Malamute, Jean-Paul Didierlaurent

Embarquer dans la blancheur glacée de l’hiver pour un voyage dans le temps

La neige est là, et avec la neige arrive Basile, qui passe les mois d’hivers à Valjoux sur une des dameuses de la station. Pour une fois, il n’a pas eu à chercher un logis, ni à se contenter du réduit qu’il occupait les années précédentes. Il va partager la maison d’un lointain parent, trop âgé pour rester seul. Sa fille a tout organisé pour que Germain puisse rester chez lui. Basile gardera un œil sur ce vieil homme acariâtre et revêche.

Dans l’équipe des dameurs Emmanuelle, une nouvelle venue, dame le pion à tous les anciens et s’approprie, grâce à son talent, l’engin le plus convoité ; c’est aussi la voisine de Germain.

Lorsque ce dernier la rencontre, il laisse affleurer à sa mémoire de bien beaux mais aussi de bien noirs souvenirs, réminiscences d’une époque révolue. Les voisins avaient été baptisés les Ruskoffs par tout le village, car on se méfie toujours de ceux que l’on ne connaît pas.

Paulina Radovic, si blonde, si timide, si belle. Celle dont on découvre le journal écrit en 1976, l’épouse de Dragan. Lui, fort, dur, ancien légionnaire, avait un rêve fou, obsessionnel, conduire les touristes à bord de son traîneau tracté par ses malamutes, de superbes chiens qui pourtant inquiètent les villageois. Mais rien ne s’est passé comme ils espéraient.

Ce que j’ai aimé ?

L’ambiance, à la fois oppressante et majestueuse dans cette blancheur qui envahit le paysage.
Les personnages, des hommes et des femmes qui pourraient être nos voisins, Germain, Basile ou Emmanuelle, mais aussi Françoise ou encore le curé et ses processions, un écheveau de relations humaines où le meilleur côtoie le pire sans que cela paraisse incongru.
Des situations en apparence simples et banales où parfois se cachent de noirs secrets comme sait si bien les décrire Jean-Paul Didierlaurent, à hauteur d’homme, au plus près de la réalité du quotidien.

L’auteur nous entraîne par son écriture à la fois humaine et irréelle, surtout lorsqu’un brin de magie vient bousculer ses personnages, entre les bêtes malfaisantes et les souvenirs du passé, entre le sortilège de l’amour et le triomphe de hommes sur la nature parfois étouffante et dévastatrice, tout y est et on se régale.

Catalogue éditeur : Au Diable Vauvert

Jean-Paul Didierlaurent vit dans les Vosges. Nouvelliste lauréat de nombreux concours de nouvelles, deux fois lauréat du Prix Hemingway, son premier roman, Le Liseur du 6h27, connaît un immenses succès au Diable vauvert puis chez Folio (370.000 ex vendus), reçoit les prix du Roman d’Entreprise et du Travail, Michel Tournier, du Festival du Premier Roman de Chambéry, du CEZAM Inter CE, du Livre Pourpre, Complètement livres et de nombreux prix de lecteurs en médiathèques, et est traduit dans 31 pays. Il est en cours d’adaptation au cinéma. Jean-Paul Didierlaurent a depuis publié au Diable vauvert un premier recueil de ses nouvelles, Macadam, Le Reste de leur vie, roman réédité chez Folio, et La Fissure.

Format : 130 X 198 / Parution : 2021-03-11 / pages : 368 / EAN-ISBN : 979-10-307-0419-8

Le petit seigneur, Antonio Ferrara

Rêver sa vie n’est pas toujours une option et dépend parfois de sa naissance…

Tonino est un gamin comme tant d’autres, enfin, presque. Pour ses parents, l’école n’est pas une priorité, bien au contraire. A l’âge où les gamins apprennent et jouent comme des enfants, Tonino comme ses sœurs aident à faire fonctionner l’entreprise familiale. Et l’entreprise familiale n’a rien de banal. Enfin, peut-être l’est-elle finalement, puisque après tout on est à Naples, dans le pays où les mafieux règnent en maîtres.

Si les petites sœurs ont la dextérité voulue pour empaqueter les grammes de blanche, Tonino est, à treize ans à peine, déjà passé maître dans l’art du commerce de la neige. Vendre des doses au seuil de l’appartement ou dealer dans la rue, avec son revolver dans la poche, est devenu son ordinaire chaque jour à partir de dix-huit heures et jusque tard dans la nuit.

