Toxique, Niko Tackian

Découvrir le commandant Tomar Khan, un nouvel enquêteur et avoir envie de suivre ses aventures, voilà qui est fait avec « Toxique » de Niko Tackian.

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Paris, peu de temps après les vagues d’attentats de 2015. A la Crim’ du 36 quai des orfèvres, Tomar Khan n’est pas un flic ordinaire. Sa mère est une ancienne peshmerga. Cette combattante Kurde a fui la Turquie et les zones de guerre pour trouver une vie plus calme en France. C’était avant de connaitre la violence aveugle des hommes, cette violence sourde envers les femmes dans leur propre foyer. Violence à laquelle avait dû faire face Tomar, qui devait protéger à la fois sa mère et son petit frère. Mais le père est mort, la famille peut dormir tranquille, alors pourquoi Tomar est-il aussi inquiet

Une école maternelle dans la banlieue parisienne, la directrice vient d’être retrouvée assassinée dans son bureau. Un des professeurs,un certain Le Brun, était dans le bureau juste avant le drame. Le fait est établi, il n’est pas rentré chez lui… Voilà une enquête qui sera vite bouclée. Chacun va pouvoir regagner rapidement ses pénates.

Enfin, ça c’est sans compter sur le commandant qui repère tout de suite les violences pas tout à fait ordinaires… Cet homme à la fois fort et fragile, tourmenté par ses propres démons, a du flair pour les enquêtes. Alors pourquoi cette femme sans histoire, pourquoi cet homme sans antécédents, quel mystère cela cache-t-il ? Il va falloir interroger tous les témoins, passer au crible leurs témoignages, leurs personnalités… et trouver, caché par-là, la faille, le point faible, la femme toxique…

Ne pas en déflorer d’avantage, mais vous dire que cet auteur vous entraine dans les méandres de l’esprit de son commandant, et vous n’avez pas du tout envie d’en sortir ! C’est rythmé, plausible, différent, passionnant. Il y a les investigations autour du meurtre, mais surtout les réflexions sur le passé, la culpabilité, le destin, inéluctable, et la partie psychologique de l’enquête est passionnante.

Tomar est très  vite un intime que l’on a envie de suivre jusqu’au bout de ses nuits de questionnements et de souffrance intérieure. Les intrigues se mêlent et s’emmêlent pour le plus grand bonheur du lecteur pris au piège, qui tourne les pages les unes après les autres sans aucune envie de s’arrêter. Exactement le genre de polar que l’on a autant hâte de finir qu’envie de poser là pour le savourer lentement, en prenant son temps pour faire durer le plaisir.

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Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, surnommé le Pitbull, connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes. À première vue, l’affaire est simple. « Dans vingt-quatre heures elle est pliée », dit même l’un des premiers enquêteurs. Mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.
 
Une personnalité toxique, une psychopathe comme vos pires cauchemars ne vous ont jamais permis d’en croiser.  Le Télégramme

320 pages / Parution : 03/01/2018 / EAN : 9782253092681 / Editeur d’origine : Calmann-Lévy

Mademoiselle, à la folie. Pascale Lécosse

« J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien»… Après une vie bien remplie, la lente descente dans l’oubli par la maladie d’Alzheimer dans « Mademoiselle, à la folie » le premier roman de Pascale Lécosse.

Domi_C_Lire_mademoiselle_a_la_folie.jpgMademoiselle, c’est Catherine Delcour, 48 ans, comédienne fantasque et talentueuse. Elle va être décorée sous peu de la légion d’honneur par le président de la République, une reconnaissance de son succès et de sa carrière déjà bien remplie.

Mais Catherine préfère que ce soit par le ministre de la culture Jean Rivière, son amant depuis si  longtemps qui lui remette sa décoration. Mais qui est cet homme près d’elle ? Catherine cherche Jean.
Mais Catherine ne sait plus, ou parfois se souvient par bribes, car où est passé son sautoir de perle qu’elle aime tant.
Mais peu à peu Catherine à la mémoire qui flanche.

