Est-ce ainsi que les hommes jugent, Mathieu Menegaux

Un flic pugnace, une jeune orpheline, un cauchemar éveillé, un roman percutant

Claire est une jeune fille de 13 ans, chaque samedi matin après avoir fait les courses avec son père, ils achètent un bouquet de fleurs et vont dire bonjour à sa maman, au cimetière.
Mais ce jour-là ils n’iront pas, Claire a échappé de justesse à une tentative d’enlèvement. L’homme, grand, jeune, blond, vêtu d’un blouson en jeans, s’est enfui à bord de sa Mégane blanche en percutant mortellement le père de Claire qui tentait de l’arrêter.
Trois ans plus tard. Ce n’est pas un jour ordinaire pour Gustavo. Il doit présenter devant l’état-major de son entreprise l’acquisition d’un laboratoire, moment primordial de sa carrière. Gustavo, émigré d’Argentine avec sa mère, a pleinement réussi sa vie. Avec Sophie, son épouse aimante, mère au foyer accomplie et satisfaite et ses deux garçons, il savoure sa réussite et son bonheur tranquille.
Mais ce matin-là, l’équipe du commandant Delphis fait irruption dans sa maison, détruisant ce confort, ce bonheur en quelques heures à peine. Interrogeant, fouillant, sans relâche pendant des heures. La perquisition est d’une violence inouïe lorsque l’on ne comprend pas ce qui arrive. Gustavo est embarqué jusqu’au poste pour une garde à vue. Pourquoi, et par quel malheureux hasard cet homme en apparence paisible et bien sous tous rapports va se retrouver là ?

Voilà un étonnant plaidoyer contre la justice, mais surtout contre la police et ses manières peu orthodoxes, avec ce flic qui parce qu’il veut tenir une promesse faite à la victime prend des chemins bien expéditifs.

Un roman qui met aussi en lumière le mal qui peut être fait en quelques heures par le biais des réseaux sociaux et des médias. Innocent, coupable, chacun se fait juge, policier, justicier, sous l’anonymat des réseaux, tout est permis. D’ailleurs, n’est-ce pas un peu ce que l’on vit actuellement où chacun devient spécialiste, infectiologue, virologue, politique, c’est selon. Chacun y allant de son y’aqu’a, fau’qu’on, onauraitdu… Et surtout, ce roman nous montre le retournement de situation implacable dont même le plus banal des citoyens peut être victime au nom d’une certaine justice. Comment en quelques heures un innocent devient coupable, et comment sa propre pensée va être perturbée, défaillante, au point parfois de le mener à signer des aveux sans même avoir été coupable.

Mathieu Menegaux à l’art d’écrire un roman que l’on ne lâche pas avant la fin, qui se lit d’une traite, économe de mots superflus, de situations qui parasiteraient l’intrigue principale. J’en aurais peut-être apprécié un peu plus, pour étoffer l’intrigue et donner plus de corps à certains personnages, mais sans doute est-ce voulu ? Pour dire l’essentiel et mener son lecteur où il l’a décidé, à se poser les bonnes questions sur notre société ?

Du même auteur, j’ai découvert dernièrement le roman Disparaitre, chronique à retrouver ici.

Catalogue éditeur : Grasset et format poche Points

Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.
Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir. 
Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.
Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?

Grasset : Parution : 2 Mai 2018 / Format : 130 x 205 mm / Pages : 234
EAN : 9782246817437 Prix : 18.00€ / EAN numérique: 9782246817444 Prix : 7.49€
Points : Date de parution 09/05/2019 / 7.00 € / 240 pages / EAN 9782757875599

Le répondeur, Luc Blanvillain

A l’ère des communications instantanées, découvrir « le répondeur » ce roman absolument réjouissant de Luc Blanvilain publié chez Quidam, éditeur indépendant dénicheur de pépites


Étonnant, plein d’humour, un rythme prenant, je vous conseille cette lecture qui sous ses airs légers nous fait également réfléchir à nos besoins de communication dans l’urgence, de réponses immédiates, qui parfois polluent notre quotidien.

