La du Barry. Edmond et Jules de Goncourt

La légende de la dernière grande courtisane royale déflorée par Edmond et Jules de Goncourt, ou grandeur et décadence à la cour des Rois de France.

Domi_C_Lire_la_du_barry_edmond_et_jules_goncourt_rivages_pocheUne très jeune femme poussée dans les bras d’un riche homme d’un âge certain, par des messieurs qui ne voient là que leur intérêt, comment appelle-t-on cela ? Proxénétisme peut-être ? Mais non, nous sommes à la cour du Roi Louis quinzième du nom, et les gentilshommes qui souhaitent placer au mieux leurs intérêts le font par l’entremise de ces jeunes, jolies et parfois ingénues jeunes femmes qu’ils espèrent voir accéder rapidement au rang de favorite du Roi.

C’est le sort qui est réservé à cette mademoiselle Jeanne Bécu qui vient au monde en août 1743, à Vaucouleurs, en Champagne. Élevée au couvent de Sainte-Aure elle y développe un goût certain pour la lecture, une piété sincère qui la portera vers une grande générosité envers les pauvres et les nécessiteux, ainsi qu’un réel talent pour le chant et le dessin. Cette orpheline de père, gaie, un brin vulgaire dans son parler familier, mais une beauté que certains qualifieraient d’étourdissante, est tellement jolie que, comme nombre d’autres demoiselles de sa condition, elle va servir de divertissement à ces hommes que l’on dits « de qualité ».

Elle a à peine vingt ans en 1763 lorsqu’elle rencontre le comte Jean du Barry. Subjugué par ses charmes et certain que ses appâts lui ouvriront les portes qu’il convoite, il décide de la proposer aux plus grands à la cour de Versailles – quand je vous disais qu’on n’est pas loin du proxénétisme ! – certain qu’une telle beauté ne pourra que plaire au roi.

En 1768, Louis XV a 58 ans, il pleure encore la marquise de Pompadour. Lorsqu’il rencontre la du Barry il se sent littéralement revivre. Les présentations sont faites en prétextant que la donzelle est déjà mariée… quelle chance, elle plait donc au roi ! Il est donc de bon ton maintenant de lui trouver un mari officiel. Puis pour qu’elle apparaisse après du roi, il faut la « présenter à la Cour ». Elle sera mariée très vite à Guillaume du Barry, le frère de l’autre… et dès le printemps 1769, c’est une comtesse qui arrive à Versailles et s’installe tout près du roi.

De détractions en amours sincères, la cour qui tout d’abord la repousse va céder au charme et à la grâce de la du Barry. Mais la cour de Versailles est déjà cet « univers impitoyable » dans lequel les jalousies et les ambitions poussent certains aux pires bassesses. La disgrâce du duc de Choiseul en 1770 et le désamour de Marie-Antoinette amplifieront sa chute.

Après la mort du roi, celle qui a tant pleuré l’homme qu’elle a sincèrement aimé, refuse de quitter la France. Pourtant, la Révolution, puis la Terreur sont aux portes de son cher château de Louveciennes, à l’ouest de Paris, cadeau du roi Louis XV. Elle refuse de fuir, sera arrêtée, jugée, puis condamnée. Le 8 décembre 1793, guillotinée avec tant d’autres sur l’hôtel d’une justice assassine, ses cris déchirants alors qu’elle monte à l’échafaud sont comme un acte ultime de désespoir absolu, de révolte et d’incompréhension. Elle qui osera dire, dans un dernier souffle « Encore un instant, monsieur le bourreau« …  Ce manque de dignité va finalement donner à sa mort l’image d’une femme assassinée, et plus seulement celle de l’anéantissement d’un symbole de la royauté.

Ce livre retrace habilement et avec moult détails la vie de la du Barry, et l’adjonction de documents, pièces d’inventaires, courriers, notes précises en rend la lecture plus riche encore. A conseiller à tous ceux qui aiment l’Histoire, en connaître les détails et en comprendre les subtilités.

