Et si c’était lui ? Jean-Loup Felicioli

Pourquoi on aime ce conte de Noël tellement humain qui invite au partage.

Alors que toute la famille est en balade en direction du parc, sous la neige quel plaisir de pouvoir faire bonhomme de neige et bataille de boules, le chien de la famille trouve un homme allongé sur le sol, seulement protégé par une mine couverture bleue…

Vite, les secours, l’hôpital… et voilà une petite fille qui se pose des questions, pourquoi cet homme était-il là sous la neige, il n’a pas de maison ? Est-il est seul ? Abandonné ?

Après quelques négociations, la petite fille réussi à convaincre ses parents d’aller le voir à l’hôpital… Elle a très envie de l‘inviter pour Noël, car il ne saurait passer les fêtes seul n’est-ce pas ? Mais cet homme-là est bien mystérieux, et le soir de Noël il a tant de travail…

Voilà une jolie histoire, comme un conte magique où malgré le thème difficile des sans-abris abordé par l’auteur avec infiniment de finesse, l’humanité et la bonté dont savent faire preuve naturellement les enfants et la magie de Noël opèrent une fois de plus des miracles. Le décor et les couleurs un peu surannés sont assez jolis et de grandes illustrations pleine page en format paysages donnent toute sa splendeur au graphisme.

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Catalogue éditeur : Syros

Cette nuit, il a neigé. Tout est blanc et calme sur le chemin qui mène au parc. Chloé et son chien Zorro découvrent, derrière un banc,un vieux monsieur endormi sous une couverture bleue… Qui peut-il bien être ?

Après le succès des films d’animation Une vie de chat et Phantom Boy, le somptueux premier album de Jean-Loup Felicioli.

Éditions Syros Jeunesse / Octobre 2018 / 48 pages / 15,95euros / Album Jeunesse dès 4 ans

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Le poids de la neige. Christian Guay-Poliquin

« Le poids de la neige » de Christian Guay-Poliquin a tout d’un huis-clos oppressant dans un univers blanc et glacé, entre deux hommes que le hasard a réuni au sein d’une nature hostile, au plus profond d’un hiver de neige et de froid.

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Alors qu’il revenait voir son père au village après plus de dix ans d’absence, la narrateur à un accident de voiture, éjecté du véhicule, il a les jambes brisées. Sauvé de justesse par des villageois qui le reconnaissent et par Maria, la jeune vétérinaire du village, il est confié aux soins de Mathias, un vieil homme arrivé par hasard au village et qui attend que sa voisine vienne le chercher pour retrouver sa femme malade et hospitalisée à la ville.

Mais au village, au plus profond de l’hiver (canadien ?), il n’y a plus d’électricité, les voies sont coupées, l’essence, les vivres, les médicaments commencent à manquer. Les seules interactions sont donc entre les villageois, puisqu’ils sont condamnés à vivre en autarcie pendant de longues semaines. L’ambiance, comme le temps, sont glacés et les relations s’avèrent difficiles entre cet homme blessé qui ne veut pas rester à la merci de son gardien, et Mathias, ce gardien qui ne rêve que de rentrer chez lui. Aidés et ravitaillés tant bien que mal par les villageois, ils vont devoir apprendre à se connaître et à s’apprivoiser.

Il y a une lenteur forcée tout au long de ces pages, de ce journal de bord d’un homme diminué et attentif. Une cohabitation délicate, des secrets difficile à garder dans un univers aussi restreint et aussi clos, avec un homme cloué sur son lit pendant de longues semaines, peu de possibilités de se ravitailler, et la neige, lancinante, omniprésente, qui tombe dru ou léger, qui recouvre tout et dont le poids fait s’écrouler les toits, qui glace le paysage et les hommes, qui les prive de vivres et de chaleur. Cette neige pourtant si belle, immaculée, scintillante, lumineuse, qui illumine et éclaire le paysage au loin, par la vitre de la véranda, dans cette maison isolée du village dans laquelle ils vont devoir apprendre à cohabiter.

