Apaiser nos tempêtes, Jean Hegland

Le difficile choix d’une vie dans l’Amérique d’aujourd’hui

Anna, jeune, étudiante, photographe au regard sûr, est bien décidée à faire carrière dans ce métier qu’elle affectionne par dessus tout. Elle sera photographe c’est évident. Le jour où elle se rend compte qu’elle est enceinte, elle décide de ne pas en parler au futur père et de régler ce problème seule. Même si c’est difficile, elle prend la décision de se faire avorter et de poursuivre sa vie d’étudiante et de photographe.

Cerise est une jeune fille mal dans sa peau, trop grande, trop gauche, trop tout pour plaire et se plaire. Aussi quand le jeune vendeur de la supérette se rapproche d’elle, elle ne peut que succomber. Mais pour une fille, la relation amoureuse n’est pas sans risque et rapidement elle se retrouve enceinte. Si le futur père ne sait que penser de cette nouvelle, et bien que sa mère lui affirme qu’elle va gâcher sa vie, elle décide de garder son’ bébé. Largement influencée dans cette décision par un couple intégriste religieux.

Chacune va vivre en fonction de cette décision qui oriente le reste de leur vie.

Quitter l’école jeune et sans diplôme, tenter de trouver un travail, galérer, mais toujours portée par l’amour absolu qui la lie à Melody sa fille. La vie ne sera jamais tendre avec Cerise, les difficultés s’accumulent, Melody est son unique rayon de soleil jusqu’au jour où elle croise la route de Jack, le beau parleur qui lui fait un enfant avant de la quitter pour trouver du travail ailleurs.

Anna suit sa route, artiste photographe, elle expose et enseigne à la fac. Avec Eliott son mari ils ont une fille, et Eliott enseigne lui aussi à la fac tout en poursuivant ses recherches sur le blé. Deux héroïnes aux destins que tout oppose, l’une brillante, vie aisée, artiste et mère comblée, l’autre mère qui va de galère en galère sans arriver à sortir de sa spirale infernale. J’ai eu du mal à m’y attacher tant par moment elles m’ont semblé trop caricaturales des deux milieux dont l’autrice voulait nous parler.

Un roman sur la maternité, la femme, les douleur et la difficulté d’être mère ou de le devenir, sur le choix de vie, avec l’avortement ou le choix de garder un enfant, les douleurs et les angoisses d’un accouchement, les questions que l’on se pose pour élever un enfant, le voir grandir, les crises de l’adolescence. Sur la précarité des jeunes femmes dans cette Amérique des laissés pour compte où les services sociaux ne sont pas toujours aux service de ceux qui ont besoin d’eux.

J’ai particulièrement apprécié la lecture par Maïa Baran, à la fois sobre et émouvante. Elle réussi à faire vivre ces deux jeunes femmes en leur donnant une vraie personnalité, alors que je ne les ai pas forcément trouvé attachantes à priori. C’est elle qui donne toute l’intensité du roman, je ne suis pas sûre que je l’aurais autant apprécié sans cette lecture audio.

Ce roman prend toute son importance au regard des dernières dispositions de la cour suprême des USA, qui ôte les droits chèrement acquis par les combats de leurs mère aux femmes américaines.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2022

Catalogue éditeur : Audiolib, Phébus

Deux femmes, deux destins, deux Amériques.
Anna, promise à une brillante carrière, étudie à l’université de Washington. Cerise, lycéenne de milieu modeste, vit en Californie sous l’emprise douloureuse de sa mère. Lorsque chacune tombe enceinte par accident, Anna avorte et Cerise garde l’enfant.
Des années plus tard, ce choix aura déterminé le cours de leur vie.
D’espoirs en déceptions, de joies en drames, Anna et Cerise, bientôt réunies par le hasard, apprennent à être mères et à être femmes.
À travers ce face à face poignant, Jean Hegland interroge la maternité, l’éducation et la quête de soi. Une expérience universelle de sororité.

Lu par Maia Baran / Traduit par Nathalie Bru / EAN 9791035407643 / Prix du format cd 25,90 € / Parution : 19/01/2022 / Durée : 12h55