Qui ne dit mot consent. Alma Brami

« Qui ne dit mot consent » est un roman étrange, prenant, oppressant… étouffant même. Mais un roman à lire absolument !

DomiCLire_qui_ne_dit_mot_consentÉmilie a suivi son mari, alors que les enfants étaient encore jeunes, pour s’isoler en province, car son mari avait besoin de respirer au vert après ses journées harassantes de travail.

Mais en province, la vie n’est pas facile, le collège est loin, la classe du village englobe tous les âges, les enfants ont du mal à s’adapter et ont perdu leurs amis. Qu’importe, celui qu’elle appelle « mon mari » est heureux ainsi. Pourtant, comme Émilie s’ennuie et déprime, monsieur va poster des annonces pour lui trouver de nouvelles amies, amies qui vont s’installer et se succéder à la maison, amies avec qui son mari partage de bien étranges intimités, fille d’une amie, rencontre d’un moment, passade dont il va se lasser…

Mais elle, oui, elle comment vit-elle tout cela ? Ah, bien sûr, avant même le mariage, ses vieux parents (car ils étaient déjà vieux quand elle est née) lui ont dit tout le mal qu’ils pensaient de ce mari si étrange. Mais comme souvent le cas, Émilie n’a cure de leurs remarques, de leurs sentiments, et sa relation, puis son mariage, vont rapidement la couper de sa famille.

Alors les années passent, les amies passent aussi, dans la maison, dans la chambre d’ami, et Émilie accepte, ne voit rien, ne dit rien, amoureuse de ce mari qui lui impose tout, qui la manipule, la soumet, jusqu’à  l’oubli de sa propre personne, par crainte sans doute de ne plus être capable de vivre seule, loin de ce pervers qui la détruit à petit feu. Jusqu’au jour où les enfants vont enfin ouvrir les yeux à sa place, car elle ne voit et ne comprend plus rien, pauvre femme anéantie par son tortionnaire depuis si longtemps.

Quel roman oppressant, on a envie de la bousculer cette femme qui s’enlise dans une relation perverse et destructrice, mais on n’ose rien dire, on pense qu’elle va réagir.  Un peu comme le facteur qui passe chaque jour boire son café, et qui essaie de dire, enfin, à peine, ou si peu…

Manipulation, perversité, soumission, envers un homme qui détruit doucement sa femme, sans coups de poings, sans trop de pleurs ni de bleus, mais au contraire tout en finesse au travers d’un  chantage affectif immonde. Désescalade de l’amour, silence étouffant d’un foyer où personne ne veut voir l’indicible…Alma Brami signe là un roman qui me fait penser à celui de Violaine Bérot,  Nue, sous la lune découvert lors de la rentrée 2016, et que je trouve aussi émouvant et terrible.

 

#RL2017


Catalogue éditeur : Mercure de France

Émilie a suivi son mari à la campagne quand les enfants étaient encore petits, depuis ils ont grandi et quitté la maison. Dehors, il y a une vigne qui donne des raisins, il y a aussi une table en bois, des chaises, un banc, pour les petits déjeuners copieux, il y a des tommettes rouges dans le salon, un grand escalier qui mène à l’étage, et à l’étage, une chambre d’amis.
Chaque famille a ses secrets.
Que se passe-t-il dans cette maison au bout de la route du grand chêne ?
Dans ce terrible huis clos, Alma Brami dresse brillamment le portrait d’une femme meurtrie pour qui le couple est devenu un piège.

Collection Bleue / Parution : 24-08-2017176 pages, 140 x 205 mm / Époque : XXIe siècle /ISBN : 9782715245358

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Miss Cyclone. Laurence Peyrin

Des années 80 à la mort de Lennon, puis au 11 septembre 2001, en passant par l’affaire Monica Lewinsky, Laurence Peyrin utilise l’histoire de New-York et des USA pour fait évoluer ses personnages et nous donner envie de les suivre.

DomiCLire_miss_cycloneA Coney Island, New-York, en bord de mer, la fête foraine est une institution depuis les années 20. Là Angela et June vont vivre leur adolescence et grandir à l’ombre du Cyclone, les célèbres montagnes russes. Elles ont 16 ans, elles avaient tout pour ne jamais se rencontrer mais elles seront amies pour la vie…pourtant, leurs destins vont être bouleversés par des évènements en apparences inoffensifs mais qui bouleversent le cours d’une vie.

Un soir de fête à Central Park, alors que toute la jeunesse est réunie en hommage à John Lennon qui vient d’être assassiné, Angela accepte d’avoir une relation avec son petit ami jusque-là si respectueux, mais particulièrement saoul et trop stone pour réellement comprendre ce qu’il fait. Le silence, la honte, puis les conséquences de cette relation vont avoir des répercussions sur l’avenir d’Angela et June, mais également bien au-delà, sur Nick et Adam, leurs amis.

