La chambre des merveilles, Julien Sandrel

La chambre des merveilles, un soupçon de délicatesse et de sensibilité, comme un gros bonbon multicolore pour faire le bonheur de cœurs tendres.

Louis, douze ans, a une maman bien pressée. Chaque matin c’est le même rituel, le lever est toujours un peu difficile, Louis aime bien se faire prier pour sortir du lit… Mais ce jour-là, une belle dose d’exaspération, un peu d’inattention, et le travail omniprésent dans la vie de sa mère, louis, fâché part à fond sur son skate-board. Heurté par un camion, l’enfant est dans le coma…

Face à une situation qui n’évolue pas, les médecins se sont donné un mois, un tout petit mois, pour la vie ou la mort. Un mois, c’est trop court, alors Thelma la combattante décide de tout mettre en œuvre pour donner à son fils l’envie de vivre, de revenir de cet ailleurs dans lequel il est plongé, de ce silence dont on ne sait rien. Chaque jour dans cette chambre d’hôpital qui se transforme en chambre des merveilles, elle lui raconte comment elle accompli pour lui ces merveilles qu’il rêvait de réaliser un jour. Et le lecteur rit et sourit, pleure et espère.

Et si l’amour d’une mère était le plus fort, si ce lien puissant pouvait ramener son enfant à la vie ? C’est le vœu le plus cher de cette femme qui se remet en question, interroge sa vie, sa relation aux autres, à son travail, sa solitude et tous les liens d’amour ou d’amitié qui font ce que vous êtes. Alors bien sûr, c’est bourré d’incohérences et d’exagérations, mais est-ce vraiment ce que l’on a envie de retenir ?

Il est parfois difficile de lire un roman dont on a entendu autant de bien, car il y a la crainte de ne pas l’apprécier autant que les autres lecteurs et de se demander pourquoi. Avec la chambre des merveilles, c’est un peu le cas. Mais c’est sans doute un plaisir à prendre tel que sans se poser de question. Car cette lecture est un peu trop sucrée, trop évidente parfois, un peu trop… Mais pourquoi bouder son plaisir, c’est un roman que l’on a envie de lire sans être dérangé, jusqu’au bout, pour savoir, se réjouir et se dire que, peut-être, le bonheur existe.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

💙💙💙

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche et Calmann-Lévy

Louis a douze ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, sûrement encore à son travail. Alors il part avec son skate, fâché et déçu, et traverse la rue à toute vitesse. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre.
Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a répertorié toutes les expériences qu’il aimerait vivre un jour : la liste de ses « merveilles ». Thelma prend une décision : une par une, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Et les lui raconter. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

312 pages / Date de parution : 27/03/2019 / EAN : 9782253074328 / Prix : 7,90 €

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Toxique, Niko Tackian

Découvrir le commandant Tomar Khan, un nouvel enquêteur et avoir envie de suivre ses aventures, voilà qui est fait avec « Toxique » de Niko Tackian.

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Paris, peu de temps après les vagues d’attentats de 2015. A la Crim’ du 36 quai des orfèvres, Tomar Khan n’est pas un flic ordinaire. Sa mère est une ancienne peshmerga. Cette combattante Kurde a fui la Turquie et les zones de guerre pour trouver une vie plus calme en France. C’était avant de connaitre la violence aveugle des hommes, cette violence sourde envers les femmes dans leur propre foyer. Violence à laquelle avait dû faire face Tomar, qui devait protéger à la fois sa mère et son petit frère. Mais le père est mort, la famille peut dormir tranquille, alors pourquoi Tomar est-il aussi inquiet

Une école maternelle dans la banlieue parisienne, la directrice vient d’être retrouvée assassinée dans son bureau. Un des professeurs,un certain Le Brun, était dans le bureau juste avant le drame. Le fait est établi, il n’est pas rentré chez lui… Voilà une enquête qui sera vite bouclée. Chacun va pouvoir regagner rapidement ses pénates.

Enfin, ça c’est sans compter sur le commandant qui repère tout de suite les violences pas tout à fait ordinaires… Cet homme à la fois fort et fragile, tourmenté par ses propres démons, a du flair pour les enquêtes. Alors pourquoi cette femme sans histoire, pourquoi cet homme sans antécédents, quel mystère cela cache-t-il ? Il va falloir interroger tous les témoins, passer au crible leurs témoignages, leurs personnalités… et trouver, caché par-là, la faille, le point faible, la femme toxique…

Ne pas en déflorer d’avantage, mais vous dire que cet auteur vous entraine dans les méandres de l’esprit de son commandant, et vous n’avez pas du tout envie d’en sortir ! C’est rythmé, plausible, différent, passionnant. Il y a les investigations autour du meurtre, mais surtout les réflexions sur le passé, la culpabilité, le destin, inéluctable, et la partie psychologique de l’enquête est passionnante.