Impossible de se lever pour aller au collège. Pourtant, son professeur d’italien s’obstine, Tonino est un excellent élève qui rêve de devenir journaliste. Mais en bon napolitain, le père veille, et saura agir si nécessaire pour garder son fils dans l’entreprise. Car dans la ville de Naples, point de salut pour les enfants en dehors de la famille et du milieu.

Antonio Ferrara pointe du doigt ces milieux où les jeunes ont pour avenir celui que leur aînés leur ont assigné, sans possibilité de tracer leur route comme ils l’entendent. L’auteur le dit bien en exergue de son roman, avoir des rêves, des choix de vies, cela n’est pas donné à tous les enfants. Et ceux qui le dénoncent le payent souvent de leur vie.

Un livre jeunesse à faire lire à tous les adolescents mais qui peut aussi être lu par tous. Une lecture importante qui montre que la liberté et le rêve ne sont pas donnés à tous de façon semblable dans le monde, et pour reconnaître le privilège de recevoir une éducation familiale et scolaire enrichissante et égalitaire. l’écriture est agréable et l’on se met facilement dans la peau de Tonino, ses rêves, ses amitiés, ses doutes et ses désillusions.

Catalogue éditeur : Bayard

Tonino suit la voie que son père a tracée pour lui. Celle des seigneurs, pour qui les codes d’honneur sont une question de vie ou de mort.
Chaque soir, il descend sur la place. Adossé au mur, il attend les clients qui viennent lui acheter ses petits sachets.
La drogue, c’est une histoire de famille.
À treize ans, Tonino n’a peur de rien.
Sa vie lui convient telle qu’elle est. Remplie d’adrénaline.
De toute façon, il n’a pas le choix. Dans certains quartiers de Naples, le rêve n’est pas une option.
Pourtant, quand la loi du silence se brise, la nuit laisse aussi parfois entrevoir une lueur d’espoir.

À partir de 12 ans / Parution : 06/01/2021 / Prix : 12,90 € / Pages 144 / EAN 9791036304736

Le nouveau Western, Marc Fernandez

Embarquer dans les pas du Cid avec Marc Fernandez

L’an dernier j’avais suivi sur les réseaux le récit des 900 kilomètres à vélo à travers l’Espagne médiévale, « désertiquement » vide et cependant magnifique de Marc Fernández. J’avais hâte de savoir ce qu’il pourrait ressortir de ces paysages que je connaissais pour partie et de cette aventure cycliste. Et surtout de savoir comment l’auteur allait mêler cette aventure et l’histoire mythique et cependant véridique de Rodrigue. 

Car il a existé  l’homme du « Cantar de mio Cid », du Camino del Cid, cet Ego Roderico que j’ai croisé lors de mes nombreux périples dans cette Espagne que je parcours dans tous les sens depuis si longtemps…

Alors je ne sais pas vous, mais personnellement à force de savoir, comme nous l’avait répété Corneille, que Rodrigue avait du cœur, mais aussi des sentiments pour Chimène, j’avais oublié que la légende avait été un homme, un vrai. Rodrigo, ou Rodrigue, est né dans le village de Vivar del Cid aux alentour de 1048, ou 49. Un enfant au cœur noble et valeureux qui apprend tout des règles de chevalerie. Sa légende se forge au grès de ses victoires et de ses multiples combats à la tête de son armée.

Mais en 1081, à la suite d’un différent, le roi de Castille Alphonse VI va le bannir de son royaume. Rodrigue met à l’abri sa femme et ses filles et part sur les routes, combattant tantôt les musulmans tantôt les chrétiens, tantôt aux côtés des uns ou des autres, tantôt contre. En plusieurs année et à la tête d’une armée de plusieurs centaines d’hommes il traverse l’Espagne jusqu’à la méditerrannée. Là il devient le prince de Valence. Rodrigue meurt en 1099, un 10 juillet.

Ce que j’ai aimé ? L’écriture, le rythme, l’alternance entre la partie historique de la vie de Rodrigue et le vécu de l’auteur sur son épopée cycliste. Un texte d’une grande sincérité. Marc Fernandez a su faire vivre le récit historique pour nous faire découvrir ce Lucky Luke trop méconnu qui est tout simplement passionnant. Récit très adroitement mêlé à ses propres aventures sur Tornado, le cheval de Zorro, ah, non le vélo sur lequel l’auteur a pédalé à travers les terres ocres et rouges d’Espagne. J’ai aimé le suivre et Rodrigue avec lui, de Burgos à Daroca, d’Albarracin jusqu’à Valence, et jusqu’au village où lui-même passait ses vacances en famille enfants puis adolescent. Car à travers cette géographie de l’Espagne se dessine aussi un passé et un vécu pas toujours faciles, la dictature de Franco, l’émigration pendant la guerre civile, tout au long du chemin les souvenirs heureux ou malheureux se mêlent à l’Histoire.