Baptiste galère dans le théâtre que tient tant bien que mal son ami Vincent, chaque soir il fait des imitations d’hommes politiques ou d’artistes que la plupart de ses spectateurs ne connaissent même pas ; mais c’est ainsi qu’il conçoit son métier d’imitateur, avec ces voix et ces textes qu’il a envie de partager. Pourtant le succès peine à venir.
Aussi lorsqu’un soir, à la fin de son spectacle, l’auteur qu’il admire lui demande de l’aider, Baptiste n’en croit pas ses oreilles.
Mais oui, alors qu’il est dans l’écriture de ce qu’il pense être son meilleur roman, le grand Chozéne a besoin de calme et n’en peut plus de devoir répondre aux dizaines d’appels qu’il reçoit chaque jour sur son mobile.
Le talent d’imitateur de Baptiste le rassure. Il va lui confier son téléphone et la gestion de son carnet d’adresse. Et avec ce carnet d’adresse, Baptiste va pouvoir se fier aux fiches que Chozéne a rédigées à propos de chacun de ses interlocuteurs, cela devrait au moins l’aider à répondre et à comprendre qui il a au bout du fil.

Mais confier sa vie à un autre n’est pas sans risque, et chacun des deux hommes va en faire l’expérience à sa façon. Chozéne, libéré du stress, des obligations et des contraintes liées à la réponse immédiate attendue à chaque coup de fil, au temps et surtout à l’énergie que cela lui fait gagner, va se consacrer à l’écriture de son roman, serein, apaisé, il peut enfin prendre son temps.

Baptiste quant à lui va se prendre au jeu, chercher à découvrir qui se cache derrière les voix qu’il va entendre au bout du fil, derrière ces fiches qui décrivent des interlocuteurs qu’il a envie de découvrir. Et peu à peu se prendre au jeu de remplacer cet autre qu’il n’est pas. Et entrer en contact avec les proches du grand auteur, cela n’est certainement pas sans risque, mais il est prêt à en faire l’expérience.

Voilà assurément un livre étonnant, fantasque et malicieux, Jubilatoire et réaliste, qui ne laisse cependant pas de côté l’humanité qu’il y a en chacun de nous. C’est un vrai régal, l’auteur nous prend dans son intrigue avec talent, humour, bienveillance et pose de vraies questions sur notre société de communication à tout va, où les réseaux sociaux, le besoin de savoir, de connaître, d’avoir toujours quelqu’un au bout du fils prennent le pas sur les véritables relations entre humains, sans oublier le sentiment de perte de liberté qui en résulte.

Du même auteur, je vous avais parlé lors de sa parution du premier roman Nos âmes seules, mon avis à retrouver ici

Catalogue éditeur : Quidam

Baptiste sait l’art subtil de l’imitation. Il contrefait à la perfection certaines voix, en restitue l’âme, ressuscite celles qui se sont tues. Mais voilà, cela ne paie guère. Maigrement appointé par un théâtre associatif, il gâche son talent pour un quarteron de spectateurs distraits. Jusqu’au jour où l’aborde un homme assoiffé de silence.
Pas n’importe quel homme. Pierre Chozène. Un romancier célèbre et discret, mais assiégé par les importuns, les solliciteurs, les mondains, les fâcheux. Chozène a besoin de calme et de temps pour achever son texte le plus ambitieux, le plus intime. Aussi propose-t-il à Baptiste de devenir sa voix au téléphone. Pour ce faire, il lui confie sa vie, se défausse enfin de ses misérables secrets, se libère du réel pour se perdre à loisir dans l’écriture.
C’est ainsi que Baptiste devient son répondeur. A leurs risques et périls.

Luc Blanvillain est né en 1967 à Poitiers. Agrégé de lettres, il enseigne à Lannion en Bretagne. Son goût pour la lecture et pour l’écriture se manifeste dès l’enfance. Pas étonnant qu’il écrive sur l’adolescence, terrain de jeu où il fait se rencontrer les grands mythes littéraires et la novlangue de la com’, des geeks, des cours de collèges et de lycée.
Il est l’auteur d’un roman adulte qui se déroule à la Défense, au sein d’une grande entreprise d’informatique: Nos âmes seules (Plon, 2015).

260 pages 20 € / janv. 2020 / 140 x 210mm / ISNB : 978-2-37491-123-6

L’impasse, Olivier Descosse

Plonger dans ce thriller pour découvrir un auteur de roman policier à suivre, Olivier Descosse nous mène dans L’impasse et le lecteur aime ça

Mais qui est Marc Caron, cet auteur de romans noirs dont la vie bascule dans une intrigue aussi embrouillée que celles qu’il s’applique à dénouer dans ses bestsellers ?

