Le corps parfait des araignées. Franck Balandier

Dans « Le corps parfait des araignées » Franck Balandier nous fait rencontrer un fossoyeur et une thanatopractrice pendant un été de canicule où les morts se comptent par milliers, où les cadavres s’entassent dans des chambres froides,… Rencontre d’un autre type !

DomiCLire_le_corps_parfait_des_araignees.jpgOn s’en souvient, ou pas, mais l’été 2003 est resté dans les mémoires comme l’été de La canicule. Si les pouvoirs publics ont mis longtemps à le comprendre, les familles aussi sans doute, car les personnes âgées sont tombées comme des mouches, touchées par la déshydratation, la chaleur insupportable, le manque d’air, et certainement aussi par la solitude extrême, en particulier à Paris.  Et lorsque les cadavres ont été trop nombreux pour les multiples entreprises de pompes funèbres, il a bien fallu louer les entrepôts frigorifiques de Rungis.

Le lecteur va suivre deux personnages, lui, elle, chacun dans son immeuble, dans son appartement, de chaque côté de la rue, chacun regarde l’autre, en se disant que demain peut-être, chacun ressentant confusément quelque chose pour l’autre, mais demain, peut-être…Le récit est porté par la voix du narrateur, lui qui vient de quitter sa femme, il aime vivre seul et dans le silence, il rêve, tombe amoureux, hésite, attend, mais la vie attend-t-elle également ? Puis par sa voix à elle, qui vit seule, marquée par la vie, mais toujours en relation étroite avec la mort…

Deux vies en face à face, des morts qui partent en silence et dans l’indifférence générale, un bien étrange roman qui à le mérite de remettre les choses à leur vraie place, celle du temps qui passe, de l’idée que l’on se fait de l’autre, de l’idéal amoureux, de la vie, mais surtout de la mort ….


Catalogue éditeur : Éditions Félicia-France Doumayrenc

C’est l’histoire d’amour hautement improbable, cruelle et contrariée, de deux solitudes au cœur de l’été 2003, en pleine canicule. Maniant l’humour noir, la poésie et le suspense avec délectation, l’auteur nous emporte aux confins simultanés de la vieillesse et de la mort par des chemins littéraires détournés et nous livre au passage une étonnante réflexion sur le sens de l’existence.

Format 14×21 / 148 pages / Prix 15 euros / ISBN : 2372670255

Dépendance Day. Caroline Vié.

Trois générations de femmes, la maladie d’Alzheimer et un cri d’amour, un roman émouvant et exigeant à découvrir comme une tragédie moderne

Dépendance day

Dans Dépendance Day, le second roman de Caroline Vié, nous suivons trois générations de femmes aux prénoms impossibles. Ce sont les prénoms des trois Parques,  bon, là bien sûr il faut réviser un peu mes cours. Le récit de Morta, la petite-fille, nous  plonge dans les affres de la maladie, qu’elle soit sénilité ou Alzheimer, vécue par les personnes âgées qui s’enfuient dans un univers sans mémoire, sans souvenir, sans repère et évoque surtout les bouleversements que cela entraine dans la vie des accompagnants, ceux qui perdent leurs relations avec leur famille, leurs parents.

On croirait presque une biographie tant certaines scènes sonnent vrai. Aborder la maladie d’Alzheimer n’est pas un postulat évident, pourtant je m’y suis laissée prendre, car en plus du malheur et de la souffrance évoqués sans retenue, il y a tout au long de ces pages un humour, une façon de vivre les évènements, de les décrire, qui vous oblige à rire et à pleurer en même temps. Construction étonnante, qui fait sourire et réfléchir, qui déchire et qui afflige, mais qui n’est jamais morbide.

Malgré le sujet  évoqué, c’est un roman terriblement attachant que j’ai lu d’une traite, qui ne laisse pas indifférent et qui certainement pose de nombreuses questions sur l’accompagnement des malades et des personnes en fin de vie, mais aussi sur la fin de vie voulue et digne.

Catalogue éditeur : JC Lattès

« Je me laisse tomber sur un banc, le souffle court. Je ne sais plus où je suis. À Paris. Dans une rue. Elles se ressemblent toutes. J’ai rendez-vous. Je suis perdue. Je tente de me calmer. La respiration abdominale n’a pas été inventée pour les caniches, comme dirait ma copine Véronique. Inspirer. Expirer. Je me répète la date, mon nom, celui de mon mari, de ma meilleure amie et du président de la République. Commence à m’apaiser.
Ce n’est pas pour aujourd’hui. Ça n’a pas encore commencé. Je me suis juste égarée. Non, ce n’est pas pour maintenant. La malédiction qui a abattu ma grand-mère et ma mère ne m’a pas encore frappée. »

Elles s’appellent Lachésis, Clotho et Morta, comme les Trois Parques. Elles filent leurs propres vies, entre joies familiales et blessures d’adultère. De génération en génération, surtout, elles se transmettent le même rouet, la même malédiction : l’oubli, la folie, la perte de soi – ce que l’on appelle aujourd’hui Alzheimer. Clotho a dû enfermer Lachésis. Morta, la narratrice, sait qu’un jour elle devra à son tour enfermer Clotho.
De mère en fille, le même amour, la même impuissance.
Avec Dépendance Day, Caroline Vié signe un roman où l’humour est l’autre nom de la violence, celle d’une société qui piétine la dignité humaine. De l’amour seul viendra, peut-être, le salut.

Caroline Vié est l’auteur de Brioche (JC Lattès, 2012). Journaliste de cinéma, elle a longtemps participé à l’émission de Canal +, « Le Cercle », et travaille actuellement au quotidien 20 minutesDépendance Day est son deuxième roman.

Date de Parution : 02/2015 / ISBN : 9782709646680 / Prix public : 17.00 € / Format : 130 mm x 205 mm / 150 pages