Impossible de résumer ou inutile de dévoiler une intrigue dont l’intérêt tient essentiellement dans les vies, les amours, les rencontres, les mariages et les divorces, les chagrins et les espoirs, les forces et les faiblesses de ces deux jeunes femmes, issues de milieux si différents et que tout devrait opposer. L’auteur nous surprend, car si la trame parait légère, il y a cependant de grands moments d’amour, d’amitié, de recherche de soi. Mais l’intérêt tient aussi par le récit fait en toile de fond sur la ville et sur les événements qui ont bouleversé notre histoire récente. Le livre idéal pour les vacances.

Enfin, fermer ce livre et se dire qu’il faut vivre ses rêves, qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, qu’il ne faut pas persister dans l’erreur si l’on ne veut pas passer à côté de sa vie !


Catalogue éditeur : Calmann-Lévy

Une amitié indéfectible vibrant au rythme de New York, la ville où bat le cœur du monde

Coney Island, là où New York se jette dans la mer, est un endroit enchanteur l’été, avec sa fête foraine légendaire, et fantomatique l’hiver quand les manèges sont à l’arrêt. C’est là qu’Angela et June, 16 ans, ont grandi ensemble. Deux jeunes filles vives et joyeuses, que rien ne destinait à s’entendre, et que rien ne peut séparer.

Mais une nuit, la nuit où toute la jeunesse new-yorkaise pleure la mort de John Lennon, leur vie prend un tour inattendu : Angela, par un mélange de fatalisme et d’innocence, accepte de son petit ami ce qu’elle ne voulait pas vraiment. Parce qu’elle n’ose pas en parler à June, son silence devient un secret… Et leur destin à toutes les deux en sera changé à jamais.

Date de parution : 29/03/2017 / EAN : 9782702161517 / Nombre de page : 342

Mrs Hemingway. Naomi Wood

Quand on aime Ernest Hemingway, on ne peut qu’avoir envie de découvrir ce roman de Naomi Wood « Mrs Hemingway »

DomiCLire_mrs_hemingwayIl a beaucoup voyagé, des États Unis à l’Espagne en passant par Cuba, il a beaucoup écrit, il a beaucoup aimé et à chaque fois il a ressenti le besoin d’épouser ces Mrs Hemingway qui ont contribué à forger sa légende. Car Hemingway aimait les femmes, mais ne savait peut-être pas vraiment les quitter, un peu comme Picasso finalement. Peut-être est-ce un trait des créateurs de génie ? Il a donc épousé successivement Hadley Richardson, Pauline Pfeiffer (Fife), Martha Gellhron et Mary Welsh, les quatre « Mrs Hemingway ». Et à chaque fois qu’il a rencontré la suivante, il était encore marié et toujours avec la précédente. A croire que la peur d’être quitté le poussait à toujours chercher sa prochaine âme sœur.

Dans les années 20, Ernest Hemingway à tout juste vingt-et-un ans lorsqu’il rencontre Hadley, sa première femme. Rapidement mariés, ils vont vivre à Paris des années de vache enragée.  Un enfant va naitre, puis Ernest va tomber amoureux de la flamboyante et si élégante Fife, la meilleure amie de Hadley. Il l’épousera bientôt, et ils partent vivre en Floride puis à Cuba. Fife est riche, avec elle la vie est plus facile, davantage propice à la créativité. Elle lui procure le confort indispensable pour s’épanouir et laisser aller son imagination. Ce seront également les années heureuses avec Zelda et Scott Fitzgerald, et avec les Murphy, les années d’insouciance et de musique, de créativité, d’alcool et de nuits blanches.

Viendront ensuite la guerre d’Espagne et les reportages sur le théâtre d’opérations, puis la rencontre avec la talentueuse et indépendante journaliste Martha Geldron. Elle n‘hésitera pas à le laisser partir, elle qui se posait la question de le quitter, quand elle comprend qu’il est déjà amoureux d’une autre, Mary Welsh. C’est Mary qui deviendra finalement sa veuve, ce jour fatidique de 1961, quand la légende maudite de la famille Hemingway vient toucher le génial créateur du « Viel homme et la mer », ou de « Mort dans l’après-midi »

Car pour Ernest Hemingway, chaque rencontre, chaque mariage est une fête recommencée. Un amour naissant, un mariage indispensable, puis vient la lassitude sans doute, le gout de la nouveauté, la rencontre, et tout est à refaire. Et pour chaque femme, le chemin est d’abord heureux, puis compliqué pour emmener cet homme que chacune a aimé vers le succès, vers la réussite, porté par ces amours sans failles. A chaque rupture, ces Mrs Hemingway vont réagir différemment, mais chacune à sa façon elles resteront fidèles à cet homme qu’elle ont aimé.

