventure humaine exceptionnelle, aux côtés d’inventeurs plus proches de nous, comme les ingénieurs du Concorde. Les exploits et les dangers évoqués dans cet ouvrage forment une longue épopée, des premières montgolfières à la technologie complexe des chasseurs à réaction, sans oublier la magie de la conquête spatiale qui permit à l’homme de s’affranchir de la pesanteur. L’Histoire de l’Aviation propose un panorama des évolutions
civiles et militaires de ce mode de transport devenu omniprésent et dont les défis technologiques et environnementaux (avion électrique à hydrogène, avion hypersonique, etc.) sont nombreux à relever pour dessiner les contours du transport aérien à l’horizon 2030 (5 milliards de passagers).

EAN : 9782324025143 / Nombre de pages : 160 / Format : 245 x 285 mm / Prix : 29.95 € / Date de parution : 05/12/2019

Une année folle, Sylvie Yvert

Deux hommes embarqués dans les tourments de l’Histoire, deux souverains qui se disputent le pouvoir, deux épouses extraordinaires… Vous venez, on part découvrir cette année folle si bien racontée par Sylvie Yvert !

Waterloo, qui n’est pas seulement une gare britannique, mais aussi les cent-jours et le retour de Napoléon puis de Louis XVIII, la plupart d’entre nous connaissons, ou du moins en avons-nous quelques souvenirs de lointains cours d’Histoire ou différentes lectures. Mais avec Une année folle, Sylvie Yvert nous dit tout sur ces bouleversements qu’a connu la France en 1815, quand à partir de fin février Napoléon Ier traverse la France en quelques semaines et revient à Paris après son exil à l’île d’Elbe.

Avec une exceptionnelle rigueur des faits et des événements, l’auteur réussit l’exploit de nous offrir un récit historique à la fois érudit, foisonnant, et surtout romanesque à souhait avec ces deux personnages principaux que sont, non pas Napoléon et Louis XVIII, mais le sage Antoine et le jeune et beau Charles. Car voici le récit tragique et drôle à la fois de la vie incroyable de ces deux hommes, mais aussi de leurs deux épouses hors du commun.

Ce que j’ai aimé ? Découvrir ces personnages décalés dont nous n’avions sans doute jamais entendu parler, dans cet exposé plus que significatif des incohérences de l’Histoire. Comment deux hommes tous deux proches de Napoléon, fidèles à leurs opinions, soucieux de leurs métiers, dans l’armée pour l’un, aux Postes pour l’autre, mais aussi de leurs familles, ont été emportés par le vent de l’Histoire et ont servi en quelque sorte de boucs émissaires en cette période où il fallait faire un exemple.

L’écriture de Sylvie Yvert, le rythme soutenu de cette année folle qui prend des airs de tragi-comédie sur fond d’intrigues et de compromissions, et le fait que le récit soit parfaitement documenté sans paraitre trop dense, voilà la recette d’un excellent roman historique.

Catalogue éditeur : éditions Héloïse d’Ormesson

Entrez dans la danse : une des plus sidérantes années de l’histoire de France commence. Fraîchement débarqué de l’île d’Elbe, Napoléon déloge Louis XVIII pour remonter sur son trône. « Son » trône ? Après Waterloo, le voilà à son tour bouté hors des Tuileries. Le roi et l’Empereur se disputent un fauteuil pour deux, chacun jurant incarner la liberté, la paix et la légitimité.
Sur la scène de ce théâtre méconnu des Cent-Jours, deux fidèles de « l’Aigle » sont dans la tourmente. Deux héros oubliés liés par un sens de l’honneur et une loyauté hors du commun qu’ils vont payer cher…
Au bal du pouvoir la valse des courtisans bat la mesure face à un peuple médusé. Chorégraphe d’une tragi-comédie en cinq actes, Sylvie Yvert tisse avec une savoureuse habileté ces destins contrariés. Une fable intemporelle, enjouée et amorale.