Marc Caron est un auteur à succès, ses livres se vendent bien, il les travaille longtemps pour rendre ses intrigues crédibles, plonge dans la noirceur à chaque opus et ce réalisme plait. Son dernier roman est un franc succès, il pose la délicate question du jusqu’où peut-on aller par amour, pour sauver son fils par exemple. Pourtant, sa vie n’est plus un long fleuve tranquille, séances de psy, alcool et antidépresseurs à haute dose, son épouse Lucile -une femme merveilleuse issue d’une grande famille d’industriels- ne veut plus partager sa vie, et il délaisse tellement son fils Arthur, y compris les matins où il doit le garder, que ce dernier n’est plus vraiment enclin à partager ses journées avec ce père par trop indifférent.

Le jour où Lucile lui annonce qu’elle souhaite le quitter, sa vie bascule. Le lendemain à son réveil, Marc ne sait plus ce qu’il a fait pendant plusieurs heures, et son fils a disparu. Marc souffre de crise de somnambulisme mais ne veut rien révéler de son état dépressif, encore moins à son épouse.

Une course contre la montre commence alors. Cet homme que tout accuse de l’enlèvement de son fils doit arriver non seulement à prouver qu’il n’y est pour rien, mais également le retrouver car le temps presse. Le chemin est long et semé d’embuches. Interrogatoires, arrestation, rappeurs fous et gangs imprévisibles de la cité, intrigue flico-politico-financière ou vengeance d’un ennemi  aussi insoupçonné qu’organisé, Marc devra éprouver, prouver, démontrer.

Et l’angoisse et l’intrigue de s’étoffer peu à peu, après quelques pages où le lecteur ne sait pas trop où il va. Puis il embarque vers ces frontières de plus en plus sombres que Marc tente de suivre. Sa femme l’a quitté, son fils a disparu, vient la sidération suite à l’interrogatoire qu’il doit subir, face aux preuves qui s’amoncellent, l’avocat véreux, l’expérience traumatisante de la prison, et la confiance ou la crainte envers ses codétenus…

Je n’en dis pas plus, car il faut vraiment lire pour cheminer dans la tête de Marc, le voir slalomer entre les pièges qui se mettent en travers de son parcours et tenter de sortir de L’impasse. Tout au long de ces 630 pages, Olivier Descosse va nous tenir en haleine, fausses pistes, contre temps et espoir, explosion de violence et tendresse retrouvée, cauchemars et rêves fous, tout y passe et il nous mène par le bout du nez de façon tout à fait machiavélique.

J’ai passé un excellent moment de lecture, embarquée dans cette histoire où les pièges et les contradictions pimentent le parcours de l’écrivain maudit. Un auteur que je découvre et dont j’avoue n’avoir jamais entendu parler avant L’impasse.

Catalogue éditeur : Michel Lafon

Il a écrit le pire, à présent il le vit.

Marc Caron a tout pour être heureux. Une femme merveilleuse, Lucile ; un adorable fils de onze ans, Arthur ; et en tant qu’auteur de thrillers, un succès planétaire.

Alors pourquoi ces crises d’angoisse terrifiantes, ces cauchemars sanglants et ces épisodes de somnambulisme qui le laissent sans souvenirs au réveil ?
Seule certitude, depuis six mois il ne maîtrise plus rien.
Même si elle l’aime toujours, Lucile est à bout. Un soir, elle lui annonce qu’elle va le quitter et emmener leur fils.
Le lendemain, Arthur disparaît. Lire la suite…

Parution : 17/10/19 / Prix : 20.95 € / ISBN : 9782749940953

L’homme qui n’aimait plus les chats, Isabelle Audy

Entre conte et fable intemporelle, une dystopie des temps modernes manifeste contre la dictature et les dangers de la manipulation de masse

Une ile, entre le ciel et l’eau, une ile, sans hommes ni bateaux…. Non, là une ile avec des hommes et des femmes qui se connaissent tous, qui s’apprécient plus ou moins, mais qui vivent en bonne intelligence ; amoureux, solitaires, retraité, pêcheur, institutrice, chacun vit sa vie. Et quelques chats, oui, quelques chats, jusqu’au jour où tous réalisent que justement, les chats, on ne les voit plus. Discrets, indépendants, ils ne faisaient pas d’ennui et on vivait avec, mais leur disparition surprend la population. Que s’est-il passé ? Où sont-ils passés ?