Il ne se passe pas grand-chose au fil des jours, mais le narrateur montre avec une grande finesse la difficile cohabitation des deux hommes. La fuite et la ruse, la confiance et les secrets, la solitude et la violence, l’humanité et une tension parfois extrême qui font craindre le pire, tous ces sentiments éclatent et cimentent leur relation pour le pire comme pour le meilleur. Une lecture étonnante, Christian Guay-Poliquin nous plonge dans cet univers glacé digne du grand nord canadien qui ne laisse pas indifférent.

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Catalogue éditeur : éditions de l’Observatoire

À la suite d’un accident, un homme se retrouve piégé dans un village enseveli sous la neige et coupé du monde par une panne d’électricité. Il est confié à Matthias, un vieillard qui accepte de le soigner en échange de bois, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps, seule échappatoire.
Dans la véranda d’une maison où se croisent les courants d’air et de rares visiteurs, les deux hommes se retrouvent prisonniers de l’hiver et de leur rude face-à-face. …Lire la suite

Né au Québec, en 1982, Christian Guay-Poliquin est doctorant en études littéraires. Le Poids de la neige, grand succès au Québec, a été distingué par plusieurs prix prestigieux.

Parution : 10/01/2018 / Prix : 19€ / Format : 140 x 200 / 256 pages / ISBN : 979-10-329-0213-4

Wanderer. Sarah Léon

Wanderer, de Sarah Léon est un beau premier roman porté par la mélodie de mots et des sentiments. Une jolie découverte d’une auteure révélée par le prix Clara

DomiCLire_wanderer_sara_leon.jpgHermin est compositeur, il vit retiré dans une maison aux confins du Bourdonnais. Un soir d’hiver et de neige, Lenny, un de ses anciens élèves, mais surtout celui qui a été son protégé et son ami, et qui est devenu un pianiste talentueux, vient frapper à sa porte.
Dix ans auparavant, Lenny était un adolescent misérable, élevé par une tante poitrinaire et porté par un seul rêve, devenir un grand pianiste. Hébergé et pris sous l’aile protectrice d’Hermin, l’adolescent se révèle doué, mais terriblement possessif envers son protecteur. Jusqu’au jour où il disparait de la vie d’Hermin. Sa rencontre avec son mentor sera pourtant décisive et lui permettra d’accéder au plus haut niveau de maitrise du piano.

Étrange visite de celui que le compositeur n’a plus revu depuis si longtemps. Pendant ces dix longues années, aucun n’a repris contact, mais chacun a suivi le parcours de l’autre. Aujourd’hui, dans un huis clos porté par la musique et la création, les silences et les cris, des parts du mystère seront enfin dévoilées. Pourquoi cette fuite, pourquoi cette ultime visite, pourquoi celui qui est aujourd’hui devenu un homme au talent reconnu de tous souhaite-t-il tout abandonner. Ultime tentative de Lenny pour faire comprendre ou accepter l’étrangeté de cette relation qu’Hermin nomme une profonde amitié, mais qui n’a définitivement pas la même valeur ni le même sens aux yeux de Lenny.

C’est une belle écriture, très musicale, portée par les notes, la création, l’évolution de la mélodie de Schubert omniprésente dans le roman. Le récit du présent alterne avec les réminiscences indispensables du passé, souvenirs d’Hermin en italique dans le texte, pour une meilleure compréhension de ces non-dits, de ces échanges incomplets, de cette attente vitale et de ces révélations. Un peu déconcertée au début par ces incessants aller-retour dans le temps, j’ai vite apprécié la coloration musicale et hivernale de ce roman, son côté sombre aussi, cette tristesse qui en émane, au plus profond d’un hiver de glace, comme en écho à l’hiver d’une vie et à celui d’une profonde amitié.


Catalogue éditeur

Porté par une mélodie schubertienne, Wanderer est un premier roman d’une délicatesse rare, un adagio crépusculaire au cœur de l’hiver, une ode subtile au romantisme allemand.

Date de parution : 03/03/2016 / Éditeur : Héloïse d’Ormesson / EAN : 9782350873572

http://www.editions-heloisedormesson.com/