Mina Flammand, sa fidèle secrétaire et assistante depuis tant d’années est là pour l’accompagner, pour l’aider, sans vouloir voir réellement que la maladie est là, insidieuse. Jusqu’au moment où le spécialiste confirme que la maladie est irréversible, et que ce qui fait le sel de la vie, les souvenirs, s’en va peu à peu de façon inéluctable.

Difficile chemin de ceux qui souffrent de cette maladie, Alzheimer ou d’autres formes de sénilité aux symptômes quasi identiques, et qui oublient peu à peu, mais qui ont également conscience de leur état. Car qui est-on et que reste-t-il d’une vie si l’on ne se souvient plus de rien ? Difficile chemin d’accompagnement également pour ceux qui marchent à côté des malades, les soutiennent dans leur souffrance et leur oubli.
En peu de pages, et avec un parti pris plutôt gai qui pourtant ne choque pas, Pascale Lécosse fait passer émotions, douleurs, incertitudes et chagrins, et bouleverse son lecteur. Ceux qui ont connu des proches plonger dans cette maladie se reconnaitront sans doute, mais pour tous, l’émotion à la lecture de ce premier roman à l’écriture prometteuse est évidente.

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Catalogue éditeur : éditions de La Martinière

Catherine danse au sommet de sa vie. Fantasque et admirée, elle a embrassé les acteurs les plus séduisants, joué dans les plus grands films. Elle aime les autres éperdument et distraitement. Jean, son amant éternel, ministre dûment marié. Mina, son assistante, sa confidente, sa meilleure amie. Mina qui ne lui passe rien, Mina qui lui permet tout.
Pourtant, un jour, les coupes de champagne à onze heures du matin, les coups de tête irrésistibles : même Catherine n’y comprend plus rien. Tout va trop vite, tout s’embrouille. Mina fera tout pour protéger Catherine de la maladie qui ne dit pas son nom.
Car Mademoiselle veut jouer son rôle jusqu’au bout. Un peu, beaucoup, à la folie.

130 x 205 mm / 128 pages / 17 aout 2017 / 9782732484532 / 14 €

Un funambule. Alexandre Seurat

Étrange, oppressant, émouvant, déroutant, ce sont les mots qui me viennent après avoir refermé « Un funambule » le dernier roman d’Alexandre Seurat.

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Le funambule d’Alexandre Seurat est un personnage qui a perdu ses repères, un malade qui  tente de retrouver ses souvenirs d’enfance, surtout ceux qui l’ont rendu heureux. Car il s’en rend bien compte, la vie passe à côté de lui, comme ce quad sur la plage qui ne le voit même pas, cette boulangère qui ne le sert pas quand c’est son tour dans la file, elle ne le remarque même pas. Comme s’il était éternellement perdu, pour lui autant que pour les autres. Il écrit, mais ne veut pas être lu, il vit, mais en marge de la vie, terrorisé sans doute par cette normalité qui lui est inconnue.

Alors, les mots pour décrire les sentiments que je ressens à la lecture de ce roman sont divers.
Étrange, car ce jeune homme est un funambule qui se promène en marge de la vie, de la sienne comme de celle des autres sans arriver à se mettre à leur niveau, toujours en décalage, trop en haut, trop en bas, et surtout à côté, des gens, des choses, de la vie.
Oppressant, car il est malade, sans doute, incompris, certainement, malheureux, forcément, mais le lecteur est si démuni en le découvrant au fil des pages qu’un sentiment d’étrangeté et d’incompréhension domine cette lecture.
Émouvant, car on le comprend vite, Solenne l’a quitté, sa mère en a peur, son père ne lui parle par, sa sœur le regarde comme un extra-terrestre, il ne trouve pas sa place dans ce monde qui l’entoure.
Déroutant, car on le découvre au bord du vide, en équilibre, dans une bulle, seul, et pourtant l’impression est sous-jacente et nous laisse entrevoir que le monde pourrait l’intéresser, qu’il voudrait s’y inclure, qu’il attend on ne sait quoi.