C’est à Valence que se termine ce trajet de 12 jours, 900 kilomètres, ces rencontres et ce texte passionnant. C’est aussi pour moi de nombreux sites encore à découvrir, en particulier le château de Gormaz. 

Ah, et puis comment dire, je me sens moins seule à avoir aussi mal aux mains lorsque je pars sur mon vélo dans mes villages de Pyrénées, moi qui n’en avait plus fait depuis si longtemps. Pardon Marc Fernandez car je crois avoir lu dans Le nouveau Western que le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un vélo électrique et ceux qui pédalent. Là, je crois que toi, tu pédales. 🚴😉

Merci pour ce formidable livre, courez en librairie, vous ne serez pas déçus.

Photos prises à Albarracin, une des étapes du Camino Del Cid

Vous ne connaissez pas encore les romans de Marc Fernandez ? Découvrez Mala Vida, Bandidos et Guerilla Social Club

Catalogue éditeur : Éditions Paulsen

900 kilomètres à vélo dans un décor de western pour retracer la vie d’un chevalier mythique : le Cid, figure espagnole légendaire aux résonances actuelles et digne d’un personnage de polar.

Rodrigo Díaz de Vivar, plus connu sous le nom du Cid, n’est pas que le héros d’une pièce de théâtre. Ce fut un chevalier. Un vrai. Banni par le roi Alphonse VI, il a traversé l’Espagne au XIe siècle. Il a gagné des batailles. Contre les Musulmans, et avec eux. Un mercenaire avant l’heure. Un combattant légendaire.
Si le Cid voyageait à cheval, c’est sur son VTT – baptisé Tornado – que Marc Fernandez suit sa route de Burgos, ville natale du chevalier, jusqu’à Valence, où il mourut en 1099. Une épreuve et un défi pour l’auteur, à la découverte d’une partie méconnue de l’Espagne, médiévale, immensément vide. 900 kilomètres à vélo, 11 302 mètres de dénivelé positif dans un décor de western, pour retracer la vie extraordinaire d’une figure mythique digne d’un personnage de polar.

Parution : 19 mars 2020 / Format 13 x 21 cm / Nombre de pages : 192 / ISBN 978237502-0746  / Prix : 19,50 €

Une vie et des poussières, Valérie Clo

Dans Une vie et des poussières, Valérie Clo évoque avec humanité et tendresse la vie dans un Ehpad

Mathilde sait bien qu’elle ne perd pas la tête. Mais ce n’est pas ce que pense sa fille Rose, qui l’a placée dans une maison de retraite près de chez elle pour pouvoir aller la voir régulièrement. Contrairement à son fils qui ne vient quasiment jamais, car affronter la vieillesse n’est pas toujours facile, surtout quand elle est en perdition, voir sa mère entourée de personnes aussi dépendantes, ça a de quoi déprimer.

Là, Mathilde s’ennuie de sa vie d’avant, avec ses compagnons de galère, qui pour certains portent encore beau, mais dont la tête est ailleurs. Comme Chantal, qui se croit dans un hôtel en villégiature au bord de la mer, mais la mer elle ne la voit pas vraiment depuis la fenêtre de sa chambre. Ou encore comme Marcel et ces bouts de chanson qu’il entonne à chaque instant, lassant les autres sans même s’en apercevoir.

Heureusement il y a Maryline, enfin, c’est Mathilde qui l’a baptisée de ce prénom qui lui va si bien, car l’aide-soignante lui fait penser à la pulpeuse beauté blonde que les hommes admiraient de son temps sur les écrans. Maryline qui fait son travail avec ce supplément d’âme et d’amour envers les pensionnaires dont tout le monde rêve, mais qu’il est si difficile de tenir quand le personnel manque et que les horaires ne sont pas élastiques.

