By the rivers of Babylon. Kei Miller

Découvrir les rastafari et l’écriture de Kei Miller avec « By the rivers of Babylon », une expérience puissante et émouvante.

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A Augustown, un quartier particulièrement pauvre de Kingston où résident les laissés pour compte, en ces années 80 la violence et la misère font partie du quotidien des habitants. Les bandes adverses tiennent le quartier en coupe réglé, le gang Angola et les Babylones s’affrontent sans merci.

Ce jour-là, Ma Taffy, qui n’a pas eu d’enfants, attend celui qu’elle considère comme un petit-fils. Car elle a élevé ses trois nièces comme si elles étaient ses propres filles, et Kaia est le fil de l’une d’entre elles. Bien que Ma Taffy ait perdu la vue depuis longtemps, elle sait toujours repérer les signes, les odeurs, les relents du malheur. Et elle le sent, ce jour sera celui de l’autoclapse, le jour de l’apocalypse. Dès le retour de l’école de Kaia, elle comprend qu’un grand malheur est arrivé. Monsieur Saint-Josephs a commis le sacrilège suprême contre un rastafari, il lui a rasé la tête et sacrifié ces dreadlocks qui poussent en s’emmêlent sur son crâne depuis sa naissance.

Mais si la catastrophe est annoncée, Ma Taffy veut autant que possible en retarder le moment, aussi se met-elle à raconter à Kaia cette légende qui veut qu’un jour, il y a bien longtemps, Alexander Beward, prêcheur de son état, ait réussi à s’élever dans les airs…Et tout ceci au fond n’est que prétexte à présenter les différents protagonistes de cette catastrophe pressentie et cependant inévitable, Madame G, la directrice de l’école de Kaia, où exerce monsieur Saint-Josephs, mais aussi Miss G, qui n’est autre que Gina, la mère du petit Kaia, enfin, toute cette société qui n’attend qu’une étincelle pour faire jaillir la révolte contre le malheur, la peur, la crainte.

Prétexte à mieux évoquer la vie dans ces quartiers si différents de Kingston, By the rivers of Babylon montre aux néophytes que nous sommes peut-être, le pouvoir des croyances, leur poids dans le quotidien de l’ile. Mais aussi les entraves qu’elles peuvent être dans l’évolution d’une société, lorsque les bienpensants s’y opposent ou ne les comprennent pas, lorsque l’on veut imposer des normes et des règles différentes sans chercher à comprendre son prochain, ceux avec qui on pourrait vivre en toute sérénité à condition de faire l’effort se comprendre.

L’auteur est à la fois romancier et poète, né lui-même à Kingston (où se passe le roman) il vit aujourd’hui en Grande-Bretagne. Je le découvre avec ce roman, et avec lui cette écriture si particulière pour évoquer l’ambiance de son pays d’origine, la Jamaïque, et les croyances des rastafaris. Une belle traduction porte ce roman qui ne peut qu’émouvoir les lecteurs. Quelle aventure, puissante et forte, qui nous fait découvrir la misère et la vie en Jamaïque, mais qui reste porteuse d’espoir.

Et comme toujours, on aime la magnifique couverture des éditions Zulma !

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Éditions Zulma

Augustown, quartier pauvre de Kingston. En cet après-midi d’avril 1982, Kaia rentre de l’école. Ma Taffy l’attend, assise sur sa véranda. La grand-mère n’y voit plus mais elle reconnaît entre toutes l’odeur entêtante, envahissante, de la calamité qui se prépare. Car aujourd’hui, à l’école, M. Saint-Josephs a commis l’irréparable : il a coupé les dreadlocks de Kaia – sacrilège absolu chez les rastafari. Et voilà Ma Taffy qui tremble, elle que pourtant rien n’ébranle, pas même le chef du gang Angola ni les descentes des Babylones, toutes sirènes hurlantes.
On dirait bien qu’à Augustown, Jamaïque, le jour de l’autoclapse – catastrophe aux promesses d’apocalypse – est une nouvelle fois en train d’advenir. Alors, pour gagner du temps sur la menace qui gronde, Ma Taffy raconte à Kaia comment elle a assisté, petite fille au milieu d’une foule immense, à la véritable ascension d’Alexander Bedward, le Prêcheur volant…
By the rivers of Babylon est un roman puissant, magnifique chant de résistance et de libération.

Ce roman traduit de l’anglais (Jamaïque) par Nathalie Carré est lauréat 2017 du OCM Bocas Prize for Caribbean Literature.

12,5 x 19 cm /304 pages / ISBN 978-2-84304-800-5 / 20,50 € / Paru le 07/09/17