Pour pallier au manque, des hommes et femmes étranges venus du continent apportent sur l’ile des chats qu’ils offrent, de force, aux iliens. Des chats qui ressemblent étrangement à des chiens, tenus en laisse, qui dorment dans leur niche et protègent les maisons des intrus. Mais sur l’ile, il n’y a pas d’intrus, puisque tout le monde se connait et chacun tolère, ignore, protège ou respecte l’autre.

Les réactions de chacun vont être très différentes, montrant aussi les différentes façons de réagir à ce qui nous arrive, au niveau de l’individu, de l’ile, d’un pays pourquoi pas ? Avec ce récit largement dystopique, l’auteur nous offre une fable sur l’homme, les dérives du langage, si faciles à installer, mais aussi les règles de société qui nous étouffent et que l’on accepte sans les vouloir au fond, sans se rebeller.

Impression de déjà vu dans l’installation peu à peu d’une forme de dictature, et de soumission au changement. S’il est comparé à 1984, ce court premier roman m’a aussi fait penser à La vague de Todd Strasser ; ce roman qui m’avait marquée a été adapté en film en 2009.

Roman lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois

Catalogue éditeur : éditions Le Panseur

Traité sous la forme de la transmission orale, l’auteur nous offre une œuvre qui s’inscrit dans la lignée des grandes dystopies telles 1984 et Matin Brun. Mais là où ces histoires nous condamnent à subir un demain qui s’écroule, L’homme qui n’aimait plus les chats est bien plus qu’une utopie, c’est un possible, un autrement : un aujourd’hui déjà en train de se relever.

Parution : 16/03/2019 / EAN : 9782490834006 / Nombre de pages : 128

Toute la vérité, Karen Cleveland

Quand la vie d’une famille américaine ordinaire se transforme en cauchemar. On adore plonger dans ce premier thriller de Karen Cleveland qui nous dit « toute la vérité »… ou presque

Vivian a un mari aimant, quatre beaux enfants et un super métier, que rêver de plus ? Bien sûr, les salaires ne sont pas à la hauteur. Mais son mari Matt est toujours présent pour l’épauler, en particulier lors des soins importants qu’il faut apporter à l’un des jumeaux. Et si son métier la passionne toujours autant, il est aussi une source de revenus et une garantie d’assurance santé non négligeable.

Vivian est analyste à la CIA, spécialisée sur la Russie. Son projet phare va bientôt aboutir et lui permettre de percer à jour l’ordinateur d’un espion russe. Mais elle découvre sur l’ordinateur en question une photo de son mari, certainement l’un des agents étrangers dormants. A partir de là, plus rien n’est sûr dans la vie de Vivian. Le doute s’installe, qui alterne avec l’assurance de connaître parfaitement cet homme qui partage sa vie depuis plus de dix ans. Mais que valent les certitudes face à une telle découverte ? Que faire, et comment réagir à une telle révélation ? Penser d’abord à son pays ou à sa famille ?

Tout l’art de Karen Cleveland est de distiller le doute, les certitudes, les interrogations, avec une apparente véracité qui fait frissonner. De flashback en souvenirs, de certitudes en moments de doute, la tension monte et le lecteur est pris au piège. Car Karen Cleveland est du sérail, huit années comme analyste à la CIA, forcément ça aide à planter un décor juste et réaliste. Alors bien sûr les russes sont un peu trop caricaturaux, ou est-ce tout simplement l’image donnée aux espions, mais qu’importe. Le suspense est garanti pour ce page turner parfaitement maitrisé que l’on dévore avec l’envie de connaitre Toute la vérité et de se laisser balader par l’auteur jusqu’à la fin.

Roman lu dans la cadre de ma participation au Prix des nouvelles voix du polar Pocket

Catalogue éditeur : Pocket et Robert Laffont

Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille : quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.
En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays… ou sa famille.

Diplômée du Trinity College de Dublin et de Harvard, Karen Cleveland a passé huit ans à la CIA en tant qu’analyste. Elle vit dans le nord de la Virginie avec son mari et ses deux enfants.