336 pages / 19€ / Paru le 15 février 2019 / ISBN : 978-2-35087-490-6

Illustration de couverture © Musée de la Ville de Paris – Musée Carnavalet/Bridgeman Images

Le fil de l’Histoire raconté par Ariane et Nino, Sylvain Savoia et Fabrice Erre

Comment motiver les enfants pour apprendre de façon ludique ? Avec Nino et Ariane, frère et sœur auxquels ils peuvent s’identifier, et par le biais de petites histoires pour retracer l’Histoire.

Dans chaque tome, Ariane, la grande sœur, part d’un élément découvert par son petit frère Nino pour lui expliquer un phénomène particulier.

Une dent de Nino, à mettre sous l’oreiller ou à cacher dans la terre du jardin, et ce sera La découverte des dinosaures, une révolution archéologique.

Des œufs de pâques dans le jardin, et ce sera L’or noir, la conquête du pétrole, bon, là, un peu tiré par les cheveux peut-être, mais le fait que la ressource ne soit pas inépuisable est bien véridique pourtant.

Le ballon qui passe par-dessus la haie du jardin, pas aussi haute que La grande muraille de Chine, les remparts d’un empire ! Et voilà Ariane qui part dans des explications, scientifiques mais pas trop, imagées, constructives et amenant un véritable dialogue fait de questions/réponses.

Enfin, Nino a peur de nager, Ariane lui conseille de venir sur son bateau, et la voilà partie avec Les Vikings, marchands et pirates

L’ensemble de la collection est d’un petit format, très pratique et très agréable à consulter. Une couverture cartonnée donne un bel aspect à ces petites bandes dessinées. BD ? Pas seulement, car en fin de chaque tome des explications et un  fil chronologique permettent de mieux comprendre ce qui vient d’être dit, en donnant aux enfants des références scientifiques ou historiques, pour arriver à se situer dans le fil de l’Histoire.

💙💙💙💙 Dessins de Sylvain Savoia et Textes de Fabrice Erre

Catalogue éditeur : Éditions Dupuis

L’apprentissage de l’Histoire en bande dessinée dans une petite encyclopédie à collectionner.
Une nouvelle façon claire et vivante d’apprendre l’Histoire grâce à la narration dialoguée et aux deux héros auxquels on s’identifie.
Le système narratif permet de clairement distinguer les éléments historiques. On apprend des choses vraies !  En partant du réel d’aujourd’hui pour amener un sujet historique, ces livres permettent aux enfants de se sentir concernés par l’Histoire.
Motiver la curiosité des enfants pour l’Histoire grâce aux héros attachants auxquels ils s’identifieront.

Age du lectorat : 6+ / Album cartonné / 48 pages en couleurs / Hauteur : 172 mm / Largeur : 135 mm / PVP : 5.90EUR

L’or noir : Parution le 07/09/2018 / ISBN : 9782390340058
La Grande Muraille de Chine : Parution le 07/09/2018 / ISBN: 9782390340133
Les Vikings : Parution le 02/11/2018 / ISBN: 9782390340423
La découverte des dinosaures : Parution le 02/11/2018 / ISBN: 9782390340089

Une jeunesse de Marcel Proust. Evelyne Bloch-Dano

Dans « Une jeunesse de Marcel Proust » Evelyne Bloch-Dano nous invite à revisiter la vie et l’entourage de Marcel Proust, pour comprendre ce qui a fait de cet auteur un écrivain aussi singulier.

Domi_C_Lire_une_jeunese_de_marcel_proust_blochdano.jpgTout un chacun, ou presque, connait ou a entendu parler du questionnaire de Proust, rendu célèbre dans les années 90 par Bernard Pivot qui terminait ses émissions Bouillon de culture en posant à ses invités quelques questions légèrement remaniées. C’est André Maurois qui évoque le premier ce document et qui suggère à l’éditeur Léonce Peillard de le soumettre à quelques auteurs. Fort de ce nouveau succès, l’éditeur publie « Cent écrivains répondent au questionnaire de Marcel Proust » à la fin des années 60.