Un jour, Maryline lui apporte un cadeau. Un petit carnet dans lequel Mathilde va écrire des instants de vie, des souvenirs, l’enfance pendant la guerre, la disparition des parents, ceux de la famille qui ne sont jamais revenus des camps, elle et sa sœur cachées en province chez les Marius, des paysans qui les accueillent avec leur cœur et leurs bras grands ouverts. Puis la rencontre avec Paul le beau et séduisant journaliste, avoir le même métier, ça rapproche, le mariage, les enfants, et la vie qui va, vite, si vite que déjà c’est le crépuscule qui s’annonce dans les murs de cet Ehpad.

De jolis et émouvants moments de vie, racontés ici non pas seulement par la plume de Mathilde dans son carnet, mais bien par l’auteur qui sait de quoi elle parle. Et il y a beaucoup de réalisme et une certaine vérité dans ces lignes, on s’y retrouve pour peu que l’on ait eu dans sa famille des personnes en maison de retraite. Et pourtant ce n’est pas triste, il y a même quelques moments de rires et de sourires. Le bilan de vies qui passent dans un roman à découvrir.

Ehpad : établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

Mathilde n’est plus toute jeune et sa fille a décidé qu’elle serait bien mieux dans un Ehpad que chez elle, où elle commence à oublier trop de choses. Le roman est le journal de Mathilde tenu pendant les mois passés dans ce nouveau monde.
Il y a les souvenirs anciens : l’enfance pendant la guerre, la disparition du père, la fuite dans la zone libre, la disparition de la mère, la planque chez des paysans. Puis le retour à la vie, alors que tout est dévasté…
Et il y a la vie au quotidien dans cet univers étrange qu’est l’Ephad. Sa voisine de chambre qui a perdu la boule. Les voisins de table, hauts en couleurs et passablement amochés. Les aides-soignantes, et en particulier Maryline qui est un rayon de soleil… Les jours passent. Il y en a des bons, il y en a des mauvais. C’est l’heure des bilans, l’apprentissage de la solitude radicale.
Une vie et des poussières est une leçon de vie. Valérie Clo a voulu rendre visible ce lieu (l’Ehpad) que l’on préfère ignorer.

Valérie Clo vit à Meudon. Depuis plusieurs années, elle est art-thérapeute et intervient auprès de publics en grandes difficultés.

Parution : 05/03/2020 / Format : 11,5 x 19,0 cm, 240 p., 16,00 EUR € / ISBN 978-2-283-03303-6

Ma vie de marmotte, Hervé Kuhn

Partir pour la Savoie avec Hervé Kuhn en suivant les aventures loufoques de deux marmottes avec « Ma vie de marmotte », sa nouvelle BD aux éditions Boule de neige.

Je viens de finir « Ma vie de Marmotte » La BD de Hervé Kuhn aux éditions Boule de neige.
Une BD destinée aux plus de 7 ans, mais pas seulement… puisque ces aventures de marmottes montagnardes en feront sourire plus d’un !
La plupart des pages sont composées de deux bandes en 5 ou 6 vignettes. Ce sont de courts récits au fil des saisons, où l’on suit les aventures et les événements qui ponctuent la vie d’Églantine et Séraphin, ce désopilant couple de marmottes avec leurs différents amis, animaux de la montagne comme eux. Une jolie atmosphère de montagne en toutes saisons, avec boule de neige, Grolle et fondue savoyarde, et surtout un humour à toute épreuve qui ravira les plus jeunes.

Voilà donc une BD que je compte bien faire lire rapidement à Arthur, bientôt 7 ans, qui adore passer ses vacances en Savoie ! Un plus il me semble, les textes écrits en lettre bâton, ce qui doit faciliter la lecture des apprentis lecteurs.
Hervé Kuhn est né en Savoie, ce professeur d’allemand partage sa vie entre l’enseignement et ses crayons. Il puise son inspiration dans ses montagnes natales.

Catalogue éditeur : Éditions Boule de neige

Les aventures intimes, drôles et loufoques d’un petit couple de marmottes des Alpes : Églantine et Séraphin, en compagnie de leurs amis de toujours : bouquetins, vaches, chamois, bélier, etc.  
Retrouvez l’humour d’Hervé Kuhn et les personnages de la série « Là-Haut sur la montagne ».
Date de parution : juin 2019 / ISBN : 978-2-918735-34-2 / Format : 20 x  27 cm, album souple / Nb de pages : 68 pages / Prix : 11,00 €

L’envol du moineau, Amy Belding Brown

L’envol du moineau, une grande fresque historique dont le personnage principal captive et émeut par son courage et son caractère. Quand une histoire vraie devient un récit totalement romanesque…

Baie du Massachussetts, en 1672. Les territoires sont habités par les puritains aux règles rigides et strictes. Mary est la fille de John White, un riche propriétaire terrien du Lancaster. C’est l’épouse de Joseph Rowlandson, pasteur de l’église de cette même communauté. Ils vivent relativement aisément pour l’époque, femme au foyer, mère attentive, chrétienne convaincue, Mary respecte les règles imposées par l’église et par son mari. A cette époque et dans cette église pour le moins austère, une femme reste à la maison, n’en sort qu’accompagnée de son mari, prend bien soin de cacher ses cheveux sous son bonnet et peut être punie pour insolence, y compris envers son époux.