Robert Laffont : Date de parution : 25/01/2018 / EAN : 9782221214947 / Nombre de pages : 384 / prix : 21€
Pocket : Date de parution : 10/01/2019 / EAN : 9782266287869 / Nombre de pages : 408 / prix : 7.90€

Un amour parfait, Gilda Piersanti

La relation amoureuse toxique dans ce qu’elle a de plus pervers, ou l’amour fou à la vie à la mort…

Une fois de plus, la très parisienne Gilda Piersanti nous embarque à Rome dans les pas de ses personnages.
Lorenzo a tout pour être heureux, un travail qui le satisfait, une femme qui le rend heureux, des enfants formidables et en bonne santé. Mais un jour, Lorenzo retrouve par hasard Laura, l’amour de sa jeunesse, absolu, dévastateur, qu’il avait occulté pour pouvoir continuer à vivre, tant la rupture avait été imprévue et douloureuse.

Laura lui fait vivre des moments intenses d’amour fou dans les hôtels et les villes les plus insolites, puis lui fait comprendre que sans lui elle ne pourra jamais quitter son mari, il doit l’aider à s’en libérer.

Peu à peu, totalement envouté, Lorenzo oubli son travail, trompe a femme sans remords, ment à son meilleur ami sans regrets, prêt à tout pour l’amour de Laura, cet amour parfait qui le ressuscite. Mais le piège se referme, l’homme heureux, mari comblé, directeur prometteur se laisse peu à peu détruire par cet amour machiavélique qui le consume. L’aventure n’est peut-être pas aussi limpide et idyllique qu’elle en a l’air, la descente s’annonce douloureuse et vertigineuse, et le réveil cruel et terrifiant.

Avec habileté et une sacré dose de perversité, Gilda Piersanti décrit les affres de la relation amoureuse, ici totalement toxique, par cet amour perdu puis retrouvé qui tel un ouragan balaye tout sur son passage, laissant Lorenzo exsangue et pantelant. Si l’homme amoureux n’a plus de scrupule, s’enlisant dans le mensonge et les faux-semblants, l’homme inquiet de ses actes est habilement décortiqué et finement analysé par l’auteur qui le soumet sans relâche à la diabolique et perverse manipulation de Laura.

Catalogue éditeur : Le Passage

La vie de Lorenzo n’a pas d’ombre, sa carrière est au zénith, son couple se porte à merveille, ses enfants l’adorent.
Jusqu’à ce soir où il la revoit au bar de l’hôtel : Laura, l’amour de ses 18 ans. Trente ans plus tôt, il a failli mourir pour elle. Le hasard l’a-t-il remise sur son chemin pour faire renaître le passé ou faire disparaître le présent ?
Une femme fatale ne revient jamais pour réparer ses fautes mais pour continuer son œuvre de destruction. Elle est revenue et elle lui dit qu’elle l’aime encore, mais doit-il la croire ? Lorenzo est prêt à tout pour l’avoir de nouveau dans ses bras. Prêt à tout… Même à tuer ?

Avec Un amour parfait, Gilda Piersanti signe un thriller psychologique d’une puissance redoutable où la passion amoureuse prend la forme d’une fascination venimeuse. Commence alors une lente descente aux enfers.

ISBN : 978-2-84742-409-6 / Date de publication: Mars 2019 / Nombre de pages : 288 / Dimensions du livre : 15 x 24 cm / Prix public : 19.50 €

Toxique, Niko Tackian

Découvrir le commandant Tomar Khan, un nouvel enquêteur et avoir envie de suivre ses aventures, voilà qui est fait avec « Toxique » de Niko Tackian.

Domi_C_Lire_toxique_niko_takian

Paris, peu de temps après les vagues d’attentats de 2015. A la Crim’ du 36 quai des orfèvres, Tomar Khan n’est pas un flic ordinaire. Sa mère est une ancienne peshmerga. Cette combattante Kurde a fui la Turquie et les zones de guerre pour trouver une vie plus calme en France. C’était avant de connaitre la violence aveugle des hommes, cette violence sourde envers les femmes dans leur propre foyer. Violence à laquelle avait dû faire face Tomar, qui devait protéger à la fois sa mère et son petit frère. Mais le père est mort, la famille peut dormir tranquille, alors pourquoi Tomar est-il aussi inquiet

Une école maternelle dans la banlieue parisienne, la directrice vient d’être retrouvée assassinée dans son bureau. Un des professeurs,un certain Le Brun, était dans le bureau juste avant le drame. Le fait est établi, il n’est pas rentré chez lui… Voilà une enquête qui sera vite bouclée. Chacun va pouvoir regagner rapidement ses pénates.

