Transcolorado. Catherine Gucher

Quand une jeune fille un peu paumée traverse les plaines dans le Transcolorado cela donne un beau premier roman dans lequel Catherine Gucher allie avec bonheur nature et humanité.

domiclire_transcoloradoLe Transcolorado, c’est un bus qui fait la route jusqu’au montagnes, dans un coin perdu de l’Oregon. Là, au milieu des plaines hostiles, sans travail, sans domicile, un jeune fille étrange, paumée, attachante, traine sa vie de champs de récoltes en bureau des postes, pour y glaner de quoi se chauffer, ou pour y retirer sa pension, son seul moyen de subsistance dans ce pays par trop inhospitalier. Chaque jour elle va au bar de la route et là, Joe lui sert un café-whisky, le seul moyen qu’elle a trouvé pour oublier ce quotidien morne, sombre et sans avenir. Et quand elle peut, elle grimpe à bord du bus, et parcourt le trajet aller-retour, pour l’espoir, les rêves, l’illusion d’un ailleurs plus souriant. Pour oublier cette vie dans laquelle depuis si longtemps il ne se passe rien, pour oublier aussi les araignées de la peur qui s’infiltrent dans sa tête, et ses dents noires qui l’empêchent de sourire.

Jusqu’au jour où dans le bar de Joe, Tommy, un balafré,  un apache sans doute, lui propose « on se fait un Transcolorado. » Et ce n’est même pas une question, juste un proposition, comme une évidence, un espoir, une connivence entre deux paumés que la vie pourrait bien rassembler. Alors ils montent, ils roulent, vers un peu d’espoir, vers des lendemains plus faciles peut-être. Car au bout de la route, il y a les pins Douglas, les billets de la chance à gratter, les Amish, leurs chapeaux et leurs règles contraignantes et sectaires, rassurants peut-être, enfin un temps seulement. Elle quitte Tommy, elle s’installe chez les Amish, soigne les chevaux, émerveillée par la majesté et l’indépendance des Appaloosa, puis elle grandit, évolue, retrouve Tommy et le bar du vieux Joe….

Roman de la solitude et de l’espoir, de la nature et de ces contrées où les hommes vivent à la dure, mais où les rêves sont possibles malgré tout. L’auteur nous entraine dans les hautes plaines, au plus près de la misère, des doutes, des vies cabossées. C’est un roman étonnant par ce qu’il dégage sur la difficulté de la vie, mais aussi par la délicatesse de l’écriture et par l’optimisme des personnages qui bien que meurtris par la vie ne perdent pas l’espoir d’un avenir meilleur.


Catalogue éditeur : éditions Gaïa

Au-dessus des grandes plaines, quand le ciel immense est trop bleu, une fille un peu cabossée par la vie monte dans le bus. Le Transcolorado l’emmène jusqu’à l’arrêt des quatre montagnes, et puis elle rentre. Le jour où Tommy avec sa balafre passe la porte du bar du bout de la route, elle sait que quelque chose s’avance qui peut changer un bout de son existence.

Roman français / Littérature générale / ISBN 978-2-84720-745-3 / 176 pages – 17 € / format 13×22 / Janvier 2017

Publicités

Passages, les Pyrénées du nord au sud et réciproquement. Marie Bruneau, Bertrand Genier

Parce que ce sont ceux des Pyrénées, ces montagnes que je connais depuis toujours, j’ai eu envie de mieux connaitre ces « Passages » dont nous parlent Marie Bruneau et Bertrand Genier.

Domi_C_Lire_passages.jpegDans leur ouvrage, Marie Bruneau et Bertrand Genier ont décidé de nous raconter au fil de leurs randonnées d’Hendaye à Port-Bou les histoires pittoresques des « Passages » ces chemins qui mènent aux cols ou ports reliant les versants Nord et Sud de la cordillère Pyrénéennes.

Les auteurs ont complété leurs notes de randonnées par des recherches bibliographiques et historiographiques sérieuses. Les propos sont illustrés de photos récentes et de documents d’époque.

Chaque étape est différente, le regard y est parfois éthologique, quelques fois géographique ou économique, souvent historique ; les sujets abordés collent aux lieux et se renouvellent au fils des pages et des itinéraires. Le lecteur, jamais lassé, aborde chaque nouvelle étape avec envie comme le randonneur qui se presse vers le sommet pour découvrir un panorama nouveau.

Si nous ne sommes que rarement portés par une émotion poétique de la montagne mais plus sur un regard analytique, le propos est cependant toujours illustré de citations qui rendent l’ouvrage certes un peu savant mais néanmoins jamais lassant.

Seul petit bémol, la qualité médiocre des photos et leur impression low cost desservent un peu l’ouvrage.

Au final, même si le style semble de prime abord très universitaire, ce livre destiné à tous les publics ravira les passionnés des Pyrénées qui ont toujours quelque chose à apprendre. Un livre à poser, à reprendre, à partager, à consulter avant ou après quelques balades ou randonnées dans ces Pyrénées toujours aussi magiques quel que soit le passage que l’on prend pour les traverser !


Catalogue éditeur : éditions Cairn

Nous aimons les Pyrénées pour leurs paysages,
l’air de liberté qu’on y respire et leur beauté sauvage.
Pour autant, ces montagnes ne sont pas en dehors du monde,
elles sont parcourues, habitées, aménagées, et l’humain occupe une place importante dans cet écosystème complexe.
Il est question ici de quelques-uns des passages qui relient entre eux le nord et le sud, en quelques points particuliers de la chaîne pyrénéenne.
Histoires de traités et de frontière, de tourisme et de panoramas, de brèches et de refuges, de pèlerins, de troupeaux, d’espadrilles, d’hirondelles… et d’éléphants.
Histoires d’exils, aussi, d’hospices, de sources et d’enclave, de passage à niveau, de géologie et de chemins.
Récits d’espaces ou chroniques géographiques, chacun de ces textes prend à partie une situation précise, de notre double point de vue de marcheurs et de designers, intéressés par la manière dont une société produit et s’inscrit (dans) les espaces qu’elle habite.
Les Pyrénées sont nos montagnes.
Définitivement.
Nous n’en aurons sans doute jamais fini avec elles.

Ouvrage des Éditions CAIRN / Marie Bruneau et Bertrand Genier / Nombre de pages : 288 / Code ISBN/EAN : 9782350683614 / Date de parution : novembre 2014