Que faire à Jaca, Espagne? Visiter le Monastère de San Juan de la Peña

Le Vieux Monastère de San Juan de la Peña est situé à vingt-trois kilomètres au sud-ouest de la ville de Jaca, et à 7 Km de Santa Cruz de la Serós.

L’église Santa Maria, de la période romane, est située dans la localité de Santa Cruz de la Serós

La visite commence par le Nouveau Monastère de San Juan de la Peña du XVIIe siècle, construit à la suite du terrible incendie de l’année 1675 dans le monastère du bas. La façade de l’église est un des aspects les plus intéressants de ce monastère baroque

Il faut aller directement au premier étage. Là, une structure originale permet au visiteur de marcher sur un sol de verre et de contempler sous ses pieds les différentes pièces dont se composait le Monastère : les chambres de service, la cuisine, la pharmacie, le réfectoire, l’entrepôt et le garde-manger… présentées avec des figures de moines à taille réelle, des meubles, des ustensiles, etc., pour mieux en appréhender les impressionnantes dimensions.

C’est une mise en scène étonnante et magnifique qui permet de profiter des ruines. Marcher sur ces plaques de verres est un peu impressionnant au début. On est en surplomb et il y a une jolie hauteur tout de même !

Le Vieux Monastère de San Juan de la Peña, époque médiévale

Pour continuer la visite, il faut prendre un bus qui nous conduit quelques kilomètres plus bas sous une grande voûte rocheuse. Là on admire cette merveille de l’art roman et cet impressionnant cloître dont on note immédiatement la beauté et l’originalité, avec ses nombreux chapiteaux particulièrement bien conservés (ou restaurés ? mais sur chaque partie restaurée, un R est gravé, je n’en ai pas vu sur les chapiteaux). En plus du cloître, on visite le Panthéon Royal, les églises préromane et haute, la salle de conciles, la porte d’arc de fer à cheval, etc.

On passe ensuite dans la cour du panthéon des nobles aragonais (11e-14e s.) Sur le mur, de nombreuses inscriptions pour se souvenir des moines décédés avec leurs noms, leurs fonctions, pour les nobles enterrés là, une belle plaque sculptée avec les armoiries. Enfin, le Panthéon Real (ou Royal) de style néoclassique, érigé dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, dans lequel gisent les premiers Rois d’Aragón.

L’église préromane a été consacrée en 1094,  dans la chapelle du XIIe siècle des traces des fresques de Saint Cosme et de Saint Damian. L’église est l’une des rares constructions mozarabes (8e s.) subsistant dans la région. 

En sortant vers le cloître, on trouve la chapelle gothique de San Victorián, encore visible une partie d’une fresque et les armoiries d’Aragon avec tout en haut le dragon

Le cloître du Vieux Monastère de San Juan de la Peña et un véritable trésor de l’époque médiévale. Le site est magnifique. La vue et les couleurs des murs et des sculptures en fin de journée sont un régal pour les yeux.

Quoi : Monastères de San Juan de la Peña
Informations pratiques : http://www.monasteriosanjuan.com
Où : Espagne, Aragon, près de Jaca
Comment y aller : Du col du Somport à Jaca, il faut environ 30 minutes, puis environ autant à travers un paysage somptueux pour arriver aux Monastères.

Des âmes simples. Pierre Adrian

Dans « Des âmes simples » Pierre Adrian présente le parcours sans concession d’un homme d’église, parcours qui ressemble à s’y méprendre à la solitude d’un coureur de fond transformé en coureur de Dieu, vue par celui qui ne croit pas, dans une vallée des Pyrénées.

DomiCLire_des_ames_simples.jpgSi je connais bien depuis de très nombreuses années cette région de la vallée d’Aspe et du merveilleux cirque de Lescun, en lisant « Des âmes simples » le roman de Pierre Adrian, j’ai l’impression de faire partie de ces touristes qui n’en découvrent que le côté idyllique et paisible, ensoleillé et estival, bien loin de la pluie, de la brume et du froid que j’ai ressentis tout au long de ces pages.
J’imagine que le personnage de Pierre aurait eu moins d’épaisseur, de force, si la vie avait été paisible et calme, dans un cadre magnifique ? Car magnifique elle l’est la vallée d’Aspe, mais la vie peut y être difficile, le travail manque, les maisons et les habitants vieillissent, ces villages sont essentiellement peuplées en été par ceux qui n’en prennent que le meilleur, en hiver par ceux qui ne font que passer pour rejoindre les pistes de ski espagnoles, de l’autre côté.