Mary et sa famille se conforment aux règles, sans trop y penser. Mais un jour de 1675, leur village est attaqué par les indiens, Mary et ses enfants sont faits prisonniers, puis menés vers les grandes plaines où se regroupent les tribus. C’est vivre alors l’abomination la plus terrible que de tomber ainsi aux mains des barbares, des sauvages, et être asservie. Mary devient l’esclave de Weetamoo, la femme du chef Qinnapin.

Totalement choquée et apeurée dans un premier temps, Mary va pourtant rapidement déceler chez ces indiens des valeurs humaines qu’elle découvre avec étonnement. Ces sauvages qui ont dévasté son village et tué sans pitié les habitants sont capables de compassion, d’empathie, d’entraide, d’amour envers leurs enfants. Elle apprend à leur contact la liberté de mouvement, le bonheur de l’oisiveté, la possibilité dont jouissent les femmes de s’exprimer et de commander, alors qu’elle-même n’était qu’autorisée qu’à se taire dans sa propre communauté.

A leur contact, pendant plusieurs mois de souffrance, contrainte à des déplacements permanent à travers différents États, tenaillée par la faim et le froid au même titre que ses ravisseurs, aidée par James, un indien converti, elle va vivre avec les tribus et remettre en question les fondements de son existence passée. Questions encore plus prégnantes lors de son retour, car tel le moineau prisonnier de sa cage, Mary ne chante plus et rêve de liberté.

Elle doute, qui sont les vrais sauvages ? Qui est le plus cruel, et qui est dans son droit. Est-il vrai que les saintes écritures valident l’esclavage, et de quel droit ? Pourquoi les blancs s’arrogent-ils le droit de traiter les noirs en esclaves et réfutent-ils ce droit aux indiens ? Lorsqu’elle aura recouvré sa liberté, ces interrogations en avance sur son temps la mettront au ban de la société.

Dans cette grande fresque romanesque, pourtant basée sur une histoire vraie et des faits vérifiés, Amy Belding Brown nous plonge dans l’Amérique puritaine du XVIIe siècle où Dieu est le seul maître, le seul refuge, il dicte aux hommes, et par eux, aux femmes, leur rôle et leur mission. Et l’on se demande alors qui des puritains de la Nouvelle Angleterre ou des indiens natifs de ces terres sont les véritables sauvages ? Amy Belding Brown pose les questions de l’extrémisme religieux, de l’esclavage, de l’égalité des races, et soulève une fois encore la question de l’extermination des indiens d’Amérique du Nord chassés de leur terre par les colons.

J’ai vraiment  aimé ce roman qui décrit à la fois l’intime et l’Histoire, qui exprime à la fois les sentiments et la violence, l’amour et la haine, la foi et le doute, et qui est superbement traduit par Cindy Colin Kapen. S’il est largement conseillé par Jim Fergus, il me fait penser au thème de son bestseller « Mille femmes blanches », que j’avais également apprécié lors de sa sortie.

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Catalogue éditeur : Cherche-Midi

Cindy COLIN KAPEN (Traducteur)

Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d’Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d’accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l’armée. Contre toute attente, c’est au milieu de ces « sauvages » qu’elle va trouver une liberté qu’elle n’aurait jamais imaginée. Les mœurs qu’elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l’éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu’elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s’accoutumer d’un retour « à la normale », dans une société blanche dont l’hypocrisie lui est désormais insupportable ?
 
Cette magnifique épopée romanesque, inspirée de la véritable histoire de Mary Rowlandson, est à la fois un portrait de femme bouleversant et un vibrant hommage à une culture bouillonnante de vie, que la « civilisation » s’est efforcée d’anéantir.

EAN : 9782749160924 / Nombre de pages : 464 / Format : 140 x 220 mm / Prix : 22€

La folie cannelé, Dominique Robin & Philippe Exbrayat

Dans « la folie cannelés », les superbes photos de Philippe Exbrayat mettent en valeur les recettes originales de Dominique Robin.