Enfin, ça c’est sans compter sur le commandant qui repère tout de suite les violences pas tout à fait ordinaires… Cet homme à la fois fort et fragile, tourmenté par ses propres démons, a du flair pour les enquêtes. Alors pourquoi cette femme sans histoire, pourquoi cet homme sans antécédents, quel mystère cela cache-t-il ? Il va falloir interroger tous les témoins, passer au crible leurs témoignages, leurs personnalités… et trouver, caché par-là, la faille, le point faible, la femme toxique…

Ne pas en déflorer d’avantage, mais vous dire que cet auteur vous entraine dans les méandres de l’esprit de son commandant, et vous n’avez pas du tout envie d’en sortir ! C’est rythmé, plausible, différent, passionnant. Il y a les investigations autour du meurtre, mais surtout les réflexions sur le passé, la culpabilité, le destin, inéluctable, et la partie psychologique de l’enquête est passionnante.

Tomar est très  vite un intime que l’on a envie de suivre jusqu’au bout de ses nuits de questionnements et de souffrance intérieure. Les intrigues se mêlent et s’emmêlent pour le plus grand bonheur du lecteur pris au piège, qui tourne les pages les unes après les autres sans aucune envie de s’arrêter. Exactement le genre de polar que l’on a autant hâte de finir qu’envie de poser là pour le savourer lentement, en prenant son temps pour faire durer le plaisir.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, surnommé le Pitbull, connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes. À première vue, l’affaire est simple. « Dans vingt-quatre heures elle est pliée », dit même l’un des premiers enquêteurs. Mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.
 
Une personnalité toxique, une psychopathe comme vos pires cauchemars ne vous ont jamais permis d’en croiser.  Le Télégramme

320 pages / Parution : 03/01/2018 / EAN : 9782253092681 / Editeur d’origine : Calmann-Lévy

Le mot d’Abel, Véronique Petit

Le mot d’Abel, c’est le mot qui détermine votre avenir, intime et personnel, il conditionne toute une vie.

Dans le monde d’Abel (un monde qui ressemble à aujourd’hui mais qui n’est pas aujourd’hui !) les adolescents reçoivent vers l’âge de 12 ans un mot qui leur est propre, intime, secret, il détermine en quelque sorte leur avenir, noir ou lumineux, en fonction du mot, en fonction aussi de ce qu’ils sauront en faire.

Abel est issu d’une fratrie de trois enfants, ses parents sont mort dans un accident, leur avion a explosé en vol. Depuis, les trois enfants sont élevés par leur tante. Abel n’a pas encore reçu son mot, alors il compte chaque jour, chaque semaine qui l’éloigne de l’âge moyen auquel les autres le reçoivent, faisant de lui un adolescent à part…

Un jour, dans la cour de l’école, il se passe un évènement terrible, totalement humiliant pour la jeune Clara… Quelqu’un a écrit son mot sur le mur de l’école. Mais un mot doit rester secret à jamais ! Et en plus, on ne peut pas dire que ce soit un mot dont on peut être fier, un de ces mots qui va vous porter toute une vie à faire des choses extraordinaires, à être quelqu’un de bien, non, au contraire, c’est un de ces mots qu’il vaut mieux taire, surtout quand on est aussi jolie et convoitée que Clara…

Vous l’aurez compris, à travers ce mot peut se dessiner un caractère, un avenir, l’avoir ou pas vous fait vous poser des questions métaphysiques, de ces questions que se posent tous les ados bien sûr, mais l’auteur a pris ce prétexte pour les aborder de façon détournée et intelligente.
Malgré une fin peut-être un peu abrupte, car il me semble qu’on attend quelques pages de plus, ou une suite, Le mot d’Abel est un roman qui devrait plaire aux ados à qui il est destiné.

Un matin, tu te réveilles et le mot est devenu une évidence. Il résonne dans ta tête, dans ton cœur. Il a pris possession de la moindre cellule de ton corps. Il fait désormais partie de toi, il est gravé en toi. Pour toujours.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Rageot

Dans le monde d’Abel, rien n’est plus important que le mot révélé à chacun vers l’âge de 12 ans. Un mot personnel et intime qui conditionne souvent la vie entière. En retard de plusieurs mois, Abel vit dans l’angoisse d’hériter d’un mot dérisoire ou ridicule, ou pire, d’un mot noir… Un matin, il découvre le mot de Clara, la fille dont il est secrètement amoureux, tagué en lettres rouges sur le mur du collège ! Qui a pu commettre un tel crime ?