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Catalogue éditeur : Rivages poche

Le nom de Mme Du Barry est souvent synonyme de scandale. Quelle fut la vie de la favorite ? Sur un mode souvent grivois, comme il se doit, et avec beaucoup de verve, les frères Goncourt décrivent l’arrivée à la cour, les intrigues, les années fastes et le « luxe de la femme galante » dont témoignent ses comptes et ses factures. La chute n’en est que plus grande : les arrestations, les interrogatoires, la prison puis l’échafaud. Cette biographie est complétée par plusieurs documents, souvent inédits : mémoires des « marchands, ouvriers et fournisseurs », réponses de la Du Barry devant le tribunal révolutionnaire, perquisitions, inventaire des biens. Avec leur sens du détail et leur plume de romanciers, les Goncourt campent un personnage pittoresque et attachant qui a inspiré plusieurs films importants de Lubitsch à Christian-Jaque.

Collection: Rivages Poche Petite Bibliothèque / Genre : Art et Littérature / Numéros poche : 907 / ISBN : 978-2-7436-4414-7 / EAN : 9782743644147 / Parution : juin, 2018 / 480 pages / Format : 11.0 x 17.0 / Prix : 10,00€

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Tuez qui vous voulez. Olivier Barde-Cabuçon

« Tuez qui vous voulez » cette nouvelle enquête du commissaire aux morts étrange d’Olivier Barde-Cabuçon nous entraine dans le Paris de Louis XV

Tuez qui vous voulez (Babel noir)Le chevalier de Volnay, commissaire aux morts étranges, sévit dans un Paris que nous ne rêverions vraiment pas de connaître, tant ses rues sont mal famées, peuplées de gredins détrousseurs de bonnes gens et beaux messieurs, de prostituées en mal de clients, ou de gamins mendiants pour subsister.
Dans ce nouvel épisode, le commissaire doit élucider trois meurtres mystérieux, le dernier survenu pendant la fête du grand feu d’artifice donné par le roi à son bon peuple. En quelques jours, trois hommes sont retrouvés morts, gorge tranchée, langue coupée. L’enquête mène Volnay sur de nombreuses pistes. De la fête des Fous interdite par le roi, aux appelants et convulsionnaires, influencés par les idées jansénistes et calvinistes, subissant de leur plein grès coups et crucifixions pour endurer les souffrances du christ qu’ils vénèrent à leur façon, et qui, bien que ce soit interdit, continuent leurs pratiques dans des endroits tenus secrets ; puis du chevalier d’Éon, secrétaire d’ambassade à la cour de Russie et de retour à Paris pour quelques jours, au « Secret du roi » ; enfin, des instructions de Sartine, à celles de Choiseul, les pistes et les directives sont peut-être un peu trop nombreuses et finissent par noyer quelque peu l’intérêt et l’intrigue policière. Même si on s’y laisse prendre malgré tout, surtout lorsqu’on aime découvrir cette période de l’histoire.

Et surtout c’est un régal de découvrir la ville, ses habitants, ses usages, sous la plume excellente et érudite de cet auteur, bourgeois, mendiants, cafés mal famés ou café Procope, rues désertes la nuit, mais peuplées de gredins qui veillent, « mouche » espions, tous prennent vie. Comme dans tous les romans d’olivier Barde-Cabuçon, chaque piste, chaque élément est prétexte à nous instiller, par la voix et les mots toujours très érudits du moine défroqué, père du commissaire aux morts étranges, un grand nombre d’éléments historiques toujours intéressants. Dans celui-ci, les personnages s’étoffent, prennent vie, le commissaire aurait-il enfin quelques sentiments, son moine de père est-il quelque peu mélancolique, lui si solide ? Des hommes à suivre, assurément, dans ce Paris de 1759 qui foisonne d’intrigue et de mystère.


Catalogue éditeur : Actes Sud Babel Noir

Trois hommes sont retrouvés égorgés et la langue arrachée avant la Noël à Paris. Au même moment, des inconnus veulent ressusciter la fête des Fous, des convulsionnaires se roulent sur le sol des églises et une jeune fille pousse des cris d’oiseau. Mais que vient faire là-dedans le mystérieux chevalier d’Éon, peut-être membre du Secret du roi ? En quelques jours, l’ordre social paraît s’inverser et même le moine semble gagné par la folie ambiante. Le commissaire aux morts étranges, lui, garde la tête froide et mène l’enquête.

Babel / Babel Noir / Janvier, 2016 / 11,0 x 17,6 / 400 pages
ISBN 978-2-330-05870-8 / prix indicatif : 8, 90€ / Babel noir n° 150