Naomi Wood nous fait découvrir Ernest Hemingway par les yeux de ses épouses successives. J’ai vraiment aimé ce roman qui tient du récit et de la biographie. Je ne peux que le conseiller à tous ceux qui aiment Ernest Hemingway et veulent mieux le connaitre. Ici, Naomi Wood dépeint un homme que chacun croit connaitre mais qu’elle nous montre à travers les yeux de celles qui l’ont aimé. Génial écrivain dépressif et parfois incompris, elle nous le rend étonnamment émouvant dans cette quête éperdue de l’amour… j’ai beaucoup aimé ce style, cette écriture, et la rencontre avec l’auteur qui nous a parlé de sa façon de travailler, de ces lettres qu’elle a parcouru, de cette connaissance intime de l’écrivain qu’elle a ainsi pu avoir, par le regard de ses épouses. Un roman superbe que je conseille à tous les amateurs comme moi de cet écrivain magnifique.


Catalogue éditeur : Quai Voltaire, La Table Ronde

Trad. de l’anglais (États-Unis) par Karine Degliame-O’Keeffe

Un clou chasse l’autre, dit le proverbe. Ainsi la généreuse et maternelle Hadley Richardson a-t-elle été remplacée par la très mondaine Pauline Pfeiffer ; ainsi l’intrépide et célèbre Martha Gellhorn a-t-elle été éloignée par la dévouée Mary Welsh. C’est un fait : Hemingway était un homme à femmes. Mais l’auteur de Paris est une fête ne se contentait pas d’enchaîner les histoires d’amour. Ces maîtresses-là, il les a épousées. Au fil d’un scénario ne variant que de quelques lignes, il en a fait des Mrs Hemingway : la passion initiale, les fêtes, l’orgueil de hisser son couple sur le devant d’une scène – la Côte d’Azur, le Paris bohème, la Floride assoiffée, Cuba, l’Espagne bombardée … – puis les démons, les noires pensées dont chacune de ses femmes espérait le sauver.

Naomi Wood se penche sur la figure d’un colosse aux pieds d’argile, et redonne la voix à celles qui ont sacrifié un peu d’elles-mêmes pour en ériger le mythe.

288 pages, 135 x 220 mm / Parution : 11-05-2017 / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782710381310

Les herbes folles. Philippe Fréling

Dans « Les herbes folles », Une femme découvre et réinvente la vie. Philippe Fréling nous fait découvrir à sa façon la France de l’après-guerre et des années sombres de la guerre d’Algérie.

DomiCLire_les_herbes_folles.jpgElle est jeune mais cependant déjà mère d’un enfant, mariage arrangé par les mères, solitude et tromperie, la voilà déjà divorcée. Elle est ouvreuse au cinéma l’Eden et rêve d’ailleurs, de liberté, de légèreté. Là, de beaux militaires passent, lui surtout, celui avec qui elle va vivre des moments intenses, loin des contingences du quotidien, comme dans un rêve, dans une simple chambre d’hôtel. Ces instants hors du temps, que l’on vit sans se poser de question, sans réellement essayer de se connaitre, et qui pourtant sont aussi les prémices de l’amour naissant.

Il part, elle reste. Mais elle le sait, un deuxième enfant sera bientôt là, des lettres échangées, la guerre en Algérie, un frère qui la comprend, un mère qui élève ses enfants… C’est une jeune femme décidée, qui même une vie simple mais pas tranquille, et qui pourtant sait ce qu’elle veut, un mari, une famille, de enfants, les siens, avec lui. Alors malgré son innocence apparente, elle saura le joindre et le rejoindre, l’attendre et l’espérer pour enfin mener la vie qu’elle a décidé de mener.

Sous des airs parfois un peu mièvres, on apprécie cette écriture sobre qui décrit la vie, la pugnacité malgré la candeur, la réalisation d’un rêve, dans ces années de guerre où tout peut s’arrêter demain, où les règles ne sont plus écrites, où l’espoir pourrait être vain car la vie tient à si peu de choses. L’auteur plonge adroitement son lecteur dans ces années 50 / 60, difficiles, tourmentées, dans une province qui promet peu d’espoir d’avenir radieux, mais où l’on peut espérer un bout de ciel bleu à l’horizon. J’ai juste envie de dire que ça fait du bien au final, un peu de douceur !