Ce roman a reçu le prix Gulli 2018

Véronique Petit est née en 1967 dans la Drôme et a grandi en Bourgogne. Son enfance a été baignée par les livres. Grâce à eux, elle a vécu très tôt mille vies différentes, et c’est en souvenir des sensations magiques des livres de son enfance qu’elle a commencé à écrire des romans pour enfants et adolescents.
Elle aime tout particulièrement les histoires dans lesquelles le fantastique vient pointer le bout de son nez dans une réalité trop bien rangée. Assistante sociale le jour, elle écrit surtout le soir, en mangeant du chocolat. Elle vit à Chalon-sur-Saône.

Parution : 28 février 2018 / 192 pages / Prix : 12.90 € / ISBN : 9782700256277

L’invitation. Elizabeth Day

Deux mondes, deux univers, une amitié indéfectible… Découvrir « L’invitation » d’Elizabeth Day, un roman tout en tension et faux-semblants, où jeux de pouvoir et classes sociales se côtoient et s’affrontent.

Domi_C_Lire_elizabeth_day_l_invitation_belfond.jpg

Avec des accents typiquement britanniques de différence de classes sociales et de bienséance, Elisabeth Day nous offre un roman qui nous tient en haleine. Sous couvert de bonne société, elle explore la face cachée des amitiés entre deux hommes que leurs classes devraient justement tenir éloignés, que tout oppose et qui pourtant s’enorgueillissent d’une longue et fidèle amitié.

Martin Gilmour est un critique d’art reconnu, mais un écrivain plutôt raté, un homme fade et sans attrait. Avec son  épouse la douce et très effacée Lucy ils sont invités à l’anniversaire de l’ami de toujours, l’élégant et talentueux Ben Fitzmaurice. Les deux hommes se connaissent depuis l’adolescence, lorsque Martin, ébloui par Ben, avait décidé de conquérir son amour… ou son amitié ?

Dans la somptueuse maison que le couple vient d’acquérir et de rénover à grands frais, Ben les accueille avec sa superbe épouse Serena. Ce soir-là, anniversaire et crémaillère viennent valider la réussite de Ben, mais les deux couples doivent d’abord se parler…

Quand le roman débute, Martin est au commissariat. Peu à peu, le drame qui a conclu cette soirée transparait par le récit de Martin, le narrateur ou dans les écrits de Lucy, dont on nous dévoile quelques pages. Alternant les épisodes qui retracent les liens d’amitié, ceux qui font émerger les tensions, puis les séances de psy de Lucy ou les flash-back vers l’enfance, le lecteur voit se dessiner peu à peu une intrigue pleine de rebondissements et de ressentiment, de faux-semblants et de vaines espérances, de secrets enfouis et inavouables, creusant des tranchées profondes entre rêve et réalité, envies et contraintes, espoirs et déceptions.

L’auteur nous entraine par ses mots, ses descriptions de l’âme humaine, de la société dans laquelle évoluent ses personnages, interrogeant la part de réel ou d’imaginaire qu’il faut décrypter entre les deux hommes, entre ces deux mondes, ces deux classes sociales qui finalement ne se rejoignent peut-être pas aussi sincèrement que ça. C’est finement observé, judicieusement décrit, savoureusement mené, une intrigue qui a tout du roman noir, qui vous embarque avec mordant et lucidité, et parfois un brin d’humour british pour faire passer la tension.

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Belfond
Lutte des classes, ambition politique, désirs refoulés et violence sourde… Une œuvre originale et parfaitement construite qui allie roman noir à la tension implacable et comédie sociale mordante, quelque part entre le Monsieur Ripley de Patricia Highsmith et Le Dîner de Herman Koch, le tout porté par un humour grinçant tout britannique.