Le cannelé est bordelais, et sa recette de base est aussi simple que traditionnelle. Mais ici Dominique Robin a décidé de lui faire faire le tour du monde en 40 recettes originales, de Berlin à Bruges, d’Oslo à Genève, les saveurs se mêlent aux couleurs, idées, parfums, composants pour nous procurer de nouvelles sensations gustatives !

Chaque recette est bien expliquée, type de moule, temps de repos, de cuisson, ingrédients, récipient nécessaire. Puis la recette elle-même est bien détaillée par étape. La plupart des pages sont agrémentées de photos qui subliment la recette et nous donnent des idées…comme une part de rêve de ce que nous aimerions réaliser !

Qu’ils soient salés ou sucrés, ils savent se renouveler, en toutes tailles pour un effet visuel aussi sympathique que leur goût !

💙💙💙

Catalogue éditeur : La Geste

Merveilleux Cannelé, toi qui es né au XVIIIe siècle, d’origine bordelaise, ta recette est simple et traditionnelle, j’ai eu l’idée de te faire voyager dans 20 pays avec 40 délicieuses saveurs afin de sublimer ton goût ! Un défi pour vous régaler ! J’ai écrit, en détails ces recettes afin que vous puissiez les réaliser facilement et en vous dévoilant des secrets bien gardés pour réussir sa cuisson et sa caramélisation. Ces cannelés pourront être réalisés en 3 dimensions pour des moments gustatifs différents suivant votre gourmandise, salés pour apéritifs dinatoires, sucrés avec un café gourmand ou à l’occasion d’un goûter pour les enfants. À travers ces recettes, vous pourrez déguster des cannelés exotiques, chocolatés, asiatiques, orientales, italiennes, espagnoles, nordiques, etc.

Format : 18 x 18 cm / Isbn : 979-10-353-0234-4 / Nombre de pages : 80 / Année d’édition : 2018 / Prix : € 09,90

A la ligne, Joseph Ponthus

A la ligne, le premier roman captivant de Joseph Ponthus met en scène le quotidien de l’usine, expérience éprouvante qu’il transcende avec poésie et talent.

Ouvrir ce roman et comprendre qu’il n’ira pas, à la ligne, en tout cas pas de façon classique, avec des points et des virgules… Non, même pas à la ligne pour respirer, car le souffle indispensable pour lire ce roman est à puiser au plus profond de soi. Ce n’est pas un récit ordinaire, mais celui du travail à l’usine, à l’abattoir, difficile, sanglant, violent.

Passées les premières pages, où l’œil et l’esprit s’habituent à la forme atypique, le récit est comme scandé et le lecteur est happé…

J’écris comme je travaille
A la chaîne
A la ligne.

C’est un homme instruit, lettré, qui a quitté son travail en région parisienne pour suivre sa femme en Bretagne. Mais là, il y a trop peu d’emploi, aussi est-il prêt à accepter tout ce qu’on lui propose. Travailler à l’usine de poisson, plats cuisinés, cuisson de bulots à la chaine, tofu à égoutter, rien ne le rebute, même si tout cela lui parait bien difficile. Mais ça c’était avant de connaitre le travail qui l’attend, à l’abattoir. Car lorsque vous êtes intérimaire, pas possible de dire non, sinon le prochain poste disponible ne sera pas pour vous. Et des sous, il faut en gagner pour vivre. Alors on bosse, on se fatigue, on pleure même de douleur et d’épuisement la nuit en rentrant, quand il faut encore sortir le chien qui vous attend en vous faisant la fête, car la pénibilité des postes de l’usine, de l’abattoir, il ne les connait pas. Alors on attrape une vendredite aigüe, mais on s’y fait finalement… Et on essaie de gagner un peu de sommeil, un peu de repos, pour repartir dès lundi matin, ou à pas d’heure, c’est tout le charme du travail à l’usine ces horaires de fou, enfermé sans voir ni le jour, ni la nuit.

Chaque soir, le narrateur inventorie tout, les gestes, les phrases, les répétitions, les problèmes, la douleur, les petits bonheurs, les heures supplémentaires ou les heures gagnées tous ensemble pour finir plus vite, ou moins tard, c’est selon. Mais aussi toutes ces pensées qui l’assaillent, qui peuplent son esprit pendant que son corps fait les gestes mille fois répétés, automatisme salvateur qui permet à l’esprit de s’évader. Il nous fait sentir également cette solidarité et en même temps cette pénibilité que tous doivent subir ensemble. Le courage qu’il faut, le soir, quand il tombe d’épuisement pour continuer à coucher sur le papier les mots qui disent les maux, les gestes, les souffrances quotidiennes.