J’avais beaucoup aimé l’écriture de La maladroite ce roman terriblement émouvant au sujet si difficile que j’avais attendu des semaines avant de trouver le courage de le lire. Je retrouve ici cette écriture hors du temps et des conventions. Phrases courtes, sentiment de solitude, étrangeté, qui passent si bien à travers les mots et les phrases d’Alexandre Seurat. Mais pourtant, j’ai l’impression d’être un peu passée à côté tant la prise en compte du personnage, la maitrise du sujet, m’a déroutée.

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Catalogue éditeur : Le Rouergue

Un jeune homme est réfugié dans la maison de vacances de ses parents, en bord de mer. Cela ne « va » pas, tout l’engloutit, la pensée de sa mère, sa relation avortée à la seule femme qu’il ait aimée, sa non-existence sociale. C’est un être effondré, un funambule qui marche au-dessus du vide. Alors qu’il retrouve les siens pour la fête des mères, il apprend qu’il doit se rendre avec son père à un rendez-vous médical dont il ne sait rien.

janvier 2018 / 96 pages / 12,00 € / ISBN 978-2-8126-1508-5

Branques. Alexandra Fritz

« Je ne crains personne, je ne crains qu’une chose, c’est que la vie reparte sans que je trouve la force de me tuer à nouveau. »

Domi_C_Lire_branques_alexandra_fritz_grasset_68premiersromans.jpegChez les « Branques » d’Alexandra Fritz, il y a Jeanne, il y a So-Called-Isis, Tête d’ail et Frisco. Adolescente qui se rêve future écrivaine, mère de famille obèse et disjonctée, beau gosse un peu dealer sur les bords, ou obsédé sexuel, ils ont tous des profils qui, s’ils étaient « raisonnables », ne les auraient pas empêchés de rester dans la société. C’est l’exagération des comportements qui entraine une mise à l’écart, à l’abri, pour de courts ou long séjours, le temps de se reconstruire, ou éternellement.

Tous se retrouvent, au hasard de leurs dérives psychiatriques, dans le même hôpital, dans les mêmes couloirs, les mêmes salles communes, mais chacun est perdu dans sa propre histoire, dans ses seuls délires, dans son univers parallèle au monde dit normal.

Quelques questions émergent de ces pages. Comment bascule-t-on dans cet univers-là, celui des «  fous », des malades ? Qu’ils soient solitaires ou amoureux, dérangés, plus ou moins jeunes ou plus ou moins perdus, certains vont réussir à sortir de cet enfermement. Même si justement cet enfermement supposé protecteur doit permettre aux « Branques » de se reconstruire dans une certaine normalité acceptable. Enfin, pas tous peut-être… Sont-ils réellement aidés, compris, par le milieu médical, par les familles quand elles ne les ont pas abandonnés, par les autres, par tous ceux qui sont dehors et dont le comportement est conforme aux normes admises par la société dans laquelle ils évoluent.

Le sujet me paraissait intéressant, mais pourtant j’ai eu énormément de mal à rentrer dans ce livre et j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour le terminer ! Peut-être est-il trop décousu, à l’image de ces esprits déséquilibrés qui sont au fond avant tout différents ? C’est un roman perturbant  malgré tout, car quelle est la règle la plus adaptée aux soins indispensables à ce type de maladies ? Quelle est la formule, médicaments, psychotropes, enfermement, solitude forcée, discussions, échange, écriture, difficile à dire.

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Catalogue éditeur : Grasset

Voici la chronique de deux filles et deux garçons internés dans un hôpital psychiatrique. Jeanne, qui y tient son journal, tente de comprendre son basculement dans « l’anormal » et de disséquer à vif les raisons de son amputation de liberté. Rageuse, pugnace, elle a pour compagnons de « branquerie », comme elle dit, Tête d’Ail, Isis et Frisco. L’un obsédé sexuel, l’autre pédante philosophe, tous transpercés par le désir amoureux autant que par la solitude, par des idéaux de justice comme par  des pulsions suicidaires. Lire la suite

Parution : 09/03/2016 / Pages : 160 / Format : 141 x 205 mm / Prix : 17.00 € / EAN : 9782246861652