Un extrait :

Dans une grange, sur des ballots de paille, en plein hiver… Tu ne pouvais pas attendre l’été ? Et puis, ce type, quel âge il a ? Si ça se trouve, il est marié, il se sera offert une jeunotte. Franchement, tu aurais pu trouver mieux …  Attendre l’été… Un petit gars du coin, un petit puceau…Vous auriez fait ça tous les deux pour la première fois, couchés dans le foin, avec le soleil pour témoin…


Catalogue éditeur : Denoël

Elle vit quelque part en province, dans la France des années 50, celle de la guerre d’Algérie. Elle connaît un premier homme, il lui fait un enfant. À cet homme on la marie. Il est absent, infidèle. Le divorce prononcé, la jeune femme laisse son enfant à sa mère, part travailler en ville. Ouvreuse dans un cinéma, un soir où on projette Johnny Guitar, elle fait la rencontre d’un deuxième homme. Il est militaire. Ils vont à l’hôtel, passent quelques nuits ensemble. Lire la suite

Littérature française > Romans et récits / Collection Romans français / Parution : 12-01-2017 / 208 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782207136249

Promenez-vous dans les bois…Ruth Ware.

Il y avait le « Promenons-nous dans les bois » de Ruth Rendell, il y a aujourd’hui le « Promenez-vous dans les bois… pendant que vous êtes encore en vie» de Ruth Ware, et je vous le promet, là aussi, c’est frisson garanti !

Être invitée à un enterrement de vie de jeune fille, à priori, c’est plutôt banal, mais quand c’est celui de votre ex-meilleure amie que vous n’avez plus revue depuis dix ans, et qu’en plus vous n’êtes même pas invitée au mariage, voilà qui est bien plus singulier.

Leonora écrit des polars, elle vit donc en solitaire, car la création n’implique pas forcément une vie mondaine très active. Un jour, elle voit arriver dans sa boite mail cette invitation particulièrement incongrue vu le contexte, hésite un peu puis fini par accepter, poussée par Nina, une amie commune également invitée avec qui elle est restée en contact. A deux forcément c’est plus rassurant…

Les voilà donc embarquées pour le weekend dans une maison de verre, vaisseau étrange, froid et lumineux isolé au milieu d’une clairière, bloc de lumière posé au regard de tous au fond des bois sombres et terrifiants qui l’entourent. La soirée commence bizarrement, lorsque Nora rencontre Clare, celle-ci lui annonce que le futur marié n’est autre que James, l’ex de Nora, qu’elle n’a pas revu non plus depuis leur rupture, dix ans avant. Dans ce vaisseau, il y a Nina, Nora, Clare et Florence, sa meilleure « meilleure amie », celle qui organise et qui veut que tout soit parfait, il y a aussi Tom, un peu perdu et Mélanie. Difficile d’être gais, enthousiastes, positifs dans une telle ambiance, mais Florence y tient, la fête doit être belle ! les animations sont pour le moins insolites, initiation au tir dans un club, jeux des vérités portant sur le futur époux, les rancœurs remontent à la surface, les discordes sont palpables dans tous les mots et tous les gestes.

Dans cette atmosphère terriblement tendue, et malgré les efforts de chacun pour faire contre mauvais fortune…Les rancunes, les secrets et les tensions exacerbées par le huis-clos éclatent, le piège se referme, mais difficile de savoir d’où vient la trahison, d’où part le coup de grâce que nul ne semble prêt à imaginer.

C’est bien écrit, bien construit, assez plausible malgré le coté parfois stressant et à la limite terrifiant de certaines situations. Je ne me suis pas ennuyée une seconde avec ce roman que j’ai dévoré quasiment d’une traitre. Une belle expérience que je vous conseille… Enfin, sauf si vous êtes invitées le weekend prochain à un enterrement de vie de jeune fille !!


Catalogue éditeur

Dans la nuit noire du Northumberland, derrière la façade de verre d’une maison isolée, l’enterrement de vie de jeune fille bat son plein. Ils sont cinq autour de la table basse, imbibés d’alcool. La séance de spiritisme va débuter.

Mais derrière les sourires convenus, Nora peine à cacher son malaise, tandis qu’une cascade de questions lui torture le cerveau. Que fait-elle là ? Pourquoi a-t-elle été invitée ? Et sur tout, pourquoi a-t-elle accepté de venir ? Voilà dix ans qu’elle n’a pas vu Clare, la reine de la fête, son ex-meilleure amie du lycée. Dix ans de non-dits, de rancune et de souffrance. Comment faire comme si de rien n’était ? suite

RUTH WARE est née en 1977 dans le Sussex. Diplômée de littérature anglaise à l’Université de Manchester, ancienne libraire, elle a enseigné à Paris. Promenez-vous dans les bois… pendant que vous êtes encore en vie est son premier thriller, déjà un phénomène aux États-Unis avec près de 50 000 exemplaires vendus en 1 mois. Elle termine aujourd’hui l’écriture de son deuxième roman.
Auteur : WARE RUTH / Editeur : Fleuve éditions / ISBN : 9782265099364
Sortie : févr. 2016 / Format : 142 x 211 cm / Pages : 379