Malamute, Jean-Paul Didierlaurent

Embarquer dans la blancheur glacée de l’hiver pour un voyage dans le temps

La neige est là, et avec la neige arrive Basile, qui passe les mois d’hivers à Valjoux sur une des dameuses de la station. Pour une fois, il n’a pas eu à chercher un logis, ni à se contenter du réduit qu’il occupait les années précédentes. Il va partager la maison d’un lointain parent, trop âgé pour rester seul. Sa fille a tout organisé pour que Germain puisse rester chez lui. Basile gardera un œil sur ce vieil homme acariâtre et revêche.

Dans l’équipe des dameurs Emmanuelle, une nouvelle venue, dame le pion à tous les anciens et s’approprie, grâce à son talent, l’engin le plus convoité ; c’est aussi la voisine de Germain.

Lorsque ce dernier la rencontre, il laisse affleurer à sa mémoire de bien beaux mais aussi de bien noirs souvenirs, réminiscences d’une époque révolue. Les voisins avaient été baptisés les Ruskoffs par tout le village, car on se méfie toujours de ceux que l’on ne connaît pas.

Paulina Radovic, si blonde, si timide, si belle. Celle dont on découvre le journal écrit en 1976, l’épouse de Dragan. Lui, fort, dur, ancien légionnaire, avait un rêve fou, obsessionnel, conduire les touristes à bord de son traîneau tracté par ses malamutes, de superbes chiens qui pourtant inquiètent les villageois. Mais rien ne s’est passé comme ils espéraient.

Ce que j’ai aimé ?

L’ambiance, à la fois oppressante et majestueuse dans cette blancheur qui envahit le paysage.
Les personnages, des hommes et des femmes qui pourraient être nos voisins, Germain, Basile ou Emmanuelle, mais aussi Françoise ou encore le curé et ses processions, un écheveau de relations humaines où le meilleur côtoie le pire sans que cela paraisse incongru.
Des situations en apparence simples et banales où parfois se cachent de noirs secrets comme sait si bien les décrire Jean-Paul Didierlaurent, à hauteur d’homme, au plus près de la réalité du quotidien.

L’auteur nous entraîne par son écriture à la fois humaine et irréelle, surtout lorsqu’un brin de magie vient bousculer ses personnages, entre les bêtes malfaisantes et les souvenirs du passé, entre le sortilège de l’amour et le triomphe de hommes sur la nature parfois étouffante et dévastatrice, tout y est et on se régale.

Catalogue éditeur : Au Diable Vauvert

Jean-Paul Didierlaurent vit dans les Vosges. Nouvelliste lauréat de nombreux concours de nouvelles, deux fois lauréat du Prix Hemingway, son premier roman, Le Liseur du 6h27, connaît un immenses succès au Diable vauvert puis chez Folio (370.000 ex vendus), reçoit les prix du Roman d’Entreprise et du Travail, Michel Tournier, du Festival du Premier Roman de Chambéry, du CEZAM Inter CE, du Livre Pourpre, Complètement livres et de nombreux prix de lecteurs en médiathèques, et est traduit dans 31 pays. Il est en cours d’adaptation au cinéma. Jean-Paul Didierlaurent a depuis publié au Diable vauvert un premier recueil de ses nouvelles, Macadam, Le Reste de leur vie, roman réédité chez Folio, et La Fissure.

Format : 130 X 198 / Parution : 2021-03-11 / pages : 368 / EAN-ISBN : 979-10-307-0419-8

Macadam. Jean-Paul Didierlaurent

Qui dit nouvelles dit tranches de vie en peu de mots et peu de pages, avec « Macadam » Jean-Paul Didierlaurent, l’auteur du très sympatique « liseur du 6h27 » nous régale et nous emporte.

Depuis toujours, j’aime lire des nouvelles, mes préférées étant sans doute celles de Scot Fitzgerald, et j’ai également découvert avec bonheur depuis quelques années celles écrites par des ados du Prix Clara. Aujourd’hui, en lisant Macadam, j’avoue que je n’ai pas été déçue .
Qu’il nous parle d’un prêtre qui réussit à s’évader alors qu’il est obligé d’écouter les sempiternelles confessions de ses ouailles, d’un musicien qui se sent profondément coupable, d’une jeune femme désabusée qui travaille au péage de l’autoroute, d’un ancien soldat pétri de remords face au « pourquoi eux et pas moi », ou d’une fillette qui fait de terribles cauchemars, pour ne citer que ces nouvelles -là, l’auteur sait capter l’essence même des instants de vie qu’il décrit.
Que ce soit les sentiments amoureux, la lassitude, l’échec, la culpabilité, le souvenir et le remords, la passion et la fidélité sans faille envers l’amour disparu, l’ennui, le cynisme parfois, ou même l’horreur d’une relation incestueuse, il y a toujours à la fois une poésie et une justesse dans le phrasé qui nous touchent au cœur, qui nous font vibrer avec les protagonistes, qui nous émeuvent et nous touchent au plus profond. Jean-Paul Didierlaurent a l’art, en quelques phrases, de trouver l’accroche qui nous donne envie de lire, en quelques scènes il crée une véritable histoire, ou au contraire il initie une histoire à prolonger, puisque l’on retrouve dans ce recueil certains protagonistes de son roman « le liseur du 6h26 », et c’est un grand plaisir de lecture.
Macadam n’a qu’un défaut, on le fini trop vite ! Du coup, il laisse à son lecteur un goût de « revenez-y » !


Catalogue éditeur : Au diable vauvert

Un prêtre qui s’ennuie pendant les confessions devient accro à la Game Boy ; un vieillard qui attend de mourir assassine en douceur ses voisins de chambre dans une maison de retraite ; un moustique écrasé sur une partition sabote une corrida ; pour mettre fin à une discorde, un fossoyeur enterre les aiguilles des deux clochers de son village.
Macadam recueille plus de dix années d’écriture et de concours de nouvelles. L’auteur du Liseur du 6h27 y dévoile de nouvelles facettes de son talent, tout aussi bien sombres que joyeuses ou humoristiques. Les lecteurs y retrouveront en germes les éléments et la magie qu’ils ont pu découvrir dans son roman : l’univers d’un écrivain original et populaire.

Date de parution : 10/09/2015 / EAN : 9782846269636