Alors direz-vous, pourquoi Proust a-t-il inventé ce questionnaire et dans quel but ? Eh bien tout simplement il ne l’a jamais inventé ! Il est avant tout l’un des multiples répondants au questionnaire qui arrive de Grande Bretagne et qui sert à dévoiler sa personnalité et ses aspirations, questionnaire que posait Antoinette Faure, la dernière des filles du président Félix Faure à son entourage. Cette dernière compile dans son cahier les réponses de ses divers amis et relations.

La première fois qu’il y répond, le jeune Marcel est âgé de 16 ans environ, il se pliera à l’exercice une nouvelle fois quelques années plus tard, sans doute âgé alors de 23 ans. Point de départ pour Evelyne Bloch-Dano à l’écriture de ce livre – car il ne s’agit pas ici un roman, mais bien une étude – autour de la personnalité et étude sociologique de l’époque, de l’entourage, de l’auteur d’à la recherche du temps perdu.
A partir des réponses et des personnalités diverses des répondants, Évelyne Bloch-Dano va faire une étude sociologique de la société de l’époque. La famille Faure, ses relations avec les parents et le jeune Marcel. Partagée entre Paris et le Havre, ces jeunes gens vont connaitre les enfances heureuses de nantis, dans cette bourgeoisie élitiste de la société française de la fin des années 1880.

L’auteur analyse les différentes réponses, prétexte à mieux comprendre cette éducation, si différente selon qu’elle s’adresse aux filles ou aux garçons. L’éducation des filles n’a qu’un but, les préparer au mariage, celle des garçons d’en faire des hommes soutien de famille. Tout cela transparait dans les réponses. Mais émergent également les éléments de la mémoire d’un pays, car la guerre de 70 n’est pas loin. Image d’une société, d’habitudes, de culture entre autre, par les noms cités, artistes, écrivains, personnages mythiques ou réels auxquels on souhaite s’identifier, envie forte pour les filles de devenir des hommes, démontrent ces différences et ces attentes.
Mais également, et peut-être un peu tard, ou du moins par rapport au titre du livre qui m’a fait attendre plus d’informations de ce côté-là, l’auteur étudie la personnalité de Marcel Proust, sa relation à sa mère, à l’école, à l’écriture, aux jeunes garçons qui l’entourent et dont il se sent proche.

S’il est un peu trop long et parfois dense à mon goût, ce livre a cependant l’immense avantage de décortiquer la société française de la fin des années1880. Dense, documenté, éclectique l’auteur nous présente un instantané qui dépeint la société avec une vision large, enfants ou parents, bourgeois ou politiques, parisiens ou provinciaux, dans les écoles ou pendant les loisirs, tout est analysé et détaillé avec une érudition qui comblera les plus exigeants.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Stock

Qui n’a jamais entendu parler du questionnaire de Proust ?
Les réponses de l’écrivain ont traversé le temps et fait le tour  du monde. On a oublié qu’elles provenaient d’un album  intitulé Confessions, appartenant à Antoinette Faure, la fille  du futur président de la République.
En participant à ce jeu de société à la mode, Marcel Proust  ne se doutait pas qu’il livrerait des indices sur l’adolescent  qu’il était. Ses réponses ont été commentées. Mais jamais  contextualisées ou comparées. Jamais datées avec exactitude.
De Gilberte aux Champs-Élysées à la petite bande d’Albertine  et des jeunes filles en fleurs, quelles traces ont-elles laissées  dans son œuvre ?
Évelyne Bloch-Dano a mené l’enquête. Elle est parvenue  à identifier les autres amis de l’album d’Antoinette. C’est  alors tout un monde qui a surgi, celui des jeunes filles de la  bourgeoisie de la Belle Époque. Quelques garçons aussi. À travers leurs goûts, leurs rêves, s’est dégagé le portrait d’une  génération. Celle de Marcel Proust.

Parution : 20/09/2017 / 304 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234075696 /  Prix : 19.50 €