Étonnant témoignage, qui a la puissance de cet écrit si particulier qu’il vous oblige presque à le lire d’une traite jusqu’au bout. Hypnotique et puissant, rythmé, porté par la poésie qui s’en dégage, il est le témoignage d’une fatigue immense, dévorante. D’un malaise aussi, celui des ouvriers à la peine qui doivent accepter et subir pour continuer à vivre.

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Catalogue éditeur : La Table Ronde

À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.

Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

Parution : 03-01-2019 / 272 pages, 140 x 205 mm / Achevé d’imprimer : 01-10-2018 / ISBN : 9782710389668 /  Prix : 18,00 €

La mort selon Turner. Tim Willocks

Afrique du Sud, là où une vie ne vaut rien… cela aurait pu être La foi selon Turner ou La justice selon Turner… Ce sera La mort selon Turner. Le dernier roman de Tim Willocks est totalement addictif, j’y ai succombé.

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De jeunes afrikaners quittent la vile du cap en catastrophe, ils doivent dégager en vitesse d’un bouge dans lequel ils ont bu plus que de raison. Dirk, l’un d’entre eux, complétement ivre, démarre le Range Rover et sans même s’en rendre compte percute à mort une jeune SDF. Protégé par Hennies, le second mari de sa mère, Dirk et la bande fuient vers Cap-Nord, la ville minière où règne Margot Le Roux, la mère de Dirk. Margot et ses mines qui permettent à toute une région d’avoir du travail.

Lorsqu’elle est mise au courant des faits, Margot, en maitresse femme décide que son fils doit tout ignorer et ne doit surtout pas être mis en cause dans cette affaire. Son brillant avenir d’avocat en pâtirait définitivement. Car après tout, que vaut cette inconnue oubliée dans la rue, morte juste un peu plus tôt par la faute de son fils …

Mais c’est sans compter sur Turner le flic aux yeux verts. Winston Turner, cet inspecteur de la brigade criminelle est armé d’une volonté farouche, il est bien décidé à rendre justice à la pauvresse que tout le monde souhaite oublier le plus rapidement possible. Envoyé par son boss sur le territoire hostile de la famille Le Roux, Turner n’est pas près d’arriver à ses fins.

Là, la corruption règne en maitre. La moitié de la région est aux ordres de Margot et de ses sbires, poussés par une haine viscérale de ceux qui leur résistent, ayant (et c’est un euphémisme) la gâchette facile, les situations vont être beaucoup plus compliquées que ne l’espérait Turner. Il va vite se rendre compte du peu de prix que l’on accorde aux vies humaines, à la sienne comme aux autres d’ailleurs. Représentant l’autorité ou pas, qu’importe. C’est un homme d’une force de caractère sans pareille, et je dois dire que l’auteur sait immédiatement nous le faire accepter et aimer tel qu’il est, dans le pire comme le meilleur.

Dans ce roman, il y a l’amour d’une mère, qui s’est construite contre les hommes, la loyauté à une famille, la corruption à tous les niveaux, quand on peut se laisser acheter pour une maison ou pour quelques lingots d’or, il y a un flic intègre qui porte au fond de lui de vielles blessures et une police corrompue et aveugle sans doute autant par facilité que par instinct de survie, il y a une étrange analyse de la justice des hommes, l’officielle et celle qui les arrange, qui permet de s’autoriser quelques petits accommodements qui parfois semblent raisonnables, il y a les silences et les non-dits qui peuvent détruire des existences, il y a la lutte entre noir et blancs en Afrique du Sud, et sans doute ailleurs dans le monde….