Tomar est très  vite un intime que l’on a envie de suivre jusqu’au bout de ses nuits de questionnements et de souffrance intérieure. Les intrigues se mêlent et s’emmêlent pour le plus grand bonheur du lecteur pris au piège, qui tourne les pages les unes après les autres sans aucune envie de s’arrêter. Exactement le genre de polar que l’on a autant hâte de finir qu’envie de poser là pour le savourer lentement, en prenant son temps pour faire durer le plaisir.

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Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, surnommé le Pitbull, connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes. À première vue, l’affaire est simple. « Dans vingt-quatre heures elle est pliée », dit même l’un des premiers enquêteurs. Mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.
 
Une personnalité toxique, une psychopathe comme vos pires cauchemars ne vous ont jamais permis d’en croiser.  Le Télégramme

320 pages / Parution : 03/01/2018 / EAN : 9782253092681 / Editeur d’origine : Calmann-Lévy

Je ne sais pas dire je t’aime. Nicolas Robin

Et si faire de belles rencontres et trouver l’amour étaient plus facile que ce que l’on croit ? Dans « Je ne sais pas dire je t’aime » Nicolas Robin nous entraine dans une valse légère avec des personnages particulièrement attachants.

Paris, tu l’aimes ou tu la quittes.

Domi_C_Lire_je_ne_sais_pas_dire_je_t_aime_nicolas_robin.jpgC’est drôle et enlevé, c’est parfois triste et solitaire, c’est gai comme l’amour, parfois tragique comme la mort, désespéré comme la solitude, mais en fait, c’est un peu comme la vie, non ?
C’est une année électorale, année de tous les rêves, de tous les espoirs, de tous les changements. Le pays est en attente d’un sauveur qui saura transformer son quotidien, tenir ses promesses, offrir des lendemains qui chantent. Dans Paris, cette ville capitale que l’on aime ou que l’on quitte, pendant ces quelques journées entre les deux tours, le lecteur va suivre des inconnus,  leurs trajectoires, leurs rêves, leurs intimités….
Mais quel lien peut-il y avoir entre Francine, cette retraitée qui bataille autant avec sa naissance qu’avec sa voisine acariâtre ? Entre Joachim, un jeune sportif que sa petite amie convoque à une émission de télé à une heure de grande écoute pour lui apprendre qu’elle le trompe avec un de ses amis et le larguer en direct ? Entre Juliette, une trentenaire vendeuse de chaussures de marque allemande, pas aussi belles et stylées que les italiennes, c’est sûr, et qui désespère de trouver un jour l’amour ? Entre Ben, un jeune homosexuel qui rentre chez lui mais ne trouve plus dans le regard de son ami l’amour sensé le porter vers le bonheur ?
Chacun dans son genre est un clopé de la vie, dans l’attente du bonheur, le vrai, le sincère, mais tellement peu enclin à aller vers l’autre dans cette ville tentaculaire qui distend les relations et éloigne les voisins. Pourtant parfois, le hasard, les voisins, la famille, font bien les choses, et en y mettant un peu du sien…

Nicolas Robin tisse de jolies histoires, et nous fait suivre ses personnages, leur tristesse et leur solitude, leurs rencontres et leurs amours-amitiés, leur liberté et leurs craintes. Les chapitres se succèdent pour le plus grand bonheur des lecteurs, pris dans le rythme des pages qui tournent seules. On vibre quand le récit alterne les personnages au fil des trajectoires qui s’éloignent pour peut-être se rencontrer un jour… C’est frais et léger, tendre et farfelu, bien sûr parfois un peu trop évident, et pourtant cela soulève en même temps le difficile problème de la vie dans les grandes villes, où les trentenaires comme les retraités, les enfants comme les parents, les frères et les sœurs ont parfois bien du mal à se retrouver, à tout simplement se parler… Et s’il fallait juste faire un petit pas vers l’autre pour se dire je t’aime ? Alors, Je ne sais pas dire je t’aime, de Nicolas Robin, un joli roman pour votre été ?