Ben Fitzmaurice est devenu le meilleur ami de Martin Gilmour le jour où, dans la cour de leur très chic école, Ben, héritier d’une prestigieuse dynastie, a pris la défense de Martin, petit boursier, fils unique d’une mère célibataire sans le sou. Depuis, Ben s’est fait un nom en politique, Martin est devenu critique d’art ; Ben a épousé la très parfaite Serena, Martin vit avec la très discrète Lucy. Et Ben est toujours le meilleur ami de Martin.
Ce soir, Ben fête ses quarante ans. Tout le gratin est présent. Martin aussi. Naturellement…

Traduction : Maxime Berrée / Date de parution : 03/05/2018 / EAN : 9782714476135 / Nombre de pages : 352 / Format : 140 x 225 / Prix : 21€

La grande roue. Diane Peylin

Il était une fois, une grande roue… La grande roue, celle qui tourne dans la vie de chacun, qui apporte joies et peines, et qui est si bien relatée par Diane Peylin qui aborde avec infiniment de justesse et de subtilité un point primordial, celui des violences faites aux femmes.

Domi_C_Lire_la_grande_roue_diane_peylinC’est l’été, Emma, jolie poupée rousse de dix-neuf ans, est un peu perdue, elle qui est totalement transparente pour sa famille. Le jour où elle rencontre Marc c’est le coup de foudre, total, immédiat, réciproque. Elle part aussitôt et s’installe avec celui qui la révèle à elle comme aux autres. Pourtant, si cette rencontre est une belle histoire d’amour, tout n’est peut-être pas aussi limpide dans la relation qui s’installe dans le couple. Marc adule sa jolie jeune femme, Marc possède corps et âme cette jolie poupée soumise à sa volonté. Marc est-il toujours amoureux de cette femme devenue mère ? Marc est impatient, énervé, fâché, Emma est soumise, blessée, frappée, enfermée, isolée.

Dans les rues de la ville, par une nuit sombre, une jeune femme erre vêtue d’une robe rouge et d’un grand manteau. Tess est perdue, affolée, amnésique… blessée peut-être ?

Dans les montagnes, un couple attend depuis quelques jours le jeune homme qui viendra donner un coup de main pour les travaux de la ferme. Alors quand David débarque, même s’il semble un peu gringalet pour la fonction qui va lui être dévolue, et malgré son côté sauvage et ambigu il est immédiatement adopté par le couple qui l’installe peu à peu dans sa vie.

Au commissariat, une fois de plus, le commissaire Field convoque Nathan, ce jeune homme dont la mère a disparu il y a bien longtemps. Car Field espère qu’un jour ce dernier retrouvera la mémoire de celle qui est perdue pour toujours.

Tess, Emma, David et Nathan… le lecteur retrouve chacun de ces personnages dans de courts chapitres, pour suivre leurs histoires qui semblent s’imbriquer et mener vers une vérité inattendue et parfois dramatique. Et le lecteur s’interroge, s’insurge, s’épouvante, de tant de violence, de soumission, d’espoir anéanti, de souffrance…

Car on l’aura compris, il s’agit ici de violence faite aux femmes, d’un pervers narcissique comme on les nomme aujourd’hui, et en contre point de ces femmes qui perdent pied quand personne n’est là pour les aider, les épauler, les soutenir, ou qu’elles ne peuvent pas dire ou verbaliser, prises au piège des doubles facettes de ces hommes qui les manipulent.

La grande roue est un roman percutant qui traite de façon très originale un sujet grave et souvent difficile à verbaliser, surtout par les victimes. Le suspense monte, les personnages se dévoilent, l’intrigue est savamment distillée, jusqu’au final, étonnant point d’orgue – peut-être un peu trop abrupt à mon goût- qui arrive comme un rayon de soleil au milieu de tant de noirceur. Un roman qui ne vous laissera pas indifférent, et qui a le mérite de poser une véritable question.

💙💙💙

Ce roman m’a fait penser à ce court film sur les violences faites aux femmes que l’on peut voir ici. Quand l’ennemi est à l’intérieur, l’aide ne peut venir que de l’extérieur


Catalogue éditeur : les Escales

Été 1986. Emma, les cheveux flamboyants, rencontre Marc au pied d’une Grande Roue. Elle est si jeune, il est si fort. C’est une histoire d’amour qui commence, autour d’une barbe-à-papa, les pieds dans le sable. Une histoire intense. Vitale. Mais ce  »Il était une fois » se transforme bientôt. Et le conte de fées devient celui de l’ogre et de la poupée.
Au côté d’Emma, il y a Tess dans la nuit, David en haut d’une montagne et Nathan dans un bureau de flic. D’autres personnages pour d’autres destins – d’autres chaos. Lire la suite…

Parution : 11 janvier 2018 / 225cm x 140cm – 256 pages / EAN 9782365693523