Alors, quel rythme, quelle hécatombe, quel suspense ! Des personnages attachants, révoltants, intrigants, que l’on veut comprendre, aider, aimer, qui nous révulsent et qui nous émeuvent. Je me suis laissée embarquer dans ce roman sans même reprendre mon souffle tant le rythme et l’intrigue sont addictifs. Il y a tout ce qu’il faut dans le décor pour nous dépayser et nous convaincre, vieilles mines de manganèse, fermes isolées, une seule grande rue dans le village, on se croirait en plein western, et par moment les scènes totalement apocalyptiques aux descriptions aussi violentes que détaillés se déroulent réellement sous nos yeux.. Enfin, je vous l’assure, vous n’appréhenderez plus jamais le désert ni un être humain de la même façon après avoir lu La mort selon TurnerUne réussite ce roman noir, très noir, qui nous emporte à un rythme effréné…

Voilà qui donne le là :

– Avez-vous la moindre idée de ce que la loi exigeait la première fois que j’ai prêté serment ? Nous étions comme la Gestapo. L’homosexualité était illégale. Les mariages interraciaux aussi. Un home comme vous et moi ne pouvait pas marcher dans la rue sans enfreindre la loi.
– Cette fille a été tuée. Elle a droit à la justice.
– Il n’y a pas de justice. Il n’y a que nous.

💙💙💙💙💙

On ne manquera pas de lire également l’avis de Nicole du blog Motspourmots

Catalogue éditeur : Sonatine

Benjamin LEGRAND (Traducteur)

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. Lire la suite

Tim Willocks est né en 1957 en Angleterre. Grand maître d’arts martiaux, il est aussi chirurgien, psychiatre, producteur et écrivain. La Mort selon Turner est son quatrième roman chez Sonatine Éditions.

EAN : 9782355846724 / Nombre de pages : 384 / Format : 140 x 220 mm / Prix 22.00 € / Date de parution : 11/10/2018

Loups solitaires. Serge Quadruppani

Dans son dernier roman  « Loups solitaires » Serge Quadruppani associe adroitement ses  thèmes de prédilection, géopolitique et écologie, pour une intrigue aux consonances très actuelles qui tient en haleine ses lecteurs.

Domi_C_Lire_serge_quadruppani.jpgSerge Quadruppani nous embarque avec ses Loups solitaires à la frontière italo-française, du côté de Bardonecchia. Là, Pierre Dhiboum, un ancien des forces spéciales, rentre d’une mission qui l’a amené à se convertir pour infiltrer un groupe de djihadistes au nord du Mali. Alors qu’il est poursuivi par toutes les forces de police et directions des ministères de l’intérieur ou de la défense, il réussit le tour de force d’échapper à ses suiveurs et disparait de la circulation.

Jane, une sémillante rousse éthologue et spécialiste des comportements, vient tout juste d’enterrer son mari. Elle mène ses activités dans un petit village du limousin profond. Son voisin Christian, un chirurgien qui vient de perdre la foi en sa vocation et qui est par ailleurs passionné par les poules de luxe à belles plumes, décide de changer de vie et s’installe plus ou moins chez elle.

Quelle relation entre ceux trois-là ? Comment vont-ils se rencontrer, et surtout que va-t-il advenir de cette rencontre ? C’est toute la gageure de ce thriller bien ficelé qui nous embarque dans les mailles des filets anti-djihadistes, qui nous parle de missions spéciales, de destruction de cibles à distances, d’implication multi partîtes par les grands de ce monde dans la lutte contre ce fléau mondial qu’est le terrorisme. Mais ce thriller au final rocambolesques nous démontre également toute la stupidité des manipulations des plus hautes sphères du pouvoir, de ces opérations à l’issue pour le moins aléatoire mais qui confortent leur besoin de puissance.

De blaireaux en poules de luxe à belles plumes, de choucas et loup solitaire invisible, la nature dans ce qu’elle a de plus beau, mais aussi de plus sombre est largement évoquée par l’auteur. Un bémol par contre, les différents groupes, les flashback et les passages d’une époque à une autre m’ont un peu perdue au début. Pourtant on se laisse vite embarquer et l’intrigue est portée par une écriture à la mesure du sujet, fort bien documentée, à la fois sérieuse et d’un humour à toute épreuve. Car on rit aussi, malgré le sujet, ou peut-être à cause du sujet ?

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Métailié

Pierre Dhiboun, membre des forces spéciales françaises infiltré dans un groupe djihadiste au nord du Mali, a disparu à son retour en France. Manifestement, il a déserté. Mais de quelle armée ? Beaucoup de monde aimerait le savoir : sa supérieure directe – une générale de gendarmerie qui ne rend compte qu’au président –, une mystérieuse organisation d’anciens contractants de toutes les guerres d’Orient et tous les services secrets français. Dhiboun est-il un loup solitaire ?…Lire la suite

Publication : 05/10/2017 / Nombre de pages : 240 / ISBN : 979-10-226-0718-6 / Prix : 18 €