Le parti pris de l’auteur est donc de suivre Pierre, curé, puis moine de son état, qui a en charge les âmes simples de cette vallée des Pyrénées. Dans l’ancien monastère de Sarrance, où il y a quelque quarante ans, les jeunes allaient faire « retraite » avant leur communion, ne vivent plus que deux ou trois vieux prêtres, et quelques pèlerins qui s’arrêtent là presque par hasard, afin de retrouver la paix intérieure que la vie trépidante des villes leur a fait perdre de vue depuis longtemps.

Et dans les pas de Pierre, nous allons découvrir pèle mêle les pèlerins et le chemin de Saint Jacques de Compostelle ; la vielle ligne de chemin de fer qui mène jusqu’à Canfranc, en Espagne, par le seul tunnel hélicoïdal d’Europe ; les sentiers qui conduisent au Pays Basque, territoire voisin mais différent, étranger ; le passage du col du Somport, seul chemin de salut pour les juifs pendant la seconde guerre mondiale ; et pas loin, Bernadette et la source miraculeuse ; ces légendes qui créent un site et apportent paix et espoir dans les cœurs des hommes. Mais dans cette vallée il y a aussi les morts, tous ceux que Pierre accompagne en terre, croyants mais si peu, qui ont vécu là toute une vie proche de cette nature si belle et parfois si difficile, si dangereuse comme sait l’être la montagne en hiver.

Il y a parfois beaucoup de tristesse dans ces lignes, cette vallée sous la pluie, la brume et le froid, ces hommes vieillissants et solitaires, mais il y a aussi une grande sérénité, une paix qui s’installe et remet les valeurs à leur véritable place, celle du cœur et des sentiments.  Mais c’est aussi un roman qui questionne de façon égale croyants et incroyants sur la réalité et la nécessité des croyances justement.

Ces phrases que j’ai aimées :

– A quatre-vingt-dix ans, chaque mot chez Albert est devenu une barrière à franchir. Mais sa présence seule suffit, qui répand la paix sans le savoir. La générosité de certains hommes dépasse leur propre volonté. Elle donne une idée du bonheur.

– Complies, c’est sans doute l’heure qui m’attire le plus parmi les habitudes du monastère. Ce sont les dernières complaintes avant la nuit. Et les psaumes chantent souvent le détachement et l’abandon…On se laisse aller à la nuit, dans l’incertitude d’une nouvelle aurore. Après tout, rien n’est sûr en demain.


Si vous voulez vivre la vie d’un curé des Pyrénées, et surtout l’aventure des curés de Sarrance autrement, je vous conseille de découvrir cette vidéo anthologique du député Jean Lassalle, la gouaille, l’accent, les expressions, et une aventure comme il en arrive rarement, sauf peut-être dans une vallée perdue des Pyrénées !!


Catalogue éditeur : Éditions des équateurs

« Ce qui repousse les caméras m’attire. Ceux qui trébuchent, ceux qu’on ne voit pas. J’aime le fond de la classe. Le saccage et le sursaut, la poudrière, le foutoir, la beauté, les rêveurs : tout est au fond, chez les invisibles. Au fond des vallées. Cette leçon, je l’apprendrai aux côtés de frère Pierre. En citant saint Paul, il me dira que la véritable sagesse n’est pas celle du monde : « Si quelqu’un pense être sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour être sage. » » Au cœur d’une vallée, aux confins de la France, un homme tient là seul par sa foi. Au plus près des vies minuscules – les bergers et les bêtes, les paumés et les vagabonds célestes –, il accueille les histoires murmurées, les hommes en perdition. Les croyants et ceux qui ne croient pas. Parce qu’« on ne peut plus faire comme si les gens avaient la foi. » Pour lui, cela importe peu. Jour et nuit, son portable sonne. Il accourt. D’une plume taillée à la serpe, Pierre Adrian nous offre un récit bouleversant, à l’écoute des ténèbres et de la désespérance d’une époque.

200 pages / format 14 x 20,5 / 18.00 € / paru le 5 janvier 2017 / ISBN : 978-2-84990-470-1