💙💙💙💙

Lire aussi les avis de Virginie du blog les lectures du mouton et de Nath du blog d’Eirenamg.


Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Paris, tu l’aimes ou tu la quittes. C’est une injonction quotidienne pour qui se retrouve la joue écrasée contre la vitre d’un métro bondé ou se fait bousculer sur le trottoir par un type mal dégrossi.

Dans ce tohu-bohu parisien, Francine déterre un passé longtemps enseveli devant un guichet d’état civil ; Juliette rêve d’avoir la beauté fulgurante d’une actrice qui éclate de rire sur un tapis rouge ; Joachim devient célèbre malgré lui en se faisant larguer en direct à la télé ; Ben essaie de ne pas finir comme ceux qui picorent leurs petits pois, le nez dans l’assiette, sans adresser un mot à l’autre.
Un chassé-croisé plein d’humour et de tendresse au cœur d’une ville, épicentre de l’amour, où il est parfois difficile de se dire je t’aime.

Prix TTC 7,40 € / 264 pages / Date de parution : 28/03/2018 / Éditeur d’origine : Anne Carrière ISBN : 9782253073499

Une saison blanche et sèche. André Brink

Afrique du Sud dans les années 70. Le monde est séparé en deux parties inégales : les Afrikaners et les noirs. Quand une partie de la population s’éveille, tout n’est pas aussi simple, c’est ce que nous montre André Brink dans son superbe roman « Une saison blanche et sèche »

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Nous suivons le récit d’un éveil, celui de Ben Du Toit, professeur à l’existence banale d’un blanc à cette époque. Existence classique jusqu’au jour où sa vie bascule, où il se rend compte que tout n’est sans doute pas aussi simple, aussi clair, dans le partage du monde et surtout de son pays.

Il va mener une enquête sur les circonstances de la mort de Jonathan et surtout de Gordon, un employé de son école et son fils, circonstances bien confuses et pour lesquelles il va chercher à établir la vérité. Mais rien n’est simple ni évident dans l’Afrique du Sud des années de l’apartheid.
Un roman étonnant, où un simple fait divers, des sentiments très humains et en apparence banals, quotidiens, amènent le lecteur à se poser des questions bien plus profondes sur le drame de ce pays. A replacer l’année où il est paru, un roman très intéressant et particulièrement bien écrit.

à propos de l’auteur :

André Brink avait 79 ans, il s’est éteint hier vendredi, de retour de Belgique où il venait de recevoir un doctorat d’honneur de l’université catholique de Louvain. André Brink était un blanc, afrikaner, descendant d’une famille de colons boers, arrivés en Afrique depuis trois siècles. Ami de Nelson Mandela, défenseur des droits de l’homme noir. 

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Son dernier roman, Philidia, est paru en 2014.

Catalogue éditeur : éditions Stock / Livre de poche

Ben Du Toit est un Afrikaner bien tranquille – un père de famille sans histoire que rien ne distinguerait de ses quatre millions de frères et soeurs bien tranquilles, sûrs d’eux-mêmes et de leur supériorité. Jusqu’au jour où Ben veut savoir. Savoir pourquoi le jeune fils de Gordon, le jardinier noir de l’école où il enseigne, a disparu sans laisser de trace dans les locaux de la police sud-africaine. Savoir pourquoi Gordon va disparaître à son tour, qui cherchait à connaître la vérité sur la mort de son fils. Savoir ce qui se cache sous les versions officielles. Savoir, par exemple, ce qui s’est vraiment passé à Soweto. Savoir au fond ce qu’est la vie de ces millions de Noirs qu’il a côtoyés toute sa vie sans les voir. Mais au pays de l’apartheid, il ne fait pas bon vouloir trop en savoir. Le long de son douloureux chemin de Damas, Ben va peu à peu le découvrir. Et l’amour de Mélanie, engagée dans le même combat que lui, ne le protégera pas de la machine infernale qui s’est mise en marche. Implacablement.
André Brink est né en Afrique du Sud en 1935. Il est professeur de littérature contemporaine à Rhodes University. Toute son œuvre est publiée en France aux Éditions Stock. Une saison blanche et sèche avait été couronné par le Prix Médicis étranger en 1980. Ce roman est aujourd’hui porté à l’écran par Euzhan Palcy, avec parmi les acteurs principaux, Donald Sutherland et Marlon Brando.